AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207036481X
Éditeur : Gallimard (07/12/1973)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 132 notes)
Résumé :
- Docteur, vite !... vous devez vous douter... toute cette gare ici n'est qu'un piège... tous ces gens des trains sont à liquider... ils sont de trop... vous aussi vous êtes de trop... moi aussi... - Comment savez-vous ? - Docteur, je vous expliquerai plus tard... maintenant il faut vous attendre... vite !... ça sera fait cette nuit... - Pourquoi ? - Parce qu'ils n'ont plus de places dans les camps... et plus de nourriture... et que dehors ça se sait...
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  11 décembre 2012
Dans ce dernier volet de la trilogie allemande, Céline cherche toujours à gagner le Danemark. L'Allemagne nazie est plus que jamais au bord du gouffre : les gares sont ravagées et désertées, les trains mêmes sont en piteux état, et parfois réduits à de simples plateformes qu'on charge comme on peut. Un semblant de bureaucratie persiste, sans d'autre intérêt que celui de maintenir la routine.
Quelques compagnons de route croisent le chemin de l'écrivain : un médecin et son groupe de lépreux qui doivent rejoindre un dispensaire, bien que plus personne ne sache exactement où il se trouve ; un italien, affolé par son retard malgré les circonstances, qui cherche désespérément à rejoindre son patron ; une française qui refile à Céline son cortège d'enfants handicapés à mener à bon port. Pressé par les menaces de bombardement, le groupe part toujours dans l'urgence et tourne souvent en rond.
Le récit est entrecoupé par les sempiternelles plaintes de Céline sur les critiques qu'il reçoit de toute part, et son sentiment de persécution. le thème racial, mis en veilleuse depuis ses pamphlets, refait son apparition : Céline prophétise la fin de la race blanche et critique toutes les religions, les loges, les politiques qui font l'apologie du métissage. Sachant qu'il est mort quelques heures après avoir mis la touche finale à son texte, on est bien tenté d'y voir une sorte de testament, dans lequel l'auteur réaffirme ses convictions, persuadé d'avoir raison, envers et contre tous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Woland
  12 janvier 2016
Préface : François Gibault
ISBN : 9782070364817
Extraits
Personnages
"Rigodon", publié huit ans après le décès de l'Ecrivain Prodige que fut Céline, l'est ici, la note de Lucette Destouches, sa veuve, en témoigne, dans le court billet situé avant le manuscrit lui-même, comme l'eût souhaité l'écrivain. Est-ce parce que je savais que c'était le dernier "roman" de Céline qu'il me restait à lire ? Ou bien parce que je ne suis pas moi-même au meilleur de ma forme ? Toujours est-il que j'ai hésité et puis, j'ai été emportée, je me suis jetée sur le malheureux "Rigodon" et j'ai lu et relu - car il y a des redites : Céline avait soixante-sept ans quand il mourut, le 1er juillet 1961, à Meudon - et ce texte, pourtant si beau jusque dans ses imperfections et dédié lui aussi "aux animaux" mais cette fois exclusivement à eux, m'a paru le plus amer, le plus désespéré, le moins "drôle" de son auteur.
Pour ceux que choquerait le fait que j'ose affirmer que Céline avait un sens inné de l'humour, je leur répondrais d'aller se faire foutre (s'ils trouvent preneurs) et que nier la chose revient à dire que Talleyrand, malgré toutes ses trahisons et ses turpitudes inouïes, n'était pas un grand homme d'Etat.
Les choses donc éclaircies (tout au moins, je l'espère Bad ) en ce domaine, reconnaissons à "Rigodon" que Céline n'eut pas vraiment le temps de l'achever. Que le Breton de Courbevoie avait mené une vie des plus agitée et connu des expériences - dont la terrible pellagre - qui avaient beaucoup nui à sa santé. Et qu'il n'était certainement pas, lui non plus, au meilleur de sa forme, quand il songea à reprendre la fin de ses notes.
Mais le style, lui, jeune, increvable, est toujours là, incomparable, avec l'ombre du Céline que connaissait jusqu'ici le lecteur, qui se montre de temps à autre : elle est là, bien présente, dans la scène où Robert le Vigan, en partant à Rome et en révélant surtout qu'il avait tramé cette fuite à Siegmaringen (orthographe célinienne) sans en parler à son vieil ami, ricanant et raillant au maximum pour ne pas laisser passer l'émotion de l'homme et de l'écrivain. Tandis que le Vigan est prêt à tomber à genoux pour remercier son créateur, Céline, que l'on sent pour une fois aussi blessé au coeur qu'il put l'être dans son enfance, nous raconte la scène en nous disant, grosso modo, que "La Vigue", comme il l'appelait, se replonge ici instantanément dans le rôle du Christ qu'il avait tenu une fois (et sans grand succès, il faut bien l'avouer, malgré une prestation "leviganesque", c'est-à-dire toujours inspirée mais excessive) dans le "Golgotha" de Julien Duvivier. (Certains devaient dire d'ailleurs pour sa défense, après l'Occupation, que le prestige de ce rôle et l'intensité qu'il avait apportée à l'interpréter étaient tels qu'ils avaient "achevé" en quelque sorte la raison d'un comédien génial mais malheureusement très (trop) instable sur le plan psychique.)
Céline a considéré "La Vigue" comme son "ami", un vrai. Et "La Vigue" a trahi son ami Céline. Au contraire de Bébert, qui était à l'origine le chat de le Vigan, et qui finit ses jours entre Céline et Lucette Destouches, à Meudon, après avoir traversé en long et en large l'Europe du Nord dans des conditions souvent extrêmement difficiles (surtout pour un félin qui ne fait pas de politique).
Céline, malgré tout ce qu'il veut nous en faire accroire, ne s'en est pas remis, de cette trahison. Et nous non plus, surtout si nous sommes cinéphiles. Et Grands Lecteurs. La tristesse de Céline, cette tristesse qui l'habitait et qu'il sut, pendant des années, dissimuler admirablement sous son masque de clown hargneux, vindicatif, rebelle, provocateur, génial, cynique, bouleversant en toutes choses, iconoclaste-né, nous la partageons avec lui et c'est déjà sa disparition à lui qui nous atteint, comme le couperet de la guillotine qui nous trancherait le col. Oh ! bien sûr, dans une prescience incertaine et dont lui seul pourrait nous dire s'il l'a ressentie envers ceux qui, vaille que vaille et en dépit de leurs opinions politiques personnelles, l'avaient suivi et le suivraient fidèlement dans ses livres et son oeuvre, il nous sort de temps à autre quelques intermèdes bien dans sa manière : ses entretiens délirants (ils ont quelque chose de moliéresque ) avec les journalistes, tout ce qu'il raconte sur Sartre, ici aimablement surnommé "Le Ténia" et de petites remarques drôlatiques, par-ci, par-là. Mais, et il l'écrit lui-même maintes fois, l'élan n'est plus là. L'âge est là, rappelle-t-il presque sentencieusement, en ne pouvant s'empêcher d'évoquer ceux qui s'acharnèrent sur les pierres tombales de ses parents pour effacer le nom soit-disant indigne de "Destouches" alors que tant de "collabos" bien pires que Céline et bien plus actifs, conservèrent ou retrouvèrent tranquillement leur poste et leur statut d'avant-guerre sans que quiconque songeât à aller se "venger" sur les tombeaux de leurs géniteurs.
"Rigodon", le rigodon de la Mort, a vaincu Céline. Il est mort dans cette certitude, alors qu'il figurait déjà dans la Pléiade et la Mort plane sur "Rigodon" comme, bien qu'y étant toujours présente, elle ne plane jamais dans aucun autre "roman" de l'écrivain. "Rigodon", malgré les facéties dont j'ai parlé plus haut, malgré tout ce qui concerne les enfants "différents" que Céline et Lucette prennent sous leur aile pour les expédier à bon port en Suède - Céline, le seul auteur qui ne m'aura jamais choquée dans son langage sur les enfants handicapés parce qu'on y sent la vérité, la lucidité et une tendresse (oui, j'ose ! ) cachée, parce qu'il appelle un chat un chat et que, superbement, il affirme, à ceux qui ne veulent pas "voir" ces enfants-là comme ayant des sentiments : "J'appelle un chat un chat mais pour moi, tous les chats, sans exception, éprouvent des sentiments et je le dirai et je vous le redirai jusqu'à la fin des temps et je vous emmerde, bande de connards ! - le Désespoir s'installe en maître dans "Rigodon". Et parce qu'il l'a senti, Céline nous adresse une dernière pirouette comique dans son final en nous replongeant dans le monde des éditeurs, avec "Gaston" (devinez) et "Achille" (devinez aussi). Un dernier rictus, un dernier éclat de rire qui s'envole ...
... vers le haut, bien sûr. Parce que, je vais vous dire, nous, les Bretons, même quand on naît à Courbevoie, on a la saine habitude de "monter en haut" et de "descendre en bas." Et pour nos éclats de rire, c'est pareil : ils montent "en haut." Oh ! Vous aurez beau nous traiter, et Céline avec nous, de tous les noms, vous aurez beau affirmer (ce qui est vrai) que nous sommes loin d'être parfaits, vous aurez beau dire de nous qu'on est des "ploucs", des "collabos", des "nigauds" (cette dernière insulte, vous la trouverez sur Facebook parce que trop de Bretons ont voté récemment pour les anneaux de ténia (sauce hollandoise) qu'est désormais "la gôôôôôôôôôôôche", et encore dans un système électoral en pleine déliquescence parce que trop trafiqué), nous monterons toujours en haut.
Et Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, d'origine bretonne et normande, né à Courbevoie le 27 mai 1894, croyez-moi : c'est tout en haut qu'il se trouve aujourd'hui.
Ah ! ça en fait râler certains d'entre vous ? Alors, ne vous gênez pas. Continuez à le traiter de tous les noms. Il a retrouvé toute sa forme : tôt ou tard, il vous enverra sa réponse en pleine figure. Et ce sera du gratiné ! Je m'en régale à l'avance. Pas vous ? ... ;o)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Tibere
  05 mars 2012
«Rigodon : Danse servant de conclusion à la plupart des déplacements des danseurs et termine en point d'orgue le phrasé musical. »
Rigodon, c'est le point d'orgue du style émotif de Céline. La conclusion à la trilogie allemande. La fin de cette danse entre les bombes de la RAF dans une Allemagne dévastée par la fin de la seconde guerre mondiale. C'est aussi, le dernier livre de Céline, qu'il a terminé le jour de sa mort. Une conclusion envers et contre tous. C'est un récit grotesque et musical. On suit le phrasé célinien comme une mélodie ensorcelante, dans les ruines d'un pays en proie au vide et à l'anarchie. Au fond, ce qui compte n'est pas forcément l'histoire en elle-même, mais le style de cette oeuvre. Il faut s'accrocher. Entre les retours incessant à son présent où Céline fulmine contre son éditeur, les autres écrivains (Sartre le Tænia) et même ceux qui l'encense (« Son Barjavel, oh, là ! là! aussi pourri que lui ! à la fosse avec !»), on peut avoir du mal à suivre. Il faut au contraire se laisser emporter par cette musique célinienne. Céline n'a pas écrit Rigodon comme un roman – celui-ci est déjà mort depuis bien longtemps ! – Il l'a écrit comme une mélodie, une mélodie vibrante, noire, terrible mais puissante. A lire et relire.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
EricP
  02 mai 2014
Enfin arrivé au bout d'un des plus difficiles romans de Céline.
Difficile à lire car dans un sens inachevé et Céline est mort après avoir annoncé à son éditeur la fin de la rédaction, mais il n'a pas revu le texte, de fait.
Autre constat, comme toujours, c'est le style de Céline qui impose le rythme de lecture, et là il m'a mené un train d'enfer.
Le train qui est un des personnages principaux du récit, une épopée invraisemblable à travers l'Allemagne nazie qui s'effondre sous les bombes en direction du Danemark où Céline a mis en sûreté son magot.
Il faut en tout cas être drôlement accroché pour ne pas perdre le fil, ce n'est pas Nord.
Commenter  J’apprécie          90
laurentgui
  29 avril 2012
Un livre que j'ai lu une première fois il y a bien longtemps maintenant, c'était le premier ouvrage de Céline que j'abordais. Je déconseille donc formellement sa lecture avant au moins d'avoir lu "Nord" et "D'un château l'autre", ça n'aurait presque aucun intérêt. Mais maintenant que je les ai lus, j'ai bien apprécié Rigodon qui complète, qui éclaircit encore un peu les péripéties de Céline dans l'Allemagne nazi qui perd la guerre 39-45, dans une ruée vers le nord. J'adore toujours ce style si particulier de Céline, du bonheur, un génie incomparable. Néanmoins, j'ai l'impression que l'on ressent - dans ce dernier livre qui précède de très peu sa mort, plus que dans les autres de ses productions (exceptés les pamphlets évidemment) - son racisme, sa peur du métissage qui est aussi récurrente que dérangeante.
Commenter  J’apprécie          60
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   09 décembre 2012
Juste au moment, les chandelles, les vertes !... de partout, de tous les nuages... vous connaissez... les « avertisseuses »... ensuite la routine, les « blanches » ... et puis les bombes... vous avez eu bien de la veine si ça ne vous est pas arrivé... nous, je ne sais plus combien de fois... drame comique à récapituler... Montmartre... Sartrouville... Saint-Jean-d'Angély... Francfort... etc... Berlin... que même ici Meudon vingt-cinq ans plus tard j'ai un trou de cratère, un effondrement très traître juste devant porte du jardin, que tous les voisins disent que c'est moi, que c'est temps qu'on me chasse, qu'ils pétitionnent que la Préfecture fasse quelque chose !... oh je me moque pas, je me rends compte qu'Attila était que petite bière lui et son herbe qui poussait plus... moi c'est des cratères, où je me trouve !... partout je m'amène tout tourne pourri, sol et végétaux et bétail... les êtres humains rien qu'à me voir perdent envie de tout, bibine et manger et sommeil... voilà où c'en est !... quand je pense que cet effondrement très traître juste à la porte de mon jardin provient, je sais qu'on me croira pas, du bombardement de Renault... je l'ai vu, je sais, nous étions là-haut à Montmartre, exactement rue Girardon, au coin vous savez, pas au diable !... n'empêche que dans mille ans encore tous les blancs, tous, devenus jaunes, « superbrasilias », n'importe quel effondrement en Mars, la Lune, ou la petite Ourse, ça sera encore tout de ma faute !... je suis prêt !...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
WolandWoland   12 janvier 2016
[...] ... La Vigue se lève ... les bras en croix ... la tête tombante ... çà y est ! ... le Christ ! ...

- "Commandant, je ne peux plus bouger ! ... je ne peux plus aller ! ... tuez-moi ! tuez-moi ! ..."

Plein de sanglots ...

- "Non, certainement ! ... pas vous monsieur Le Vigan ! au moins pas tout de suite ! ... vous vous vouliez partir au Sud, je crois ... vous toujours au Sud !"

Comment le savait-il ?

- "Oh, oui commandant ! ... Rome ! ... Rome ! ..."

Ils étaient d'accord ...

- "Demain monsieur Le Vigan ... par le Brenner ... Rome ! voulez-vous ?"

Oh et comment ! ... la joie dans les larmes ... tout de suite ! ...

- "Ah Ferdinand ! et toi Lili ! pardonnez-moi ! je n'en pouvais plus ! ... j'avais demandé déjà ... là-haut !"

Il nous avait doublé ! la vache ! ... d'où il avait demandé ? ... à qui ?

- "A Harras !

- Eh bien saloperie t'aurais pu un peu ...

- Seul, Ferdinand ! ... Je voulais être seul ! tu me comprends ? ... vous me pardonnerez ! ...

- Seul à Rome ?

- Oui Ferdine ! oui ! seul, il faut !"

Il reprend sa pose Christ ... devant nous, là ... les larmes, tout ... cette contrition, douleur à l'âme lui venait de loin ... je l'avais vu en transe à Grünwald avec ses mignonnes, les deux garces ... polonaises, vous vous souvenez ? qu'ils priaient ensemble, et tout ...

- "Tu garderas mon Bébert, Lili ? ... tu sais comme je l'aime ..."

Il étend le bras droit vers nous, au-dessus de nous ... très doucement ...

- "La Vigue, je vois tu nous bénis ..." [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
TibereTibere   15 septembre 2012
vite, une conférence de presse, je convoque... je lis!...texte de Barjavel...

« Pour moi, le vingtième siècle ne compte jusqu'à présent qu'un novateur, c'est Ferdinand. Et je dirai même qu'un seul écrivain. J'espère que tu n'en seras pas froissé. Il est tellement au-dessus de nous. Qu'il soit torturé et persécuté est normal. C'est affreux d'écrire cela quand on pense que c'est un homme vivant, mais en même temps, à cause de sa grandeur, on ne peut s'empêcher de le considérer en dehors du temps et des contingences qui l'écrasent. Je crois profondément que plus un homme est grand, plus il s'expose à être blessé par tous. La tranquillité n'est que pour les médiocres, ceux dont la tête disparaît dans la foule. Céline voudrait revenir à Paris ou en France, et tu fais tout ce que tu peux pour l’aider, mais dis-toi bien ceci : où qu'il soit, il sera persécuté. Son désir de trouver la paix ailleurs qu'à l'endroit où il est, n'est qu'un rêve. Il ne trouvera la paix nulle part. Il sera persécuté jusqu'à la mort ; où qu'il aille. Et il le sait bien. Et il n'y peut rien, ni nous non plus. Nous pouvons seulement proclamer, à chaque occasion, qu'il est le plus grand, et encore en faisant cela nous attirons sur lui les haines décuplées des petits, des médiocres, des châtrés, de tous ceux qui crèvent de haine jalouse dès qu'on leur relève la tête pour leur montrer les sommets. Ils sont la multitude. »
Je m'attendais à un petit effet... aucun !... au contraire !
– Son Barjavel, oh, là ! là! aussi pourri que lui !... à la fosse avec !"
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
LuniverLuniver   08 décembre 2012
Allons !... allons ! à notre chronique !... je vous perds encore, bel et bien... y a ma tête, la brique, vous savez... ce n'est pas une raison... je vous parlais photographies, du narcissisme, de l'arrogance des prémacchabs... oh, c'est bien simple ! pas que l'alcool, l'auto, les vacances... la photo a fait l'essentiel, fait remonter l'homme, toute l'espèce, à des siècles avant les cavernes... vous pouvez les voir tous les jours, photographiés, en transe cabotine, ouvrez votre journal habituel, que n'importe quel gorille aurait honte... des fresques rupestres aux Lumières, ça pourrait aller... tout à la main !... mais à présent regardez autour et dans votre journal habituel... ces bouilles à lunettes, à frisettes... je peux parler moi !... qu'ai tant à me faire pardonner !... mes trois points d'abord !... soi-disant renouveau du style !... Cousteau, l'Huma, Sartre, les Loges, l'Archevêque, s'en sont fait des maladies... et cent autres ! mille autres ! et qui s'en relèveront pas, jamais ! peuchère !... qu'en gigotent encore dans leurs tombes...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
WolandWoland   12 janvier 2016
[...] ... J'ai entendu encore un train ... chutt ! chutt ... ralentir, et puis s'arrêter ... un autre train de poissons ? ... peut-être ? ... et puis toute une troupe ... des bottes et des cliquetis d'armes ... et des ordres, contre-ordres, rauques, en allemand ... pas ouvert l'oeil, vous pensez !... leur rassemblement devant la gare ? ... sans doute ... et d'autre bruits là de cette salle d'attente, des gens étendus ... des ronflements et des grognements et aussi des plaintes ... parmi tous ces étendus il devait y en avoir de très mal ... c'était pas le système nietzschéen comme là-haut Rostock, la sélection par le froid, mais ça devait revenir au même ... je suis sûr, tous les trois-quatre jours, ils devaient venir passer la revue ... ce qu'était étendu dans les gares, ceux qu'étaient raides on devait les emmener ... y avait des fosses ... ça mourait beaucoup en transport, par hémorragies et gangrène ... forcément, de si loin, d'un front l'autre ... des jours et des nuits à même la paille, sans infirmières, sans pansements ... nous là toujours, on se reposait, La Vigue, moi, Lili ... pas à dormir, non ! ... mais tranquilles ... beaucoup de paille ! ... oh ! pas insouciants ! ... même Bébert dans sa musette était en quart, pas ronronnant ... le tout dans les bruits, s'y reconnaître ! ... ceux qui sont pour vous ... j'en entendais deux là, certain ... Harras ... Kracht ... à leurs pas dehors ... ils nous cherchaient ... oui ! c'était eux ! ... ils enjambent les corps ... Harras me repère ... il m'éclaire avec sa torch ...

- "Destouches ! ... Destouches ! ... une chose ! importante pour vous ! ... pour vous trois ... voilà ! ... voilà ! ..."

Je me sors de la paille, La Vigue aussi, Lili aussi ...

- "Je me suis permis ... Madame vous me pardonnerez ... important pour vous ..."

Nous écoutons ... il chuchote fort ...

- "Le gouvernement français a quitté Vichy ...

- Alors ?

- Il se replie sur Sigmaringen ..." ... [...]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Louis-Ferdinand Céline (76) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Louis-Ferdinand Céline
Le choix des libraires vous invite à la rencontre de Raphaël Riva, propriétaire de la librairie « le Carré des mots » à Toulon. Avec lui, partagez ses coups de c?ur et ses auteurs favoris comme la révélation Nathan Hill, Gaëlle Nohant, Louis-Ferdinand Céline ou encore Sebastião Salgado l'auteur de « Genesis ».
autres livres classés : romanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quiz Voyage au bout de la nuit

Comment s'appelle le héros qui raconte son expérience de la 1ère guerre mondiale

Bardamu
Bardamur
Barudamurad
Barudabadumarad
Rudaba Abarmadabudabar

9 questions
1055 lecteurs ont répondu
Thème : Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand CélineCréer un quiz sur ce livre