AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782073024916
Gallimard (24/08/2023)
3.75/5   139 notes
Résumé :
"Entre mon métier d'écrivain et celui de manoeuvre, je ne suis socialement plus rien de précis. Je suis à la misère ce que cinq heures du soir en hiver sont à l'obscurité : il fait noir mais ce n'est pas encore la nuit."Voici l'histoire vraie d'un photographe à succès qui abandonne tout pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté. Récit radical où se mêlent lucidité et autodérision, À pied d'oeuvre est le livre d'un homme prêt à payer sa liberté au prix ... >Voir plus
Que lire après À pied d'oeuvreVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
3,75

sur 139 notes
5
14 avis
4
21 avis
3
9 avis
2
2 avis
1
0 avis
De la difficulté d'être écrivain à temps plein.

Balayer d'un revers de main une carrière de photographe à succès pour se consacrer à l'écriture n'a rien d'une sinécure.
Dans ce récit qui m'a rappelé "Dans la dèche à Paris et à Londres" de George Orwell, Franck Courtès témoigne de sa difficile dégringolade sociale, prix fort à payer d'une liberté à reconquérir.
A 50 ans, proche de l'épuisement professionnel, lassé d'un métier où le mercantilisme s'affiche effrontément, il décide de se consacrer totalement à l'écriture.
Ce changement radical va le plonger ostensiblement dans la précarité et l'amener à découvrir la rudesse des petits boulots impitoyables avec son corps habitué au confort bourgeois mais non moins indispensables à une vie d'écrivain peu lucrative..

Apprentis écrivains, si votre détermination ne vous a pas abandonné sur le bord de la route après la lecture de ce récit, c'est que vous êtes sur le bon chemin.
Vivre de son écriture s'avère très difficile même lorsque l'on est édité et que l'on connaît quelques succès d'estime.
Avec réalisme et autodérision, Franck Courtes nourrit son récit de nombreuses anecdotes en assumant des choix financiers et familiaux peu évidents.
En exploitant son nouveau statut social, l'auteur semble néanmoins avoir trouvé un gisement de matière idéal pour faire de sa précarité un bon retour sur investissement.




Commenter  J’apprécie          848
Librairie Chantelivre- Issy- Les-Moulineaux- 30 septembre 2023

Double Coup de coeur et coup de poing, dans un même tourbillon !...

Cet écrivain - photographe qui nous avait déjà raconté son abandon de la photographie dans " La Dernière photo", après l'avoir pratiquée passionnément plus de 20 ans, cette fois, nous relate son véritable " parcours du combattant" lorsqu' il décide de tout laisser pour se consacrer à son rêve, désormais : celui d'ÉCRIRE....

Et pour pouvoir ÉCRIRE à plus de cinquante ans il faut que " notre écrivain en devenir" trouve un boulot alimentaire pour pouvoir réaliser son objectif...Et cela va se révéler bien plus compliqué que prévu !!

" L'apprenti écrivain " va en faire les frais...en devant faire tous les petits boulots possibles et imaginables !

Le tour de force de ce récit, c'est que partant d'un rêve personnel, individuel d'ÉCRITURE, Frank Courtès nous fait toucher du doigt AUTRE CHOSE !

Confronté à un quotidien jamais imaginé, le narrateur, après avoir reçu une honorable éducation classique et privilégiée, puis gagné très confortablement sa vie comme " photographe
indépendant " pendant de très nombreuses années, il se voit, en renonçant à " la grimpette sociale" normale, attendue, relégué dans les marges, intégrant malgré lui cette drôle de "hors- catégorie " des " Nouveaux pauvres "!...

Mais rien ne va le rebuter...Quelques heures de liberté durement gagnée pour ÉCRIRE...et cela le console de presque tout !

Je choisis de transcrire un très bel extrait sur ce besoin d' ÉCRIRE :

"Dans un bureau tu serais à l'abri.

C'est simple: j'écris en partie contre le silence.Les vieux laissent la radio allumée toute la journée, certains parlent à leur téléviseur. Cela fait une présence. Les églises n'y suffisent plus.Moi, j'écris. J'écris à des amis absents, imaginaires et que je ne sais pas me faire dans la vie réelle. Beaucoup s'imaginent un Dieu à qui parler, moi juste quelques amis.Ce qu'il y a de beau, c'est la sincérité avec laquelle on croit à ce qu'on imagine. Même ceux qui prétendent ne croire en rien, dans le noir ils ont peur de quelque chose qu'ils ne peuvent pas s'empêcher d'imaginer. On imagine beaucoup au fond.Tant qu'il y aura de la place pour l'imagination, il y aura des dieux, des artistes et des monstres dans le noir. "

Je reviens au récit des petits boulots, ces fameuses " missions" comme celles des
" pauvres journaliers " d'antan, après la guerre !

Ce descriptif nous fait toucher du doigt les tragiques transformations du monde du travail, ces immondes applications, " plateformes" de
" Marché d' Humains"...Les 6 premières personnes répondant à une demande vont, pour se rendre plus attractives, et obtenir " la mission du jour", baisser au maximum le prix horaire de leurs services !

Envolés, disparus la protection sociale, le droit du travail, le droit des salariés à se défendre, etc.
Juste la Loi de la Jungle !!

Frank Courtès, en nous décrivant tous ces petits boulots invraisemblables, sous-payés au-delà de l'acceptable, nous dévoile les dérapages monstrueux de notre société " libérale " et faussement démocratique, montrant du doigt les hypocrisies, les mensonges par la cupidité de quelques uns et les politiques d'autruche des uns et des autres, en train de rendre ce monde
" inhabitable" !!?

Cela m'a évoqué plusieurs fois le souvenir tenace d'une autre lecture, celle du " Quai de Ouystreham" de Florence Aubenas; récit d'un monde parallèle du travail dévalué créé par un système économique injuste: un sous- prolétariat devenant un no man's land invisible d' INVISIBLES !!

Ce récit désespérant est " sauvé " par l'énergie incroyable de l'auteur, son humour grinçant, sa faculté jubilatoire d'autodérision...qui , dans un même temps, nous en met plein la figure, et l'air de rien, nous interpelle sur notre monde qui
" déconne grave" !!!

Sans parler des aléas plus personnels concernant la sphère privée, familiale, amicale: le mépris, l' incompréhension des proches, la honte du déclassement ...!

Heureusement subsistent le Bonheur, la Joie de l' Imaginaire, de l'Écriture, de la littérature...d'un objectif " noble" que notre " Apprenti - écrivain" va atteindre au bout de ce chemin de
" Manoeuvre" aux multiples " humiliations !

Vous aurez compris pourquoi, en début de ce ressenti, je parlais de cette lecture comme d'un double " coup de coeur- coup de massue", dévoré, ceci dit, en une nuit...

Bravo et MERCI à Frank Courtès pour son talent, son opiniâtreté et sa faculté à nous " déciller" les yeux devant les dérives de notre système....

Un dernier mot et extrait pour parachever mon enthousiasme sans réserve pour ce livre de qualité : une Tendresse certaine de l'écrivain pour les gens, et toute cette part de la population, marginalisée et fragilisée qu'il a côtoyée...et avec laquelle, il compatit sincèrement...

"La valeur de ce café sinistre tient au fait qu'il ne ment pas.La vérité éclate, crue.La vie se livre nue, avoue ses crimes, ne dissimule pas ses victimes.Dans un café lugubre, on ne nous la fait pas.
Aux heures de vie perdues entre ces quatre murs répond le temps gagné sur la mélancolie. Celle qui tombe sur la tête des pauvres gens, comme on dit, dès qu'ils mettent la clef dans la porte de chez eux..
Ici, dans ce café miteux, le répit allège de quelque chose. Je croque dans mon sandwich et j'essaye de mâcher lentement. Je n'ai plus envie de partir.Plus besoin d'être poli avec le monde de dehors, le conducteur de bus ou la boulangère. Ici on ne vous regarde pas de travers, personne ne vous domine.Les yeux éteints des vieux clients ne sont pas signe d'indifférence, ce sont des yeux au repos.Dans cette niche nauséabonde, personne ne juge, aucune médecin ne condamne, la famille n'entre pas, la société n'entre pas, parfois, la littérature, un peu."





Commenter  J’apprécie          521
Quelle mouche a piqué le narrateur lorsqu'il a volontairement abandonné sa carrière de photographe, non seulement lucrative, mais aussi aboutissement d'une passion de jeunesse ? Pour le savoir il faut se référer au précédent roman, La dernière photo. Ici, ce sont les conséquences de ce choix délibéré qui sont déclinées en une sorte de descente aux enfers.

Si le projet de base était de consacrer désormais son temps à l'écriture, le narrateur découvre avec une certaine naïveté que le passage de l'écrit à la publication est un gouffre surmonté d'une passerelle étroite et instable, que peu franchissent au premier essai.

Mais il faut bien vivre, se nourrir, se loger …et donc trouver des solutions pratiques pour ne pas se retourner à la rue. Les petits boulots, au noir, puis via des plateformes qui ont de nombreux points communs avec les esclavagistes d'un passé historique bien connu, encore plus machiavéliques parfois puisqu'elles maintiennent l'illusion d'une bouée de sauvetage. La précarité, ça s'entretient !

C'est ainsi que cet homme, pour qui il n'était pas vital de consulter l'état de son compte en banque avant de procéder au moindre achat, découvre la valeur d'un billet de vingt euros.

La solidarité est en équilibre avec la concurrence, de belles rencontres peuvent advenir mais aussi de cruelles déceptions.

Pas de révolte amère, dans ce texte, au contraire, l'auteur veut y apporter de la légèreté et de l'autodérision. Malgré tout, c'est un focus sur le monde de la pauvreté, des pièces tendus au nom d'une allégation d'assistance.

J'ai beaucoup apprécié ce témoignage, sincère sans être désabusé.

192 pages Gallimard 24 août 2023

Lien : https://kittylamouette.blogs..
Commenter  J’apprécie          541
Et bien voici un livre particulièrement étrange.
Franck Courtès a galéré et galére peut-être encore. Difficile à savoir.
La temporalité est confuse. Je résume:
Photographe consacré, ayant côtoyé stars, politiques et peoples, Franck contracte, il y a une dizaine d'années, une photo-phobie carabinée et multi-factorielle. Marre de se faire voler des photos, de participer à la grande marchandisation du monde, de côtoyer des gens qui ne voient dans l'art qu'une forme de profit etc.
Il décide donc de devenir écrivain. Et comprend très vite que pour vivre de ses livres, il faut en vendre beaucoup.
Dans le même temps, sa femme décide de partir au Canada avec leurs deux ados. Lui refuse de s'éloigner de « son milieu ». le voilà dans une sévère panade . Il libère son grand appartement parisien pour un studio en rez-de chaussée appartenant à sa maman.
À partir de là il doit : vivre avec 250 € ( si j'ai bien compris correspondant à des ayant-droit…), écrire, donner encore un peu le change. Au bout du compte, la solution la moins-pire est de se vendre comme esclave sur ce qu'il appelle La Plateforme. Celle-ci met en contact un usager (qui déménage, qui veut monter une bibliothèque Ikea, qui fait des travaux de jardinage etc.) avec un agent qui se vend dans un système d'enchères à l'envers ( 15€ pour 6h à descendre des sacs de gravas par exemple). Trop vieux pour être serveur, il tente quand même le coup. Trop lent par rapport aux africains, il abandonne les courses genre Deliveroo.

Il y a beaucoup d'amertume dans ce livre mais celle-ci est souvent masquée par un humour acide d'ex-nanti ( genre Proust, Gaspard…). On se demande même parfois si certains travaux épouvantables n'ont été effectués que pour être racontée.
Il y a une scène terrible où Franck Courtès renverse un chevreuil en voiture. Il finit de le zigouiller proprement, en l'étranglant, le ramène chez lui après de sombres tribulations, puis l'éviscère dans le studio et le dépèce comme il peut. Beaucoup de viande.

J'ai trouvé le propos un peu confus:
S'agit-il d'un livre sur la difficulté de vivre de l'écriture ( il est passé quatre fois à La Grande Librairie, a été publié six fois chez Lattés et Gallimard, a eu quelques prix… ) ?, ce livre étant une tentative presqu'ultime pour échapper à la pauvreté qu'il décrit avec minutie, qu'il exhibe à la face du lecteur comme pour dire aussi : achetez ce livre, offrez le, vous ferez une bonne action et ce sera une juste reconnaissance de mes talents d'écrivain.
Est-ce un brûlot pour dénoncer « les petits boulots » qui serait plutôt des travaux forcés passés à la moulinette des algorithmes pour toujours plus de profits ( « Le monde des algorithme transforme notre instabilité passagère en désespoir » dit-il .) ?
Est-ce malgré tout de la littérature et je pense à une belle scène, terriblement érotique, où les sens s'embrouillent lorsque sa ravissante cliente l'aide dans l'accrochage d'un miroir ?
Au passage l'auteur lamine les décisions éditoriales, les conditions d'octroi du RSA etc.
On se demande aussi si tout est vrai.
Mais qu'importe, faites-vous votre avis.
Non, ce qui m'a réellement déçu c'est que je n'ai pas retrouvé l'humour désenchanté promu par les critiques mais une sorte de « ci-gît l'amer » au final un peu vain, voir un tantinet irritant.
Commenter  J’apprécie          4119
Si vous écrivez pour les raisons suivantes, vous faites fausse route :
- Obtenir plus de reconnaissance (mieux vaut avoir un chien - conseil de Churchill)
- Échapper au capitalisme (la concurrence est pire qu'ailleurs)
- Passer à la postérité (rien n'est garanti)
- Gagner de l'argent… Tout est admirablement résumé pages 13-14.
Franck Courtès s'est rendu compte qu'écriture était synonyme d'indigence, et je me demande s'il n'a pas choisi sa précarité avec l'idée d'en faire un récit. Il a eu raison car de cette autofiction naît un témoignage honnête et intelligent.
Franck Courtès était un photographe courtisé. Il vivait bien, voyageait partout, rencontrait des célébrités mais le doute gagna cet artisan de l'argentique. le jeu mondial changeait. Il n'en accepta pas les règles et quitta son métier à l'heure où d'autres photographes, moins authentiques, vendaient leur âme.
Franck Courtès a choisi d'avoir peu d'argent (il touche d'infimes droits d'auteur) parce qu'enchaîner les petits boulots ne lui donne aucun confort (« Devenir pauvre ne consiste pas à vivre plus simplement »). Tout se complique (« Je suis entré dans une nouvelle dimension où rien ne peut s'acheter avec insouciance »), le déclassement social est inévitable et le regard des gens change (p 121).
Le voilà donc « À pied d'oeuvre » (superbe titre). Il s'improvise déménageur, vitrier, jardinier, livreur, serveur ou bricoleur à tout faire. Il raconte ses galères avec humour et bon sens, tout en dénonçant le cynisme d'un système économique porté par les plateformes et les algorithmes.
Bilan : 🌹🌹
PS : ceci n'est pas un SP mais un prêt de ma libraire. Fidèle à mes principes, j'achèterai ce livre au moment de sa sortie officielle.
Commenter  J’apprécie          374


critiques presse (2)
LeFigaro
06 novembre 2023
À 50 ans, l’auteur a lâché son travail pour devenir écrivain. Histoire tragicomique de sa vie de nouveau pauvre.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Marianne_
19 octobre 2023
Dans un récit à la franchise bouleversante [...], il dévoile son quotidien d'intellectuel pauvre, devant sans cesse jongler avec divers emplois précaires dénichés sur des plateformes pour pouvoir subsister sans devoir renoncer à sa brûlante passion pour l’écriture.
Lire la critique sur le site : Marianne_
Citations et extraits (48) Voir plus Ajouter une citation
Je vais rentrer chez moi sans avoir gagné un sou. A même le trottoir, sur un carton et des linges, une femme en jupe longue et doudoune décolorée tend la main aux passants. Devant elle un gobelet contient quelques pièces que je lui envie un instant. Son regard trop plaintif, sa geignardise toute professionnelle m'agacent. Contre son flanc, d'une couverture sale émerge la tête brune d'un enfant. Son regard est sincère, c'est-à-dire dur, hostile, lourd d'un malheur caché, à l'opposé des lamentations de sa mère. Il regarde le monde avec une haine tranquille, comme n'importe quel exclu devrait le faire.
Commenter  J’apprécie          330
Il aime ça, la littérature. Pour un peu il me sortirait l'apéritif et les olives. Il veut me la prouver là tout de suite sa culture, avec une chouette liste de lecture, Céline, Proust, Balzac, qu'il faut absolument relire, et Houellebecq à la fin, comme s'il annonçait les stations de métro d'une ligne. Oui, Houellebecq, répète-t-il dans un demi-sourire. C'est son terminus.
Commenter  J’apprécie          502
La valeur de ce café sinistre tient au fait qu'il ne ment pas.La vérité éclate, crue.La vie se livre nue, avoue ses crimes, ne dissimule pas ses victimes.Dans un café lugubre, on ne nous la fait pas.
Aux heures de vie perdues entre ces quatre murs répond le temps gagné sur la mélancolie. Celle qui tombe sur la tête des pauvres gens, comme on dit, dès qu'ils mettent la clef dans la porte de chez eux..
Ici, dans ce café miteux, le répit allège de quelque chose. Je croque dans mon sandwich et j'essaye de mâcher lentement. Je n'ai plus envie de partir.Plus besoin d'être poli avec le monde de dehors, le conducteur de bus ou la boulangère. Ici on ne vous regarde pas de travers, personne ne vous domine.Les yeux éteints des vieux clients ne sont pas signe d'indifférence, ce sont des yeux au repos.Dans cette niche nauséabonde, personne ne juge, aucune médecin ne condamne, la famille n'entre pas, la société n'entre pas, parfois, la littérature, un peu.

( p.55)
Commenter  J’apprécie          150
Le libre-échange, le concept de citoyen mondialisé, forcément pacifique, toute cette liturgie fraternelle et lyrique que mon père, dans sa folie des grandeurs politiques, s'employait à promouvoir quand il réunissait ses amis, ventres mous mais sincères, à la maison devant une bouteille de Chivas, d'eau de Seltz et du saumon fumé, ces embrassades gigantesques , cette connaissance universelle des uns et des autres, cette ouverture d'esprit universaliste avaient été piratés, sabordés par des esprits mercantiles, commerçants, et avaient accouché de deux modèles humains mutants, pas du tout fraternels, que sont le touriste et le migrant, très loin de la noblesse d'un voyageur et d'un immigré.
Ma culture humaniste venait de là, d'une poignée de gens qui se rêvaient frères et soeurs, qui ne risquaient rien à essayer sur les autres des concepts dont ils se savaient à l'abri dans les beaux quartiers, si jamais ça tournait mal. J'étais aux premières loges.La cible avait été ratée. Le monde meilleur avait mal tourné.

( p.150)
Commenter  J’apprécie          130
Souvent, ma véritable identité est un lourd bagage à porter. Je force le photographe que j'étais, l'écrivain que je suis à s'user les genoux dans des salles de bain malpropres, je plonge ses mains dans la crasse des autres, je l'oblige à exécuter des travaux sans rapport avec sa véritable vocation. Comme si l'épanouissement artistique était conditionné à l'acquittement dans la douleur d'une quelconque dette.
Commenter  J’apprécie          280

Videos de Franck Courtès (19) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Franck Courtès
Vous connaissez évidemment les coups de coeur de Gérard Collard, de Jean-Edgar Casel et les nouvelles chroniques BD de Thomas ! Nouveauté - Les libraires de la Griffe Noire vous donnent aussi leurs coups de coeur ! Comme si vous entriez dans notre librairie et que vous leur demandiez un conseil de lecture... Et cette semaine, Inès, qui a rejoint l'équipe il y a quelques semaines, vous parle d' "À pied d'oeuvre", de Franck Courtès.
À découvrir sur lagriffenoire.com https://www.lagriffenoire.com/a-pied-d-oeuvre.html
autres livres classés : précaritéVoir plus
Les plus populaires : Littérature française Voir plus


Lecteurs (412) Voir plus



Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
1675 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre

{* *} .._..