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ISBN : 225317730X
Éditeur : Le Livre de Poche (03/09/2014)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 91 notes)
Résumé :
«Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière, a dit le père, tu ne remettras plus les pieds dans cette maison. Si tu vas de l'autre côté, gare à toi, si tu vas de l'autre côté.» J'étais petit alors quand il m'a dit ça pour la première fois. J'arrivais à la moitié de son bras, tout juste que j'y arrivais et encore je trichais un peu avec les orteils pour grandir, histoire de les rejoindre un peu, mes frères qui le dépassaient d'une bonne tête, mon père, quand il... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
latina
  20 mai 2013
CHEF D'OeUVRE ! 6 ETOILES !
Voilà, il faut que je m'attelle à décrire ce roman au-delà des mots, et comment vais-je y arriver ?
Comment vais-je pouvoir vous faire ressentir la vie qui remplit ces pages, la vie qui déborde, qui fait honte, qui tend la main, qui donne un coup de pied, qui enterre et qui explose ? Et particulièrement la vie intérieure, celle qui ne ment pas, qui affleure à chaque regard, qui transparaît au bord d'un sourire, celle de François, qui est considéré par tout le monde comme « fada », ou plus justement dit, « qui a du vent dans la tête ». Mais justement, Roger, le curé, « préfère la compagnie des gens comme (lui) qui ont du vent dans la tête, parce qu'au moins ils sont vrais ».
Et la sincérité, François en est plein ! Pourtant, c'est difficile pour lui de montrer son bon coeur, sa gentillesse car il appartient à une famille de rustres : « Chez nous, on ne pleure pas. Ca mouille à l'intérieur, mais au-dehors, c'est sec. » Il ne sait pas lire puisqu'on ne lui a jamais appris, il n'a pas d'amis puisqu'il trime toute la journée, ...mais là je me trompe : si, il a un ami, un cochon ! La compagnie de cet animal ne le rebute pas car il se plonge dans son regard et lui confie sa pauvre vie. Oui, cet animal au regard si doux est le seul à l'écouter.
Car sa soeur Maryse, si maternelle, a traversé la rivière et n'est plus jamais revenue. Et depuis lors, il est seul, noyé dans la violence du père et des 2 frères. « C'est comme ça la vie quand elle vous enlève ce qu'elle vous a donné de plus beau, il n'y a rien à dire qu'à laisser les rivières couler »...
Et la mère, me direz-vous ? Elle a disparu, la mère, depuis la naissance de François. Morte, probablement. Mais François voudrait tellement savoir, voudrait tellement aller à la rencontre de « cette mère qu'il aurait pu avoir »...Il a tellement soif d'amour, lui qui en est plein !
Mais... « il ne faut pas aller trop vite, parce que si tu te précipites comme un perdu, ton coeur tressaute dans ta poitrine ; chaque chose importante, elle doit arriver petit à petit comme la graine de blé qui peu à peu s'arrache du sol, sinon tu la vomis et ce qui t'arrive ne te sert alors à rien. »
Et tout doucement, aidé de quelques personnes au coeur bon, guidé par son intelligence qui s'éveille, par son sourire qui s'épanouit («je me tenais prêt à lui sourire, pour qu'il le voie, mon sourire, quand il ouvrirait les yeux. Parce qu'un sourire, ça fait toute la différence, avec un sourire tu n'es plus seul »), François marche sur le chemin de la vie, qui lui dévoile peu à peu ses secrets.
« Tout à coup j'ai pensé que la vie était belle. Pas belle comme quelque chose que tu observes dans une vitrine et qui ne t'appartient pas et qui te nargue et te dit : « Ce n'est pas pour toi, petit » ; belle comme quelque chose de sanglant qui te tombe dessus par hasard, qui t'écorche, mais c'est ça la vie quand tu en es le centre, qu'il se passe quelque chose et que cela t'arrive à toi, tu peux dire alors qu'elle est belle, la vie. »
Si j'ai mis tant de citations dans ce résumé, c'est parce que je n'arrive pas à me défaire de ce roman...Je ne connaissais pas Geneviève Damas...Mais maintenant, son roman m'enveloppe et me fait du bien et je ne peux qu'humblement vous inciter à le lire, car je suis certaine qu'il touchera, ne fût-ce qu'une fibre intime en vous !
« Si tu passes la rivière », c'est une traversée dans le secret et dans le mal, pour aborder l'espoir.
Je le répète : CHEF D'OeUVRE D'HUMANITE!
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rabanne
  17 septembre 2016
C'est la jolie critique de NCJ qui m'avait donnée envie de découvrir ce livre. ;-)
Un roman court (158 p.) d'une force émotionnelle progressive, dont la puissance se révèle dans les vingt dernières pages !...
François, Fi-Fi, c'est celui qui raconte. Mais quel âge a-t-il ? On se le demande à peine, à vrai dire. Nous sommes à l'aube d'une quête : celle des mots d'abord, du passé ensuite, de son identité enfin. Il faut faire taire ce silence insupportable, expliquer la colère, la gêne, les zones d'ombre. La rivière interdite révélera-t-elle son terrible secret ?...
C'est un récit construit comme un puzzle, dont les pièces s'assemblent petit à petit, nous tenant à fleur d'émotion. L'on est fortement imprégné par François, autour duquel tout gravite et tout converge. Une plume pleine de force, de véracité et de grâce !
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viou1108
  28 décembre 2014
Aujourd'hui 28 décembre, fête des Saints-Innocents, me semble le jour idéal pour vous raconter l'histoire de François, 17 ans, « du vent dans la tête et des cochons comme amis ». François vit à la ferme avec son père et ses deux frères aînés, on ne sait pas où, on ne sait pas quand. Mais on sait comment : la vie est rude, l'ouvrage ne manque pas, le paternel est autoritaire, les frangins bourrus, tous sont taciturnes. Faut dire que le mauvais sort ne les a pas épargnés : la mère a disparu peu après la naissance de François, Maryse, la grande soeur adorée, s'est enfuie de l'autre côté de la rivière pour ne jamais revenir, le frère Jean-Paul est mort en tombant du toit. Mais chez ces gens-là, on ne parle pas de ces choses, pas plus qu'on ne montre ce qu'on ressent au-dedans. Les larmes, c'est tout juste bon pour couler à l'intérieur. Alors François se confie, dans son langage enfantin, à ses seuls amis, Oscar le cochon, puis Hyménée la truie. Considéré comme le simplet du village, il s'interroge pourtant sur ces disparitions dont le sens lui échappe. Il se demande aussi pourquoi son père lui interdit de passer la rivière. François voudrait comprendre. Il pressent que les clés pourraient se trouver au cimetière, mais voilà, il ne sait pas lire les inscriptions sur les tombes. Comment retrouver celle de sa mère, dans ces conditions ? Alors François a l'idée de sa vie, il demande à Roger, le curé, de lui apprendre à lire. Et la vie de François change… Sous les auspices de la Comtesse de Ségur, la cure devient un peu son « auberge de l'ange gardien », son refuge où il trouve réconfort et amitié. François s'humanise, comprend qu'il est autre chose qu'un cochon, grâce à la lecture, mais aussi aux rencontres, puisque désormais c'est lui qui vend les produits de la ferme au marché du village. Peu à peu le voile se lève sur les secrets de famille. Et la rivière n'est peut-être pas aussi infranchissable qu'on le dit…
Quête d'identité, lourds secrets, amour, violence, amitié sont au coeur de ce court roman, qui démontre que la lecture, la connaissance sont autant de portes vers la liberté, et ouvrent des horizons jusque-là bouchés par des rivières, symboliques ou non. Ces 155 pages sont bourrées d'humanité, d'émotions, de tendresse, de drôlerie, de naïveté mais aussi de profondeur. Faussement simple, ce récit est terriblement sensible, touchant, et finalement optimiste. On dit que la foi soulève les montagnes. Voici une nouvelle expression pour 2015 : la lecture fait franchir les rivières.
PS : merci à Latina pour sa critique enthousiaste qui m'a donné envie de lire ce roman ;-)
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isabelleisapure
  20 octobre 2015
« Si tu passes la rivière, si tu passes la rivière, a dit le père, tu ne remettras plus les pieds dans cette maison ».
Voilà comment débute l'histoire, celle de François Sorrente un jeune garçon de dix-sept ans s'occupant des cochons de la ferme familiale.
Il nous raconte la période de sa vie dans laquelle il se pose énormément de questions sur la rivière que Maryse, sa soeur, a traversée pour ne jamais en revenir et puis aussi, il se demande qui est sa mère.
Ces questions, il devra y répondre par lui-même car ce n'est pas son père ni ses frères qui l'aideront.
C'est grâce, entre autres, au curé Roger et surtout grâce à l'apprentissage de la lecture qu'il va lui enseigner que François va évoluer, grandir, trouver des réponses et surtout pouvoir trouver les mots.
« Si tu passes la rivière » est un livre bouleversant qui parle d'amour, d'amitié et d'un garçon qui a « du vent dans la tête et des cochons comme amis ».
« Oscar, je ne voulais pas qu'on le mange, celui-là était mon ami. Toujours près de moi qu'il était Oscar, et contre et serré.
Des fois, je me disais que c'était un chien dans un corps de cochon.»
J'ai lu ce livre d'une traite, une boule dans la gorge, souvent au bord des larmes, ce n'est pourtant pas un livre triste tant il se dégage d'humanité et d'espoir dans ces pages.
Je vais terminer en reprenant la conclusion de Latina qui par sa brillante critique m'a fait connaître ce livre :
« Si tu passes la rivière », c'est une traversée dans le secret et dans le mal, pour aborder l'espoir. »
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joedi
  06 juin 2017
François, le narrateur, est un jeune adolescent analphabète, un peu sauvage, qui vit dans une maison à l'écart du village avec son père et deux frères aînés. le père et les frères ont des caractères d'ours mal léchés, le père est brutal avec ses fils, dans cette maison on ne parle pas, quand François demande au père où est sa maman, le père le bat et lui répond de ne plus jamais poser cette question. Il y avait Maryse, celle qui l'a élevé, mais elle est partie, elle a passé la rivière alors les seuls amis de François ce sont les cochons qu'il garde, c'est avec eux qu'il passe ses journées ; il y a Oscar son meilleur ami qu'il n'a pu protéger de l'abattage depuis c'est une truie qui est sa meilleure amie, il l'appelle Hyménée. Et puis, il y a le curé qui passe en vélo, François se décide à l'aborder et c'est en cachette qu'il ira chez lui pour apprendre les lettres et les mots.
Si tu passes la rivière est un récit merveilleusement conté. La voix de François évolue au cours de l'histoire car si au début il ne connaît pas les mots, au fur et à mesure de leur apprentissage chez le curé devenu un ami, son langage s'enrichit et François devient adulte.
À lire !
Challenge Petits plaisirs 2017 – 115 pages
Challenge Atout prix 2017 – Prix Victor Rossel 2011
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Les critiques presse (1)
LaPresse   22 février 2013
un premier roman remarquable qui raconte l'histoire de François, garçon de 17 ans qui tente de s'extirper de sa vie misérable en apprenant à lire et en cherchant à élucider le mystère de sa naissance.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   22 février 2016
...car moi ,je crois qu'un jour Maryse elle reviendra - sans qu'on y pense ,comme ça un beau matin- même si à la tête qu'à fait le prêtre Roger quand j'ai prononcé son nom, j'ai compris que lui, il n'y croyait plus à ce retour,va-t'en savoir pourquoi.Ca prie le Seigneur, ça porte la soutane,ça parcourt les chemins sur son vélo et ça ne croit à rien. P.32
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rabannerabanne   15 septembre 2016
Le travail, ça ne m'a jamais fait peur. J'ai beau être le plus petit, j'abats ma part comme un autre, comme les grands, sûr que c'est pour ça aussi que le père, il voulait me garder près de lui, m'empêcher de courir de l'autre côté de la rivière où la vie vous entraîne et d'où l'on ne revient jamais plus pareil.
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mariechmariech   11 mars 2012
J'ai besoin d'apprendre à lire , Roger .
Pourquoi , François ?
Là , j'ai pensé que sa question était crétine , mais j'ai vu son visage tout blanc qui s'en revenait du vert , alors j'ai fait mon doux avec Roger . Parce que c'était mon ami , et les amis de ce monde , il faut bien les soigner vu que tu ne sais jamais jusqu'à quand ça peut te durer la vie et autant que ça dure longtemps .
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rabannerabanne   16 septembre 2016
Le soir, je rangeais le livre sous le matelas de Maryse pour que mes frères, ils ne me le prennent pas, car chez nous tout appartient à tout le monde et rien à moi seul.
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latinalatina   20 mai 2013
J’ai eu envie de lui demander de quelle histoire il s’agissait, mais dans ma caboche ça a fait chut car les silences, ce n’est pas bien de les remplir tous en une fois.
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