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ISBN : 2253086053
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/2017)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 295 notes)
Résumé :
Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.
Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (130) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  11 février 2016
Un grand merci à Babelio et aux éditions Denoël...
Argentine. Plateaux de la Patagonie. Une steppe, immense, balayée par les vents glacials. Des sentiers de caillasse brûlés par le vent. Une terre si sèche que les arbres l'ont désertée. Des forêts, au loin, derrière les plateaux rocheux. Des milliers d'hectares où les troupeaux vaquent. Seules les grosses exploitations qui font commerce avec l'Europe survivent. C'est ici, au milieu de rien, que s'élève l'estancia. Une exploitation menée d'une main de fer par la mère et ses quatre fils, les jumeaux, Mauro et Joaquin, Steban et enfin, le petit dernier, Rafaël. La mère, silencieuse, froide, autoritaire, n'ayant pas une once d'amour pour aucun d'eux, leur mène la vie dure, à coup de triques. Endurcie depuis qu'elle leur cache la mort de leur ivrogne de père, battu à mort et le corps plongé dans les marais. Les gamins n'ont d'autre choix que de travailler à longueur de journée, s'occupant des vaches et des moutons. Rafaël, rejeté, banni, détesté, depuis toujours, subit les mauvais coups et les brimades des jumeaux. Seule compte la compagnie de Halley, son cheval, et ses chiens. Seuls réconforts dans cette vie où il faut sans cesse se battre...
Dans ce roman choral d'une noirceur implacable, Sandrine Collette s'immisce au coeur de cette famille haineuse en nous offrant un huis clos étouffant et oppressant, paradoxalement dans d'immenses espaces. Elle nous plonge au coeur de cette nature aride, asséchée, à la fois hostile et sublime. Personnifiée, omniprésente, elle façonne et conditionne les hommes et les femmes. Pas l'ombre d'un espoir. L'amour et l'innocence n'ont guère leur place. Seules la violence et la haine animent cette famille déchirée et fielleuse. L'auteur met un point d'honneur à décrire parfaitement cette nature rude, cette ambiance pesante et malveillante, ces relations familiales inexistantes et les silences assourdissants de la mère. Tout est parfaitement retranscrit et donne du souffle à ce roman. Écoutant tour à tour chacun d'eux, l'on ressent toute cette violence et cette animosité qui transpirent d'eux. Un roman remarquable servie par une écriture parfaitement maîtrisée, d'une grande richesse et précision.
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domisylzen
  17 novembre 2016
Ils sont quatre, quatre frères : les jumeaux, l'idiot et le petit dernier qui sert de souffre-douleur, Rafael. Tous vivent sous l'autorité dictatoriale de la mère qui dirige une estancia en Patagonie. le climat y est rude, le travail ...omniprésent. Les rapports entre tous ... très conflictuels. le père est parti comme ça un jour ... c'est du moins ce que prétend la mère. Les distractions ne sont pas à l'ordre du jour, une fois par mois, la mère et les jumeaux descendent en ville effectuer les achats de premières nécessités, la mère joue au poker et boit sec, les jumeaux n'ont le droit que de regarder. Tout parait figé dans le temps, pourtant un jour un le cruel édifice va se fissurer.
Un roman très très lent, avec beaucoup de descriptions. L'auteur veut nous plonger au coeur de ce drame familial, elle y réussit, ma foi, fort bien. On ressent : la rudesse du climat, ces milliers de moutons qui ont besoin d'attention quasi 24 heures sur 24, la haine que se voue les frères, la mère complètement désabusée qui traite ses fils comme du bétail, la misère a tous les coins de rues. Une très belle histoire avec un scénario super bien développé.
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Crossroads
  25 février 2016
Décidément, il ne fait pas bon s'appeler Rafael en littérature.
A peine plus verni que l'anti-héros de Grégory Mcdonald, celui-ci peine à trouver sa place au sein d'une famille qui n'a que faire du petit dernier.
Ignoré par sa mère, maltraité par ses frères, abandonné par son poivrot de père, voué à une vie de forçat, le gamin a tourné la roue de l'infortune et décroché le jackpot.
Un canasson et un chien pour seuls réconforts, la balance affective reste largement déficitaire.
Perspective d'avenir sur ces terres arides de Patagonie, zéro. D'autant plus que les petits élevages familiaux comme le sien périclitent au profit d'immenses domaines.
Rafael, c'est un p'tit peu le jour de la marmotte version Cosette.
Jusqu'au jour où un facétieux grain de sable viendra bouleverser l'ordre établi, offrant ainsi à notre jeune pousse l'occasion d'échapper à sa condition peu enviable de victime expiatoire.
Collette goûte peu les joies pourtant ineffables du comique troupier.
A ma gauche, une nature féroce. A ma droite, une famille qui l'est tout autant. Dans l'oeil du cyclone, un gamin ballotté par la vie qui ne rêve que d'ailleurs.
L'écriture est sèche, aride, en parfaite adéquation avec le propos.
Le terrible quotidien de cette fratrie sous le joug d'une mère castratrice et plus particulièrement celui du petit dernier ne lasse pas de répandre un sentiment de malaise diffus.
Ni échappatoire ni sortie de secours d'aucune sorte. Un destin tout tracé. Un enfer pavé de mauvaises intentions.
Collette décortique admirablement ce processus visant à mettre sous l'éteignoir, chaque jour que le Dieu de la gaudriole fait, les velléités d'émancipation d'un souffre-douleur adopté à l'unanimité de ses frangins sous le regard indifférent d'une génitrice acariâtre.
L'ambiance est pesante, l'espace géographique est raccord.
Âpre, rude, aussi accablant qu'il est vaste.
Il vous écrase de sa superbe indifférence glacée.
Au-delà d'un tableau familial confus, miséreux et anarchique formidablement dépeint, Collette s'attaque frontalement à la destinée de tout être et sa propension à pouvoir/vouloir y échapper.
Le récit déroule, sordide, cafardeux sans toutefois se fermer à d'éventuels lendemains qui chantent.
Rafael aurait pu se fendre d'une citation de JFK : Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie - mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années. 
A vous de voir désormais s'il aura réussi son pari, celui de trouver la paix de l'âme sans en payer le prix fort.
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palamede
  31 octobre 2017
De la lande à perte de vue, aride et plate, des milliers d'hectares où paissent des troupeaux, telle est la steppe de la Patagonie argentine. Le lieu de travail et de distractions de quatre frères qui affectionnent un jeu cruel dont le plus jeune fait les frais sans limite. Leur mère a autre chose à faire que de le protéger, car depuis le « départ » de son mari tout lui incombe. Elle doit résister - une lutte qu'elle sait perdue d'avance - à la concurrence des élevages intensifs qui font de la mauvaise viande qui se vend bien. Elle doit aussi faire face à la fronde de ses fils aînés qui refusent de continuer à être traités comme des bêtes de somme. Une situation qui semble immuable, qui pourtant un jour va changer.
Sandrine Collette a l'art et la manière pour planter des décors superbes et créer des atmosphères familiales étouffantes et nauséabondes. Par des descriptions soigneuses et précises, des mots choisis, elle décrit avec le même talent des paysages somptueux et des relations humaines délétères aux conséquences implacables. Toutefois par moment j'ai été envahie par le sentiment de faire du sur place, que le sujet avait déjà été traité, en moins redondant et en mieux - comme dans le formidable livre de Bruce Machart, le Sillage de l'oubli. Reste qu'on demeure accroché jusqu'au bout de cette sordide histoire de famille qui s'offre une fin qui permet d'espérer en l'homme.
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mesrives
  02 mai 2017
Je viens de refermer Il reste la poussière de Sandrine Collette.
Une centaine d'avis... alors une dizaine de lignes suffiront ici pour exprimer mon ressenti.
Alors oui, sur la quatrième de couverture, il est dit que nous sommes en Patagonie, Argentine.
Un prologue superbe d'une violence exacerbée. J'adore les prologues... et là pour le coup ,j'ai été servie.
Je me suis crue sur les hauts plateaux afghans assistant à une partie de bouzkachi, jeu guerrier millénaire, mais cette fois les cavaliers ne galopent pas après une chèvre décapitée ou un veau éviscéré mais un marmot qui tient à peine sur ses jambes et qui est, lui, bien vivant, Rafael.
C'est violent mais c'est une bonne mise en bouche pour avertir le lecteur qu'ici dans les steppes patagoniennes on ne rigole pas tous les jours!
Ici, dans l'estancia de la famille, la devise semble être trime ou crève sous le regard acéré d'une mère tyrannique!
Ici, « le bonheur est contre-nature ».
Pas de place ni le temps pour les sentiments, l'affection, mais quelques heures mensuelles pour se prendre une bonne biture à San Leon et cela pour les plus grands, les plus besogneux.
Autres temps, autres lieux, autres moeurs...
Ce roman de part son atmosphère et son ambiance a convoqué à ma mémoire le souvenir d'une autre lecture, le sillage de l'oubli de Bruce Machart.
Bref, j'ai aadoooré.
Une écriture tendue à la hauteur des enjeux qui se jouent dans cette famille sert le récit.
Si j'avais été scotchée par Des noeuds d'acier, bluffée par Un vent de cendres, j'ai été atomisée par Il reste de la poussière!
Par contre, je n'ai plus qu'une hâte, arracher Les six fourmis blanches de la bibliothèque de ma fille, elles m'attendent depuis un petit moment déjà.
Mais peut-être que je ferais mieux de lire Les cavaliers de Joseph Kessel...
Dire au revoir aux gauchos et partir retrouver les tchopendoz, les joueurs de bouzkachi!
Au final, je vais garder ma cravache, elle pourrait bien me servir encore.
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critiques presse (3)
Actualitte   10 avril 2017
Sandrine Collette n’a vraiment pas à rougir devant les grands noms de ce genre littéraire : Harrisson, Bass, Fromm, Rash...
Lire la critique sur le site : Actualitte
Chro   16 mars 2016
Il reste la poussière, avec son univers clos, oppresse (...) Alternant les voix de la mère et des frères, sa galerie de portraits s’avère saisissante, pour un tableau fataliste et noir, entre western et tragédie.
Lire la critique sur le site : Chro
Telerama   27 janvier 2016
L'auteure parvient à construire un roman des grands espaces tout en installant la sensation du huis clos.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
myriampelemyriampele   21 novembre 2017
Et ils savent que jamais la mère ne les laissera embrasser les seins des filles. Jamais elle ne leur donnera l'argent.
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mesrivesmesrives   19 avril 2017
La mère dévisage la femme qui l'implore. Bien sûr que c'est elle la meilleure solution, elle la mère pauvre et déjà vieillie, à qui on peut demander quand on ne veut pas se salir les mains. Jamais la bourgeoise ne l'aurait appelée madame si elle n'avait le couteau sous la gorge, mais elle est bien contente de la trouver cette nuit-là, et elle y ajoutera une bourse pleine s'il le faut, pour peu que la mère hoche la tête, pour peu qu'elle dise oui. De tous temps il en été ainsi, et les riches ont fait laver leurs fautes aux miséreux, rejetant sur eux la honte et le sang, parce que les pauvres s'en foutent, et qu'à leur tour ils transforment la saleté en argent. Cela ne les gêne pas de tendre la main; ils y sont habitués depuis des siècles, c'est comme rincer la merde, et peut-être ils se pincent le nez mais ils finissent par le faire et c'est toujours assez bon pour eux.
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marina53marina53   11 février 2016
C'est le mot qui l'interpelle, un mot qu'il n'a jamais entendu. Le bonheur.
Souvent, pour maudire le sort, la mère, devant une bête morte, une récolte gâtée par le mauvais temps ou trop de factures à la fois, s'écrie: Malheur ! Cela, il connaît. Une patte cassée, malheur. Une charogne tombée dans la réserve d'eau, malheur. Et malheur encore, les fils qui tardent à finir leur ouvrage ou le vent qui couche les clôtures, laissant échapper le bétail. Toute sa vie baigne dans ce mélange de résignation et de poing levé au ciel, s'étrangle de peur devant les éléments déchaînés, de rage face au monde qui n'est ni juste ni beau.
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nannou71nannou71   24 mai 2017
La mère est son avenir, l'estancia sa destinée et son tombeau. Il ne veut ni réfléchir ni répondre. Cela abîmerait trop de choses. Seul le bétail est important, et le travail de chaque instant, l'infinie répétition, lassante et rassurante, et même le galop des chevaux se ressemble de jour en jour, et le souffle des bêtes, et la lumière de l'aube sur la plaine. Envisagée ainsi, la vie n'a pas lieu de changer. Elle peut durer le temps de l'humanité, le temps de l'univers et des certitudes.
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YdamelcYdamelc   16 mai 2016
Lorenza était partie deux jours avant son retour, emmenant son rêve et son fils, puisque c’en était un — elle l’avait mis au monde un mois plus tôt.
[...]
C’était il y a peut-être trente ans et rien ne lui a jamais fait aussi mal depuis, et pourtant il l’a cherché, le sort, jouant à cache-cache avec lui, le narguant du haut des plateaux, sur des chevaux fous, sous les cornes des taureaux. Chaque fois qu’il s’est fait embrocher une main ou une jambe, il a espéré que la douleur le distrairait de celle ancrée au fond de sa poitrine. D’année en année, la brûlure s’est atténuée bien sûr. Mais de mémoire d’homme, pas une fois par la suite il n’a senti un tel feu lui dévorer le cœur et les entrailles, pas une fois, sauf ces jours-ci couché dans la grotte, avec son ventre et sa vie qui se rongent de l’intérieur, et au début cela l’a fait rire, presque joyeux, de voir qu’il existait une souffrance plus grande.
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Videos de Sandrine Collette (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sandrine Collette
Geneviève van Landuyt recevait sur la scène des déblogueurs lors du dernier salon Saint-Maur en Poche en juin 2017, deux auteurs de talent : Sandrine Colette et Nicolas Jaillet
Il reste la poussière de Sandrine Collette aux éditions Livre de Poche
Patagonie. Dans la steppe balayée par des vents glacés, Rafael est le dernier enfant d?une fratrie de quatre garçons. Depuis toujours, il est martyrisé par ses frères aînés. Leur père a disparu. Leur mère ne dit rien, perpétuellement murée dans un silence hostile. Elle mène ses fils et son élevage de bétail d'une main inflexible, écrasant ses rejetons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien. Dans ce monde qui meurt, où les petites fermes sont remplacées par d'immenses domaines, l'espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l'étau de terreur et de violence qui l'enchaîne à cette famille ?
https://www.lagriffenoire.com/68869-divers-polar-il-reste-la-poussiere.html
La Maison de Nicolas Jaillet aux éditions Milady
« Deux heures de lecture gravées à vie dans votre mémoire. » Emmanuel Delhomme, France Inter « Une merveille. Un livre incandescent. » Gérard Collard, Librairie La Griffe Noire En robe blanche, son bouquet à la main, Martine sait qu'elle n'aimera jamais Jean, l'homme triste et violent qu'elle vient d'épouser. Mais en elle, une graine est en train de germer. Pendant des années, elle survit à son quotidien et élève leur enfant. En silence, avec une audace et une obstination extraordinaires, elle prépare son évasion. En bonus : deux histoires inédites : La Robe Entre eux, c'est devenu un rituel : pour leur anniversaire, elle remet sa robe de mariée. Leurs amis les envient. Samuel et Sandra vivent un conte de fées... La Bague Une femme caresse une bague à son doigt. Dans le train, un homme observe le visage de cette grande amoureuse changer..
https://www.lagriffenoire.com/59999-divers-polar-la-maison.html

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