AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782070213054
261 pages
Gallimard (27/06/1952)
3.55/5   29 notes
Résumé :

Seule oeuvre théâtrale écrite et publiée par Céline, L'Eglise constitue en quelque sorte une répétition générale du Voyage au bout de la nuit. L'Eglise bien que publiée en 1933, un an après le Voyage, avait été écrite en 1926. Et déjà le protagoniste s'appelle le docteur Bardamu. Dans L'Église, le ton, bien que nouveau, n'a pas encore la force torrentielle que l'on connaît. La langue classique se heurte encore au parler populaire qui s'épanouit en quelqu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
tolstoievski
  24 novembre 2018
L'Église (quel étrange titre au vu de la pièce) est une sorte de premier jet, de premier façonnage de la matière première qui deviendra, six ans plus tard, l'inénarrable Voyage au bout de la nuit.
C'est une sorte d'argile brute quant au fond. D'ailleurs, j'ai déjà eu l'occasion d'écrire que ce n'est peut-être guère différent pour Voyage au bout de la nuit car le sens véritable semble échapper tant à son auteur qu'à ses lecteurs. Ce que l'auteur semble avoir eu à coeur d'écrire dans Voyage au bout de la nuit (finalement que tout dans la vie est incroyablement déprimant partout et quoi qu'on fasse) ne me semble pas être, dans ses grandes lignes, ce que les lecteurs apprécient (le propos anarchiste antimilitariste, anticolonialiste et anticapitaliste).
À ce titre, Voyage au bout de la nuit constitue peut-être le plus grand malentendu réciproque de la littérature française entre un auteur et ses lecteurs. Mais c'est un autre débat et qui n'a que peu de rapport avec la pièce de théâtre qui nous occupe ici.
L'auteur, hormis le fait d'intituler mystérieusement sa pièce, nous précise qu'il s'agit d'une comédie en cinq actes. Je défie quiconque de se payer une franche partie de rigolade à la lecture ou à la représentation de L'Église. S'il s'agit bien d'une farce douce-amère — ce qui n'est pas sûr du tout — m'accordera-t-on qu'elle est plus amère que douce ?
Chaque acte est un épisode distinct sans grand rapport avec les autres. On y retrouve, comme dans Voyage au bout de la nuit un certain docteur Bardamu qui évolue : 1) dans une colonie africaine, 2) aux États-Unis et 3) en banlieue parisienne. Mais, différences notoires avec le Voyage, on a ici droit à un épisode au siège de la Société des Nations (SDN) à Genève et l'on est privé d'épisode en rapport avec la Grande Guerre.
Les liens avec la biographie effective de Louis-Ferdinand Céline sont encore plus évidents que dans Voyage au bout de la nuit. Les références à Elisabeth Craig (à qui était dédié le Voyage) sont beaucoup plus marquées. En fait, c'est un peu comme une suite de désillusions, dans les colonies, dans le monde de la danse, dans les hautes sphères de la SDN, dans les sphères plus intimes de l'amour et enfin, désillusion jusque dans l'aide qu'on espère apporter au peuple prolétaire qui ne mérite pas toute la peine qu'on se donne pour lui.
On y retrouve quantité de situations qui seront plus tard reprises et développées dans le grand roman ultérieur. On sent bien que Céline n'est pas tout à fait à l'aise avec l'art théâtral. Il patauge un peu et nous avec, malgré, il serait malhonnête de le nier, quelques fulgurances intéressantes qui annoncent, certes timidement mais qui annoncent tout de même, la dynamite que sera Voyage au bout de la nuit.
Bref, c'est un tableau franchement plus déprimant que comique : c'est la panade partout et avec tous. Mais, au-delà de cela, on ne voit pas vraiment ce que l'auteur a souhaité nous dire. L'église ? Est-ce à entendre comme le lieu où l'on vient chercher des soupçons d'espoirs quand il n'en reste plus beaucoup ? L'église ? Est-ce à entendre comme un regroupement de gens liés par une même foi illusoire ? L'église ? Est-ce à entendre comme le déroulé de la passion, c'est-à-dire une suite d'embûches et de calvaire qui se succèdent dans nos vies ? Je n'en sais rien et vous laisse méditer là-dessus, si vous en avez envie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Gargantuatua
  13 janvier 2015
Intéressant en tant que brouillon du Voyage, mais assez piètre en tant que tel. Si "semmelweiss" donnait à réfléchir sur le grand Céline sur le point de naître, la rage satirique de "L'Eglise" l'emporte en revanche sur la qualité du récit.
Dommage.
Commenter  J’apprécie          80

Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   26 octobre 2018
CLAPOT : Mais, au fait, le Docteur Gaige, de la Fondation Barell, qui est arrivé de la colonie saxonne, il y a trois jours, où est-il ?
BARDAMU : Il est là ! […]
CLAPOT : Il dort ?
BARDAMU : Oui, il est mort ! […]
CLAPOT : Alors, de quoi ?
BARDAMU : Peste pneumonique, je crois.
CLAPOT : Comment le savez-vous ? Vous n'avez pas fait d'examen. Il venait des colonies anglaises. Il était parti il y a cinq jours ; c'est clair : il est mort de fièvre jaune. Ils ont toujours la fièvre jaune chez les Anglais. Ici, nous n'avons pas de peste pneumonique. La peste pneumonique ? Mon cher, mais vous voulez rire ! C'est en Mandchourie qu'elle est la peste pneumonique ! Elle n'est la peste pneumonique ! Elle n'est pas à 2° au-dessus de l'équateur. Ah non, je vous en prie, n'allez pas nous faire la réputation d'avoir la peste pneumonique en Bragamance ! Notre colonie est en plein essor économique. Vous ne voulez pas qu'on nous mette en quarantaine au moment où nous allons malgré la crise exporter 200 tonnes d'arachides de Clapouti, dans le cours du mois prochain… Mais, enfin, mon cher Bardamu, mais enfin, je vous assure… Il avait la fièvre jaune à côté, chez des étrangers, j'ai reçu des rapports, il est venu en mourir ici. C'est limpide. Quant à l'autre petit major, il est mort de variole, c'est normal ; tout ça va être rapidement jugulé et ce pays redeviendra ce qu'il était : un pays parfaitement salubre !

Acte premier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
Nastasia-BNastasia-B   24 octobre 2018
BARDAMU : Apprenez, Pistil, que depuis la genèse, le grand principe de la morale de ce monde, c'est la production. Les plaisirs sont improductifs, donc les plaisirs sont immoraux, c'est même pour cela que le plaisir est immoral. S'emmerder sur une tâche aride est productif, donc s'emmerder est moral. Les protestants savent s'ennuyer mieux que personne au monde, aussi, sont-ils moraux et productifs et dominent-ils le monde.

Acte premier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          183
Nastasia-BNastasia-B   20 octobre 2018
TANDERNOT : Oh ! vous êtes anarchiste aussi, eh bien, je suis bien entouré !
BARDAMU : Oh ! moi, vous savez, monsieur Tandernot, je le suis comme tout le monde ; en théorie, vous avez raison, mais pour l'être complètement anarchiste, il faudrait ne plus avoir besoin de bouffer… Les vrais anarchistes, ce sont les riches, voyez-vous. Pour bouffer, faut tous faire des petits trucs, et anarchistes ou non, ce sont presque les mêmes.

Acte premier.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Nastasia-BNastasia-B   30 avril 2021
Une vacherie, c'est bien plus facile à diagnostiquer qu'un microbe.

Acte deuxième.
Commenter  J’apprécie          571
rkhettaouirkhettaoui   31 mars 2018
La science, voyez-vous, madame, c’est pas si brillant qu’on le dit ; j’en suis bien revenu... La science, au fond, c’est essayer de comprendre, et si on tient tant que ça à comprendre, je suis arrivé à penser que c’est qu’on a peur de tout. Les animaux ne cherchent pas à comprendre, voyez-vous, c’est parce qu’ils n’ont pas si peur que nous. Nous, nous avons une frousse terrible, de la naissance à la mort ça ne nous quitte pas. Alors, ça nous force à penser, à faire de la science, comme ils appellent ça. Les plus intelligents parmi les hommes, ce sont les plus froussards. Voyez les Juifs ! Ce n’est pas l’intelligence qui est noble, c’est la peur. Faire dans sa culotte, voyez-vous, c’est le commencement du génie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20

Lire un extrait
Videos de Louis-Ferdinand Céline (64) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis-Ferdinand Céline
Les Éditions de la Nouvelle Librairie présentent « du côté de Céline », une collection dirigée par Émeric Cian-Grangé, dont l'objet est de contribuer, en dehors de toutes passions partisanes, à la connaissance et à l'exploration de continent célinien. Cette nouvelle collection publie Escaliers, un roman autobiographique d'Évelyne Pollet, l'histoire d'une méprise que l'auteur aurait pu éviter si elle avait pris en compte les préceptes que Louis-Ferdinand Céline lui asséna dès leur première rencontre : la jalousie est un sentiment honteux et l'amour un mythe. Un témoignage intimiste assez exceptionnel de Louis-Ferdinand Céline.
Premier volume de la collection : https://nouvelle-librairie.com/boutique/litterature/romans-poesie-theatre/escaliers/
+ Lire la suite
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues romanes. Littéraure française>Littérature dramatique (842)
autres livres classés : théâtreVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura






Quiz Voir plus

Quiz Voyage au bout de la nuit

Comment s'appelle le héros qui raconte son expérience de la 1ère guerre mondiale

Bardamu
Bardamur
Barudamurad
Barudabadumarad
Rudaba Abarmadabudabar

9 questions
1194 lecteurs ont répondu
Thème : Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand CélineCréer un quiz sur ce livre