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ISBN : 2081333309
Éditeur : Flammarion (15/01/2014)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 43 notes)
Résumé :
« Depuis dix-neuf ans, je n’ai écrit que de biais à “ce sujet”. Aujourd’hui j’y reviens de front, sur la route. La marche à pied ou n’importe quel véhicule auraient fait l’affaire. Mais si je suis à vélo, il doit bien y avoir une raison. »
Qu’est-ce qui a poussé Bernard Chambaz à traverser les États-Unis de la côte Est à la côte Ouest ? L’été 2011, dix-neuf ans après la mort de son fils Martin, il repart à sa rencontre. Chaque coup de pédale sur cette terre d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
topocl
  03 décembre 2014
« Que nous demeurions inconsolables n'enlève rien à notre effort de tenir tête à la tristesse et à ma volonté d'écrire un livre joyeux. »
le 11 juillet 2011 démarre , pour Anne et Bernard Chambaz, une traversée de l'Amérique peu ordinaire. Elle roule en Cadillac, lui à vélo. Ils se retrouvent le soir au hasard des motels. Ils traversent ainsi l'Amérique d'Est en Ouest, courant après Martin, leur fils mort 19 ans plus tôt d'un accident de voiture, dont le symbole est le martin-pêcheur.
Ce livre est donc un road movie, où Bernard Chambaz, qui arbore les socquettes vertes de son fils, parle de la joie du cycliste, non comme un spécialiste qui vous saoule, mais comme un amoureux qui vous fait partager son émotion.
« Quant à la joie, elle est intense, elle est ce désir comblé ou, mieux encore, en train de l'être (…) La joie est ce sentiment qui accompagne en nous une expansion de notre puissance d'exister et d'agir ; elle est un plaisir, en mouvement et en acte, d'exister d'avantage et mieux. Et je comprend l'allégresse comme la joie d'être joyeux. »
Concentré sur l'effort, sur le but à atteindre, sur la pente à conquérir, dont il tire une jouissance rédemptrice, il voit filer des paysages changeants mais ordinaires, croise des voitures, des motards, des autochtones souvent accueillants. Il nous livre ses pensées, déchirées sans être tristes, ses associations d'idées, ses observations. Il observe, il raconte, il y met de l'humour. Au fil des miles parcourus, il raconte d'autres destins, d'autres parents confrontés à la mort d'autres « enfants » saisis trop tôt (chez les Roosvelt, les Lincoln, les Lindberg et bien d'autres). C'est toujours à la fois passionnant et bouleversant, cette douleur à la fois unique et commune.
Et comme le livre est annoncé comme roman, il s'autorise des coïncidences répétées (tous ces Martin en chemin, ce chiffre 19 qui revient, ces signes qui le ramènent à son deuil...). Il s'autorise même à croiser son garçon qui l'emmène par la main pour un bout de chemin dans des scènes où s'intriquent bonheur et douleur .
«  Plus nous sommes tirés en avant, plus nous pouvons regarder en arrière sans y rester empêtrés. »
C'est donc bien un livre qui n'est pas triste quoique poignant, qui est empreint de ce que Chambaz appelle « joie », cette douceur obstinée à avancer , à ne pas regarder en arrière, mais à conserver aussi en chaque instant le souvenir, voire une manière de présence. Un livre qui donne une version tangible et simplement belle du célèbre texte de St Augustin :
« La mort n'est rien.
Je suis seulement dans la pièce d'à côté.
Je suis moi, vous êtes vous. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné . Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte. le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je vous attends. Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin. »
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Corboland78
  30 avril 2014
Bernard Chambaz, né en 1949, est un romancier, historien et poète français ayant enseigné l'histoire au lycée Louis-le-Grand à Paris. Son père, Jacques Chambaz, fit partie du bureau politique du PCF de 1974 à 1979 et son frère Jean, médecin et chercheur est le président de l'université Pierre-et-Marie-Curie. Après une agrégation de lettres modernes et d'histoire, il se tourne vers l'écriture. Prix Goncourt du premier roman en 1993 pour L'Arbre des vies, il est aussi couronné d'un prix de poésie en 2005 pour Eté. Dernières nouvelles du martin-pêcheur est sorti cette année.
Durant l'été 2011, Bernard Chambaz se lance dans une traversée des Etats-Unis en vélo, d'Est en Ouest, de cap Cod à Los Angeles, escorté par sa femme Anne en Cadillac. Ni exploit sportif, ni voyage d'agrément, l'auteur se livre à un périple à travers la mémoire. Son fils Martin est décédé il y a dix-neuf ans, ce parcours toute la famille l'avait déjà fait en voiture, Bernard, Anne, Martin le fils cadet et ses deux frères ; aujourd'hui l'écrivain prend ce pèlerinage comme prétexte pour retrouver les traces de l'enfant disparu.
Roman double, d'un côté il y a ce récit de voyage à travers une Amérique vue par le petit bout de la lorgnette, les petites villes, les motels, les paysages au coeur du pays, les gens croisés croqués à petites touches, les références éclectiques, musicales, littéraires ou historiques liées aux lieux traversés. Et puis de l'autre, ce souvenir permanent du fils perdu qui s'immisce en fil rouge dans cette étoffe dont chaque brin fait le lien entre des enfants décédés (ceux de Lindbergh, Roosevelt…) et les oiseaux dont une légende prétend qu'ils reviendraient de l'au-delà sous cette forme. Bernard pédale, Anne conduit, à priori seuls chacun dans leurs univers jusqu'à l'étape, mais en fait accompagnés par Martin, fantôme bienveillant se montrant parfois à leurs yeux crédules et consentants.
Le livre est très bien écrit, j'avouerai y voir là son principal attrait. Si l'Amérique décrite dans ces pages m'est agréable, elle m'est aussi familière par d'autres ouvrages. Quant au deuil de l'écrivain, si je lui témoigne un respect poli, j'ai ressenti une légère gêne devant la banalité de la douleur et le convenu des souvenirs du défunt, évidemment garçon parfait, même s'ils sont exprimés avec beaucoup de poésie et de tact. Un roman plus intellectuel que sentimental mais très agréable à lire.
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saphoo
  06 janvier 2017
Voici un livre qui mélange récit de voyage, une traversée de l'Amérique d'Est en Ouest à vélo et des récits des familles américaines connues comme les Roosevelt. le point commun entre ces familles, c'est la perte d'un enfant. L'auteur part sur les routes d'Amérique, sa femme prend par au voyage en voiture et ils se retrouvent le soir pendant ce voyage ils retrouvent également leur fils Martin décédé 19 ans auparavant(comprenez comme vous le voulez)
C'est bien plus qu'un voyage, c'est un moyen de rouler, de rouler vers un monde que seul ceux qui ont vécu cette douleur peuvent comprendre, une route qui chemine entre douleur et joie, car la joie comme l'explique l'auteur n'est pas incompatible avec le deuil. Ce mot qui n'est pas un mot mais un monde où chacun trouve son continent pour se reconstruire.
Les chapitres s'alternent entre les histoires des uns et des autres et le voyage par lui-même, on découvre une Amérique peu fréquentée, les routes sont souvent désertes.
En ouvrant ce livre je m'attendais à vivre plus intensément ce voyage, mais au final, j'ai voyagé dans un monde particulier dont je ne serais dire si j'ai apprécié ou pas. Dans tous les cas, ce fut une lecture intéressante pour les côtés historiques et pour le voyage à travers l'Amérique.
Je pense que ce livre mérite une relecture, je réalise que je l'ai lu trop vite, j'aurai du faire des étapes, voire retourner en arrière, il me semble que je suis passée à côté du plus intime.
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blandine5674
  24 février 2015
Merci à Bernard Chambaz pour cette traversée des Etats-Unis d'Est en Ouest. J'ai eu l'impression de passer des vacances outre-atlantique, tant l'auteur a le don de nous faire voyager, non seulement à travers le pays, mais aussi à travers des grands noms aussi bien politiques, sportifs, anonymes, que stars de rock-and-roll et de jazz. Il nous offre des paragraphes d'une grande profondeur. Son fils, disparu 19 ans plus tôt, est très présent. Un roman complet, qui nous fait remémorer des faits et nous en apprend d'autres. On a envie d'être ami avec Chambaz : humain, intelligent, sensible, sportif, poète. Un grand Monsieur !
Dommage : il manque une carte avec son tracé, à la façon de Jim Harrison
Parallèle amusant : j'ai acheté deux livres en même temps : celui-ci et celui de Patti Smith. Et la dernière phrase de ce livre est qu'il remercie la chanteuse pour l'avoir accompagné avec son disque The Coral Sea.
Sorti en poche le 18 février 2015.
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CeCedille
  12 novembre 2014
Bernard Chambaz est cycliste. Fier de son beau vélo Cyfac en carbone, sur lequel il a demandé que soit inscrit Kingfisher en italique vert menthe sur le cadre en carbone. Son pédalier est en aluminium, son guidon couvert d'une guidoline blanche. Il faut aller dans les Acknowlegdments de son livre pour compléter l'énumération par les roues Zipp et la selle Fi'zi:k, et se reporter au magazine Top Vélo (n° 173, 174, 175 en 2011 et 203 en 2014) pour le reste.
Alors qu'il relève d'une opération (ablation de la rate), Bernard Chambaz traverse d'une traite, à un rythme d'enfer et d'est en ouest, l'un des pays le moins bicycle-friendly au monde. Rien ne l'arrête dans les somptueux paysages des États-Unis, ni le vent, ni le relief, ni les chiens (p. 150) , ni les crevaisons (p. 148), ni le sheriff (p. 277) qui le menace de prison sur une route déserte s'il refuse de circuler à droite de la ligne blanche, sur le bas-côté, parsemé de verre et de cailloux coupants.
Comme Chambaz est professeur d'histoire au lycée Louis-le-Grand, il ne reste pas le nez dans le guidon. Sa conquête de l'Ouest est peuplée de figures historiques, galerie de portraits faussement hétéroclite, dont le récit révèle au fur et à mesure la raison intime. Il connaît bien son Amérique pour l'avoir parcourue en famille. En la traversant, il traverse aussi son histoire et ses moeurs les plus étranges, comme le baseball, enfin expliqué aux nuls que nous sommes (p. 195.)
La patch-work qu'il compose est plein de surprises, de beauté et de tristesse. Car cette fuite en avant est un voyage dans le passé. Celui d'avant l'accident de son fils Martin, qui hante son récit comme un fantôme familier, qu'il retrouve toujours, caché dans le dessin du paysage, quelquefois comme un oiseau, par exemple ce martin pêcheur étincelant, bien nommé, qui ouvre son texte.
Bernard Chambaz observe (p. 34) que l'enfant qui a perdu ses parents a le nom d'orphelin, mais qu'il n'y a pas de mot pour désigner le père ou la mère qui a perdu son enfant. Puisqu'il n'y a pas de mot, il en fera tout un livre qui raconte son extraordinaire entreprise pour retrouver celui qu'il n'a pas quitté. L'idée de Martin devient le mètre étalon de ses regards, de ses pensées, de ses efforts. Et Martin est partout. Dans les figures historiques qui surgissent au gré de son parcours : Th. Roosevelt, Lindberg ont perdu un enfant. Martin Luther King est né un 15 janvier, comme son Martin. le pays entier, son histoire, les rencontres du voyage ont décidé de lui donner des signes qu'il est sur la bonne route, puisque son fils l'y accompagne et surgit à chaque instant.
Ce travail de deuil se fait donc dans la joie et sur 4169 km: « j'attirerais volontiers l'attention sur la part implicite du vélo dans les expressions rayonner de joie et être transporté de joie » dit l'auteur. Poésie, irrationnel, douleur du souvenir, bonheur de son évocation, s'accordent admirablement avec l'exploit intellectuel et sportif de ressusciter l'être aimé dans un extraordinaire road movie de l'amour paternel. Anne, son épouse, la maman de Martin, suit dans sa Cadillac aux sièges de cuir rouge. Elle est là qui veille à tout, comme son ange gardien.
Il faut prendre la roue de Bernard Chambaz et ne pas la lâcher !
Lien : http://bicycl-arts.blogspot...
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critiques presse (3)
Lexpress   25 février 2014
Si l'émotion est toujours présente, Dernières Nouvelles du martin-pêcheur doit être lu au-delà de la compassion qu'il inspire, car c'est, tout simplement, un bel ouvrage de littérature.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lhumanite   27 janvier 2014
Au long des soixante-douze chapitres, celui-ci propose en alternance un récit de l’épopée vélocipédique, façon road-movie, et des échappées 
vers des bouts d’histoire 
de l’Amérique, comme autant de fables levées 
à son passage.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lexpress   26 janvier 2014
Pas de coda, pas de morale édifiante, juste le récit d'un voyage, entre hallucinations et efforts, par-delà la douleur. Un moment de pure beauté.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
blandine5674blandine5674   24 février 2015
... et par une nuit de pleine lune ils prenaient le sentier pentu tracé par les ânes, écoutant le hurlement des coyotes, humant les senteurs épicées d'herbe rase, arrivant en bas à l'aube pour voir se lever le soleil sur les couches de roches vieilles de plus d'un milliard d'années, le père apprenant aux fils à distinguer les grès, les schistes, les calcaires, les granites, ce patrimoine minéral exceptionnel, "gardez-le pour vos enfants, pour les enfants de vos enfants et pour tous ceux qui viendront après vous."
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Corboland78Corboland78   30 avril 2014
Que nous ressentions le deuil comme un état tangible n’empêche pas de vivre. Du simple sentiment de la vie, il résulte la possibilité d’être joyeux. Le deuil est compatible avec la joie. Le tout était de l’écrire une bonne fois pour toutes et d’en faire la démonstration. Cette traversée et ce roman en sont le corollaire.
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crochettecrochette   13 février 2016
Depuis que je l’ai lu je n’ai pas oublié le grand poème américain où les morts sont en vie, cueillent des myrtilles dans les montagnes noires et racontent des histoires qui leurs sont arrivées en chemin
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jack56jack56   27 mai 2014
"Tant de gens ont perdu des enfants." Puis elle répète que la peine est la chose la plus individuelle qui soit sur terre et, en même temps, une expérience universelle.
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jack56jack56   27 mai 2014
Rouler, c'est aller de l'avant. Tant qu'on pédale, on est encore vivant.
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