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ISBN : 2358872717
Éditeur : La manufacture des livres (10/01/2019)

Note moyenne : 4.48/5 (sur 180 notes)
Résumé :
"Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu'y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose."

Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  23 janvier 2019
Pourquoi je vis, pourquoi je meurs
Pourquoi je lis, pourquoi je pleure ...
... assurément pour de tels livres, les vibrants, les telluriques, ceux que tu n'oublies pas une fois refermés et achevés, ces mots qui continuent à tournoyer dans ta tête de façon obsédante.
Né d'aucune femme est de ce calibre-là. Sombre mais jamais obscur, profondément romanesque mais si humain. Rose, ma petite Rose, si digne dans l'insoutenable cruauté de la vie, sauvée par les mots.
« Les mots , nous dit-elle dans l'intimité des chapitres qui lui sont consacrés, j'ai appris à les aimer tous, les simples et les compliqués que je lisais dans le journal du maître, ceux que je ne comprends pas toujours et que j'aime quand même, juste capable de m'emmener ailleurs, de me faire voyager en faisant taire ce qu'il sont dans le ventre, pour faire place à quelque chose de supérieur qui est du rêve. Je les appelle les mots magiciens : utopie, radieux, jovial, maladrerie, miscellanées, mitre, (... ) et tellement d'autres que j'ai retenus sans effort, pourtant sans connaître leur sens. Ils me semblent plus légers à porter que ceux qui disent. Ils sont de la nourriture pour ce qui s'envolera de mon corps quand je serai morte, ma musique à moi. C'est peut-être ce qu'on appelle une âme. »
Edmond et ses épaules émouvantes qui avoue : «  toute ma vie j'ai failli être un homme », qui le deviendra peut-être après le mot «  fin ». Gabriel, le prêtre empathique qui sait porter la souffrance des hommes, et l'entendre pour faire bouger le destin et apporter l'espoir. Tous les personnages sont formidablement campés, c'était comme si je pouvais tous les voir à porter de mots, leur visage, leur âme même.
Franck Bouysse est un grand, un grand conteur qui construit admirablement son roman pour faire naître les émotions dans les révélations qui distillent au moment juste ; un grand styliste, une écriture à l'os. Combien de phrases, de passages j'ai relus, uniquement pour m'en enivrer tellement ils sont beaux, puissants, brillants sans jamais tomber dans la démonstration vide de sens.

Et cette formidable couverture, au diapason de la perfection de ce roman. Cette sublime Madone allaitante, forte et attentive, en écho à Rose, à sa mère et ses «  trois filles arrachées au néant, au motif qu'un homme et une femme se doivent de fabriquer un peu plus qu'eux-mêmes pour échapper au temps, sans penser ni même imaginer qu'un seul instant les malheurs à venir et le cadeau empoisonné que peut devenir une vie. Parce que sortir un petit être du néant d'avant pour lui offrir celui d'après est une immense responsabilité, une pure folie. »
Parce que j'en ai encore les larmes aux yeux, parce que je tremble encore un peu.
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marina53
  11 mars 2019
Maintes fois le père Gabriel, au confessionnal, a entendu les mêmes paroles. Aussi, lorsqu'une voix fluette, à peine voilée, lui demande de bénir le corps d'une femme à l'asile et de récupérer par là même des cahiers cachés sous la robe de la défunte, il est fort étonné. Mais le père Gabriel a promis. Et c'est en compagnie de Charles, le sacristain, que Gabriel se rendra à l'asile, bénira Rose et emportera les cahiers... Des cahiers emplis de confessions...
Des années auparavant, Rose, l'aînée des quatre filles, a 14 ans. C'est elle qui, aujourd'hui, accompagne son père au marché. Un gros type parlemente avec ce dernier, marchande, s'énerve un peu. Rose ne le sait pas encore mais c'est d'elle dont il est question. Vendue pour quelques pièces qui devraient permettre à la famille de sortir de la misère. Avant même qu'elle ait pu dire au revoir à son père, là voilà embarquée dans la carriole. Direction Les Forges où l'attend une nouvelle vie...
D'une puissance rare, d'une profondeur remarquable, d'un souffle renversant, le dernier roman de Franck Bouysse nous emporte et nous émeut. À travers les yeux du père Gabriel qui découvre les confessions de Rose, l'on suit le destin de la jeune fille, dans la campagne française de la fin du XIXème siècle. L'auteur dresse le portrait ô combien touchant et empli d'émotions de celle-ci, vendue à un riche maître et dont la vie va basculer sous l'emprise de ce dernier et de sa mère. Franck Bouysse, après La trilogie des Marches, change de registre et surprend le lecteur, notamment en se mettant dans la peau de Rose lorsqu'elle écrit. Il alterne ces chapitres en donnant la voix à Edmond, le palefrenier, au père Gabriel, dépositaire de ces confessions et à Onésime, le père de Rose, rongé par le remords. Habilement construit et brillamment construit, ce roman, magnifique et déchirant se révèle tout à la fois sombre et lumineux.
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Tostaky61
  05 janvier 2019
Avertissement !
Cette chronique est le fruit de mon ressenti à l'instant où je referme ce livre. Elle n'a pour objectif que de vous...OBLIGER... à le lire....
Comment débuter l'année de plus belle façon.
Première lecture et je suis déjà à genoux.
Que d'émotions.
Quelle écriture.
Né d'aucune femme, LE livre que vous ne pouvez pas manquer cette année.
J'ai déjà vanté l'écriture de Franck Bouysse, ce livre ne fait que confirmer mes impressions.
Gabriel est curé.
Gabriel est appelé à l'asile pour la mise en terre d'une femme qui y est internée depuis des années.
Une femme devenue folle après avoir tué.
Enfin, c'est ce qui se dit....
Gabriel est là pour récupérer quelque chose.
Quelque chose qui va bouleverser sa vie, quelque chose qui va bouleverser des vies...
C'est ainsi que débute ce magnifique roman.
Magnifique, mais noir. Très noir même.
Sortez vos mouchoirs. Mais pas vos vulgaires mouchoirs en papier, non. Les beaux, les brodés. Parce que l'écriture de Mr Bouysse va vous bouleverser et qu'une telle écriture mérite le plus bel écrin pour vos larmes. Parce que des larmes, à moins que d'avoir l'âme aussi noire que certain des protagonistes, vous allez en verser, je vous l'assure.
Le destin d'une jeune femme qui va se jouer devant vos yeux ne pourra que vous émouvoir.
Et puis, Né d'aucune femme, rien que le titre, ça ne vous touche pas déjà  ?
À ceux qui, comme moi, ont découvert l'écriture de Franck Bouysse avec Glaise ou Grossir le ciel, je vous garantis de retrouver ici la même émotion,  si ce n'est plus forte encore.
À ceux qui aiment la littérature noire.
Aux amoureux des belles phrases, aux amoureux des mots.
À ceux que l'émotion transporte.
À tous les insensibles, ceux qui se croient invulnérables.
À tout ceux qui aiment lire.
Ne passez pas à côté de Né d'aucune femme.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  25 janvier 2019
Il y a très longtemps que je voulais lire Franck Bouysse.
C'est chose faite. Et quelle lecture !
Ce qui frappe d'abord, c'est la virtuosité de la plume. Franck Buysse maîtrise son écriture. A la fois âpre et flamboyante. Intime et gigantesque. Je suis complètement sous le charme de son empreinte. Poétique. Animale. Rugueuse et pourtant douce comme de la soie.
Le récit se centre autour de Rose, plus tout à fait une enfant, pas tout à fait une femme. Elle va pourtant brutalement devenir une héroïne tragique lorsque son père décide de la vendre à un riche maître de forge.
Elle va alors raconter dans des cahiers ce que va alors devenir son existence.
C'est un roman terrible. Violent. Passionnant. Douloureux. Captivant et enivrant.
Un destin de femme. A travers une plume qui mérite le détour dans ce livre indispensable de 2019. Dans la plus pure tradition romanesque. Avec tout ce qui me peut me toucher dans ce genre précis.
Un roman où chaque personnage à son importance. Où chaque être fait partie intégrante d'une tragédie plus grande que lui.
Maître des ressentis, Franck Bouysse pénètre l'âme de son lecteur. Fait véritablement remonter des odeurs de terre, de végétation. On entend le craquement des branches. Nous sommes dans ces bois à courir avec Rose. Réellement. Nous sommes dans ce lit à sangloter sur la solitude de cette enfant.
Réellement.
Roman social . Roman noir. Roman du réel.
Une lecture indispensable de cette rentrée d'hiver. Croyez-moi.
Lisez le.

Lien : https://labibliothequedejuju..
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michfred
  04 mars 2019
Captation confirmée.  Me voilà subjuguée par l'écriture de Franck Bouysse. Dès les premières lignes,  j'ai été ferrée. Elles sont mystérieuses, énigmatiques, elles ne s'éclairent qu'à la toute fin. Alors on en suit l'apostrophe  comme une lumière dans la nuit. Un peu comme on chercherait la morale d'une fable, l'apologue d'un conte.
Moins concentré et violemment tragique que Grossir le ciel,  nettement plus romanesque,  Né d'aucune femme a, c'est vrai,  le charme vénéneux d'un conte noir pour enfants pas sages.
Nous sommes en Corrèze, près d'un village appelé Espalion -ne pas confondre avec celui d'Aveyron! Merci cardabelle! - et la Vézère n'est pas loin....
Mais l'époque est indéterminée. On se déplace en boghei, à cheval, en carriole. Le temps rural marque le pas.
Villages isolés, fermes en friche, château ceint de grilles, monastère devenu asile d'aliénés,  forge désaffectée,  cimetière délabré...  Les traces humaines dans le paysage disent la misère et la désaffection. Mais la forêt , elle, est toute pleine de vies et de forces,  la rivière , de fraîcheur accueillante, et quelques animaux, des chevaux, un vieux chien de ferme, disent encore le compagnonnage avec l'homme. 
Pauvres hommes...pauvres femmes surtout: une mère sans enfant, une autre sans fille aînée,  une autre encore  sans espoir et qui compte inlassablement les heures de son supplice.
Et du côté des hommes, un père sans honneur, un garçon sans voix,  un jardinier sans Roses...
C'est le manque, le creux, le vide, l'arrachement qui corrode les corps , qui  érode les coeurs, et qui creuse les âmes.
Un monde hors du temps, un monde de souffrance et de fureur.
Car il y aussi les monstres,  dans ce conte pour adultes. Un noeud de vipères, où grouillent des monstres sans foi ni loi.
Alors vient le récit, les mots qui font le récit,  les mots qui cernent les creux, délimitent les vides, réparent les arrachements et restaurent les âmes,  les mots qui mettent un nom sur les souffrances. Les mots qui vivent après la mort, après la folie, après l'injustice. Les mots -résurgence,  les mots-source, les mots-vie.
Et pour les écouter, les collecter, les rendre à qui de droit,  un curé qui est un oeil , une oreille, une conscience . Le garant de l'histoire.
  Voilà.Je m'en vais sur la pointe des pieds... il faut l'écouter aussi, cette histoire-là,  même si elle se donne des airs de conte noir,  de nouvelle effrayante: tout ce qu'elle raconte sonne vrai.
Né d'aucune femme est une fable sur la souffrance immémoriale des femmes, et sur l'impérieuse nécessité de leur donner la parole et d'enfin l'écouter.
+ Lire la suite
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critiques presse (2)
LeMonde   14 janvier 2019
A la fois classique et fantasmagorique, Né d’aucune femme prouve que le romanesque, s’il est chimiquement travaillé dans chacune de ses molécules, peut encore éblouir.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Actualitte   13 janvier 2019
Pour moi, totalement allergique à l’horreur, c’est une performance remarquable d’écrivain de grande qualité que d’avoir réussi à me la distiller, à me la faire dévorer sans réserve.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (72) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   15 mars 2019
Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l'air frais du matin, des odeurs d'abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l'explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent. Il y a du bleu dans le ciel et des ombres au sol, qui étirent la forêt et étendent l'horizon. Et ce n'est pas grand-chose, parce qu'il y a aussi tout ce qui ne peut se nommer, s'exprimer, sans risquer de laisser en route la substance d'une émotion, la grâce d'un sentiment. Les mots ne sont rien face à cela ils sont les habits de tous les jours, qui s'endimanchent parfois, afin de masquer la géographie profonde et intime des peaux ; les mots, une invention des hommes pour mesurer le monde.
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   16 mars 2019
[ échange père-fille ]
- T'as l'air toute drôle.
- Tout va bien, je t'assure.
Il releva lentement la tête.
- Pourquoi que tes yeux disent le contraire, alors ?
- Y disent rien comme ça, mes yeux, répondit-elle nerveusement.
- C'est pas ce que je devine. […] C'est si compliqué de dire ce qu'y a vraiment dans ta tête, dit-il.
Elle le tança du regard, et de nouveaux traits durcirent son visage.
- Je fais comme on m'a appris.
- Des fois, on nous apprend pas bien.
- C'est trop tard pour changer ça.
+ Lire la suite
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marina53marina53   16 mars 2019
C'est tout le problème des bonnes gens, ils savent pas quoi faire du malheur des autres. S'ils pouvaient en prendre un bout en douce, ils le feraient, mais ça fonctionne pas comme ça, personne peut attraper le malheur de quelqu'un, même pas un bout, juste imaginer le mal à sa propre mesure, c'est tout.
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ZilizZiliz   16 mars 2019
Même à l'âge que j'avais, je savais à quoi m'en tenir avec les hommes, qu'il y en avait deux sortes, ceux avec un pouvoir sur les autres, venu de l'argent ou du sang, ou même les deux à la fois, et puis les lâches. […] Parce qu'être lâche, c'est pas forcément reculer, ça peut simplement consister à faire un pas de côté pour plus rien voir de ce qui dérange.
(p. 194)
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montmartinmontmartin   15 mars 2019
Mais les interdits ne sont-ils pas faits pour être franchis, et même saccagés, piégés, détruits, afin que d'autres apparaissent , encore plus infranchissables et surtout plus enviables.
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Le directeur de "La Manufacture des livres" parle de sa maison d'éditions et de ses écrivains.
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