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ISBN : 2226449574
Éditeur : Albin Michel (26/02/2020)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Personne ne connaît vraiment Vanda, cette fille un peu paumée qui vit seule avec son fils Noé dans un cabanon au bord de l'eau, en marge de la ville. Une dizaine d'année plus tôt elle se rêvait artiste, mais elle est devenue femme de ménage en hôpital psychiatrique.

Entre Vanda et son gamin de six ans, qu'elle protège comme une louve, couve un amour fou qui exclut tout compromis. Alors quand Simon, le père de l'enfant, fait soudain irruption dans leu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  12 février 2020
J'ai adoré. Adoré Vanda et son petit Bulot, Noé de son prénom, son petiot de six ans. Adoré cette complicité et fusion entre une mère et son fils. Seuls contre le monde entier.
Ce livre est puissant tant par la force de l'amour qu'il distille que par le caractère trempé de cette Vanda tatouée sur tout son corps.
Vanda et Noé sont seuls au monde. Perdus au bord de la mer dans un cabanon où règnent le désordre et l'exiguïté. Vanda elle fait avec ce qu'elle est, ce qu'on lui a donné. Elle pousse des gueulantes pour un oui pour un non. Elle donne son corps aux marchands de plaisir, elle boit et fume sur la plage avec ses potes. Puis elle retrouve Noé. Près de lui, elle voudrait être ailleurs, loin de lui, elle voudrait n'être qu'avec lui. C'est tout le paradoxe de Vanda.
Quand surgit Simon, le père de Noé plus de sept ans plus tard, Vanda a peur. Peur que sa bulle explose, peur que le duo mère-fils se disloque.
On alterne dans ce très beau roman la voix de Vanda puis celle de Simon. Leurs angoisses se rejoignent sans crier gare. Vanda et Simon, deux êtres qui ont grandi sans père, un peu trop vite, tant bien que mal.
On pourrait reprocher à Marion Brunet des personnages au ton un peu trop vulgaire, c'est vrai. Parce que Vanda ne pèse pas ses mots. Elle parle comme elle pense, comme elle est, ses tatouages et sa rage pleins la bouche. Cela ne m'a pas choquée. Ça colle avec cette Vanda, ça la caractérise, ça la dessine, ça la rend tout à fait proche de nous. Et malgré ses bavures et ses imprudences, on s'attache à elle, on regarde émus son courage, sa spontanéité, son amour fou pour son fils.
Un très beau roman que j'ai trouvé puissant et évocateur. La mer, les moustiques, le sable, la misère, l'oiseau rare, Noé sans son doudou qui plonge ses mains dans la chevelure de sa mère pour s'endormir. Tout et plus, j'ai trouvé ce roman éblouissant.
Merci aux éditions Albin Michel, à Marion Brunet et à Babelio pour l'envoi de ce roman qui m'aura retourné le coeur.
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Commenter  J’apprécie          909
Fandol
  17 février 2020
Odeur de drame, tension extrême, cela pèse dès le début sur l'atmosphère de ce roman très social de Marion Brunet : Vanda. J'ai pu le découvrir grâce à Babelio (Masse critique) et les éditions Albin Michel (épreuves non corrigées).
Vanda est une jeune femme, mère de Noé (6 ans), enfant qu'elle élève seule et qu'elle appelle affectueusement Bulot. Personne très indépendante, elle a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Marseille où elle a rencontré Simon, fait l'amour puis s'est retrouvée enceinte alors qu'elle était à Tanger, au Maroc.
Toujours farouchement seule, elle n'a rien dit au père qui ignore totalement qu'il a un fils. Il vit à Paris et ne l'apprend que six ans plus tard alors qu'il est revenu à Marseille à la mort de sa mère. Détail important, Chloé, la compagne de Simon, refuse catégoriquement d'avoir un enfant.
Vanda et Noé vivent dans un cabanon, sur une plage, dans des conditions très précaires. Elle travaille dans un hôpital psychiatrique où elle fait le ménage mais où elle révèle surtout une profonde humanité. Hélas, alcool et envie fréquente de faire la fête reprennent souvent le dessus.
Ce roman, en plus des portraits fouillés de Vanda et de Simon, raconte un affrontement terrible entre une mère très possessive et un père qui voudrait simplement offrir un peu de confort et de sérénité à son fils. Ce fils, Noé, est viscéralement attaché à sa mère. Ils dorment ensemble, ne se séparent que parce que Vanda est obligée de travailler. C'est un amour fusionnel qui ne peut que causer des dégâts par la suite.
J'ai apprécié Vanda dans ses combats sociaux, au travail, mais je n'ai pas aimé ses choix de vie pleins de risques pour elle mais surtout pour son enfant. Elle est toujours sur la corde raide, presque une sans domicile fixe car l'été, le propriétaire du cabanon préfère louer aux vacanciers. Cela donne un épisode Corse très intéressant et très instructif sur la personnalité de Vanda.
Elle est immensément courageuse quitte à priver son fils d'un père qui tente un peu maladroitement d'apporter un peu de confort à son fils et à sa mère. Confort égale-t-il bonheur ? La question mérite d'être posée et chacun y répondra selon ses convictions et d'après son expérience personnelle mais, en lisant ce très bon roman, j'ai eu la sensation désagréable d'un immense gâchis.
Marion Brunet que je découvre pour l'occasion, raconte tout cela avec talent, précision et je conseille vraiment de lire ce livre en continu car l'auteure crée une ambiance, une atmosphère indispensable à la compréhension de son personnage principal : Vanda.
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Biblioroz
  11 février 2020
Dans ce bar de Marseille, après quelques verres de vodka, angoisse et ivresse se mêlent chez Vanda. La vue de Simon, parti depuis sept ans faire sa vie à Paris, la ramène à cette réalité : Simon va sûrement découvrir l'existence de son fils, le petit Noé, et faire éclater la bulle protectrice que Vanda a construite, à sa manière, autour de leur binôme fusionnel.
Le petit Noé dort dans la vieille Renault, alors que sa mère s'enivre et se fait draguer. Ils rejoignent ensuite tous deux leur univers : un cabanon borgne sur la plage, le sable sous leurs pas et l'odeur de la mer.
Vanda, sa vie précaire et déréglée, ses emportements, ses regrets et son amour animal et maladroit pour son petit Bulot. Vanda qui noie sa rage dans l'eau glacée, face à son inaptitude à être toujours une mère douce. Vanda, l'explosive et l'inconsciente, que l'on a pourtant du mal à juger. L'auteure a réussi, inexplicablement, à tirer de moi de l'empathie pour un personnage que j'aurais jugé condamnable en toute autre circonstance.
L'intimité très poussée entre la mère et l'enfant est là, réciproque, percutant chaque chapitre. Elle prend une place prépondérante mais ne peut être la seule à occuper ces deux vies indissociables. Elle baigne dans l'actualité sociale, la précarité de l'emploi et le méli-mélo des revendications qui se déversent dans la rue lors des manifestations des gilets jaunes. Avec ses missions de ménages dans un hôpital psychiatrique, Vanda est une « jetable » parmi tant d'autres.
Simon et Vanda, chacun à leur manière, reflètent les séquelles de l'absence de père dans leurs existences. C'est alors tout un ensemble de relations parentales cabossées que l'auteure évoque.
Avec le retour de Simon à Marseille, c'est également deux mondes qui se font face, celui de la vie parisienne et celui Méditerranéen qui ont du mal à cohabiter. Simon se heurte à la vie qui avance. Et pourtant, les années sont là et le passage de la jeunesse à l'âge adulte demeure difficile.
Ce roman frappe par son actualité, par sa réalité sociale mais surtout par la puissance que Marion Brunet a su développer pour nous faire ressentir le désespoir et les efforts que Vanda déploie pour se fondre avec Noé, pour consolider ce mur de solitude à deux, contre les autres, contre le monde actuel qu'elle pressent proche de sa fin.
Il nous parle de la place de l'enfant, difficile parfois, mais si belle, si importante, si viscérale, si instinctive.
Tolérées dans les dialogues, je déplore toutefois les vulgarités gangrenant la narration qui est pourtant vivante, spontanée, parfois belle et émouvante. Je les ai ressenties comme une pollution un peu trop présente qui a entaché mon plaisir de lecture.
Mais une fois le livre fermé, cette déception s'estompe un peu et je préfère garder en mémoire le bleu et le petit Noé, sources de vie et de lumière pour l'impétueuse Vanda.
Merci à l'auteure, aux éditions Albin Michel et à Babelio.
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PrettyYoungCat
  24 février 2020
Petite dissonance dans l'harmonie des notes unanimement positives pour ce livre reçu dans le cadre d'une masse critique privilégiée et dont je remercie vivement Babelio et les éditions Albin Michel.
Pour ma part je n'ai pas aimé Vanda, ses manières rugueuses, son langage de charretier, ses souleries, son corps qui s'offre sans valeur ou comme monnaie d'échange, son agressivité toujours à fleur de peau.
Plus que tout je n'ai pas aimé la mère qu'elle est pour Noé. L'amour fou en même temps qu'une grande violence à le forcer à grandir trop vite, à subir une grande insécurité affective, à être la béquille de sa mère dysfonctionnelle.
Les gens cabossés, en marge de la vie suscitent généralement chez moi une grande empathie. Mais ici c'est un gosse qui morfle pour l'immaturité de sa mère, son inconstance, entre mots d'amour et baffes distribuées à grande volée. La précarité financière n'est pas la plus grande menace pour lui, et pourtant elle est plus que prégnante.
Quant à l'écriture, je n'y ai pas adhéré non plus.
J'aurais mieux compris que le langage oral, le phrasé familier parfois un peu vulgaire ou argotique soit utilisé pour les dialogues et surtout pour Vanda afin de rendre compte de toutes ses aspérités. Mais l'auteure a pris le parti d'adopter ce style dans toute la narration (ou du moins une bonne partie car il est vrai que certaines parties sont tout de même plus littéraires).
Je n'ai donc pas été charmée. Et pour cause, entre Vanda qui m'a hérissée et Noé qui m'a serré le coeur... Cela aurait pu être beau. Ca l'a été pour certain(e)s d'ailleurs.
Le vent des critiques prend de temps en temps un sens contraire et je pense que tant qu'on y met sa sincérité et sa subjectivité, il peut aussi apporter aux futurs lecteurs un autre paysage du livre qu'ils choisiront de découvrir ou pas. Car tout est affaire de sensibilité personnelle.
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FleurDuBien
  24 février 2020
Vanda, c'est une "galérienne" comme on dit à Marseille, et ailleurs aussi.
Elle a un fils de six ans, Noé, et elle n'a que lui.
Ils s'aiment passionnément, mais ce n'est pas une maman ordinaire.
Elle arrive en retard à l'école, elle vit dans un pauvre cabanon sur la plage, elle a quelques amants, comme ça, pour rien, pour tout.
Elle est en colère tout le temps Vanda. Pour tout, pour rien.
Il faut pas la faire chier Vanda, sinon elle s'énerve, elle perd les pédales, elle devient presque folle, folle comme les fous de l'institut où elle fait le ménage.
Pas très folichon comme boulot.
Et puis un revenant revient, et c'est le père du gamin.
Il revendique sa paternité Simon, il a même fait une chambre à Noé.
Mais ce n'est pas du goût de Vanda, ah ça non. On ne lui prendra pas son môme avec lequel elle fusionne. Trop peut-être. C'est pas bon.
Cette histoire est une tragédie, non pas une tragédie ordinaire, un terme que l'on emploie à tort et à travers, mais une véritable tragédie grecque, la vraie, la seule.
Le style est brutal, efficace, incroyable logorrhée, incroyable colère. La vraie, la seule.
Et parfois, la colère tue.
Très beau livre.
Ce serait dommage de passer à côté.
Merci à Babélio, aux Éditions Albin Michel et à Masse Critique de m'avoir fait découvrir ce petit joyau.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
FleurDuBienFleurDuBien   23 février 2020
Et les amours terribles, de celles qui donnent du sens aux pulsations, pour qui on pense pouvoir mourir, ou qui nous ont tué en partant. C'est des conneries, on n'en meurt pas.
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LadybirdyLadybirdy   12 février 2020
Jusqu’à vingt ans, même si elle n’en parle pas, Vanda vivait en Bretagne. Elle a connu le ciel changeant, le gris sublime des orages, des argentés en lisière, nuages liquides, toutes les nuances d’avant ou après la pluie. Et les chemins détrempés, la boule molle et collante, parce qu’elle vivait dans un village des terres, pas sur la côte. Le bleu d’ici la rassure, inaltéré et plein. Il éloigne le doute, empêche les destructions. En fait, ce bleu-là repousse la fin du monde.
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LadybirdyLadybirdy   12 février 2020
Noé se détend. Il s’en fout de ce que racontent les adultes, du moment que sa mère n’est ni triste ni en colère, et surtout pas à cause de lui. Il s’approche d’elle, tire sur son bras pour lui parler à l’oreille, colle ses deux mains autour de sa bouche et chuchote contre son oreille :
– Je t’aime.
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LadybirdyLadybirdy   11 février 2020
De l’enfance, Vanda garde un tas de souvenirs qu’elle ne raconte à personne. Elle est de ces gens dont on dirait qu’ils sont nés adultes, ici et maintenant, même immatures.
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BibliorozBiblioroz   07 février 2020
Noé émerge du cabanon avec une poignée de dinosaures. Sans regarder personne, il les installe face à la mer, pattes plantées dans le sable, appelle sa mère pour qu’elle vienne voir, lui explique les conflits entre espèces et chuchote le nom de certains d’entre eux. Elle adore ça, mais elle n’écoute rien. Tout ce qui l’intéresse, c’est le petit visage concentré de Noé, son monde.
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Videos de Marion Brunet (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marion Brunet
Un livre un jour (France Télévisions), présenté par : Adeline Alexandre, Delphine Chaume.
Découvrez « Sans foi ni loi », de Marion Brunet, aux éditions Pocket jeunesse, avec Laurence Houot, jurée de la Pépite d'Or.
Garett, fils d'un pasteur violent, vit avec ses frères et son père jusqu'au jour où une hors-la loi, la solitaire Abigail, débarque chez lui et le kidnappe… Contre toute attente, elle lui offre le plus beau des destins, la liberté.
Une vidéo à retrouver sur le site de l'émission : https://www.france.tv/france-3/un-livre-un-jour/1146405-un-livre-un-jour.html
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