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ISBN : 273812688X
Éditeur : Odile Jacob (29/09/2011)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 26 notes)
Résumé :


Comment comprendre qu'un enfant puisse se donner la mort ? Boris Cyrulnik ne postule pas une cause unique mais propose une approche systémique : « L école, qui aujourd'hui est devenue le nouveau classificateur social, est sur-investie par les parents.

Cette institution réalise les conditions expérimentales de l angoisse : immobilité physique et suppression de procédés spontanés de tranquillisation. La désorganisation des rythmes scola... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
philippe91
  08 juin 2018
Boris Cyrulnik décortique dans cet ouvrage l'ensemble des mécanismes qui peuvent amener un enfant à se donner la mort. Très bien construit, évitant le catastrophisme, l'ensemble des facteurs sociaux, culturels et familiaux sont décrits avec précision et permettent une vision en marge des idées reçues.
Cet ouvrage, au-delà de l'analyse et de la description des processus de construction de la pensée suicidaire chez l'enfant, offre des clés et solutions, tant au niveau individuel que des pouvoirs publics, quant à sa prévention et son traitement.Parents, ne passez pas à coté de cet ouvrage, même si la thématique reste peu engageante.« Si une pichenette peut pousser un enfant à un acte mortel, une autre pichenette peut l'en préserver »
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Maquart
  27 avril 2018
Le suicide, selon les époques et les cultures a été interprété différemment :
Toléré par Platon, reprouvé par Aristote, valorisé par l'Antiquité romaine et péché majeur pour l'Eglise….
Au siècle des Lumières, le suicide fait débat.
Le sujet est encore plus délicat quand il s'agit d'un enfant.
Mais que se donne vraiment un enfant qui se donne la mort ?
Opte-t-il pour une fin irrémédiable ?
Une violence autodestructrice ?
Veut-il faire de la peine à son entourage ?
Se soulager d'une tension émotionnelle insupportable ?
Il n'y a pas une cause au suicide.
Une pichenette peut pousser l'enfant à l'acte mortelle, comme une autre peut l'en préserver.
Aucune histoire n'est une fatalité.
Epidémiologie :
En France : sur 100 000 personnes, 4 000 y pensent, 300 feront une T.S, 17 réussiront.
Pour les enfants : 0.4 pour 1 000
En Bosnie : 2.6
En Estonie, Russie : 3
Même en France il y a des différences : 5 fois plus en Bretagne qu'en région parisienne.
Les suicides aboutis sont rares mais les enfants envisagent de plus en plus souvent de se tuer.
16% pensent que cela pourrait être une solution (40% au Canada).
Quand effondrement économique et familial détruit l'entourage, le taux d'idéation monte rapidement…
Chez ado, gradation de l'approche de la mort (planification, organisation).
On ne retrouve pas cette progression chez les petits.
Chez lui, des suicides sont masqués en accident or l'accident n'est pas accidentel quand une conduite le rend probable.
La personnalité de l'enfant qui se suicide est :
Une grande émotivité.
Une grande impulsivité.
Ce qui peut le faire passer à l'acte.
Un enfant qui se tue ne se donne pas forcément la mort.
Suicide selon les sexes :
Le garçon blanc se suicide plus que le petit Africain….
Peut-être parce qu'on leur confie moins de responsabilité ?
Une arme efficace serait de donner du sens à l'existence…
Les jeunes mères ne se suicident pratiquement pas…
Les filles qui sont matures plus tôt vivent mal leur manque d'indépendance….
Elles vont donc tenter de contrôler ce qu'elles vont pouvoir…leur alimentation, leurs vêtements….
Histoire de se donner la mort :
Le suicide est un problème de santé publique : 200 000 T.S, 11 000 morts dont 1 000 ados et peut-être 100 enfants.
L'idée de la mort se construit graduellement : entre 6 et 9 ans on comprend l'irréversibilité.
La signification est une transaction entre la manière dont l'enfant s'est développé et le théâtre de la mort mis en scène par sa culture.
Les enfants sont-ils plus malheureux aujourd'hui ou leur développement accéléré par les nouvelles conditions éducatives leur donne-il accès trop tôt à une représentation qu'ils n'ont pas eu le temps d'apprendre à maitriser ?
Cependant l'idée de la mort et celle de se donner la mort son deux chemins différents….
Génétique du suicide :
Moins de sérotonine dans le cerveau des suicidés.
Presque toujours un isolement sensoriel dans les premières années (mort d'un parent, dépression maternelle, conflit conjugal).
Le petit vient d'acquérir une vulnérabilité biologique car ses parents ont souffert autour de lui.
Epigénèse :
Un petit transporteur peut n'être qu'un hypersensible si ses conditions de vie son satisfaisante….
A l'inverse un « gros transporteur » s'il est isolé après la naissance à sa sérotonine qui ne sert à rien car ses lobes préfrontaux ne la captent pas.
La vulnérabilité émotionnelle est donc acquise aux des interactions précoces par une association entre une aptitude génétique et une structure d'environnement.
Les derniers mois de grossesse et les premiers mois de vie sont très important…..et des traumas peuvent se transmettre sur plusieurs générations….
Hormones et suicide :
Pourquoi chez certains la puberté provoque une flambée des idées suicidaires ?
Peut-être parce que cela touche l'estime de soi : puis-je plaire ?
Qui va vouloir de moi ?
Les garçons mal-sécurisés ont du mal à réprimer l'expression de leur désir.
Un ado peut détester son appartenance à un sexe ou avoir l'angoisse de se sexualiser….il peut alors envi de disparaître.
Attachements et désir de mort :
Souvent c'est un enfant qui a connu la mort d'un proche.
Les parents dépressifs, suicidaires sont insécurisants.
Leur propre malheur imprègne la mémoire du petit, une mauvaise note, la fin d'une amitié réactive sa mémoire biologique.
L'enfant qui a acquis un moi sans valeur peut se revaloriser par la délinquance…et le payer cher.
Les enfants « sécures » ne représentent que 15 à 20% des dépressions suicidaires.
Une rencontre peut changer les choses.
Psychologie du passage à l'acte.
Le stress maternel joue un rôle majeur dans l'hypersensibilité de l'enfant mais il faut en plus que l'enfant se développe dans des conditions adverses : le jeune âge de la mère, la solitude un appauvrissement de la niche parentale….
La violence conjugale ou dans la fratrie. Lorsque les parents sont morts, absents, déprimés ou débordés et bien l'enfant reste soumis à ses pulsions.
Les agressions sexuelles : 20% des victimes font des dépressions contre 6% de la population générale.
9 borderline sur 10 ont eu des enfances négligés.
Le monde mental des suicidés
L'enfant vi dans l'immédiat : il peut-être désespéré à 10h et heureux à 10h15 si un adulte c'est montré gentil : difficile d'être prédictif.
L'adolescent à un autre rapport au temps beaucoup plus long : elle m'a quitté je serais toujours malheureux…..
Les ados ont souvent des comportements sémantisés : se referme sur eux-mêmes, le bon élève ne travaille plus etc…
Maturation précoce et suicide
Les pratiques éducatives favorisent l'attachement chez les filles et l'autonomie chez les garçons.
Autonomes de plus en plus tôt et indépendants de plus en plus tard.
Les crises sociales en modifiant la structure familiale augmentent le nombre de suicide.
Boris termine son livre par des préconisations et pour la partie scolaire, beaucoup proviennent des pays nordiques : une rentrée plus tardive à l'école (7 ans), une notation retardée (10-11 ans).
Avant les enfants pourraient avec des professionnels formés, découvrir les joies des apprentissages….
Ce qui est frappant, c'est que beaucoup de ses préconisations vont à l'encontre de ce que fait le gouvernement (il parle du RASED, de former les personnels de la petite enfance, de bien accueillir les étrangers, d'aider les associations qui créent du lien….) et cela n'empêche pas la ministre qui préface le livre de trouver cela formidable….
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brigittelascombe
  18 octobre 2011
Quand l'enfant se donne la mort est un rapport choc de Boris Cyrulnik(neuropsychiatre, enseignant à l'Université de Toulon et auteur de plusieurs ouvrages inhérents à la psychologie,la psychiatrie et l'éthologie).
Pourquoi?
Le suicide, véritable phénomène de société chez les adultes, bien que tabou, touche de plus en plus de jeunes et représente la deuxième cause de mortalité infantile.
Le suicide étant également un problème de santé publique,Jeannette Bougrat (Secrétaire d'état chargée de la jeunesse et de la vie associative) a tenu à préfacer cette étude.
Boris Cyrulnik évoque l'idée même de cet "assassinat de soi" différente selon les époques et le point de vue de chacun(sociologique,biologique,biochimique,psychologique..). Il rappelle les pourcentages alarmants et en augmentation, fait un tour d'horizon des causes(vulnérabilité émotionnelle,construction de l'identité sexuelle,traumatismes,développement douloureux,érotisation de la peur de mourir..)
Puis il parle de prévention.
Que faire pour empêcher l'acte suicidaire(soutien,prise en charge,réparation,maitrise des pulsions)au niveau de l'enfant,de la famille et de l'école?
Il donne enfin quelques conseils et adresses utiles.
Un excellent livre, qui touche différents secteurs du milieu parental au milieu scolaire, écrit de manière claire,concise et facile à lire.
Rappelons que Boris Cyrulnik évoquera "Quand un enfant se donne la mort" le mardi 25 octobre à 19 heures à la librairie Charlemagne de la Seyne sur mer lors de la pause philo mensuelle avec la philosophe et professeur de troisième cycle Laurence Vanin Verna (avec laquelle j'ai réalisé dernièrement une émission radio sur RCF Méditerranée-105.1 ou internet- sur le suicide en tant que phénomène de société).
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hellza24
  17 juillet 2017
Je suis allée un peu à contre-coeur vers ce livre. Boris Cyrulnik est un auteur que j'apprécie, sa vision de l'humain touche juste, mais là le sujet me paraissait révoltant, si triste... J'ai bien fait de surmonter cette appréhension, née sans doute du tabou constitué par le suicide chez l'enfant et le fait que je sois maman.
C'est un faisceau d'éléments, issus de disciplines différentes, que nous présente l'auteur. C'est ce qui fait la force de cette étude, et des solutions que Boris Cyrulnik propose : pas une vision unilatérale du sujet, mais un regard qui englobe tout ce qui fait l'humain en devenir qu'est l'enfant, les forces qu'on peut lui donner, ce que l'on peut repérer, réparer.
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sylvilia
  17 avril 2017
Pas facile pour un père ou une mère de lire ce livre. Par contre enrichissant et très intéressant. Boris Cyrulnik nous livre dans ce livre les mécanismes complexes qui peuvent mener un enfant à attenter à ses jours, indépendamment de son âge. Il dépeint également une lecture sociologique, spectre large, de ce fait, indépendamment des lieux géographiques ou sociaux. La lecture est factuelle, non sensationnelle. Ici Boris cyrulnik veut rassurer, dépeindre les rouages, décortiquer, attirer son lecteur sur le fait que l'on peut mettre en place des mécanismes de préventions. Un livre comme tous les livres de cet auteur que j'ai pu lire, positif et plein d'espoir.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
philippe91philippe91   08 juin 2018
Si une pichenette peut pousser un enfant à un acte mortel, une autre pichenette peut l’en préserver.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 octobre 2011
La signification que l'enfant attribue à la mort résulte d'une transaction entre la manière dont il s'est développé et le théâtre de la mort mis en scène par sa culture.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 octobre 2011
Un enfant qui se tue ne se donne pas forcément la mort.
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brigittelascombebrigittelascombe   18 octobre 2011
Pour évaluer les suicides,il faut prendre en compte les pensées qui évoquent la mort et les comportements qui les provoquent.
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hellza24hellza24   17 juillet 2017
L'absence de contraintes est souvent éprouvée comme un abandon, une divagation qui dilue le sens et laisse émerger l'angoisse. La solitude est une perte de liberté quand, n'ayant pas un autre pour nous orienter, nous nous laissons entraîner là où nous porte le vent.
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Videos de Boris Cyrulnik (68) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Boris Cyrulnik
Dans « Histoire de la folie avant la psychiatrie », qu?il publie aux éditions Odile Jacob, le neuropsychiatre Boris Cyrulnik raconte comment les hommes ont soigné la folie, usant des méthodes les plus absurdes et les plus abusives. Un ouvrage écrit avec Patrick Lemoine, spécialiste du sommeil.
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