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ISBN : 2354086512
Éditeur : Mnémos (07/06/2018)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Djiane, héritière d’un art mortel et secret, est donnée contre son gré à un seigneur tyrannique. Arkhane, apprentie chamane, est privée en une nuit de son identité et de ses dons. Abandonnée dans un reg aride, elle ne doit sa survie qu’à la protection d’un étrange vautour. Seule rescapée de l’attaque d’une gigantesque créature des sables, Tiyyi, une jeune esclave tente d’échapper à la fournaise de Tessûa. Recueillie par des nomades, elle découvre peu à peu ses pouvo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Mladoria
  10 novembre 2018
Merci du fond du coeur à Babelio et aux éditions Mnémos pour cette sélection à la Masse critique dédiée à l'imaginaire et au polar.
De la fantasy aux inspirations arabo-perses ce n'est pas si courant dans le genre. Servie par cette sublissime couverture signée Mélanie Delon, on ne peut qu'être intriguée par une telle entrée en matière.
Il s'agit d'un récit polyphonique où l'on suit pas moins de 5 narrateurs différents : les lettres qu'un être en quête d'immortalité adresse à son père, une aurige , une chamane, une guerrière, une jeune fille débrouillarde aux dons multiples. Tous ses récits se déroulent aux quatre coins de Shâhra (dont une carte splendide -et bien utile- est présentée en début d'ouvrage), s'imbriquent et se répondent. le récit principal de toutes ses histoires se déroulant simultanément ou quasiment est émaillé de légendes et mythes de ce monde, écrits par l'auteure sous forme de nouvelles et disséminés dans divers recueils et anthologies, j'ai pris plaisir à en lire quelques unes pour prolonger l'immersion.
C'est ainsi un univers d'une précision infinie que nous offre Charlotte BOUSQUET, précis mais aussi terrible onirique et plein d'échos à nos lectures passées tout en étant complètement originales dans les dénominations, la langue, les unités de mesures, les titres.
Aventure, trahison, amour, poésie, magie de toute sorte (métamorphose, illusionnisme, télépathie, prophétie, guérison, orientation, art du combat), créatures du désert, immortalité, les quatre femmes sont liées par la magie qui les habite chacune à leur manière.
Pourquoi ne pas avoir mis la note maximale alors ? Ben parce qu'après avoir fait monter l'histoire crescendo tout se coupe et reste en suspens et c'est trop cruel !!! Terriblement hâte que la suite et fin sorte pour connaître le sort de toutes, à qui je me suis attachée durant ce récit.
Je vous souhaite un merveilleux voyage en Shâhra et si vous vous perdez en chemin, levez les yeux, peut-être le vautour de la déesse Azr'Khila, déesse de la vie et de la mort, vous montrera t-il la voix !
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boudicca
  26 octobre 2018
Cela faisait un moment que Charlotte Bousquet, auteur de la trilogie « L'archipel des Numinées », ne s'était pas essayée à de la fantasy pour adulte sous forme de roman. Premier tome d'un diptyque, « Shâhra » nous entraîne dans un monde d'inspiration orientale (on y trouve des éléments de culture arabe et perse) et opte pour une fantasy intimiste qui, malheureusement, ne m'a pas vraiment convaincue. Si le texte n'est pas exempt de qualités, l'intrigue n'est cependant pas à la hauteur et comporte deux défauts majeurs : un gros manque d'originalité et un rythme bien trop lent. le roman met en scène trois jeunes femmes, toutes brisées par une épreuve qui va radicalement changer leur vie : l'une est donnée en mariage à un homme violent et qu'elle déteste ; l'autre est mutilée dans sa chair et abandonnée par les siens ; et la dernière est victime d'une attaque au plein milieu du désert, la laissant seule rescapée dans un paysage aride et désolé. Parallèlement au parcours de ces trois héroïnes, on suit celui d'une troupe itinérante bien étrange, composée de personnes dotées de pouvoirs variés et menée par un certain Malik, vieillard à la santé déclinante en quête d'immortalité. Les situations dans lesquelles se retrouvent les jeunes femmes sont assez classiques, ce qui n'aurait pas été gênant si le sujet avait été traité de manière originale. le problème c'est que toutes trois suivent un schéma qui ne sort jamais des sentiers battus, et qui n'évolue guère tout au long de ce premier tome. Non seulement, la situation qui est la leur au début du récit reste pratiquement la même à la fin, mais surtout les étapes qui jalonnent le parcours des demoiselles ont tendance à beaucoup se ressembler. Les trois cents pages que comporte ce premier tome pourrait ainsi presque se résumer à une simple succession de moments d'errance et de rencontres, chaque personnage alternant l'un et l'autre avec plus ou moins de rapidité sans que leur condition en soit grandement changée.
Et c'est de là que vient, à mon sens, le principal problème de ce roman : l'interchangeabilité de ses héroïnes. Les trois sont dépeintes comme des femmes fortes, possédant une grande capacité d'adaptation et un grand courage, seulement aucune ne paraît avoir d'identité propre. Impossible de distinguer un trait de caractère qui différencierait davantage l'une de l'autre : seul le prénom et le contexte dans lequel évolue la personne nous permet de comprendre de laquelle des trois il s'agit. le comportement de certaines est de plus trop stéréotypé, à commencer par celui de Djiane, princesse belle et rebelle dont l'indépendance d'esprit s'exprime (comme pour toutes les princesses rebelles !) par de longues chevauchées mélancoliques sur son cheval préféré. Les personnages secondaires souffrent eux aussi de ce manque de profondeur et n'apparaissent que comme de simples figurants, sitôt passés sitôt oubliés. On peine, dans ces circonstances, à s'attacher à l'un d'entre eux, si bien que des scènes supposément dramatiques mettant en scène la disparition de l'un ou la souffrance de l'autre ne parviennent à aucun moment à émouvoir le lecteur. On suit le parcours des héroïnes sans ennui, mais sans jamais se sentir vraiment impliqué par leurs deuils et leurs épreuves. le « méchant » de l'histoire, ce vieillard et en quête d'immortalité, est pour sa part très caricatural. Sadique, cruel, égoïste..., Malik agit sans aucun discernement et semble prendre un malin plaisir à pousser à bout ceux dont il a pourtant le plus besoin. Sa manière de s'exprimer par le biais de lettres écrites à son père reste pour le moment inexpliquée et j'avoue que je suis assez dubitative quant au choix de ce monde de narration (qui s'expliquera cela dit peut-être dans le tome suivant...). Les autres figures négatives du roman sont elles aussi bien trop classiques et traitées sans aucune nuance : on retrouve ainsi le stéréotype de la marâtre jalouse de sa belle-fille et manipulant son père pour l'éloigner, ou encore celui la nouvelle épouse jalouse de l'ancienne amante de son jeune mari et capable de se montrer d'une cruauté sans nom pour lui nuire.
Tout cela est d'autant plus dommage que le roman possède un indéniable atout qui rend tout de même la lecture intéressante : l'exotisme de son décor. L'auteur opte en effet pour une fantasy orientale qui fleure bon les « Mille et une nuits » ou les aventures d'Ali Baba. Les paysages seuls suffisent bien souvent à enflammer l'imagination du lecteur qui n'a pas souvent l'occasion d'arpenter de telles étendues désertiques faites de dunes et de regs arides, et peuplées de créatures étonnantes. Djinn, elkhîli (hybride du désert), dragon des roches, griffon, esprits élémentaires captifs de lampes, animal totem... : le bestiaire invoqué par Charlotte Bousquet ravît par sa diversité et donne lieu à des scènes marquantes qui réveillent l'intérêt du lecteur. le surnaturel ne se manifeste pas seulement par le biais de créatures mais aussi chez certains personnages qui sont nombreux à être dotés de pouvoirs magiques qui vont de la capacité à entrapercevoir l'avenir, à celle de donner vie à des homoncules, à accélérer les processus de guérison ou encore à accompagner les âmes dans l'au-delà. A noter que ce n'est pas la première fois que Charlotte Bousquet met en scène cet univers puisque, comme l'indique plusieurs notes de bas-de-page figurant dans le roman, certains des contes et légendes dont il est fait mention ont déjà été publiés sous forme de nouvelles dans diverses anthologies (« Azr'Khila » dans « Reines et dragons » ; « De sable et de vent » dans « Les Incontournables de la fantasy » ; « Dans ses yeux » dans « Mon cheval, mon espoir » ; « La nuit sur le plateau de K'fên » dans « Les coups de coeur des Imaginales »). Ces récits légendaires qui apparaissent ici ou là au fil du texte permettent de donner davantage de consistance à l'univers dépeint, même si celui-ci reste encore très nébuleux par bien des aspects. Autre effet de style servant à renforcer l'immersion du lecteur : la présence fréquente de petites poésies improvisées (dyn), auxquelles je n'ai malheureusement pas été sensible.
Lecture en demi-teinte pour ce premier tome marquant le retour de Charlotte Bousquet chez les éditions Mnémos. Si l'exotisme de l'univers et l'originalité du bestiaire mis en scène constituent d'indéniables atouts, l'intrigue et les personnages souffrent pour leur part d'un traitement trop léger qui empêche une véritable immersion. Je ferai donc impasse sur la suite...
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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Mariloup
  10 novembre 2018
Shâhra, les masques d'Azr'Khila est un roman qui me faisait de l'oeil depuis sa sortie. Ce n'est pas le premier roman de l'auteure que je lis, c'est le second après Sang de lune qui avait été une semi déception. Mais Shâhra a été une belle surprise.
On suit plusieurs personnages dont un sorcier immortel coincé dans un corps mortel qui a peur de sa déchéance prochaine, qui souhaite devenir un dieu vivant et qui en attendant, se nourrit de l'énergie vitale de personnes ayant des dons particuliers; Aya Sin, voyante dépendante de l'aziram (la drogue la plus répandue dans Shâhra), manipulée par ce sorcier pour retrouver des gens comme elle en sachant leur triste destin; Djiane, capable de danser avec la mort, délaissée par son père au profit d'un fils et d'une nouvelle femme, encombrante que l'on veut céder à un terrible seigneur violent et meurtrier; Arkhane, apprentie chamane androgyne, que l'on jalouse pour ses pouvoirs, pour sa double nature et dont on lui vole la partie la plus importante d'elle-même qui faisait toute son identité, laissée pour morte dans un désert et guidée par un vautour; Tiyyi, adolescente qui a perdu les siens, devenue esclave puis libre qui durant ses errances se lie avec des gens, avec des créatures. Et plus que tout, il y a Azr'Khila, la déesse aux deux visages, déesse de la vie et de la mort. Elle n'est pas là mais on la devine. Ainsi que d'autres dieux et déesses comme Lâssa, déesse de la pluie et des fleuves ou bien Azara, déesse des illusions et de la magie.
Ces femmes vont en vivre des aventures, ou devrais-je dire des mésaventures. Elles sont toutes liées d'une manière ou d'une autre. C'est Aya Sin qui est la passerelle entre elles au début, qui les voit à travers ses visions et prophéties. Chacune est spéciale, a quelque chose en elle, qui grandit et se développe, qui les relie toutes malgré leurs différences et la distance qui les séparent. Je me suis attachée à ces femmes, que j'admire, qui en ont vraiment bavées et qui sont capables de grandes choses désormais. J'ai eu une certaine préférence pour Djiane et Arkhane.
C'est un monde d'hommes, dur, cruel, violent, où l'esclavage est plus que présent, où la magie imprègne toute chose, ainsi que la sorcellerie et sur lequel règnent les dieux et les esprits, où les femmes peinent à trouver leur place et à survivre.
L'univers est vraiment incroyable, très original à connotation oriental puisqu'on a une mythologie assez orientale (Djinns, dieux, créatures...), tout en la mélangeant à d'autres. J'avais l'impression d'y être, les sens en éveil grâce aux descriptions qui me vendaient du rêve ou presque. Charlotte Bousquet a vraiment une imagination débordante et nous partage ses univers tous plus oniriques et étranges les uns que les autres.
J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire au début, à me familiariser avec l'univers et j'avais peur de ne pas arriver à suivre, de décrocher mais une fois à l'aise, ça a été et j'ai pu apprécier pleinement ma lecture.
J'aime décidément beaucoup la plume de l'auteure. Elle me parle, si poétique, si incisive, descriptive avec des termes très imagés et qui sont expliqués dans un glossaire à la fin du roman (et qu'on retient au bout d'un moment car ces termes souvent imprononçables reviennent très souvent).
Ce roman n'est pas un oneshot, il y a bien une suite, un second et dernier tome qui n'est pas encore sorti mais que j'ai hâte de découvrir. Je veux absolument savoir ce qu'il va advenir de nos héroïnes et ce signifie la prophétie au centre de tout.
Un grand merci à Babelio et aux éditions Mnémos pour cette jolie découverte.
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DreamBookeuse
  10 juillet 2018
[Interlude]
J'ai lu quelques chroniques sur ce roman, c'est quelque chose que je fais avant d'écrire les miennes, cela me permet de comprendre comment le roman est perçu par les autres, ou tout simplement de prendre conscience de certaines choses que je n'aurais pas comprises par exemple. Pour Shâhra il n'y a que deux ou trois chroniques : celle d'Elbakin, d'Ombre Bones, de Love in Books et de Fantasy à la carte. 4 chroniques, ce qui est relativement peu pour un roman sorti en juin avec une couverture aussi exceptionnelle. Et 4 chroniques plutôt mitigées. Je vous laisserai les liens en bas de la mienne pour que vous alliez les découvrir parce que ce qu'iels n'ont pas aimé… moi j'ai adoré ! ^^
Quatre femmes, une seule destinée.
Contrairement à ce que laisse penser la quatrième de couverture, il y a non pas trois femmes mais quatre qui se disputent les trois cent pages de ce roman. À Tiyyi la jeune adolescente ayant échappé à l'esclavage et au désert, à Arkhane l'androgyne – hermaphrodite – privée de ses dons et d'une partie d'elle, et à Djiane qui voit disparaître ce qu'elle avait de plus cher au monde et rêve de liberté, s'ajoute Aya Sin l'augure prisonnière d'un pacte qui la lie aussi bien à Malik qu'à la drogue. Elles sont toutes des métaphores modernes : la lutte contre l'addiction à la drogue, la femme battue, l'esclavage, ou encore la transexualité (même si ici il s'agit plutôt d'hermaphrodite) et à travers elles, l'autrice transmet différents messages.
Toutes quatre semblent être liées à Azr'Khila, Déesse de la vie et de la Mort, dont le visage coupé en deux, d'un côté noir, de l'autre blanc, sillonné de rouge en son milieu, peuple les nuits d'Arkhane. Si on ne la voit jamais vraiment, on la sent présente partout et en toutes circonstances, dans les rituels de naissance ou de morts, dans ses vautours qui passent de l'image dégradante de charognards à celle de passeurs sous la plume de Charlotte, dans ses prêtresses, et dans les chemins qu'empruntent chacune de nos héroïnes.
Les quatre jeunes femmes sont toutes meurtries, torturées par la vie, mais aussi fortes, puissantes chacune à leur manière. Tout autant que dans L'Archipel des Numinées, l'autrice n'a pas hésité une seule seconde à leur en faire voir de toutes les couleurs et si certaines situations peuvent sembler légèrement convenues après avoir lu autant de romans de fantasy il n'en reste pas moins qu'elles semblent également réalistes, plausibles ce qui rend les héroïnes d'autant plus attachantes et fières.
Les quatre points de vue s'alternent sans difficultés pour ceux et celles habitué.e.s à lire ce type de roman, d'ailleurs les héroïnes ont chacune leur histoire et leur caractère : le naturel optimiste, pacifiste et plein d'espérance de Tiyyi, la fougue et la rage de Djiane, le calme et l'assurance d'Arkhane et l'envie de justice d'Aya Sin. C'est sous les doigts de la jeune augure que se tisseront les fils de la destinée, guidée par la Déesse.
Étant donné que les quatre points de vue avancent en simultanée et que l'autrice a tenu à nous faire voir l'ensemble de ceux-ci on peut ressentir l'impression de longueur décrite par les autres chroniqueurs. Mais ce n'est pas ainsi que je l'ai ressenti moi-même. J'ai plutôt eu l'impression que si l'autrice prenait son temps c'était aussi pour nous permettre de mieux saisir chaque personnage, et finalement 300 pages c'est relativement court pour les exploiter correctement (un peu moins de 75 pages par personnage). Mais les personnages ne sont pas les seuls points forts de ce roman, il y a aussi l'écriture et la mythologie qui entoure Shâhra.
L'écriture
L'écriture de Charlotte Bousquet peut surprendre. Tantôt lisse et linéaire, tantôt poétique et dérangeante, elle ne cesse de jouer avec les registres et nous en fait voir de toutes les couleurs. La différence de temporalité (présent pour Aya Sin, passé pour les autres) peut également déranger mais elle m'est apparu à la lecture comme logique et nécessaire, Aya Sin étant le seul personnage capable de tout voir et de tout comprendre (bien que cela ne soit qu'en partie vrai).
Ce qui m'a le plus plu ce sont les quelques poèmes, vers et dyns qui composent ce roman. Haïkus, vers libres ils rythment le récit et lui donnent une touche d'onirisme, de poésie. Je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une similitude avec les poèmes marchombre de Pierre Bottero dans le Pacte des Marchombres.
Les contes, magie, légende : une mythologie surprenante
Tout le long du roman on retrouve des contes, des légendes, des poèmes et des chansons qui construisent petit à petit la mythologie de Shâhra. Si parfois ces écrits coupent le récit dans son élan, ils nous plongent également un peu plus au sein de cet univers où djinns, chamanes et monstres des sables cohabitent nous offrant un dépaysement total. On a souvent la sorcellerie, des dieux, des déesses et de la magie dans les romans de fantasy mais rarement avec un point de vue aussi orientale, chamaniques et animique. Augure, magie des os, et esprits composent une fresque étonnante, atypique et dangereuse où j'ai pris grand plaisir à m'y plonger.
Shâhra partage avec les Contes des Mille et une nuits sa douceur, sa chaleur, son exotisme, et son aspect légendaire, tel un conte antique. Mais ce ne sont pas les seules références puisqu'on y croise également Tò sumpósion (alias le Banquet) de Platon et le fameux discours d'Aristophane qui dit qu'avant nous étions tous androgyne. A comprendre ici dans le sens d'hermaphrodite. Charlotte a repris le terme d'androgyne dans son roman en hommage à ce texte.
Le manque à gagner
Le seul manque à gagner qu'il conviendrait de rectifier dans le second tome serait le personnage de Malik qui reste profondément absent du roman. Même si on l'aperçoit du point de vue d'Aya Sin et qu'on a le sien à travers les lettres adressées à son père, il reste globalement indistinct. Je me demande toutefois ci ce n'est pas une volonté de l'autrice que de le rendre aussi invisible, sorte de menace ombragée qui peut fuser à tout instant.
En résumé
Derrière l'extraordinaire couverture de Mélanie Delon se cache un roman rempli de mystères à la plume tantôt agressive, tantôt poétique qui trace le destin de quatre personnages hors du commun qu'il me tarde de retrouver. Les quelques défauts que l'on peut lui trouver comme la longueur, et les coupures dus aux mythes et légendes ne font que servir l'histoire et construisent un écrin de lecture propice aux rêveries hantées. Un premier tome que j'ai dévoré, agréablement surprise (et conquise) par son exotisme oriental et amérindien.
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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Elamia
  03 novembre 2018
Il semble que la nouvelle série de fantasy née de la plume de Charlotte Bousquet ne mette pas tout le monde d'accord.
Malgré un début assez difficile, car j'ai mis un certain temps à m'immerger dans cet univers âpre, j'ai finalement, bien aimé ma lecture, que j'ai d'ailleurs achevée très rapidement. Et j'en suis la première surprise. L'exotisme de l'univers et sa cruauté ne m'ont pas vraiment séduite de prime abord, mais j'ai fini par m'attacher aux héroïnes. Arkhane, Djiane et Tiyyi, toutes trois passées par l'enfer, et toutes trois emplies d'un courage et d'une force incroyable. Je suis curieuse de savoir ce qui les attend par la suite. Je mets volontairement Aya Sin de côté, car son statut est un peu à part. Sa condition d'augure lui donne un fort pouvoir spirituel qu'elle amplifie au contact d'une drogue dure. Il est très difficile de la cerner car l'on ne sait jamais vraiment si sa vraie personnalité reprend le dessus ou si elle est entièrement vouée à Malik.
Il est vrai que le rythme souffre parfois de quelques longueurs, notamment lors des interludes de Malik. La plupart du temps, je lisais en diagonale ces paragraphes. Les ressentis de ce personnage fort peu sympathique ne m'intéressaient pas outre mesure. J'ai également fait de même avec les petits zèles poétiques disséminés tout au long du récit. Peu sensible à la poésie en général, celle-ci ne faisait pas exception à la règle et ne collait pas vraiment à la rudesse de l'univers représenté.
Le reg, à la fois libérateur et oppresseur, synonyme de liberté, mais aussi lieu de tous les dangers, qu'ils viennent de l'homme ou des bêtes. le bestiaire convoqué ici est incroyable, alliant aussi bien créatures merveilleuses que cauchemardesques.
J'étais plutôt agréablement surprise par l'aspect spirituel très présent dans ce roman.

Je remercie Babelio et les éditions Mnemos car malgré les quelques bémols, c'était une lecture entrainante. le sort des trois héroïnes m'a tenue en haleine, et si l'occasion se présente, je lirai très certainement la suite.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   13 juin 2018
Ce premier tome ne tient pas toutes les promesses de son résumé et souffre de problèmes de rythme un peu trop importants pour se suffire à lui-même et viser plus haut. On retiendra un univers qui a pourtant tout pour hypnotiser, avec une grande place donnée à la spiritualité, mais trop peu d’espace pour les personnages dont nous devons malgré tout suivre la route.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
BleuopaleBleuopale   17 juillet 2018
Arkhane roule sur elle-même, s’appuie sur ses coudes, et ses yeux plongent dans ceux de son double, réfléchi par une flaque d’eau étrangement huileuse. Elle découvre avec surprise qu’une poussière d’ocre rouge recouvre sa peau. Instinctivement, elle frotte ses paumes contre ses joues, ses paupières, ne laissant qu’une mince ligne pourpre au milieu de sa figure, une ligne qui la coupe en deux, deux parties distinctes, l’une blanche comme la mort, l’autre noire comme la vie. Elle reconnaît la marque d’Azr’Khila, la Déesse aux deux visages.
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BleuopaleBleuopale   17 juillet 2018
Le chemin de la destinée
A reçu trois noms
Déjà Morte, Deux Fois Née et Cent Vies

Trois âmes seront nécessaires
A ton ascension vers la divinité

Déjà Morte dans et s'étiole
Deux Fois Née soigne et apaise
Cent vies avance et regarde

Trois âmes seront nécessaires
A ton ascension vers la divinité

Déjà Morte repose dans la Cité Noire
Deux Fois Née marche vers la mort
Cent Vies la rejoindra sur le seuil


Trois âmes seront nécessaires
A ton ascension vers la divinité

Déjà Morte te guidera
Deux Fois Née te la donnera
Cent vies est venue pour ça

Trois âmes seront nécessaires
A ton ascension vers la divinité

Déjà Morte connait le chemin
Deux Fois Née connait le secret
Cent vies mourra pour ça
+ Lire la suite
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DreamBookeuseDreamBookeuse   10 juillet 2018
La douleur.
Seul rempart contre la folie.
Brusquement, un soupir, un froissement. Et puis, plus rien. Des relents aigres, écoeurants, de venin, de peur, d’excréments, de sang. Le silence, à peine troublé par les plaintes des rares survivants. Tiyyi roula sur le côté, se redressa. D’abord, sur les coudes, puis sur ses genoux. Noir. Rouge. Rose. Gris. Et sur cet amas de cadavres, des éclats de métal. Plastrons, cimeterre ou casques, dernières traces de la horde décimée.
– Je dois…me débarrasser…de…mes chaînes.
+ Lire la suite
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DreamBookeuseDreamBookeuse   10 juillet 2018
les mille voix du vent
aoo
résonnent
entre les roches rouges
résonnent
aoo
les mille voix du vent
aoo-aa-oaa
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DreamBookeuseDreamBookeuse   10 juillet 2018
Infinies, les vagues
Comme des dunes mouvantes
Profondes et secrètes

Bleu-gris, le ciel
S’estompe dans l’océan
Comme le chagrin
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