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EAN : 9782070372829
Éditeur : Gallimard (06/05/1981)
3.75/5   28 notes
Résumé :
Il s'agit juste d'une petite histoire, la suite aux Combattants du petit bonheur qui fut couronné Renaudot en 1977. On y retrouve bien sûr le héros, le conteur inlassable qui nous rapporte l'aventure du pauvre Jules Ribourdoir, mort au champ d'honneur sur le front de Lorraine en septembre 1944 et que son papa, patron boucher de son état, ramène dans sa vieille camionnette à gazogène afin de lui donner une sépulture décente dans le caveau familial à Gentilly. L'itiné... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
brumaire
  14 mai 2018
Je n'avais jamais lu Alphonse Boudard. Dans cette période ingrate que l'on nomme adolescence, je me faisais presque une gloire de cracher sur ce genre de littérature : Simonin, Le Breton, Audiard , même le grand Simenon.... littérature de gare....Heureusement on prend de l'âge et du bon sens.
Alors oui Boudard c'est pas Céline et le corbillard de Jules c'est pas le Voyage... , juste "un" voyage en compagnie de l'auteur , de Pedro un ancien des Brigades internationales, de Jean Paul l'ahuri de service , et de Gaston Ribourdoir boucher parisien enrichi dans le marché noir , toute cette fine équipe ramenant le corps de Jules Ribourdoir fils tué au combat afin qu'il soit enterré dans le caveau de famille à Gentilly. Lecture jouissive , ça fuse, ça pète, ça gicle, ça éjacule. L'argot, la méthode à Mimille, tout ça , c'était le fond de commerce de Boudard, mais au-delà des mots jetés tout crus il y a le regard sans concession que l'auteur porte sur son engagement dans les FTP du fameux colonel Fabien, sur les manigances sordides des staliniens opposés aux "facho-trotskytes, sur l'époque en général. Gaston Ribourdoir ne va chercher la dépouille de son fils que pour faire oublier ses collusions avec l'occupant. Boudard avait bien compris la nature humaine. Ceux qu'il vomit le plus ce sont les résistants de la dernière heure , les plus prompts à châtier les collabos pour faire oublier leurs propres compromissions.
Malgré le ton gaillard et enjoué du roman , argot oblige, la morale, s'il fallait en tirer une , est que l'homme est partout le même et dans tous les siècles passés et à venir. AMEN.l
" .... les hommes tout leur est bon pour déchaîner leurs instincts sanguinaires. Les idéaux ne sont que des prétextes...l'essentiel c'est de poser des bombes, de violer la petite fille du voisin, pirater la commode Louis XV ,humilier son semblable . Ca peut toujours être la fiesta dans ce domaine....on trouve toujours plus juif que soi, plus collabo, plus nègre,plus bourgeois, plus sale gueule de fasciste assassin. Ce qui est le plus difficile à traverser....ces sortes de parenthèses de paix, d'abstinence, on s'y ennuie ferme et on fermente. Mais l'homme a des ressources utopiques, philanthropiques, des petites doctrines qui vont vous faire le bonheur universel...il finit toujours par se trouver une nouvelle cause pour laquelle tuer, faire sauter la bombe sur le paillasson, brûler les panards des récalcitrants. En plus il se sent héroïque, il a le frisson, il défend les opprimés, il se sent généreux....il plane ! "


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19chantal
  22 juillet 2017
Cela fait du bien de replonger dans les phrases de Boudard, cette gouaille argotique si particulière de l'après-guerre. C'est aussi l'occasion de voir combien notre société a évolué sur la place des femmes et l'homosexualité. Ouf ! Ce n'est pas encore parfait mais on est partis de loin.
Boudard cogne fort sur les politiques, sur les opportunistes, sur les collabos durant l'occupation, les adeptes du marché noir et là, je pense que rien n'a beaucoup changé. Il dénonçait, d'autres dénonceront : la nature humaine est ainsi faite.
Un morceau d'anthologie que ce périple du cercueil de Jules, jeune soldat tué par une mine allemande dont le père va rapatrier le corps pour pouvoir se protéger de ses choix pétainistes. Moi, Monsieur, mon fils est mort pour la France ! Inattaquable.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2016
On trouve toujours plus juif que soi, plus collabo, plus nègre, plus bourgeois, plus sale gueule de fasciste assassin. Ce qui est le plus difficile à traverser… ces sortes de parenthèses de paix, d’abstinence, on s’y ennuie ferme et on fermente. Mais l’homme a des ressources utopiques, philanthropiques, des petites doctrines qui vont vous faire le bonheur universel… il finit toujours par se trouver une nouvelle bonne cause pour laquelle tuer, faire sauter la bombe sur le paillasson, brûler les panards des récalcitrants. En plus il se sent héroïque, il a le frisson, il défend les opprimés, il se sent généreux… il plane !
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2016
On se promettait toujours les uns les autres des aventures amoureuses, des conquêtes, des prouesses érotiques… on s’en racontait… mais c’était rare qu’on les mène à terme Là où nous sommes passés, en général les Américains nous avaient précédés avec leur chocolat, leur ration K… tout le prestige de l’armée victorieuse on ne pouvait pas rivaliser guenilleux plouques, sapés de broc… hargneux flingueurs. Sur le plan physique ils nous rendent le double six, les Amerloques, on doit reconnaître ! D’immenses balèzes… la démarche souple, caoutchouteuse.
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rkhettaouirkhettaoui   22 avril 2016
On ne sait jamais rien de ce qu’on n’expérimente pas soi-même. Tout ça, à présent, s’enfonce dans les manuels d’Histoire, les derniers protagonistes radotent, chevrotent en chaise roulante. La signification de toutes ces souffrances et celles d’après, de Dachau, de Stalingrad, des villes anéanties sous les bombes ?
Y a-t-il seulement un tout petit bout de quelque chose à y entraver ? La confusion, la nuit… rideau ! Waterloo n’est plus qu’une gare anglaise… un poème ennuyeux à apprendre pour les écoliers… une morne plaine… un monument en Belgique où les touristes traînent leur Leica.
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brumairebrumaire   23 mai 2018
Pas eu le temps de bien le connaître , ce garçon. On a couché ensemble quinze, vingt jours... côte à côte dans la grange. N'allez pas croire , émancipés sexuels lecteurs fin de XXe siècle, que nous pédalâmes. Point n'y songeâmes. Nous n'étions alors que des patriotes engagés tous les deux pour sauver l'honneur de la France outragée, violée, sodomisée pour ainsi dire par les soudards du IIIe Reich. Qu'elle ne se soit pas tellement débattue, qu'elle y est pris un peu de plaisir, on n'avait pas bien entendu.... si c'était des gémissements de douleur ou de volupté !
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19chantal19chantal   22 juillet 2017
Cézig, en tout cas, il a vraiment saisi tout le monde lorsqu'on l'a vu avec un brassard, qu'il s'est mis à raconter qu'il jouait le double jeu depuis 1941, qu'il profitait de son ausweiss pour sillonner toute l'Ile-de-France, la Picardie, la Champagne, afin de mieux renseigner la Résistance. Ca expliquait d'un seul coup tout... le pourquoi on l'avait vu cul et chemise avec les Boches...qu'il recevait jusque chez lui le major Rotteman, un nom comme ça à coucher dehors. Il lui tirait soi-disant les vers du nez, etc.
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Vidéo de Alphonse Boudard
21 novembre 2009 :
Mot de l'éditeur :
« Je regrette de ne pas lavoir butée pendant quil en était encore temps. Nul besoin de réfléchir ni délaborer le crime parfait. Plus cest gros mieux ça passe.

Elle faisait le ménage monsieur le commissaire. Elle a dû glisser sur le carrelage quelle venait dastiquer. On pouvait lui reprocher bien des choses, mais une vraie petite fée du logis, une maîtresse-femme. Quest-ce qui sest passé? on ne le saura jamais. Mauvais contrôle du pied dappui, fort justement monsieur le commissaire, le coup du lapin. La faute à pas de chance, encore une fois.

Jaurai dû lui mettre un grand coup derrière sa gueule alors que tout le monde ignorait encore notre différent. Les Boulard ? Un exemple pour tous les couples modernes. Jamais un mot plus haut que lautre, aimables avec les voisins, bonjour et bonsoir. Jaurai utilisé le cendrier en granit de Bénodet. Jaurai pris mon élan, de toutes mes forces et de toute ma rage, pour la frapper à larrière de son crâne vide. Plus tard, bien plus tard, jaurai appelé le SAMU. Oui, ça a dû se passer il ny a pas bien longtemps docteur. Mais jétais en train de bricoler dans le garage, je nai rien entendu parce je perçais des trous dans de la tôle. Cest que je construis un cabanon pour abriter les outils de jardin. Ce nest pas que jai beaucoup de terrain, mais ça me détend de pratiquer lart potager. Et puis, cest pas les légumes quon trouve dans le commerce. Des saveurs et des parfums incomparables. Ah oui, ma femme. Quand jai constaté, il devait déjà être trop tard. Enfin, je ne suis pas médecin. Je ne peux pas juger, mais elle était très pâle. Quest-ce que vous en pensez docteur?

Lélectrocution à la machine à laver, cest pas mal non plus. Combien de femmes disparaissent chaque année alors quelles accomplissaient leurs tâches domestiques? Elle avait grand soif, mais elle avait la manie de stocker les produits pour déboucher les cabinets dans des bouteilles deau minérale. Elle faisait les vitres au troisième étage un jour de grand vent. Elle préférait le bain à la douche, pourtant elle sétait toujours refusée à apprendre à nager. Elle avait la manie de garder près delle une bougie pour la sieste.

Ca fait trois lignes, dans les journaux, à la page des faits divers. Personne ne sen émeut. Sinon les proches, évidemment, car le plus dur cest toujours pour ceux qui restent.
elle est tombée à la renverse, sa tête a porté contre le rond des chiottes. Une belle mort, elle ne sest pas vue partir. Exactement, comme vous dites »

Lorsquil écrit, lorsquil se laisse porter par le jaillissement des mots, Serge le Vaillant ne manque pas de soumettre ses textes à lépreuve du « gueuloir » de Flaubert, de les lire à haute voix pour mieux les fignoler. Ancien capitaine au long cours, grand homme de radio, grand chef dorchestre des nuits de France Inter, cet orpailleur de la langue française, quelle soit verte ou noire, est un magicien. Il na pas seulement le talent de conteur dun Gérard Sire ou dun Jean-Pierre Chabrol. le culte des mots ciselés, des mots torchés, la faconde dune prose féconde, le sens de lorgie verbale.
Ses textes ont le verbe acide et tendre, le verbe au goût de pomme dApi, celui qui baptise et qui tue, qui bénit et qui excommunie, qui conjure et qui absout, qui enfante et qui explose, qui hurle et qui chuchote, qui pleure et qui pavoise. Serge Levaillant appartient à la lignée des Rabelais, des Villon, des Rostand, et plus près de nous des Céline, Léon Bloy, Auguste le Breton , Albert Simonin, Francis Blanche, Alphonse Boudard, Michel Audiard, et autres Frédéric Dard. Il est un magicien, un orpailleur de la langue, quelle soit verte ou noire, ciselée ou torchée : avec lui les mots croustillent. Ils mordent, ils aboient, ils cajolent. Ils sont tour à tour tendres et cruels, nourris de vinaigre et de miel, de gifles et de caresses. Ils décapent. Ils émeuvent. Ils déchaînent des crises de rires et de jubilation. Ils touchent à la fois nos coeurs et nos zygomatiques.
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