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EAN : 9782738107916
252 pages
Odile Jacob (09/03/2000)
3.99/5   205 notes
Résumé :
Pourquoi et comment tombons-nous amoureux ? A quoi rêvent les foetus ? À qui appartient l'enfant ? La violence est-elle nécessaire ? Pourquoi dit-oh des personnes âgées qu'elles retombent en enfance ? À quoi servent les rituels ? Voilà quelques-unes des questions abordées par Boris Cyrulnik dans ce livre qui examine, depuis le stade foetal jusqu'à la vieillesse, les pathologies affectives à l'origine des maux les plus flagrants de nos sociétés : violence, racisme, d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Une vision très lucide des comportements humains, expliqué avec humour sur la forme mais avec beaucoup de profondeur et de sérieux dans le fond, une lecture passionnante qui allie des éléments de psychologie, de philosophie, et d'éthologie. L'essai est enrichissant et pluridisciplinaire, c'est ce qui m'a tout de suite plu dans ce livre, j'ai aussi aimé ce ton humoristique utilisé par l'auteur, cela m'accroche un peu plus mais vu que le sujet m'intéressait beaucoup, même si le ton avait été sérieux, ça ne m'aurait pas dérangé.
Boris Cyrulnik sait captiver son auditoire et vulgariser des sciences parfois complexes, et propose une lecture intéressante de nos schémas de pensées. Je n'ai pas grand-chose à dire de plus, si ça ne vous convainc pas, sachez que l'auteur propose des théories déjà validées par des pairs et qu'il ne se contente pas de survoler son sujet mais va dans le fond des choses.
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Passant en revue les différents âges d'une vie d'homme, l'éthologue Cyrulnik pose sa loupe sur chacun d'eux et, formulant une question touchant aux relations, triture le sujet à grand renfort de références bibliographiques qu'on imagine passées au crible de son tropisme, le tout non sans brio ni ponctuellement humour.

Assez banal, l'examen de la détermination des rencontres sexuées des adultes;
plus original et accrocheur, celui de l'imprégnation des foetus dans le bain physiologique, sensoriel et affectif de la mère;
quelque peu dérangeant mais prémonitoire, l'interrogation sur l'appartenance de l'enfant, à l'heure des nouveaux types de regroupements familiaux, des manipulations de gamètes et des baux de location à durée nona-mensuelle;
pédagogique mais qu'on apprécierait plus approfondi, le chapitre traitant de la violence que les rituels ont pour objet de désamorcer;
surreprésenté (le plus long chapitre), incongru mais manifestement dada de l'auteur, l'ambigu questionnement sur la réhabilitation de l'inceste mère-fils agrémenté du doute jeté sur la pleine légitimité des dénonciations d'inceste père-fille;
touchant et convaincant, le plaidoyer en faveur d'une meilleure compréhension des atteintes de l'âge.

Pour un non spécialiste, l'exposé donne l'impression d'être soutenu par un très vaste ensemble de connaissances dans les domaines de l'observation des comportement animaux y compris humains (objet de l'éthologie), la biologie, et de façon plus marginale, la psychologie et la psychanalyse. Pas dupe de lui-même ni de sa discipline de prédilection, l'auteur prend certaines précautions pour relativiser la "sureté" de certaines de ses convictions, présentées assez prudemment comme des conclusions potentielles: "Partiellement vraie, totalement fausse, et pourtant cohérente, c'est peut-être ce qui caractérise toute représentation humaine; et aussi, ce qui explique que toutes nos théories sont momentanément vraies et définitivement fausses, alors qu'elles sont alimentées par des informations sur le réel." Son questionnement et les réponses proposées visent à influencer non à forcer l'acceptation, ce qui est convenable s'agissant de sciences molles.
Le fil des digressions manque quelquefois de linéarité, à moins qu'une petite lassitude, m'ayant saisi çà et là, ne m'ait fait perdre la lucidité nécessaire.
Il est probable que l'ouvrage qui date du début du siècle gagnerait à être actualisé.
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Belle réflexion sur l'ambivalence humaine : on ne peut s'épanouir qu'en appartenant à un groupe qui nous propose des circuits de développement, mais en même temps si on appartient trop à ce groupe on ne pourra pas devenir soi-même, on deviendra ce que veut le groupe. Un milieu sécurisant favorise la bonne santé physique et mentale, mais il est aussi vrai qu'un excès de sécurité a un effet engourdissant sur l'esprit et provoque la dégénérescence : "Il n'y a pas de pire stress que l'absence de stress". Un essai plein de vie et d'espoir.

J'aime bien Cyrulnik pour son humour et le fait qu'il écrive dans un langage simple et clair, sans fioritures pédantes comme dans les ouvrages de certains "penseurs"...
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Forcément , quand on se lance dans un Cyrulnik il faut être solide , doté d'un certain savoir psy, ou avoir à côté de soi un calepin pour écrire tout ce que l'on ne saisit pas , les mots , le jargon psycho, ( une bière ) et pouvoir ensuite aller se faire aider à comprendre ce livre.



Lu Dans un cadre professionnel.

Il subsiste encore de grandes zones d'ombres dans la compréhension de ce livre.

Mais finalement, cela va de pair avec mes émotions et ressentis d'une vie. Nous nous nourrissons tout au long de notre vie de cette nourriture affective. ...
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Très érudit, passionnant, une grande synthèse éclairée par la profonde bienveillance de Boris Cyrulnik.
Les nourritures affectives suffisantes ou insuffisantes, les processus affectifs bien formés ou mal formés, voilà de quoi méditer longtemps sur ce qu'on ressent, ce qu'on dit ou fait sur le plan individuel.
Bien que ce livre ait plus de 20 ans, les conséquences sur le fonctionnement social ne se démentent pas.
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Citations et extraits (70) Voir plus Ajouter une citation
La souplesse affective des femmes, qui les ouvre sur les autres, explique pourquoi elles peuvent aimer beaucoup d’enfants différemment, s’embrasser sans équivoque et, en cas de difficultés, se confier à un autre ou même compter sur lui comme on le voit dans les couples réussis ou en psychothérapie dont les femmes constituent 60 à 80% des consultants.
Alors que le développement affectif d’un garçon, plus interdicteur, gouverne avec vigueur ses orientations affectives : il doit interdire l’expression de ses émotions, il ne doit pas pleurer, il doit se battre, physiquement et socialement, il ne doit pas se plaindre, ni compter sur les autres, il doit prendre sa place d’homme « à la force du poignet ». S’il échoue, il doit rejoindre le clan des vaincus. Quand il se fait aider par sa femme, il n’est pas rare d’entendre une petite connotation dédaigneuse : « C’est sa femme qui décide », disent souvent d’autres femmes. En cas d’échec ou de dépression, il ne lui reste pour se défendre que l’effet antidépresseur du passage à l’acte, de l’érotisation du risque et de la bagarre, ou l’effet tranquillisant de la démission, de la fuite et de l’alcool.
Il semble donc que les femmes se socialisent par leurs manières d’aimer tandis que les hommes se socialisent par leurs manières d’agir. D’ailleurs les sexes ne s’y trompent pas, puisque les femmes sont plutôt séduites par les indices sociaux que les hommes manifestent comme des promesses d’existence ; alors que les hommes sont plutôt séduits par les indices physiques et affectifs que les femmes portent sur elles comme des promesses d’amour.
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L’Occident industriel a fragmenté les familles : un enfant occidental qui appartient à une famille monoparentale composée d’une femme très proche, ou à une famille en mosaïque composée d’une grand-mère proche, de deux mères éloignées, d’un père et d’un beau-père distants, de deux frères absents, et de quatre demi-sœurs présentes, cet enfant se développe dans une écologie affective et sémantique très différente de celle d’un petit Mossi africain qui appartient à une famille de cinquante personnes rigidement structurée. Le père du petit Mossi n’est pas une figure incarnée par une seule personne. L’enfant nomme « père » une dizaine d’hommes qui, dans la famille, ont une place précise de père, de grand-père, de petit-père, de sous-père, de para-père, de pépère et autres pères. Le plus étonnant, c’est qu’il adopte avec chaque père des comportements différents adaptés à leurs statuts particuliers.
A Paris, où une personne sur deux habite seule, l’enfant se développe au contraire dans une écologie pauvre. Le temps est rythmé par l’école et le travail maternel. Les images d’identification sont réduites à un seul modèle, à moins que l’enfant n’échappe à sa famille en se soumettant à la télé-hypnose ou en allant dans la rue chercher des substituts, au hasard des rencontres, de bandes marginales ou de gourous profiteurs.
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Le sentiment d’appartenance qui façonne nos comportements et nos jugements est lui-même façonné par notre écologie humaine. A l’époque, encore très proche, où l’on naissait et mourait dans la même maison, le sentiment d’appartenir à une famille ou un village germait facilement en soi. Dans un contexte où la famine, les épidémies, les duretés du climat et les brigandages rythmaient les histoires de notre vie, la famille devenait le lieu de la sécurité, du confort et de l’affection. Mais quand l’écologie humaine, varie, quand le surnombre nous rend anonymes, l’organisation sociale nous fait changer de métier et de logements plusieurs fois dans notre vie, quand la ville devient le lieu des rencontres hasardeuses et des distractions fugaces, alors la famille change de fonction. Elle n’est plus le havre de protection où l’on apprend à vivre, aimer et travailler, elle devient le lieu des répressions et des régressions. Dans une écologie humaine difficile, on souffrait de l’inconfort et de l’insécurité du monde extérieur, alors que dans une société sur organisée, c’est la famille qui fait souffrir, parce que c’est en elle que s’expriment les interdits sociaux et que se transmettent les angoisses.
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Au moins, il y aurait une certitude, l’enfant appartiendrait à la mère puisqu’elle le porte, le met au monde et que, sans elle, il ne peut pas vivre. Quand elle dit : « C’est mon enfant », ce n’est pas négociable. Lorsqu’un père européen s’affirme tel, un père sénégalais peut lui répondre « qu’il n’est pas sûr d’être le père de son enfant mais qu’il est certain d’être l’oncle de celui de as sœur ».
C’est avec ce raisonnement que le premier siècle d’études psychologiques s’est consacré à la mère et à l’enfant, comme si elle existait seule avec son nourrisson, comme si la biologie n’avait rien à dire, comme si les enfants n’avaient pas de personnalité, comme si le rôle du père se réduisait à planter la graine et à signer des chèques, comme si la structure familiale, les compagnons d’école ou de quartier, le milieu économique, l’écologie physique et sociale, la religion, l’organisation des loisirs, et surtout l’univers sémantique dans lequel baigne un enfant, comme si rien de tout cela n’avait le moindre rôle dans son développement !
Cette représentation de la mère toute-puissante, nous a aveuglés sur les innombrables forces qui façonnent l’enfant .
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Les centenaires, très souvent, ont connu une existence à « basse tension émotionnelle ». Leur existence sans stress s’explique par un type de personnalité difficile à bouleverser bien plus que par une protection qui supprimerait les épreuves. A cent ans, ils sont encore plastiques, intéressés par les nouveautés alimentaires, vestimentaires, culturelles ou techniques. Leurs observateurs parlent souvent « d’aptitude au bonheur » tant ils sont gais, sociaux et optimistes, comme ils l’ont été toute leur vie. (…) Dans leur grand âge, il continuent à faire des projets parfois surprenants. Leur tête marche encore, quand les jambes défaillent. L’aptitude au bavardage pourrait alors nous offrir un bon indicateur de l’espérance de vie et de la qualité de la vieillesse. (…) Tous ceux qui meurent avant cent vingt ans mourraient-ils de chagrin ?
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Vidéo de Boris Cyrulnik
Boris Cyrulnik vous présente son ouvrage "Quarante voleurs en carence affective : bagarres animales et guerres humaines" aux éditions Odile Jacob. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2897516/boris-cyrulnik-quarante-voleurs-en-carence-affective-bagarres-animales-et-guerres-humaines
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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