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ISBN : 2369143630
Éditeur : Libretto (06/04/2017)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 36 notes)
Résumé :
L'histoire vraie de la plus folle et de la plus cruelle des mutineries. Jusqu'à quel degré la perversité d'un homme peut-elle aller ?

Jusqu'à quelle limite un homme peut-il accepter l'humiliation ?
En 1629, affrété par les marchands hollandais, le Batavia file vers l'île de Java.

A son bord, plus de 300 passagers, hommes, femmes, enfants et une cargaison équivalent à 20 millions de dollars ; et comme subrécargue, Jeronimus Corn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
  14 avril 2014
L'archipel des hérétiques est une superbe lecture historique , c'est un must absolu qui intéressera les amateurs d'histoire des marines européennes au 17e siècle et ceux , plus ciblés qui comme moi sont des afficionados de l'histoire des Pays-Bas ( Geschiedenis van het Nederlanden ) . Un texte qui ne manquera pas aussi de pousser la réflexion sur les terres de la curieuse fragilité de la nature humaine et de celle non moins fragile de l'éthique , face aux brusques ruptures des sociétés organisées et de leur structures répressives et pourvoyeuses de nécessités nécessaires .
Deux choses :
- Cet évènement hyper documenté est aussi l'objet d'une publication sympathique mais assez succincte de Simon Leys ( le naufrage du Batavia ) qui évoque en introduction cet ouvrage : « L'archipel des hérétiques « , en disant de lui : que c'est le livre qu'il aurait voulu écrire sur ce thème .
- Ensuite , avec : le radeau de la méduse ( chez folio ) et Les naufragés de l'aventure de Guillaume Lesquin , c'est un des récits de naufrages parmi les plus spectaculaires , les mieux documentés et les plus édifiants pour ce qui est de la densité de leur valeur historique , et pour ce qui est aussi du caractère fascinant , très attractif et très vivant que procure leur lecture ...
Le Batavia , est un « indiaman « , c'est un vaisseau de la compagnie néerlandaise des indes orientales ( Vereenigde Oost-Indische Compagnie ) . C'est-à-dire que c'est un des plus gros navires qui ai jamais vogués sur l'océan . C'est un monstre armé de 30 canons , il fait dans les 1200 tonnes avec 3 mats et il embarque 350 passagers ( les deux tiers étant des marins et des soldats de la compagnie ) .
Une des rares choses capables d'arrêter sa course aux épices et son élan vers la rentabilité financière ( il n'embarque pas moins de 250000 florins lourds ) , c'est un naufrage .
Dans la nuit du trois au quatre juin 1629 , le navire heurte un haut fond dans l‘archipel des Abrolhos , à 80 kilomètres de la cote australienne alors encore inconnue des marins et des géographes , en direction de laquelle les navires en route pour l'actuelle Indonésie exécutaient traditionnellement , une sorte de Volte , pour remonter de ces parages , vers l'ile de Java , au nord-est .
Littéralement encastré , le bateau ne parviendra pas à se dégager . Il sera disloqué par le ressac en quelques jours , mais les passagers et l'équipage seront débarqués sur l'archipel , qui est une suite de bancs de sable sans végétation significative plus que un ensemble de véritables iles et ilots paradisiaques ...
Il y aura très vite deux groupes de réfugiés sur deux iles éloignées l'une de l'autre de 10 kilomètres , Une chaloupe est parti vers Java ( au moins deux mille cinq cents kilomètres d'océan ) .
Une mutinerie était en cour de réalisation avant le naufrage dont elle la cause indirecte d'ailleurs . Cette situation d'insubordination larvée et la supposée trop forte densité de naufragés sur l'ile , causeront un hallucinant carnage qui comprendra des meurtres , des combats entre refugiés et la souscription de certains à une prédication d'essence protestante mais dans la mouvance de la réforme radicale .
Pendant que sur l'archipel les rescapés se livraient à la guerre , à la passion religieuse et aux pathologies les plus spectaculaires , et qu'ils reconstituaient dans une violence hallucinatoire et rationnelle ( fonction des acteurs et des moments ) un véritable microcosme de l'histoire de l'humanité , les voyageurs en route pour Java , marins experts , parviendront à rejoindre les indes néerlandaises et donc à faire lancer une expédition de secours destinée à récupérer florins et naufragés .
Je me suis lancé dans ce petit résumé pour vous convaincre de ce que c'est un récit très vivant , riche en rebondissement et assez spectaculaire . Mais voici encore le petit résumé du dénouement :
Lorsque les navires de secours seront rendus , le groupe des mutins tentera de s'emparer d'un des navires ce sera un échec et Pelsaert ( le premier du Saerdam) , officier du second navire de secours ,
Fera juger sur l'archipel selon une enquête et un procès dans les règles et dans les formes , les différents auteurs de débordements en rapports avec les massacres initiés par le groupe des mutins .
L'équipage et les passagers sont véritablement un microcosme des Pays-Bas de l'époque . du fait des nécessités du jugement et de la qualité des passagers on connaît assez en profondeur les profils sociaux culturels et psychologiques de certains passagers . C'est ce qui permet à l'auteur de se lancer dans une des meilleures études historiques que j'ai jamais lu .
Dans un texte hyper détaillé qui tient du récit vivant et du minutieux récit circonstancié , l'auteur dégage du sens en faisant vibrer l'époque et l'histoire . L'histoire avec un grand H , telle que celle des indes néerlandaises , l'histoire religieuse très spécifique des Pays-Bas au siècle d'or , les univers de marins et ceux des grandes navigations spectaculaires , la géographie politique de l'époque , la structuration sociale et socio-économique « der nederlanden « , des pays bas , du grand siècle hollandais , sans oublier la faiblesse de l'illettrisme dans ces territoires et la complexité des formes financières des sociétés en parts , des comptabilités de l'époque et des lieux , comme des règles du mariage et j'en passe....

En historien brillant et au plus près des documents , auxquels il se réfère constamment de manières habiles , pour le plus grand plaisir du lecteur exigeant , L'auteur donne une étude époustouflante et vibrante , qui nous transporte à la fois dans l'océan indien et dans un passé révolu et dépaysant .
Bref : de Texel à l'océan indien via le Cap de Bonne Esperance au 17e siècle , un récit de mer et de tempête , haut en couleur .
PS : Faites une petite recherche internet à : Naufrage du Batavia , pour découvrir le paradisiaque lieu de ce naufrage en enfer où les hommes furent pires que la nature , et où finalement , ils furent tels que eux seuls savent l'être .
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Commenter  J’apprécie          382
agenet
  23 juin 2017
Livre lu dans le cadre d'une masse critique.
Une bonne surprise d'abord, puisque, tout en profitant d'une écriture plaisante, j'ai appris grâce à cet ouvrage pas mal de chose. Au niveau de la situation maritime et commerciale du début du XVIIe siècle, au niveau de l'histoire des Pays bas et de leur fonctionnement (si je connais bien l'histoire de France et d'Angleterre de cette époque, ce n'était pas le cas des Pays Bas), la route des épices vers les Indes...
J'aurais cependant quelques retenues concernant la forme. A vouloir rendre les documents historiques accessibles en leur prêtant une forme romanesque, on ne sait pas toujours bien ce que l'on lit. Ne pas se contenter d'un style abrupt et ajouter un brin d'ambiance au factuel, pourquoi pas, mais ici, c'est parfois excessif (descriptions ou réactions des personnages extrapolées, par exemple). de même, l'accroche est celle d'un roman, in media res. Elle veut poser de l'ambiance et de la tension. Mais, du coup, on se retrouve avec un passage court «d'action» (si l'on peut dire) avec des personnages qu'on ne connaît pas, pour revenir ensuite sur ces mêmes personnages et sur l'explication de comment ils sont arrivés dans cette situation par de longues, très longues analepses. Autant ce fonctionnement marche bien pour un roman, autant je suis plus mitigée quand il s'agit d'un document historique. Je trouve (ça reste un avis tout personnel) que cette tendance à transformer ainsi les doc historiques (comme les docu-fictions à la télé) entretient une confusion des genres (Histoire/fiction), et, en tant que lecteur, je me pose toujours la question de ce qui relève d'éléments historiques connus et avérés et ce qui relève de l'imagination extrapolative de l'auteur. Et quelque part, ça me dérange un peu et m'empêche de lui attribuer cinq étoiles.
Cette digression étant fait, ce livre reste un fort bon livre, facile à lire, documenté, et sur des sujets qui ne manquent pas d'intérêt, allant du fonctionnement de la navigation commerciale, à la folie meurtrière dans des conditions de survie extrême.
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Ys
  02 juin 2017
C'est un naufrage qui aurait pu ressembler à tant d'autres. Une nuit de juin 1629, le Retourschip Batavia, nouveau fleuron de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, vient s'empaler à pleine vitesse sur une ligne de récifs méconnue au large des côtes australiennes. Impossible de se dégager, le navire est vite considéré comme perdu et, bravant tant bien que mal la mer démontée sur les brisants, équipage et passagers trouvent refuge sur quelques îlots de corail aride, sans abri, ni eau, ni végétation, ni autre gibier que ceux apportés par le ciel et la mer. Réunis sur une simple yole, capitaine et officiers tentent alors ce qu'on pourrait croire impossible : remonter les quelque 3200 km qui les séparent encore de Java pour y quérir de l'aide (l'Australie toute proche est encore inconnue des Européens).
C'est alors que les choses, déjà plutôt mal barrées, versent pour de bon dans l'horreur. Mais pour comprendre, il faut revenir un peu en arrière...
Sur le Batavia, avait embarqué comme officier un certain Jeronimus Cornelisz, ex-apothicaire ruiné bien décidé à se reffaire un semblant de fortune en trafiquant avec les Indes, homme de belle faconde et de moralité assez douteuse, influencé par les hérésies anabaptiste, gnostique et antinomiste. Sur le Batavia, étaient aussi deux caractères antagonistes, dépendant l'un de l'autre mais ne pouvant qu'à peine se supporter: Ariaen Jacobsz, capitaine vieillissant, colérique, pas très satisfait de son sort, et François Persaert, subrécargue, véritable maître à bord puisque représentant les intérêts de la compagnie. Sur ce navire, étaient enfin une belle jeune femme dont nos trois gaillards se disputaient sans succès les faveurs - ainsi qu'un très convoitable trésor, investit par la Compagnie pour s'attirer la bienveillance des potentats indiens.
Autant dire que dame Discorde en presonne se trouvait à bord, avec une pomme grosse comme un iceberg.
Et ce qui devait arriver arriva : parti des belles cabines de la poupe pour gangrener jusqu'à l'entrepont des soldats, mené par Cornelisz avec la complicité du capitaine en personne, un grand projet de mutinerie se développa. Son but ? Rien de moins que s'emparer du navire, du magot, se débarrasser des remprésentants de la Compagnie, de l'équipage resté loyal et des passagers, pour aller couler entre deux océans la grande vie des pirates. Les choses semblaient s'organiser pour le mieux en ce sens quand... vlam ! pas de bol, le rocher.
Les autres officiers partis chercher de l'aide, capitaine et subrécargue inclus, c'est Cornelisz qui se retrouva à la tête des naufragés. Et parce qu'il y avait trop de bouches inutiles à nourir, pour préserver ses projets de mutinerie auxquels il ne renonçait décidément pas, pour conserver la mainmise sur ses hommes, par ennui, par goût bientôt, Cornelisz se mit à organiser le massacre de tous ceux qui ne lui avaient pas fait allégeance. Hommes, femmes, enfants, bébés. Sous de fumeux prétextes d'abord, puis au hasard de l'humeur et sans plus se chercher d'excuses.
Et bientôt, nous voici dans la configuration suivante : un troupeau de malheureux sous la coupe d'une bande de brutes armées menées par un demi psychopathe ; une bande de soldats désarmés dont on avait cru se débarrasser en les envoyant sur un îlot aride mais qui avaient survécu, menés par un homme bien décidé à organiser coûte que coûte la résistance... et là-bas au loin, bien loin, une petite embarcation surchargée qui vogue vaillamment vers Java, la colonie de Batavia, l'autorité du gouverneur.
Ce qui ressemble au scénario d'un film d'aventure, tendance thriller, est bel et bien arrivé, et le livre de Mike Dash, étroitement basées sur les archives de la Compagnie, n'a rien d'un roman. Il se lit comme tel en revanche, et fait partie de ces ouvrages historiques qu'on aimerait trouver plus souvent : précis, documenté, argumenté, agréablement écrit, capable de ménager un certain suspense par les choix de narration et d'élargir son sujet à tout ce qui permet de mieux le comprendre (de l'historique de la Compagnie des Indes à l'itinéraire personnel des personnages impliqués, de la construction du navire à la redécouverte de son épave dans les années 1960, le tout mêlé d'éléments prudents de théologie et de psychologie criminelle pour tenter de cerner le caractère de Cornelisz).
Une lecture aussi riche que passionnante, à laquelle manque juste une bibliographie pour étoffer et appuyer le propos.

Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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benleb
  18 avril 2013
Le récit d'un naufrage qui se lit comme un thriller. le Batavia était un navire affrété par des marchands hollandais qui a échoué en 1629 sur les cotes occidentales de l'Australie. Un homme d'équipage en profita pour établir une dictature sanglante sur les survivants.
A travers le récit d'un fait divers maritime, l'ouvrage aborde de nombreux thèmes : l'histoire des sectes protestantes dans la Hollande du XVIIe siècle, la création de la Compagnie néerlandaises des Indes orientales, les conditions de navigation à l'époque, les débuts de l'exploration de l'Australie, les techniques d'archéologie maritime, etc... En plus, cela se lit comme un véritable roman, avec de nombreux rebondissements, comme le sauvetage invraissemblable des rescapés.
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Hidaho51
  11 octobre 2014
Un très bon roman doublé d'une excellente étude historique. D'une simple histoire d'exploration et d'un naufrage, on se retrouve finalement aux prises avec un essai sur la condition humaine et l'éternelle quête du pouvoir de l'homme...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
benlebbenleb   18 avril 2013
Simon Leys, liminaire des Naufragés du Batavia.

Enfin Mike Dash vint. Avec son Batavia's Graveyard, cet auteur-ci a vraiment mis dans le mille - et il ne me reste plus rien à dire. Dash démêle et organise clairement les fils complexexes des personnages et des événements; il les situe dans leur contexte historique, et surtout, il a accompli un prodigieux travail de détective dans les archives hollandaises de l'époque. Après avoir lu et relu cette synthèse définitive, j'ai remisé une fois pour toutes la documentation et les notes, photos et croquis que j'avais glanés sur cette affaire dans les bibliothèques et sur le terrain : je n'en aurai plus jamais besoin. Et maintenant, en publiant les quelques pages qui suivent, mon seul souhait est qu'elles puissent vous inspirer le désir de lire son livre.
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