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EAN : 9782072983221
Gallimard (05/05/2022)
3.92/5   98 notes
Résumé :
Parmi les manuscrits de Louis-Ferdinand Céline récemment retrouvés figurait une liasse de deux cent cinquante feuillets révélant un roman dont l’action se situe dans les Flandres durant la Grande Guerre. Avec la transcription de ce manuscrit de premier jet, écrit quelque deux ans après la parution de Voyage au bout de la nuit (1932), une pièce capitale de l’œuvre de l’écrivain est mise au jour. Car Céline, entre récit autobiographique et œuvre d’imagination, y lève ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
3,92

sur 98 notes

Brooklyn_by_the_sea
  08 mai 2022
Embarras au magasin : comment demander où se trouve le "nouveau" livre de Céline ? Ou plutôt son "dernier" ? Son "deuxième" ? "L'inédit", voilà !
C'est avec un bonheur inouï que j'ai ouvert ce roman, écrit en 1934, jamais publié et disparu pendant près de 80 ans. Et même s'il s'agit d'un premier jet non finalisé, je me suis sentie heureuse d'être en vie pour pouvoir le lire.
Ca débute comme ça. Par un boucan assourdissant qui n'en finit pas de résonner dans les oreilles, la tête et le corps de Ferdinand, troufion de 20 ans fiché dans la boue et le sang d'une plaine flamande. S'ensuit alors le récit de son hospitalisation et de sa convalescence à Peurdu-sur-la-Lys, entre un médecin zinzin, une infirmière lubrique, et des blessés roublards.
Une fois encore, Céline s'inspire de sa propre expérience (sa blessure, en Octobre 1914, et son séjour à l'hôpital d'Hazebrouck), en distordant et exagérant les faits avec sa morgue habituelle et son humour ravageur, et en ne reculant devant aucune vacherie : "Jamais j'ai vu ou entendu quelque chose d'aussi dégueulasse que mon père et ma mère."
Ce faisant, il dénonce une nouvelle fois l'immense stupidité de la guerre, et de tous ceux qui la provoquent, l'entretiennent, l'encouragent, ou la relativisent. J'ai adoré cette plongée au coeur de la folie des hommes, sans cesse rythmée par le bruit des canons et des troupes, ce manège dément tournoyant autour de Ferdinand qui, seul contre tous, isolé par sa semi-surdité et ses acouphènes, vomit sur la médiocrité et la mesquinerie de ce qui l'entoure -tout en n'hésitant pas à se montrer chafouin à son tour.
Et donc, je ne peux qu'admirer ce côté punk désinvolte ("Je devais plus rien à l'humanité"), bien entretenu cependant par une langue française savamment torturée et ponctuée de gros mots de sale gosse. de la puissance à l'état pur, mais traversée de brefs et bouleversants accès de tendresse à l'encontre de cette même humanité. C'est tout le paradoxe de Céline, et c'est ce qui fait que je l'aime tant.
Vivement la sortie des autres inédits !
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BillDOE
  11 mai 2022
Céline raconte à travers le personnage de Ferdinand et de façon romancée, ses blessures lors de la grande guerre, son hospitalisation et son départ pour l'Angleterre.
Ce qui frappe dans ces quelques feuillets retrouvés de Céline, c'est la trivialité, la vulgarité du langage, le « parler de la rue ». Rien d'étonnant car il se veut un styliste avant d'être un conteur. Il est un coloriste. Il concentre tout son labeur d'écrivain sur la phrase, l'histoire n'étant que bien secondaire à ses yeux. Aussi rien d'étonnant à ce qu'il brise les conventions et tel un Picasso de la littérature française, il s'invente une facture.
Il profite de son expérience de soldat alors qu'il n'avait qu'une vingtaine d'années pour témoigner de toute l'horreur que lui inspire la guerre. le traumatisme d'une telle expérience le poursuivra longtemps, aussi longtemps que les céphalées dont il sera victime jusqu'à la fin de ses jours.
Il retranscrit cette haine contre ces conflits par un vocabulaire de la rue, un français du caniveau, une construction grammaticale apocalyptique. Ce roman est un véritable charnier de la langue de Molière.
Tout son récit suinte la mort, les plaies putrides, les odeurs d'urine et de matières fécales. Ça sent les odeurs acres de transpiration, les écoeurantes vapeurs de vomi, les relents de stupre et de fornication. La guerre, selon Céline, a un parfum qui pue, tant il la déteste. Elle distille les fragrances de sa propre image : les plus insupportables, les plus abominables.
La lecture de « Guerre » de Céline est une expérience peu commune dont l'originalité linguistique peut faire dresser le poil mais qui mérite amplement d'être tentée car elle ne laisse pas indifférent.
Editions Gallimard, collection blanche, 175 pages.
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alberthenri
  08 mai 2022
Céline disait donc vrai quand il évoquait ses manuscrits volés, car pas d'histoire, c'est bien de cela qu'il s'agit : un vol, les manuscrits perdus ne l'étaient pas pour tout le monde, ils étaient mis de côté, et ressortiraient un jour, longtemps après la disparition de l'auteur, Céline avait vu juste...
Bref...
Voici donc, le premier inédit : "Guerre", aucun doute c'est bien du Céline, c'est frontal, direct, sale, pas de faux sentiments, pas d'artifices, la vie, la mort, la peur, le sexe.
"Guerre" est un très court roman, ce qui n'est pas la marque de fabrique de l'auteur de" Mort à crédit", c'est qu'il s'agit d'un premier jet, d'une ébauche, mais que cette ébauche semble déjà aboutie !
Prenez des leçons, écrivains dans le goût du jour ! Les "cafouilleux" comme vous appelait Ferdine !
D'autres publications d'inédits sont annoncées, dont la très intrigante "Légende du roi Krogold", un conte médiéval évoqué dans "Mort à crédit" notamment.
A titre personnel, je suis bien content que ces manuscrits voient enfin le jour et je les attend de pied ferme !
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Merik
  11 mai 2022
Âmes féministes de 2022 attention... Les personnages n'y vont pas par quatre chemins avec les dames dans ce premier jet de roman des années 30. Des dames réduites à de la chair à bite pour parler clair. « Gonzesses », « pouffiasses » ou « grognasses » sont légion. Misogynes, machistes, phallocrates les personnages de Ferdinand et Cascade/Bébert ? Sûrement. Céline était sans doute au moins un des trois lui aussi, tout comme il était antisémite. Mais nous parlons ici d'un roman (un premier jet, sans doute imparfait), et de personnages de fiction, inspirés de la convalescence du soldat Destouches.
Des personnages qui ne semblent pas que machistes ceci dit... Âmes anti-racistes, militaristes ou philanthropes, sans parler des âmes familiales (les parents de Ferdinand sont dézingués), ni des âmes auto-satisfaites (Ferdinand s'autoflagelle aussi), attention aussi.
Quant à celles qui résisteraient malgré tout, les âmes curieuses ou sensibles à la littérature par exemple, il ne restera plus qu'à.... FONCER !!!
Car si l'humanité dans son ensemble en prend pour son grade sous l'écriture hallucinée de Céline, surnage de ce chaos de souffrance son génie à l'état brut, au travers sa langue oralisée et triturée qui explose à la gueule du lecteur dans une puissance inouïe. C'est c'est c'est.... Célinien. Avec aussi en sourdine étouffée, des reliquats de tendresse pour les seuls qui méritent à ses yeux considération, ses compères de souffrance guerrière (À condition quand même qu'ils ne soient pas trop cons les copains de guerre)
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JLBlecteur
  18 mai 2022
Alors, que dire ?!
Cela fait des semaines, des mois voire des années que je me promets de me coltiner Louis-Ferdinand Céline et plus particulièrement son incontournable ‘Voyage au bout de la nuit' dont j'ai gardé en mémoire les illustrations hallucinées de Jacques Tardy à la fin des années 80.
Une envie, certes, mais une peur surtout tellement l'oeuvre est gigantesque et l'auteur si controversé.
Alors quand j'ai lu que ‘Guerre', ce mince inédit (une centaine de pages) récemment retrouvé, pouvait être une bonne porte d'entrée dans l'univers singulier de Celine, je me suis dis ‘Banco, j'y vais !'
Mais quelle surprise !!
Je ne m'attendais absolument pas à cette plume devant laquelle celle d'Audiard fait figure de bavardage de la baronne de Rothschild à l'heure du thé.
Que c'est cru !
Ferdinand, le narrateur, grand blessé sur le front se retrouve pris en main (le terme est choisi) dans un hôpital de campagne pour soigner son bras et son oreille arrachés. Il sympathise avec son voisin de lit, un petit proxénète parisien qui s'est automutilé pour être rapatrié du champs de bataille et qui en profite pour faire venir sa prostituée d'épouse, la clientèle potentielle étant particulièrement nombreuse dans cette petite ville (village) devenue cosmopolite. Ensemble, ils feront l'hôpital buissonnier avant que la patrouille ne rattrape le resquilleur à fusiller. Ferdinand copinera alors avec la veuve joyeuse.
Il a été déjà dit partout qu'entre les mains, nous avons la brute transcription du premier jet du manuscrit original, certains mots restés indéchiffrables n'ont même pas été remplacés, seule la ponctuation à été rajoutée afin de rendre la lecture plus aisée. On sera quand même surpris de voir un des personnages principaux (le maquereau) changer de nom en cours d'ouvrage. On sera surtout estomaqué, dans ce récit consacré au chaos, aux horreurs de la grande guerre, entres les descriptions des blessures et des souffrances des poilus de trouver celles de pratiques sexuelles (réelles ou fantasmées) dans un style argotique de l'époque relativement déstabilisant ! Ce style pour le moins imagé, plus oral qu'écrit, ‘déplombe' le propos sans le lisser, la tragédie se noue cependant malgré la relative légèreté du ton.
Ce fût effectivement un bon moyen de découvrir et de démythifier cet auteur pas si inabordable que cela en définitive, une lecture ‘agréable' (mais qui suppose une certaine concentration) à la condition, quand même,  de bien vouloir se plonger dans ce langage à minima populaire, cette gouaille aujourd'hui disparue ou cantonnée à un public averti.
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critiques presse (11)
LaPresse   10 mai 2022
Passer de l’écriture rageuse des manuscrits de Louis-Ferdinand Céline à une édition près de 90 ans plus tard de Guerre, roman étonnamment abouti, a exigé un travail d’orfèvre mené par l’éditeur Gallimard.
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LesInrocks   07 mai 2022
Le cas Céline prouve encore que nous avons un problème en France avec nos écrivains d’extrême droite. Nous ne savons pas quoi en faire.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Culturebox   05 mai 2022
Les manuscrits perdus de Louis-Ferdinand Céline, réapparus dans des circonstances mystérieuses, sont exposés à Paris et donnent lieu à la publication jeudi 5 mai d'un inédit, "Guerre", qui enthousiasme la critique littéraire.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix   05 mai 2022
Premier des trois romans inédits de Louis-Ferdinand Céline à paraître cette année, Guerre décrit son expérience de 1914 et ses séquelles.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LeParisienPresse   05 mai 2022
À l’issue d’une découverte dans une valise, Gallimard va publier plusieurs manuscrits de l’écrivain génial et sulfureux, dont «Guerre», ce jeudi. Un morceau de bravoure sur la boucherie de 14-18.
Lire la critique sur le site : LeParisienPresse
Lexpress   05 mai 2022
Quatre-vingt-dix ans après sa rédaction paraît le premier inédit de Louis-Ferdinand. Un livre charnière dans lequel l'auteur revient sur ses années dans les Flandres en 1914.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesInrocks   03 mai 2022
Un roman inédit de Céline à la langue inouïe.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
LeMonde   02 mai 2022
« Guerre » est un texte bref, vif, tragique et lubrique, à ranger à côté des chefs-d'œuvre de l'écrivain. Un événement
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeFigaro   29 avril 2022
L'un des inédits de Céline récemment retrouvés paraît en librairie. Écrit après Voyage au bout de la nuit et avant Mort à crédit, c'est une oeuvre autobiographique riche d'enseignements.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   29 avril 2022
Guerre, l’un des manuscrits volés à l’écrivain, paraît le 5 mai chez Gallimard. La fin d’un mystère, la découverte d’un grand texte.
Lire la critique sur le site : LePoint
Culturebox   31 mars 2022
Ce roman faisait partie d'écrits que Céline lui-même croyait à jamais perdus, après les avoir laissés dans son appartement parisien que ce collaborationniste et antisémite avait quitté pour l'Allemagne peu avant la Libération.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
PsychikFabPsychikFab   22 mai 2022
J'avais connu forcément bien des gueules de gradés que même en train de fouiner, un rat y aurait réfléchi avant de mordre dedans. Mais le commandant Recumel ça dépassait mon expérience en répulsions. D'abord il avait pas de joues. Il avait que des trous partout comme un mort, et puis seulement un peu de peau jaune et poilue tendue, transparente à travers. Y avait rien que la méchanceté sûrement en dessous du vide.
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ManyothManyoth   17 mai 2022
Top, que j’ai dit, le vent souffle Ferdinand, pare ta galère, laisse les cons dans la merde, laisse-toi pousser, croye plus à rien. T’es cassé plus qu’aux deux tiers mais avec le bout qui reste tu vas encore bien te marrer, laisse-toi souffler debout par l’aquilon favorable. Dors ou dors pas, titube, trombone, chancelle, dégueule, écume, pustule, fébrile, écrase, trahis, ne te gêne guère, c’est une question de vent qui souffle, tu ne seras jamais aussi atroce et déconneur que le monde entier. Avance, c’est tout ce qu’on te demande, t’as la médaille, t’es beau. Dans la bataille des cons de la gueule t’es enfin en train de gagner très haut, t’as ta fanfare particulière dans la tête, t’as la gangrène qu’à moitié, t’es pourri c’est entendu, mais t’as vu les champs de bataille où qu’on décore pas la charogne et toi t’es décoré, ne l’oublie pas ou t’es que l’ingrat, le vomi déconfit, la raclure de cul baveux, tu vaux plus le papier qu’on te torche
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frmwafrmwa   20 mai 2022
C'est encore plus atroce la vie quand on ne bande plus.
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frmwafrmwa   20 mai 2022
Et puis ma mère a recommencé à me parler. C’était son privilège de tendresse. J’ai pas répondu. Elle me dégoûtait plus que ça encore. Je l’aurais bien dérouillée elle, à la fin des fins. J’avais mille et cent raisons, pas toutes bien claires mais bien haineuses quand même. J’en avais plein le bide des raisons.
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frmwafrmwa   20 mai 2022
Ça se branlait donc dès que ç’avait un peu bu et dormi, ça s’enculait peut-être aussi l’allié, parce qu’à l’époque chez nous c’était pas encore très répandu comme mise en scène.
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Vidéo de Louis-Ferdinand Céline
Après la redécouverte à l'été 2021 de manuscrits inédits de Louis-Ferdinand Céline, les éditions Gallimard publient ce mois-ci le roman "Guerre", texte qu'aurait écrit Céline en 1934.
À cette occasion, La Grande Table reçoit Antoine Gallimard, éditeur et président des éditions Gallimard, et Yves Pagès, écrivain et directeur littéraire des Editions Verticales, auteur de "Céline, fictions du politique" (Gallimard).
#Littérature #Céline #FranceCulture _____________________ Prenez place à la Grande Table pour rencontrer d'autres personnalités qui font l'actualité de la culture https://www.youtube.com/watch?v=xJHbbKHstIM&list=PLKpTasoeXDrpsBVAaqJ_sANguhpPukaiT ou sur le site https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie
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