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EAN : 9782812620539
384 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (27/05/2020)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Il attendait ces retrouvailles depuis si longtemps. Cela faisait deux ans et demi qu’il n’avait pas vu les siens, après sa réquisition en 1943 pour le Service du travail obligatoire (STO) et son départ pour une usine d’armement, en Autriche. Sans nouvelles de lui depuis un an, sa famille craignait qu’il n’ait disparu. Le voilà enfin, affaibli mais vivant, si soulagé de retrouver ses proches après cette guerre terrible. Si heureux de revoir enfin sa fiancée, Justine.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
LettresItBe
  12 mars 2018
C'est à un livre à mi-chemin entre l'essai historique et le roman régional que s'est intéressé Lettres it be il y a peu. Lendemains de Libération est le dernier livre de Daniel Crozes publié aux Editions du Rouergue, auteur prolifique s'il en est, docteur en histoire et qui revient en librairie avec un roman bien dans l'ère du temps littéraire, qui s'ancre juste après la Seconde Guerre mondiale avec le retour des travailleurs du STO. Lettres it be a remonté le temps avec Daniel Crozes et vous en dit un peu plus.

# La bande-annonce

Il attendait ces retrouvailles depuis si longtemps. Cela faisait deux ans et demi qu'il n'avait pas vu les siens, après sa réquisition en 1943 pour le Service du travail obligatoire (STO) et son départ pour une usine d'armement, en Autriche. Sans nouvelles de lui depuis un an, sa famille craignait qu'il n'ait disparu. le voilà enfin, affaibli mais vivant, si soulagé de retrouver ses proches après cette guerre terrible. Si heureux de revoir enfin sa fiancée, Justine. Mais lorsque Justine apparaît, c'est au bras de son frère. Les promesses de mariage, faites lors de son départ, ont été oubliées. C'est une double trahison. de plus, tous ceux qui comme lui sont partis au STO sont mal vus. Dans son bourg natal, les déchirures de la guerre sont encore à vif. Comment reprendre pied ? C'est auprès d'un oncle maternel, qui l'accueille dans son auberge à la campagne, qu'il va retrouver foi en l'avenir. C'est avec lui qu'il va découvrir ce qu'il s'est passé dans le bourg durant les années de guerre, les dénonciations et les rancoeurs, le courage des vrais résistants, les collaborateurs notoires, le marché noir, l'épuration sauvage... et à qui il doit d'avoir été désigné pour le STO.

Dans Lendemains de Libération, Daniel Crozes traite avec courage un sujet historique peu abordé. Il s'est inspiré de nombreux témoignages pour construire son personnage, et réussit à refaire vivre l'atmosphère si troublée de la Libération dans un village du sud de la France.

# L'avis de Lettres it be

Docteur en histoire ayant travaillé en 1985 sur une thèse qui portait sur la Révolution française dans une partie spécifique de l'Aveyron, auteur on ne peut plus prolifique avec plusieurs dizaines de livres à son actif … Daniel Crozes est un vieux de la vieille pour les amateurs de littérature régionale et historique. Attaché à son Aveyron natal, l'auteur né à Camjac en 1958 revient donc en librairie avec Lendemains de Libération publié aux Editions du Rouergue.

Comme dit plus haut, cette histoire est dans l'ère du temps littéraire. La Seconde Guerre mondiale, la figure du revenant/repenti, le triangle de la possession amoureuse … Toutes les thématiques chères aux romans contemporains se retrouvent et s'unissent sous la plume de Daniel Crozes. L'idée est pourtant originale : évoquer le retour d'un travailleur français du STO. Après un temps long passé du côté de l'Autriche, notre homme revient parmi les siens, retrouve celle qui habitait son coeur jusqu'alors sauf qu'elle ne lui semble plus si acquise qu'avant … le triangle amoureux se met en place sur fond de questionnements post-Libération.

Malgré le style sérieux et appliqué de Daniel Crozes, difficile de ne pas regretter un traitement en surface de cette histoire. le postulat de départ pouvait donner lieu à de très intéressantes réflexions sur les temps complexes qui ont immédiatement suivi la Libération, sur ces « collabos » devenus héros et ces héros devenus parias. Daniel Crozes se penche sur ces interrogations et en affrète certaines à ses personnages, mais le tout peine à véritablement prendre. le roman s'enlise dans des considérations un peu simplistes, une histoire d'amour finalement dispensable et qui éclipse ce qui aurait pu donner beaucoup plus de corps au roman.

Quoi qu'il en soit, il en résulte une histoire intéressante sur le fond comme sur la forme, une histoire de Seconde Guerre mondiale comme beaucoup d'autres mais qui conserve le mérite de se dérouler dans un petit bout de France tout en s'habillant de questionnements finalement peu traités dans le genre du roman. Daniel Crozes écrit sur ce qu'il sait, sur ce qu'il maîtrise le mieux : la France cachée, la France d'ici et là-bas. Et rien que pour cela, Lendemains de Libération vaut un attentif détour.

Retrouvez la chronique en intégralité sur Lettres it be
Lien : https://www.lettres-it-be.fr..
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sylvl
  18 mars 2019
La guerre laisse forcément des séquelles, dont certaines demeurent indélébiles. Après avoir été obligé de passer deux ans en Autriche pour le compte du Service de Travail Obligatoire, un jeune homme revient chez lui, affaibli par l'épreuve. Après la joie de retrouver les siens, il déchante et découvre que celle qu'il aimait partage maintenant la vie de son frère. Que faire ? le temps a coulé sous les ponts et tous le croyaient mort. Néanmoins, pour lui, il est impossible de tirer un trait sur le passé et de faire comme si rien n'avait été. Il conçoit cette relation comme une trahison. Pour fuir le chagrin et la rage qui le rongent, il va s'établir chez un oncle, afin de retrouver la paix. Pourtant, rien n'est facile durant cette époque qui succède à l'armistice. Les rancunes ont la vie dure et les langues commencent à se délier. Dans cette bourgade qu'il pensait paisible, il apprend que plusieurs pratiquaient le marché noir, que les résistants n'étaient pas forcément ceux auxquels on pensait et, surtout, il est confronté à celui qui l'a expédié loin de chez lui. Daniel Crozes creuse ici un sujet douloureux, tenu tabou durant plusieurs décennies en France : celui de la collaboration zélée avec l'ennemi. Evidemment, il ne s'empresse jamais de juger et maintient son récit à hauteur d'épaules, entièrement écrit à la première personne du singulier, et revient sur les ravages psychologiques des rescapés de retour au pays. Après avoir perdu une partie de sa jeunesse, le protagoniste découvre qu'il a perdu tout ce qui le retenait à la vie. Heureusement, l'existence possède des vertus qui permettent de triompher de tout (ou presque !).
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LisaGiraudTaylor
  02 juillet 2018
J'ai adoré (dévoré) ce livre.
Je ne vous cacherai pas qu'il y a des passages qui peuvent être un peu long dans les descriptions de lieux ou situations. Il y a également quelques redondances mais, qui, tout bien pesé, peuvent être appréciés par les lecteurs.
Je ne suis pas, sur cette période, un lecteur lambda, je le sais. Je connais cette période, je connais les méandres qu'ont connu ces hommes revenus du STO, ces règlements de compte, ses justifications « mais c'était la guerre ! » pour excuser un comportement indigne ou amoral.
Donc, évidemment, certaines phrases ou explications de l'auteur, à propos de la situation de son personnage principal, semblaient du/lu/entendu déjà-vu pour moi.
Néanmoins, je recommande ce livre car l'écriture de Daniel CROZES est limpide, agréable et que ce roman se lit aisément, qu'il creuse un nouveau sillon, qu'il ouvre une nouvelle brèche, et qu'il donne à réfléchir en ces temps où l'on voit des relents d'Histoire nous arriver droit dessus.
J'aime à penser que certains romans puissent ouvrir les yeux sur les comportements individualistes, sur une réflexion et sur un pardon général.
En cela, je dois être un peu idéaliste, comme le personnage de Philippe, quelqu'un qui a fait ce qu'il devait faire, son devoir en quelque sorte, et réalise qu'il a payé un lourd tribut face à ceux qui ont su contourner le système, usé et abusé des opportunités pas toujours recommandables.
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LesLecturesDeRudy
  18 avril 2018
Sujet sensible et rarement traité que le retour des hommes et des femmes forcés de travailler en Allemagne lors de la seconde guerre.
Daniel Crozes traite avec courage et pudeur un sujet historique peu abordé. Il s'est inspiré de nombreux témoignages pour construire son personnage et réussit à refaire vivre l'atmosphère si troublée de la libération et l'immédiate après guerre dans un village du sud de la France.
Un village à l'image du pays avec ses résistants de la 11e heure et ceux qui quelque soit le camp choisi ont profité de la guerre .
Un petit bémol l'écriture très académique et très peu vivante qui a pour résultat que l'on ressent très peu d"empathie pour les personnages .



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lolols28
  04 juillet 2018
j'ai aimé l'analyse de cette période d'après guerre et surtout le retour des STO ( sujet qui a fâché très longtemps), on s'attache à ce jeune homme un peu perdu qui a vu sa vie basculer en 2ans, des longueurs par moment qui se justifient par l'état du personnage
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
La misère humaine s’étalait en plein soleil. Dans certains villages, on nous proposait de l’eau potable à un prix prohibitif. La France était à genoux mais les profiteurs grouillaient parmi les réfugiés comme les asticots sur des charognes, et les pillards s’attaquaient sans scrupules aux maisons abandonnées. J’avais observé la présence de soldats au milieu de cette vermine. Débraillés, l’uniforme en lambeaux, ils n’avaient plus de supérieurs et n’assuraient même pas le service d’ordre. Nombre de compagnies s’étaient débandées, leurs hommes erraient sur les chemins comme des vagabonds et des trouillards. Ils ne pensaient qu’à se goberger dans les maisons et à trousser des femmes.
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rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
Mon père ne pourrait pas refuser d’intervenir. C’était un homme sévère et souvent inflexible mais qui détestait l’injustice. Il nous avait inculqué des principes : la loyauté, le travail, le respect d’autrui. Taciturne, il n’avait jamais débordé d’affection envers nous, au point d’être parfois distant, à l’inverse de notre mère qui était une femme de caractère mais aimante, douce, attentionnée. Partager le quotidien de mon père n’était pas simple. Comme les poilus de sa génération, il avait été marqué par les combats et les horreurs des tranchées. Blessé en 1918, il boitillait. Les enfants l’avaient affublé du surnom de code-phare. À l’occasion du 11 Novembre, je l’avais souvent interrogé sur ses années de guerre. Il avait toujours refusé de me répondre, se contentant de me répéter le visage fermé et les mâchoires crispées : « C’était l’enfer ! »
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rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
J’avais des sentiments profonds pour Justine avant mon départ pour l’Autriche ; je pensais également qu’elle les partageait. Des sanglots dans la voix, les yeux rougis, elle était désespérée le matin où elle m’avait accompagné en autobus jusqu’à Rodez. Ses premières lettres avaient bien traduit la mélancolie qu’elle éprouvait depuis notre séparation. Puis son attachement s’était désagrégé et elle était devenue plus distante, mais je n’avais pas été en mesure de le remarquer. Je m’étais trompé sur son compte, aveuglé par ma propre flamme qui avait peut-être faussé notre relation. J’en déduisais que ses convictions étaient bien moins solides que les miennes, qu’elle ne ressentait peut-être que de l’affection mais pas de l’amour.
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rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
Mon père m’avait rapporté leurs critiques, les édulcorant sûrement pour ne pas me contrarier. Qu’en pensait-il ? Il ne m’avait jamais adressé le moindre reproche. Connaissant ses opinions et son caractère, je supposais qu’il n’approuvait pas notre initiative mais qu’il la comprenait. Que recherchait également le président des vétérans de 14-18 ? La désunion entre les différentes amicales des victimes de la Seconde Guerre ? Certainement. La guerre avait engendré trop de passions et entraîné trop de divisions entre les habitants pour que la paix et la sérénité puissent être restaurées rapidement dans une bourgade comme Beausoleil.
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rkhettaouirkhettaoui   23 novembre 2017
Nous n’étions plus un simple numéro matricule comme à Vienne et dans les camps de l’Armée rouge. Nous étions redevenus des citoyens français mais, surtout, des hommes ; nous avions retrouvé notre dignité. Les yeux remplis de larmes, j’étais incapable de remercier ce jeune employé qui nous réintégrait dans la Nation par une signature, contribuant à nous réconcilier avec la France et avec notre patrie. Submergé par l’émotion, je contemplai fièrement mes papiers entre mes mains tremblantes.
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