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EAN : 9782070129539
139 pages
Éditeur : Gallimard (30/04/2010)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Allemagne, années trente. Ulrich est un adolescent de Duisbourg comme les autres. A un détail près : sa peau est noire...
Son père, un soldat africain, est venu en Allemagne avec les troupes françaises d'occupation chargées de veiller à l'application du traité de Versailles. Il est reparti en 1921, quelques mois avant la naissance de cet enfant, fruit d'un bref amour avec une jeune Allemande.
Ils sont des centaines, comme Ulrich, à incarner ce qu'Hitle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
latina
  10 juillet 2013
Point de vue inhabituel que celui de ce roman : c'est le fils d'un tirailleur sénégalais qui parle.
Et que nous raconte-t-il ?
Sa vie en Allemagne dans les années 30, en compagnie de sa mère, Allemande, pauvre travailleuse dans une usine de Duisbourg. Son père ? Il ne le connait pas : après avoir connu un grand amour avec sa mère durant quelques mois, lors de l'occupation française après la guerre 14-18, Amadou Diallo a dû suivre son régiment, sans savoir qu'il allait avoir un fils, Galadio/Ulrich.
Mais maintenant, le régime nazi est au pouvoir, et les métis sont persécutés. Galadio/Ulrich doit fuir, mais se fait rattraper par les SA. Il échappe de peu à la stérilisation, pour aboutir comme figurant dans les studios de cinéma à Babelsberg. Et de là, il suivra l'équipe d'un film jusqu'au Sénégal, où il partira à la recherche de ses racines, pour revenir quelques années plus tard en Allemagne et découvrir la désolation.
Le point positif ? Je suis ressortie de ce roman un peu moins ignorante. En effet, j'ai pris connaissance du
destin des tirailleurs sénégalais et des liens qu'ils ont pu créer avec des femmes allemandes. Et puis j'ai assisté avec horreur à une bêtise monstrueuse : les nazis raflaient aussi les animaux des Juifs pour les tuer ! (voir ma citation...Il faut avoir le coeur bien accroché !)
Le gros point négatif : je n'ai jamais eu d'empathie pour le héros ni pour personne, d'ailleurs. Les faits sont relatés de manière journalistique, avec énormément de descriptions. Je me suis même ennuyée.
Didier Daeninkx ? J'avais déjà lu « Cannibale », je viens de terminer « Galadio », j'en resterai là.
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Edzard
  20 août 2010
J'ai lu ce livre d'une traite. Je l'ai commencé et n'ai pas réussi à m'arrêter. Cette histoire est vraiment bonne. Didier Daeninckx donne tout simplement une autre vision de la Seconde Guerre Mondiale, une vision dont on n'a pas l'habitude de parler : celle des Noirs dans une Allemagne recherchant une pureté raciale.
La façon dont il traite cette histoire nous donne l'impression de lire les Mémoires d'un de ses hommes/femmes noir(e)s pris dans la tourmente du nazisme.
Au sujet de l'histoire en elle-même, il s'agit du voyage d'un jeune homme vers la découverte de ses origines. Cela commence comme la découverte de ce que les autres voient de lui, puis comme une découverte de ses origines, de son père...
Didier Daeninckx était déjà un de mes auteurs préférés, il vient de gagner encore quelques places dans mon coeur avec cette ouvrage.
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christinebeausson
  10 juin 2014
Merci Monsieur Daenincks de nous faire travailler les neurones avec cette superbe narration sur la montée insidieuse de l'hitlérisme, dénonçant à la fois le racisme, le poids du colonialisme dans l'histoire africaine, et soulignant l'importance dans une vie de la fidélité à l'amour filial, de la découverte du sentiment amoureux ... Eh oui chez Mister Didier tout est là !
Il nous permet de nous rappeler un pan de l'infamie de l'idéologie nazie rarement souligné, la différence, la douleur que l'on ressent avec le "ne pas être comme les autres" et la difficulté d'apprendre à vivre avec deux prénoms Galadio et Ulrich, l'ambiguïté de la double identité !
Une façon de raconter l'histoire, de nous faire prendre conscience de notre responsabilité face à l'actualité et aux orientations futures de notre société !
Mais pour ce qui est de la collection choisie (les contemporains, classiques de demain de Larousse), est ce une erreur d'avoir choisi de lire galadio avec un dossier pédagogique très très complet ? Trop ?
Côté positif, si vous ne maîtrisez pas tout le riche vocabulaire de mister Didier, toutes les explications sont là ! Et puis quelle découverte ! Justement cette richesse avec des mots précis qui expriment si bien à la fois les sentiments, les faits historiques, la plupart inconnus ou oubliés !
Côté négatif, ces petits numéros qui à chaque fois, entraînent l'oeil vers des renvois pas forcément indispensables mais qui toutefois valorisent nos savoirs !
La morale de mon histoire, dans un bon bouquin, le texte est le plus important mais la forme influe sur notre plaisir de lecture. Lapalissade, me direz vous, oui certainement !
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Commenter  J’apprécie          201
oran
  30 mai 2016
Ulrich est un adolescent qui habite Ruhrort dans la banlieue de Duisbourg, grande ville industrielle de la région de la Ruhr dans l'Allemagne de l'Ouest.
Il vit seul avec sa mère Irmgard Ruden. Dans ces années 1930, le nazisme progresse.
L'adolescent va assister, atterré à une scène dramatique : les animaux appartenant à des familles juives sont embarqués sans ménagement dans un camion et vont ensuite être massacrés. Lui aussi ne va pas tarder à devenir la proie des nazis. C'est parce qu'il est métis, né d'un père soudanais, qui est venu en tant que soldat en Allemagne avec les troupes françaises d'occupation chargées de veiller à l'application du Traité de Versailles. Ulrich ne connaitra jamais son géniteur reparti, quelques mois avant sa naissance au début de 1922.
Sa mère lui a donné le prénom du grand- père mort pendant la Grande guerre. Mais le jeune homme porte aussi le prénom de son oncle paternel Galadio.
Bientôt la police le recherche, il parvient à échapper à ceux qui le traque, il se réfugie quelque temps dans une famille juive les Baschinger, mais il finit par être arrêté.
Comme Ulrich, Ils sont des centaines de jeunes métis, à incarner ce qu'Hitler et les nationalistes dénoncent comme étant la « honte noire », ils ne doivent pas polluer la race aryenne : il est conduit à l'hôpital pour y être stérilisé en vertu d'une loi de 1933 qui rend l'acte obligatoire pour les personnes considérées par le régime nazi comme malades ou déviantes (400 000 personnes environ furent victime de cette loi). Mais il échappe à cette opération grâce à une amie de sa mère.
A la sortie de l'hôpital il va être engagé comme figurant dans un film, puis dans d'autres, le cinéma allemand servant la propagande nazie. Il tient le rôle de jeune « nègre » Il devient alors véritablement « Galadio ».
Il va avoir la chance de partir tourner au coeur même de l'Afrique.
La guerre éclate et Galadio reste en Afrique. Il n'a qu'une idée en tête, retrouver son père au Soudan. Au verso de la seule photographie détenue par sa mère qui représente son père dans l'uniforme des tirailleurs sénégalais, figurait l'adresse du petit village de la famille paternelle.
Après un long périple à travers l'Afrique de l'ouest, il parvient à Sinéré et rencontre son oncle, mais ne verra jamais son père fait prisonnier par les Allemands, celui-ci a été massacré par eux près de Lyon en 1940. Galadio gagne le Sénégal et s'engage dans les Forces Françaises Libres. Il va, ainsi, participer au débarquement de Provence.
La guerre finie il rentre dans son pays, l'Allemagne.
Là, il va apprendre que sa mère arrêtée pour conduite antinationale a été transférée à Dachau où elle est morte.
La famille juive qui l'avait recueillie a été aussi déportée à Auschwitz, tous sont morts, sauf peut-être leur fille Déborah que Galadio aime. Reviendra-t-elle un jour ? c'est avec cette note d'espoir que s'achève ce roman.
L'intérêt de ce roman
Didier Daeninckx s'appuie sur une documentation très fouillée pour raconter des faits réels relativement peu connus de l'histoire du vingtième siècle. Il révèle ici le sort terrible réservé aux Allemands métis dans un pays gagné par les idées xénophobes du nazisme. J'ai aussi appris comment « disparaissaient » les animaux de compagnie détenus par les familles juives… (cela m'a valu un sacré cauchemar !)
C'est un roman d'apprentissage. de sa ville natale Duisbourg en passant par les studios de cinéma de Babelsberg (Le cinéma est une industrie au service de la propagande nazie qui entretient le préjugé racial accusant les soldats africains d'être des violeurs de femmes allemandes), en découvrant l'Afrique (Guinée, Sénégal, Soudan…) , Ulrich devient un homme et découvre leur vraie nature, celle des bons comme des mauvais.
Même si les faits sont romancés, le livre regorge d'informations minutieusement collectées, précises : le cinéma allemand de l'époque, avec ses acteurs, la vie qu'on mène dans les colonies en Afrique dans ces année-là, les crimes perpétrés par le régime hitlérien …
On découvre d'autres formes de racisme, on fait le parallèle avec les pratiques de l'esclavage décrites et dénoncées par les philosophes du XVIII et celles exposées dans ce roman.
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Jall
  11 avril 2016
Daeninckx maîtrise une compétence rare : en 150 pages, il fait surgir une histoire, un contexte, plusieurs personnages, des lieux très éloignés du globe.
Et ce sera tout ?
Pas du tout, en plus, c'est documenté et très cohérent.
Mais encore ?
On est vite happé par l'histoire d'Ulrich, métisse lycéen allemand, lors de l'arrivée d'Hitler au pouvoir.
C'est encore un livre sur la Seconde Guerre mondiale alors ?
Certes, l'action se passe juste avant et pendant. Mais, comme dans la plupart des livres de Daeninckx, le point de départ, réel, est méconnu : après la Première Guerre, des armées d'occupation étaient stationnées en Allemagne. La France avait notamment envoyé ses tirailleurs sénégalais. Certains soldats ont eu des liaisons avec des allemandes, des enfants métisses sont nés. Evidemment, ceux-ci ne rentraient pas dans les projets de "race aryenne pure" d'Hitler.
Et pourquoi cela s'appelle Galadio ?
Le héros s'appelle Ulrich, le prénom Galadio le concerne également, mais je ne peux pas tout dévoiler !
C'est à conseiller alors ?
Oui, c'est un récit clair et absorbant, sans longueur, qui est instructif tout en s'attachant au héros, un adolescent dont la différence est mise en avant par les SA locales. La 3e partie m'a un peu moins intéressée, ou m'a paru peut-être trop incroyable. Néanmoins, c'est un roman intéressant, rapide et instructif. Et, ça fait réfléchir ...
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina   10 juillet 2013
5 hommes en uniforme trient les animaux par espèces.
En ce moment, c'est au tour des chiens. 8 à 10 SA armés de revolvers les abattent méthodiquement. Le reste de la troupe attend pour aller ramasser les cadavres et les jeter dans une benne. Ils boivent de la bière, ils fument.
Je reconnais Dieter. Il traverse la pièce dans sa longueur et se baisse pour ramasser un objet que je ne parviens pas à identifier. Ses compagnons s'esclaffent, leurs rires se fraient un chemin entre les détonations. Je comprends alors qu'ils se divisent en 2 équipes.
Dieter se place en pointe pour engager la partie. La balle qu'il a choisie a du mal à rouler sur le sol. Ce n'est qu'à la cinquième ou sixième passe que je réalise qu'il ne s'agit pas d'une balle, quand l'un des miliciens, d'un coup de botte, projette Takouze contre le mur. Sous la violence du choc, la tête de la tortue est sortie. Elle n'a pas le temps de se rétracter qu'une semelle cloutée lui écrase le cou.
Je m'affaisse sur le sol incapable de retenir mes sanglots. Je n'aurais jamais cru qu'on pouvait pleurer pour une tortue.
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christinebeaussonchristinebeausson   07 juin 2014
Un philosophe m'a appris que dans les périodes de tromperie généralisée, l'honnête homme doit s'efforcer de déceler la vérité enfouie sous le mensonge. Je lis pour rectifier, au fur et à mesure, de phrase en phrase, de manière à corriger ce que j'ai sous les yeux et ce qui s'y cache... Plus le mensonge est gros, et plus la réalité est facile à trouver. Le problème c'est que nous sommes bien peu à nous astreindre à cet exercice....
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darkdaysdarkdays   10 mars 2019
Je décide de rester dans les parages. Après avoir réussi à changer mes deux derniers billets dans une officine moins gourmande que sur le quai, je m'installe sous le porche d'un hangar à bateaux qu'une mince bande de terrain sépare de la mangrove. Au fur et à mesure que le soleil décline, des groupes de plus en plus fournis envahissent le quartier. A la nuit tombée, c'est près d'un millier d'hommes et de femmes, d'enfants, qui peuplent les quais, les trottoirs. On fait des feux pour griller du maïs, des brochettes, du poisson, on déplie des couvertures pour passer la nuit sous les étoiles. Une famille pose ses bagages, ses sacs de denrées, tout autour de moi. Je suis comme absorbé par les oncles, les cousins, les neveux, au point qu'au moment du dîner on me tend un bol de soupe. On maintient l'obscurité à distance en alimentant les brasiers, en parlant, certains chantent dans des langues mélodieuses dont pas un mot ne m'est connu. Puis le silence se fait, troublé seulement par les clapotis de l'eau et les stridulations des insectes.
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EdzardEdzard   20 août 2010
Mes paumes se posent sur son cou, nos visages se rapprochent, nos lèvres se joignent. En une seconde, j'apprends ce que c'est l'éternité. Il me semble que plus rien n'est en mesure de ne résister. (page15-16)
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darkdaysdarkdays   10 mars 2019
Il m'avait fallu revenir à de nombreuses reprises dans la bibliothèque pour suivre l'évolution des évènements, et comprendre que le "régime de liberté et d'ordre" promis par le général Degoutte avait des effets immédiats sur ce que pouvaient dire les journalistes locaux. Ils se trouvaient dans la même situation que nous, en classe, avec le lieutenant Offmeister : ils écrivaient sous la dictée de l'autorité. Et c'est en élargissant mes recherches, en glissant dans l'urne de la salle de consultation une série de demandes concernant des journaux de la partie non occupée de l'Allemagne, là où la censure militaire ne s'exerçait pas, que j'avais enfin eu accès à des informations qui me touchaient au plus haut point.
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Vidéo de Didier Daeninckx
À quelques jours des municipales, le réel d'abord : Didier Daeninckx ouvre son tract Gallimard sur son déménagement : il quitte la Seine-Saint-Denis (93) pour s'installer dans le Val de Marne (94). Porteur de la mémoire de ces espaces, il revient sur les nombreux bénéfices dont ont bénéficié les mairies et les associations communistes à Aubervilliers, et plus généralement dans les banlieues rouges. L'écrivain, pour qui l'écriture reste un lieu de résistance, explore le roman fiction dans trois livres, publiés dans la collection Tracts chez Gallimard intitulé "Municipales : Banlieue naufragée" (2020), "Le roman noir de l'Histoire" (Verdier, 2019) et, paru en mars en folio Gallimard, "Artana ! Artana !". Il est l'invité de la Grande table aujourd'hui.
La Grande table Culture d'Olivia Gesbert – émission du 11 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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