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Nicole Ferrier-Caverivière (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253011096
Éditeur : Le Livre de Poche (01/10/1975)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 167 notes)
Résumé :
Comme Colette après sa séparation d'avec Willy, Renée Néré doit subvenir à ses besoins en se produisant sur des scènes de music halls ; marginale et déclassée, elle devient aussi une vagabonde sentimentale qui, après quelque temps d'une liaison pourtant heureuse, retrouve sa peur d'être un jour de nouveau prisonnière.

Itinéraire parfois douloureux d'une femme indépendante au début du siècle, qui préfère renoncer à l'amour avant l'heure des regrets, é... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
ATOS
  19 septembre 2015
Mais pourquoi Colette n'était-elle pas peintre ? Elle écrivait. Et l'écriture pour commencer n'est ce pas là une des façons les plus phénoménales de peindre ? Peindre les bruits, les ombres, les odeurs, peindre le tintement des heures, peindre la poussée du printemps, la langueur des velours, peindre la matière des brumes, peindre l'apostrophe des solitudes, et leurs folles majuscules qui vous enserrent l'âme encore plus fortement que le coeur. Toucher l'élan qui vous saisit avant même le mouvement qui vous entraîne. Écrire une route pour dessiner sa vie. La vagabonde, l'amour brisé comme une gueule cassée. Revenue d'un charnier dans lequel elle a s'est faite arrachée le coeur. Faite pour aimer. Sans aucun doute. Faite si bien, si entièrement, si totalement, si véritablement pour l'amour que le verbe en devient infalsifiable. Trouver alors refuge dans le choix d'une solitude en compagnonnage plutôt que dans un partage où l'enjeu ne serait que marchandage.
1910 - Colette libérée, Colette danse. Colette peint. Elle vagabonde.

Astrid Shriqui Garain
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fuji
  24 avril 2018
Quand vous avez la littérature dans le sang...
Ce week-end, une amie m'a demandé comment vas-tu, tout sourire je lui réponds : il y a longtemps que je ne me suis pas sentie aussi bien, je suis d'humeur vagabonde.
La saynète se passait samedi, dimanche matin, au lever du jour, en buvant mon premier café et en écoutant le premier chant des oiseaux ce mot vagabonde était toujours présent à mon esprit, et j'ai eu envie de relire "La vagabonde de Colette". Mais que nenni, ce livre n'était plus dans ma bibliothèque, l'après-midi même j'ai eu l'occasion d'acquérir l'oeuvre complète en 3 volumes. Et c'est ainsi que voici la recension de ce délectable pèlerinage…
Renée Nérée, le double de Colette, est une femme qui a dépassé la trentaine et qui a « mal tourné » entendez par-là qu'elle a divorcé en 1906, ce qui était rare et que pour vivre elle est devenue mime de music-hall. Cette femme qui écrivait n'écrit plus : « Or, depuis que je vis seule, il a fallu vivre d'abord, divorcer ensuite, et puis continuer à vivre…Tout cela demande une activité, un entêtement, incroyables… »
Avant de se décider à franchir le pas de la séparation avec un homme qu'elle a aimé, et qui lui a fait subir trahison, tromperies, et bien d'autres affronts, elle avait sa place dans le beau monde, même si beaucoup préférait lui donner du « Madame Renée » plutôt que le nom de son mari. Il lui en a fallu du courage, et du renoncement, car les amis restent toujours du côté du Mâle.
Elle a rompu avec son ancienne vie et quand, en ce mois de décembre, froid et humide, elle se retrouve seule elle se remonte le moral comme elle peut : « le hasard, mon ami et mon maître, daignera bien encore une fois m'envoyer les génies de son désordonné royaume. Je n'ai plus foi qu'en lui, et moi. En lui surtout, qui me repêche lorsque je sombre, et me saisit, et me secoue, à la manière d'un chien sauveteur dont la dent, chaque fois, perce un peu ma peau… »
Voilà que surgit un admirateur jeune et beau, riche, plein d'assurance, quelle tentation !
Mais Renée a une vision nouvelle de la séduction, par le prisme des débris de son ancienne vie et l'exotisme de sa nouvelle vie d'artiste.
« Quoi qu'il essaie, je lui réponds brièvement, ou bien j'adresse à Hamond la réponse destinée à mon amoureux… Ce mode de conversation indirecte donne à nos entretiens une lenteur, une fausse gaîté, inexprimables… »
Mais va-t-elle renoncer à sa liberté toute neuve ?
J'ai fait cette lecture avec à l'esprit le regard de Colette, ce regard si particulier qui étonne sur chaque photo.
Eh oui, elle disait « il faut voir et non inventer » et ses écrits sont empreints de ce regard affranchi, surprenant, aigu, spontané.
Son art du portrait humain ou animalier est admirable, j'ai adoré découvrir les dessous des milieux artistiques de l'entre-deux guerres. Les descriptions toute en finesse des états d'âme, des difficultés de chacun, de la fierté qu'ils mettent tous à cacher la misère et l'incertitude du lendemain, a course au cacheton… Les surnoms qu'elle donne sont désopilants.
Elle sait d'un adjectif, d'un trait d'humour vous faire voir la gestuelle, la pause de chacun, avec tendresse ou cruauté.
Son analyse de la situation des femmes est d'une actualité presque irréelle.
Son écriture est tellement intemporelle, audacieuse et fine que sa narration ne semble pas dater de plus d'un siècle.
Un roman d'une beauté sensuelle remarquable, un plaisir de lecture incomparable.
Chantal Lafon-Litteratum Amor 24 avril 2018.
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michfred
  09 décembre 2016
Roman d'une émancipation féminine où souffle le vent parfois cruel , mais toujours grisant de la liberté. Colette délivrée de Willy y dit l'âpre plaisir de ne plus dépendre que d'elle-même.
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Wolkaiw
  06 mai 2018
Colette est une auteure du XXè siècle qui a débuté sa carrière d'écrivain en réalisant des commandes pour son mari Willy. La Vagabonde est paru en 1910, éléments autobiographiques et fictions se côtoient dans un récit authentique.
Une immersion dans l'univers du spectacle, du Music-Hall, du mime, de la danse et du maquillage, un univers très particulier que l'auteure a côtoyé et dont elle nous parle sans détour, à travers le personnage de Renée Néré. le tout avec une certaine objectivité et du recul. Plusieurs thèmes se mêlent, plusieurs réflexions s'imbriquent dans le cheminement emprunté par Renée. de l'évocation de la liberté à la place de l'animal tout en abordant la tentation, l'éventail est large et varié.
L'univers du spectacle implique l'apparition de multiples personnages, compagnons de voyage de Renée, une certaine pudeur et un respect de la vie privée de chacun instaure une barrière entre Renée et les autres artistes. Tous possèdent une forte personnalité, au fil du récit les intérêts de chacun vont se dessiner, s'affirmer.
On pourrait voir l'amour comme trame de fond, le sentiment amoureux et ce qu'il implique, mais je pense que ce ne serait pas là une juste lecture. Plus que l'amour, c'est la question de la dépendance à quelqu'un qui est ici exprimé, accepter l'emprise de l'autre ou résister à la tentation et ainsi gagner en liberté ? C'est tout un jeu de tentation qui se met en place, Renée a-t-elle la force de résister à l'attirance des bras accueillants ? le libre arbitre intervient, avec lui souvenirs et prise de recul permettent d'exprimer la volonté de Renée. Un choix que je ne vous divulguerai pas, un dilemme qui nous invite à réfléchir sur la volonté de ne pas être liée, de ne pas être emprisonnée dans une relation et pire encore, dans le carcan de l'amour. L'évocation du premier mariage douloureux de Renée remet bien des choix en question, des souvenirs à la fois tendres et très douloureux...
Le titre n'est pas anodin, Vagabonde de par son envie de voyager, de découvrir du pays afin de s'extraire de la routine et prendre du recul, un éloignement pour mieux se retrouver, un besoin de liberté pour s'affirmer. Plusieurs lettres sont insérées dans le récit, elles témoignent une volonté de remise en question, parfois sur le ton de la confidence.
Dans les coulisses du spectacle le maquillage est évoqué, Renée se maquille pour son numéro de mime, mais aussi en dehors, dans la vie de tous les jours. le lecteur a parfois l'impression que Renée refuse de voir la réalité de son âge, elle n'aborde jamais son âge, sorte de sujet tabou, elle se cache d'une certaine manière afin de ne pas se voir vieillir. Désire-t-elle rester jeune éternellement ? Vieillir est-il le synonyme de mourir pour elle ? le maquillage n'est pas la seule chose dont nous parle la mime, elle partage également la tension qui croît et l'attente avant de monter sur scène. le contrôle de soi est une notion très importante, notamment lors de la rencontre avec le public, avec un certain type de public – plutôt déstabilisant-.
J'achèverai cette chronique en vous parlant du style de l'auteure, une plume qui commence à rompre avec la littérature de fin de siècle, l'oralité et les anecdotes prennent le dessus sur les belles phrases. Je n'ai pas été particulièrement séduite par le style ni par l'histoire, mais j'ai été prise au jeu de la découverte de l'envers du Music-Hall.
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Bigmammy
  15 septembre 2019
Il faut se remettre dans l'ambiance de ce début de vingtième siècle, complètement codifié et aux rituels sociaux immuables, pour se rendre compte à quel point l'oeuvre de Colette est subversive … et toujours aussi actuelle.
La Vagabonde est le premier roman que Colette (1873 – 1954) écrit entièrement et sous son nom de Colette Willy. Elle vient de divorcer de son mari volage, qui l'a utilisée comme « nègre » pour ses multiples écrits et en particulier la série des « Claudine ». Elle l'avait follement aimé, elle est traumatisée par la fin de cette histoire mais recouvre avec la solitude, sa liberté. Elle a 34 ans, comme son héroïne, Renée Néré.
La vagabonde raconte en trois actes sa nouvelle vie de mime et de danseuse fort peu vêtue, en compagnie de son camarade Brague – en réalité le comédien et mime Georges Wague – dans les coulisses des cafés concerts, à Paris et en province.
Car il s'agit d'un roman largement autobiographique et à clés, publié en 1910. Elle y fait de son ex-mari – transformé sous le nom de Adolphe Taillandy – un portrait-charge de peintre mondain sans talent mais qui couche avec toutes ses clientes. Un Taillandy coureur, mais aussi « homme d'affaires, manieur et escamoteur d'argent cynique et brutal, plat et fuyant selon les besoins de l'affaire. » de ce point de vue, le récent film des premières années de Colette à Paris, par Wash Westmoreland, est intéressant.
Le peintre plein de talent, en réalité, c'est Colette. Ses descriptions de la nature, des couleurs et des sons, des brumes et de la pluie, de la mer éclatante comme des forêts giboyeuses ne sont jamais ennuyeuses. C'est un style absolument étincelant, profondément actuel …
Renée vit la vie des artistes de music-hall, décrit les fatigues des tournées, les discussions sur les cachets, la course pour se faire engager, le pourcentage alloué à l'impresario, la camaraderie ... Elle doit gagner sa vie toute seule.
Elle fait la connaissance d'un jeune admirateur, bel homme oisif et riche, éperdument amoureux d'elle. Max est gentil, respectueux, très épris, il lui propose le mariage, une vie de rêve, un enfant peut-être … Elle commence à redevenir amoureuse, elle aussi, mais entre cette nouvelle vie et la liberté, elle choisit de rompre …
C'est le choix d'une femme libre, extraordinairement moderne, iconoclaste, volontiers provocatrice par ses liaisons homosexuelles, mais à la plume prolifique et toujours juste, merveilleuse interprète de la complexité féminine. Un monument de la littérature française, sa lecture donne un formidable coup de jeune !
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
stcyr04stcyr04   12 juillet 2013
Combien de femmes ont connu cette retraite en soi, ce repliement patient qui succède aux larmes révoltées ? Je leur rends cette justice, en me flattant moi-même : il n'y a guère que dans la douleur qu'une femme soit capable de dépasser la médiocrité. Sa résistance y est infinie ; on peut en user et abuser sans craindre qu'elle ne meure, moyennant que quelque puérile lâcheté physique ou quelque religieux espoir la détournent du suicide simplificateur.
« Elle meurt de chagrin... Elle est morte de chagrin »... Hochez, en entendant ces clichés, une tête sceptique plus qu'apitoyée : une femme ne peut guère mourir de chagrin. C'est une bête si solide, si dure à tuer ! Vous croyez que le chagrin la ronge? Point. Bien plus souvent elle y gagne, débile et malade qu'elle est née, des nerfs inusables, un inflexible orgueil, une faculté d'attendre, de dissimuler, qui la grandit, et le dédain de ceux qui sont heureux. Dans la souffrance et la dissimulation, elle s'exerce et s'assouplit, comme à une gymnastique
quotidienne pleine de risques... Car elle frôle constamment la tentation la plus poignante, la plus suave, la plus parée de tous les attraits : celle de se venger.
Il arrive que, trop faible, ou trop aimante, elle tue... Elle pourra offrir à l'étonnement du monde entier l'exemple de cette déconcertante résistance féminine. Elle lassera ses juges, les surmènera au cours des interminables audiences, les abandonnera recrus, comme une bête rouée promène des chiens novices... Soyez sûrs qu'une longue patience, que des chagrins jalousement cachés ont formé, affiné, durci cette femme dont on s'écrie :
— Elle est en acier !
Elle est « en femme », simplement — et cela suffit.
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JcequejelisJcequejelis   15 avril 2012
J'ai devant moi, de l'autre côté du miroir, dans la mystérieuse chambre des reflets, l'image d'« une femme de lettres qui a mal tourné ». On dit aussi de moi que « je fais du théâtre », mais on ne m'appelle jamais actrice. Pourquoi ? Nuance subtile, refus poli, de la part du public et de mes amis eux-mêmes, de me donner un grade dans cette carrière que j'ai pourtant choisie... Une femme de lettres qui a mal tourné : voilà ce que je dois, pour tous, demeurer, moi qui n'écris plus, moi qui me refuse le plaisir, le luxe d'écrire...

Ecrire ! pouvoir écrire ! cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient, les jeux de la plume qui tourne en rond autour d'une tache d'encre, qui mordille le mot imparfait, le griffe, le hérisse de fléchettes, l'orne d'antennes, de pattes, jusqu'à ce qu'il perde sa figure lisible de mot, mué en insecte fantastique, envolé en papillon-fée ...

Ecrire... C'est le regard accroché, hypnotisé par le reflet de la fenêtre dans l'encrier d'argent, - la fièvre divine qui monte aux joues, au front, tandis qu'une bienheureuse mort glace sur le papier la main qui écrit... Cela veut dire aussi l'oubli de l'heure, la paresse au creux du divan, la débauche d'invention d'où l'on sort courbaturé, abêti, mais déjà récompensé, et porteur de trésors qu'on décharge lentement sur la feuille vierge, dans le petit cirque de lumière qui s'abrite sous la lampe...

Ecrire ! verser avec rage toute la sincérité de soi sur le papier tentateur, si vite, si vite que parfois la main lutte et renâcle, surmenée par le dieu impatient qui la guide... et retrouver, le lendemain, à la place du rameau d'or, miraculeusement éclos en une heure flamboyante, une ronce sèche, une fleur avortée...

Ecrire! plaisir et souffrance d'oisifs ! Ecrire !... J'éprouve bien, de loin en loin, le besoin, - vif comme la soif en été, - de noter, de peindre... Je prends encore la plume, pour commencer le jeu périlleux et décevant, pour saisir et fixer, sous la pointe double et ployante, le chatoyant, le fugace, le passionnant adjectif... Ce n'est qu'une courte crise, - la démangeaison d'une cicatrice...

Il faut trop de temps pour écrire ! Et puis, je ne suis pas Balzac, moi... Le conte fragile que j'édifie s'émiette quand le fournisseur sonne, quand le bottier présente sa facture, quand l'avoué téléphone, et l'avocat, quand l'agent théâtral me mande à son bureau pour « un cachet en ville chez des gens tout ce qu'il y a de bien, mais qui n'ont pas pour habitude de payer les prix forts »...

393 - [Le Livre de Poche n° 283, p. 15]
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ATOSATOS   19 septembre 2015
Est-ce toi qui es là, toute seule, sous ce plafond bourdonnant que les pieds des danseurs émeuvent comme le plancher d'un moulin actif ? Pourquoi es-tu là, toute seule ? Et pourquoi pas ailleurs ?…
Oui, c'est l'heure lucide et dangereuse..Qui frappera à la porte de ma loge, quel visage s'interposera entre moi et la conseillère fardée qui m'épie de l'autre côté du miroir ?..Le hasard, mon ami et mon maître, daignera bien encore une fois m'envoyer les génies de son désordonné royaume. Je n'ai plus foi qu'en lui, et en moi.En lui, surtout, qui me repêche lorsque je sombre, et me saisit, et me secoue, à la manière d'un chien sauveteur dont la dent, chaque fois, perce un peu ma peau...i bien que je n'attends plus, à chaque désespoir, ma fin, mais bien l'aventure, le petit miracle banal qui renoue, chaînon étincelant ,le collier de mes jours.
C'est la foi, c'est vraiment la foi, avec son aveuglement parfois simulé, avec le jésuitisme de ses renoncements, son entêtement à espérer, dans l'heure même où l'on crie : »Tout m'abandonne !... »Vraiment, le jour où mon maître le hasard porterait en mon cœur un autre nom, je ferais une excellente catholique... »
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LouiseLouise   15 mars 2008
La tête me tourne un peu, depuis Avignon. Les pays de brume ont fondu là-bas, derrière les rideaux de cyprès que le mistral penche. Le soyeux bruissement des longs roseaux est entré, ce jour-là, par la glace baissée du wagon, en même temps qu'une odeur de miel, de sapin, de bourgeon vernis, de lilas en bouton, ce parfun amer du lilas avant la fleur, qui mêle la térébenthine et l'amande. L'ombre des cerisiers est violette sur la terre rougeâtre, qui déjà se fendille de soif. Sur les routes blanches que le train coupe ou longe, une poussière crayeuse roule en tourbillons bas et poudre les buissons...Le murmure d'une fièvre agréable bourdonne sans cesse à mes oreilles, comme celui d'un essaim lointain...
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line70line70   19 mars 2011
Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l'eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle... Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays, celle-là au creux moite d'un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l'oiseau, la voile, le vent et la vague. Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse, que le plaisir agite comme une herbe dans le ruisseau... Mais le temps la dissoudra comme les autres, et tu ne sauras plus rien de moi, jusqu'au jour où mes pas s'arrêteront et où s'envolera de moi une dernière petite ombre... qui sait où?
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Bande annonce du film Colette (2018), film sur la vie de Sidonie-Gabrielle Colette
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