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ISBN : 222642914X
Éditeur : Albin Michel (31/01/2018)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Fuir leur petite ville du Midi, ses lotissements, son quotidien morne : Jo et Céline, deux soeurs de quinze et seize ans, errent entre fêtes foraines, centres commerciaux et descentes nocturnes dans les piscines des villas cossues de la région. Trop jeunes pour renoncer à leurs rêves et suivre le chemin des parents qui triment pour payer les traites de leur pavillon.Mais, le temps d'un été, Céline se retrouve au coeur d'un drame qui fait voler en éclats la famille e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
encoredunoir
  04 février 2018
Johanna, quinze ans, et Céline, son aînée d'un an seulement, vivent avec leurs parents dans un patelin du Luberon. Dans le Luberon et autour il n'y a pas que des Anglais, des Américains ou des Parisiens qui ne savent pas trop quoi faire de leur argent, il y a aussi des autochtones. Johanna et Céline en sont. Famille de prolos. Un père maçon espagnol de la deuxième génération et une mère, elle-même fille d'agriculteurs du coin, tombée enceinte trop tôt. Enceinte, Céline l'est aussi et, malgré les torgnoles de son père, elle refuse de donner le nom de celui qui lui a fait cet enfant à naître. L'été qui vient ne sera pas le même que les précédents. La fête foraine aura un autre goût, les excursions clandestines dans les piscines de villas de millionnaires occupées quinze jours par an ne seront que la décalque sans couleurs des aventures des été adolescents d'avant. Il va falloir vivre avec le poids des regards des autres, avec le qu'en dira-t-on, et avec la sourde menace du père déterminé à trouver celui qui a fait ça.
On s'en doute un peu, et très vite, la tension qui s'instaure ne peut déboucher que sur un drame, mais ce n'est pas que de cela que parle Marion Brunet dans L'été circulaire. Ce dont elle parle, c'est, tout bêtement, des gens. Pas des héros. Loin là. Des salauds, un peu, et même parfois un peu plus que ça. Des gens normaux, en fait, et qui subissent. C'est ce que sont Manuel et Séverine, les parents des deux adolescentes. Ils ne sont pas pauvres à proprement parler, mais tirent parfois le diable par la queue. Ils sont insatisfaits de leur vie mais s'en contentent. Ils savent sans doute où ils ont merdé mais seraient certainement incapables de faire autrement s'ils devaient recommencer. Ils savent que c'est un peu de leur faute, ne sont pas du genre à s'en prendre à la société, mais plutôt aux voisins arabes…
La grossesse de Céline, dans ce contexte, c'est un peu la perpétuation des erreurs des parents. Et l'acceptation, la colère muette, n'est encore qu'une marque supplémentaire de cet atavique fierté mal placée qui veut que l'on courbe l'échine et que l'on ne cherche pas de responsables ailleurs. C'est, en fin de compte, le dernier des désespoirs ; quand on se laisse enfermer dans le rôle que l'on nous a choisi. Johanna, la faute peut-être à ses yeux vairons qui lui font voir le monde autrement à force d'être elle-même vue comme une personne dont la différence dérange, est celle qui ne se satisfait pas de ça. Elle voit plus loin, plus large, au-delà de ce monde trop étroit pour elle. Pire, elle lit des livres et va au théâtre. Elle est libre. Elle le croit, du moins. Pas sûr que ça suffise à la sauver.
Johanna, Céline, Séverine, Manuel, Patrick ou Saïd, ce sont autant de petites histoires qui s'entremêlent avec subtilité et disent la peur du déclassement de ceux qui ne voient pas qu'ils sont déjà déclassés, et l'envie d'un ailleurs qui, comme la queue de Mickey dans un manège, semble toujours à portée de main mais quand même toujours un peu trop loin. Avec L'été circulaire, et en se contentant de suivre ces trajectoires molles ou fulgurantes, Marion Brunet démontre s'il en était besoin que l'on peut écrire un roman noir et éminemment politique sans grandes démonstrations ni discours pontifiants.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   12 février 2018
La bizarrerie a ses avantages. À force de faire semblant de ne pas la voir pour éviter son regard, les gens finissent par oublier qu’elle est là. Ça autorise certaines excentricités, et il lui arrive d’en abuser, histoire d’entretenir cette licence de petite folie, cet écran de trouble entre elle et les autres. Là, face au père, elle en a besoin. La vérité, c’est qu’elle n’en sait vraiment rien, de qui a mis sa sœur enceinte. En faisant le compte à rebours, trois mois en arrière, elle voit pas. Difficile de savoir, avec sa sœur. Du temps a passé, depuis les tripotages derrière les autos-tamponneuses. Elle est belle, Céline, mais faut pas croire que pour certains, elle est autre chose qu’une pute.
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rkhettaouirkhettaoui   12 février 2018
Céline a toujours aimé ça, reine de la fête, adulée des garçons – toutes bandes confondues. Même quand elle était plus jeune, il y avait les coins d’ombre où se laisser glisser contre le corps d’un petit ami, jouer à ne pas aller plus loin mais s’arrêter tout au bord. Eux rêvaient de ses doigts aux ongles roses sur leur petit pénis dressé ; elle serrait amoureusement de grosses peluches gagnées à la carabine en espérant des mots d’amour. Et s’il fallait se laisser tâter maladroitement les seins pour obtenir de pauvres Je t’aime balbutiants et autres dérivés sans imagination, elle était prête.
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rkhettaouirkhettaoui   12 février 2018
Le vertige, toujours, et les cris lorsque la structure de métal se met en marche et soulève les grappes de voltigeurs volontaires. Même les vieux ça les amuse, de voir la jeunesse s’embarquer là-haut pour se faire des frayeurs. Personne n’a jamais eu l’air de trouver étrange que le même morceau de dance passe, année après année, comme si le temps s’était arrêté en 1996, vingt ans plus tôt.
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rkhettaouirkhettaoui   12 février 2018
Les filles avaient des atouts, comme au tarot, et on aurait pu croire que si elles jouaient les bonnes cartes au moment adéquat, il y avait moyen de gagner la partie. Mais aucune d’elles – ni Jo ni sa sœur Céline – n’ont jamais gagné aucune partie. C’était mort au départ, atout ou appât, elles pouvaient s’asseoir sur l’idée même du jeu, vu qu’elles n’avaient pas écrit les règles.
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rkhettaouirkhettaoui   12 février 2018
C’est toujours pareil avec la picole : on croit qu’on s’éloigne mais on revient au centre encore plus fort, chaque fois.
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