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ISBN : 2253259772
Éditeur : Le Livre de Poche (03/04/2019)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 155 notes)
Résumé :
Fuir leur petite ville du Midi, ses lotissements, son quotidien morne : Jo et Céline, deux soeurs de quinze et seize ans, errent entre fêtes foraines, centres commerciaux et descentes nocturnes dans les piscines des villas cossues de la région. Trop jeunes pour renoncer à leurs rêves et suivre le chemin des parents qui triment pour payer les traites de leur pavillon.
Mais, le temps d'un été, Céline se retrouve au coeur d'un drame qui fait voler en éclats la f... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Sociolitte
  20 mars 2018
Céline la belle, la pulpeuse, la sexy, la « garce » pour ses parents et quelques autres : « Son short en jean coupé si court que le pli de chair entre fesse et cuisse s'ouvrait et se fermait à chaque pas. » (p. 12), car Céline est enceinte, et elle a 16 ans. De qui ? Nul ne le sait. Sauf elle, bien sûr.
Pas même sa soeur, Johanna, « Jo », la « bizarre » aux yeux vairons, taillée comme un fil de fer cachant son corps sous d'amples vêtements. Revêche mais lucide : « elle porte un peu de cette lassitude désespérée qui fait parfois office de maturité » (p. 19). Jo a 15 ans.
Deux soeurs dans la chaleur de cet été caniculaire du Luberon. Un été comme un autre ? Non. Un été circulaire... qui tourne en rond comme la grande roue de la fête foraine... comme la roue de leurs vies.
Il y a la famille : Manuel, le père, maçon qui construit « des maisons sans avoir les moyens de payer la sienne. » (p. 77) et Séverine, la mère, elle aussi « fille mère » quasiment au même âge que Céline.
Il y a aussi les amis, ceux des parents, Patrick et Valérie, celui des filles, le seul sur lequel elles peuvent compter, Saïd, « l'Arabe ».
Bien sûr, il y aura des tensions. Bien sûr, il y aura un drame, « mâtiné de racisme ordinaire »...
De ses phrases acérées, Marion Brunet nous offre une essoufflante plongée dans une petite ville de province d'aujourd'hui. Une famille populaire comme les autres qui ne sait plus qui ou quoi combattre pour soulager l'injustice dont elle est victime.
C'est un roman noir. Un noir profond qui vous emporte, en apnée jusqu'à l'issue... qui sera injuste, forcément.
C'est une cinglante réflexion sur notre société actuelle, brûlante comme le soleil qui attire mais qui piège, étouffante comme la chaleur de cet « été circulaire ». Un roman brillant.
Lu en février 2018.
Merci à Ana et Benoît pour cette découverte exceptionnelle.
Je connaissais l’auteur pour ses écrits classés "ado", je ne suis pas sûr que j’aurai pris le temps de lire son premier roman "adulte"...
Mon article sur Fnac.com/Le conseil des libraires :
Lien : https://www.fnac.com/L-ete-c..
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Jeanfrancoislemoine
  16 avril 2019
De la fête au village à la fête au village , une année qui s'écoule, terne , morne ,sans grand changement , sans changement notable dans la vie des deux soeurs Jo et Céline .... Pas de grand changement , si ce n'est que Céline sera " maman " , et ce n'est même pas forcément un événement exceptionnel , sa propre mère l'ayant été avant elle et au même âge . Bien sûr , la différence est que Manuel , son père a , au risque de perdre la vie , assumé ses responsabilités en épousant Séverine , sa mère.
Manuel , il est maçon , il construit des maisons pour les autres sans pouvoir jamais espérer en posséder une à lui....Non , lui , il aime boire , " secouer " les ouvriers qu'il dirige , traficoter pour arrondir ses fins de mois , il a la main leste....Quant à Séverine, son épouse, elle travaille à la cantine , sans enthousiasme . Un couple sans histoire , sans grande ambition , sans grand espoir , un couple dont l'amour....Et deux filles , Jo et Céline , donc ,qui s'apprêtent à suivre scrupuleusement leurs traces .Le sort en serait - il jeté dès la naissance , d'une fête annuelle en fête annuelle ? Et que viennent faire Patrick et Said dans cet imbroglio familial ?
Ce roman est désespérant de noirceur, les personnages sont " prisonniers " de leur condition , on aimerait les voir échapper à ce sort qui les accable au lieu de les pousser à la révolte qu'on espère, en vain , jusqu'au bout.....
Ça vous prend aux tripes , comment dire , ça vous secoue , oui , c'est ça , ça vous secoue , au point de crier " mais ,bon sang , vivez , foncez vers autre chose ".......Une désespérante beauté exprimée d'une plume ferme et efficace .Une désespérante beauté dans la description d'émois d'ados en manque de socle et de repères familiaux .Une désespérante beauté traduite à travers des dialogues parfaitement adaptés à la situation de communication.Une désespérante beauté dans la description d'un foyer comme il en a existé , il en existe et il en existera encore sans doute malheureusement beaucoup , à moins que la petite Jolene......
En lisant cet ouvrage , j'ai pensé à deux très beaux films , " Dupont Lajoie" avec le regretté Jean Carmet et " l'été meurtrier " avec Adjani et Souchon . Pourquoi ? Allez savoir ...Une magie de la littérature sans doute et de son impact sur nos modestes personnes.
Et puis , je terminerai là- dessus , la fête annuelle au village...Le ciment d'une collectivité qui , n'ayant pas grand chose à vivre en commun , se fédérait autour de cet événement cyclique. Quelle belle idée .Et attention , polar noir...et s'il y avait une ou des victimes , hein , ce serait peut- être pas mal.....non?
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nameless
  09 septembre 2018
Quel beau titre ! Un été circulaire, au cours duquel deux soeurs adolescentes tournent en rond en espérant pouvoir s'évader du cercle vicieux de leur vie sans grandes espérances. Mais échappe-t-on à son destin familial en se rendant dans des fêtes foraines, en traînant dans des centres commerciaux, en partageant des apéros alcoolisés, en allant nuitamment et clandestinement se rafraîchir dans les luxueuses piscines de riches propriétaires absents presque toute l'année ?

Bienvenue dans le Lubéron éloigné des clichés azuréens, solaires et cigaliens, tel que les guides touristiques ne le montrent pas. Ici comme ailleurs existe l'ennui, ici comme ailleurs vivent et travaillent des familles modestes. Les parents de Céline et Jo ne sont pas dans la misère, ils appartiennent à la France d'en bas, celle qui trime, se lève tôt pour gagner moins. Le père maçonne, boit et a la main leste pour frapper. D'origine espagnole, il déteste les étrangers. La mère a démissionné depuis longtemps de son rôle parental. C'est vrai qu'avoir été enceinte à 16 ans a plombé sa vie et que depuis, elle se fout un peu de tout.

En annonçant à son tour sa grossesse adolescente sans vouloir révéler le nom du coupable, Céline actionne un détonateur, libère la violence, le racisme et la haine ordinaires jusque là contenus. Tous les éléments sont en place pour qu'un drame se produise. Il ne faut pas en dire davantage.

Dans ce roman intelligent et puissant, au message sociétal développé subtilement, Marion Brunet affiche une maîtrise, une force et une lucidité remarquables. Le style va à l'essentiel, sans s'encombrer de détails superflus, les dialogues lumineux font mouche, le ton est juste, vrais les personnages. A découvrir.
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domisylzen
  01 décembre 2018
L'été circulaire. L'été qui tourne en rond. Etés après étés.
Y a rien à faire ou bien pas grand-chose, y a guère que la fête du village ou la kermesse qui ramène un peu de vie dans ce patelin au pied du Lubéron.
Johanna et Céline, quinze et seize ans zone un peu. Johanna avec Saïd. Céline un peu avec tout le monde sans vraiment s'attacher, elle n'a qu'à se baisser pour les ramasser. Elle est tellement sexy dans son short taillé à raz la foune. A la maison c'est pas jouasse, le père maçon de profession tutute dur, la mère elle s'en fout un peu de tout, leurs amis, Patrick et Valérie ne valent pas mieux. Ce sont fait une raison de ne pouvoir avoir de gosses.
Pour s'éclater y a le centre commercial ou les piscines des résidences secondaires qui ne sont pas encore habitées. Ambiance …
Tout coule tout doucement sans réelle perspective d'avenir, les choses sont en place et paraissent immuables. Jusqu'au jour où les événements vont se précipiter.
L'écriture nous décrit cette situation. Dans la première partie, c'est un peu l'ennui, la chaleur est écrasante, la vie étouffante. Une vie de gens repliés sur eux-mêmes. Tout doucement de sa plume acérée Marion Brunet nous entraine dans les profondeurs des sentiments de ses personnages. le lecteur passe de la pleine lumière de l'été au noir profond de la nuit
Une descente aux enfers pour certains, d'autres se sont forgés une carapace pour échapper au quotidien.
Un roman habile pour regarder la société au fond des yeux et y déceler les disfonctionnements.
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Ziliz
  22 avril 2019
Céline & Jo, soeurs de 16 et 15 ans, dans la touffeur d'un été du Luberon.
Le dernier été de l'insouciance adolescente ?
Céline est sexy, aguicheuse ; Jo, lucide, rebelle, pragmatique, vit dans son ombre.
Elles ne sont pas touristes (d'ailleurs elles ne sortent jamais d'ici), elles vivent dans cette petite ville près de Cavaillon, entourées de copains. Les parents triment - la mère est employée municipale, encore jeune, pas trop mal, un peu vulgaire, dure, fière ; le père est maçon, descendant de réfugiés espagnols. Il boit trop, parce qu'il fait chaud, qu'il a un boulot éreintant, et surtout « pour rendre les choses floues ». A l'occasion, il cogne ses filles, quand « ça vrille », parce qu'il « n'a pas beaucoup de vocabulaire ».
Roman noir très réussi, qui frappe fort, aussi fort que le précédent 'Dans le désordre', de la même auteur.
Là encore, Marion Brunet décrit brillamment le désarroi d'adolescents et de parents pris eux aussi dans la tourmente, alors qu'ils ne sont guère plus mûrs et qu'ils ont été propulsés trop tôt dans une vie d'adultes pas vraiment à la mesure de leurs rêves.
J'ai pensé au 'Paradoxe d'Anderson' de Pascal Manoukian pour la fresque sociale, à 'Corniche Kennedy' (Maylis de Kerangal) pour les jeux de séduction/domination et d'épate entre ados. Et surtout aux excellents 'D'Acier' et 'La vie parfaite' de Silvia Avallone - même ambiance, même contexte, et une écriture aussi juste.
Mention spéciale pour Jo, une gamine attachante dont la clairvoyance, le sens de la repartie et la colère rappellent certains personnages de Virginie Despentes.
❤️
♪♫ https://www.youtube.com/watch?v=wOwblaKmyVw
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critiques presse (2)
Liberation   27 juillet 2018
L’Eté circulaire se déroule dans un de ces endroits perdus de la France périurbaine où l’on vit abandonné de tous et replié sur soi-même. C’est un roman noir et âpre, sombre et violent, un des plus réussis de cette année.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   23 juillet 2018
L’Eté circulaire se déroule dans un de ces endroits perdus de la France périurbaine où l’on vit abandonné de tous et replié sur soi-même. C’est un roman noir et âpre, sombre et violent, un des plus réussis de cette année.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
SociolitteSociolitte   26 mars 2018
Manuel lève la tête et tend son regard vers les murs. Endetté jusqu’au cou mais propriétaire de sa maison en carton-pâte, de sa maison au crépi rose dans le lotissement social construit par une mairie vaguement socialiste, dans les années 80. Seulement il doit encore tellement de fric à son beau-père que c’est pas vraiment comme si elle était à lui. C’est plutôt comme si elle était à sa femme, la maison. Quant il y pense un peu trop, il a l’impression qu’on lui a coupé les couilles à la faucille. Et maintenant sa fille [enceinte à 16 ans], comme s’il était incapable de la surveiller. Au grand jeu de la vie, lui non plus n’a pas écrit les règles. Le problème, c’est qu’il pensait le contraire.

Page 29, Albin Michel, 2018.
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SociolitteSociolitte   28 mars 2018
Il en jouit, de sa solitude supérieure, c’est sa came. Et puis elle est belle cette fille enceinte sortie d’on ne sait où. Pas le genre de la maison, c’est sûr, et ça, ça l’excite drôlement, le fils de bonne famille. Et comme son intelligence lui offre l’élégance d’un cynisme vaguement désespéré, il s’autorise à pensé que oui, ce serait amusant de la sauter, avec son gros ventre et sa vulgarité qui affleure sous chaque éclat de rire. Ce serait beau, décadent, nouveau. Il s’ennuie tellement.
– Mais quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Céline glousse et entame la troisième bière que lui tend Côme.
Il se sent deguelasse, et il trouve ça délicieux.

Page 183, Albin Michel, 2018.
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SociolitteSociolitte   24 mars 2018
Céline à toujours aimé ça, reine de la fête, adulée des garçons – toutes bandes confondues. Même quand elle était plus jeune, il y avait des coins d’ombre où se laisser glisser contre le corps d’un petit ami, jouer à ne pas aller plus loin mais s’arrêter tout au bord. Eux rêvaient de ses doigts aux ongles roses sur leur petit pénis dressé ; elle serrait amoureusement de grosses peluches gagnées à la carabine en espérant des mots d’amour. Et s’il fallait se laisser tâter maladroitement les seins pour obtenir de pauvres Je t’aime balbutiants et autres dérivés sans imagination, elle était prête.

Page 14, Albin Michel, 2018.
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ZilizZiliz   24 avril 2019
Quinze et seize ans, ses filles. SES filles. Merde, c'était avant-hier qu'il avait leur âge. Alors il se met à penser à son père, d'un coup, et c'est pas bon signe. A son grand-père aussi, bien sûr. Au gosse qu'il a été, aux vieilles rancunes. C'est toujours pareil avec la picole : on croit qu'on s'éloigne mais on revient au centre encore plus fort, chaque fois. L'Espagne reprend ses droits au milieu de la cuisine alors qu'il n'y a jamais foutu un pied. Il se lève, s'immobilise quelques secondes devant le frigo ouvert pour la fraîcheur, saisit une autre bière.
Il s'en foutait, lui, de l'Espagne, et de cette guerre dont on lui parlait sans cesse. Il aurait préféré que ça n'ait jamais existé. D'ailleurs il n'a jamais voulu apprendre la langue, ça rendait son père fou de rage. Mais putain, y en avait marre de cette condition qu'on traînait comme une gloire : les perdants magnifiques, vivre avec l'Histoire sur sa gueule. Y en avait marre du grand-père, et de son rêve libertaire agonisant sous les balles franquistes. Les histoires de réfugiés au camp d'Argelès. Merde ! Tout le monde s'en foutait de la guerre d'Espagne, lui le premier. […] Y en avait marre d'être petit-fils d'étranger, et pauvre. Et de devoir en être fier. C'était ça, surtout, qui le rendait fou.
(p. 28-29)
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SociolitteSociolitte   22 mars 2018
Les filles avaient des atouts, comme au tarot, et on aurait pu croire que si elles jouaient les bonnes cartes au moment adéquat, il y avait moyen de gagner la partie. Mais aucune d’elles – ni Jo ni sa sœur Céline – n’ont jamais gagné aucune partie. C’était mort au départ, atout ou appât, elles pouvaient s’asseoir sur l’idée même du jeu, vu qu’elles n’avaient pas écrit les règles.

Page 9, Albin Michel, 2018.
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