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ISBN : 2070179699
Éditeur : Gallimard (18/08/2016)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 109 notes)
Résumé :
Règne animal retrace, du début à la fin du vingtième siècle, l'histoire d'une exploitation familiale vouée à devenir un élevage porcin. Dans cet environnement dominé par l'omniprésence des animaux, cinq générations traversent le cataclysme d'une guerre, les désastres économiques et le surgissement de la violence industrielle, reflet d'une violence ancestrale. Seuls territoires d'enchantement, l'enfance – celle d'Éléonore, la matriarche, celle de Jérôme, le dernier d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (52) Voir plus Ajouter une critique
latina
18 août 2016
J'ai au fond de moi une grosse boule noirâtre et pleine de pus.
C'est la lecture du « Règne animal » qui l'a placée là...et j'espère que l'écriture de mon ressenti l'en expulsera à tout jamais.
A tout jamais, oui.
Si vous saviez !
Si vous saviez l'immonde, l'impur, la maltraitance, la violence.
Si vous saviez la mort, la pourriture, la liquéfaction, la putréfaction.
Si vous saviez la copulation, la saillie, la castration, les vulves offertes et dégoulinantes, les foetus – humains et animaux - expulsés et dévorés.
Si vous saviez la promiscuité malsaine avec les animaux.
Si vous saviez la folie.
Folie d'une écriture qui s'emballe, qui se jette dans les fossés, qui s'offre impudique parmi les racines grouillantes d'insectes, qui se tord dans les boyaux de la guerre, dans les couloirs immondes d'une porcherie, dans les pièces puantes d'une ferme.
Je n'en peux plus d'avoir lu le désamour. Je n'en peux plus d'être restée accrochée à ces pans abjects où rien ne m'a été épargné. Rien.
Les 2 parties du roman se rejoignent, s'étreignent dans le cauchemar.
1898-1917 : Vie miséreuse dans une porcherie à la campagne. On se tue au travail. Guerre. Gueules cassées. Folie.
1981 : La ferme a prospéré ; l'élevage des porcs s'est planifié, européanisé. Mais la violence est toujours là, plus que jamais. L'immonde aussi. Et la folie.
Suffit !
Je dis stop à tout cela. Je dis merci à la vie autour de moi, la vie réelle. Merci au soleil et au vent, aux enfants et à l'amour. Par un effort surhumain, je réussis à m'extirper de ce roman nauséabond, à l'écriture hallucinante, offert par Gallimard lors de la rentrée littéraire.
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lecassin
18 août 2016
Tout d'abord, une question me taraude : peut-on obtenir le Prix Goncourt quand on a déjà obtenu celui du premier roman comme ce fut le cas pour Jean-Baptiste del Amo en 2009 pour « Education libertine » ?
Car si la chose est possible, je ne serais pas surpris qu'elle advienne…
Les thèmes : principaux comme l'horreur de la guerre de 14, l'aversion des élevages industriels ; ou secondaires comme la difficulté de vivre l'homosexualité… Nous sommes bien dans l'air du temps et du fameux prix…
Le style : puissant, nerveux, violent… même s'il se fait bucolique quand il s'agit d'évoquer le petit jour sur une pièce de maïs. Le vocabulaire est précis, encyclopédique, même parfois ; le mot est juste jusqu'à donner dans le cru, voire dans le scatologique aussi, mais bon…
Style et thèmes qui semblent régulièrement remarqués du jury Goncourt, pour ne pas dire récompensés…
Trois grands chapitres jalonnent la vie d'une famille du Sud-Ouest, de l'ancêtre, « gueule cassée » au retour de la guerre de 14, créateur de l'activité porcine, à l'exploitation industrielle dans les années 1980. Sa chute… Trois grands chapitres ayant en commun le savant mélange de terre de merde et de sang...
Oui. Pas vraiment gai comme roman… Et pourtant, malgré ça, un de mes coups de coeur 2016 : c'est violent, cru même, parfois descriptif à l'excès ; mais c'est finement documenté. Un nom me vient, si l'on veut comparer, toutes proportions gardées : il y a du Zola là-dedans !
Jean-Baptiste del Amo est militant ; et il a écrit un bouquin militant, à charge... qui malgré tout conforte ma a décision déjà ancienne de ne rien manger d'industriel ; ce qui ne m'empêche pas de consommer raisonnablement de la viande, contrairement à l'auteur qui si j'en crois sa biographie est végétalien… Proche de l'association L 214 en lutte contre les pratiques parfois douteuses de certains abattoirs ; un engagement qui date de mars 2016 qui nous met face à la question de la poule et de l’œuf : un engagement qui génère le livre ou un livre qui génère l'engagement ? Mais tout ça n'est que technique promotionnelle au service d'un excellent bouquin qui ne manquera pas de susciter la controverse à la rentrée qui déjà s'annonce. Ça pue !
Un grand merci aux éditions Gallimard et à Babélio de m'avoir permis cette découverte dans le cadre de masse critique.
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Killing79
08 octobre 2016
Dès les premières lignes de ce roman, le lecteur est plongé au fin fond de la campagne profonde, les deux pieds dans la merde. Si le mot « merde » vous paraît choquant en début de chronique, vous n'êtes pas au bout de vos peines si vous décidez de vous lancer dans ce livre. Car le moins que l'on puisse dire, c'est que Jean-Baptiste del Amo ne met pas de gants quand il s'agit de décrire cet univers paysan.
Sous les coups de sa plume exigeante et magnifiquement juste, il entraîne le lecteur dans l'ambiance de ce lieu isolé. La description du quotidien est chirurgicale et froide. Les Hommes agissent mécaniquement, comme des animaux. le travail doit être fait, les relations humaines n'existent que pour la descendance et les sentiments n'ont pas leur place. La violence est omniprésente dans tous les échanges entre les protagonistes humains et devient systématique dans le rapport avec les animaux. Ces animaux qui sont d'ailleurs les principales victimes de cette culture insensible.
Au fil des pages, tous les sens sont mis à contribution dans la lecture. On voit ce monde se déliter, on donne les coups, on ressent les douleurs, on entend les grognements, on respire l'odeur de la sueur et des excréments, on découvre le goût du sang… plus qu'un récit rural, c'est un roman de sensations !
Même si l'histoire de cette famille n'est pas d'un grand romanesque, l'écriture lyrique de Jean-Baptiste del Amo confère une lenteur qui nous intègre au tableau. Il nous abreuve de détails pour nous faire vivre en immersion le quotidien de ce monde reclus. Sur le moment, les scènes m'ont semblé traîner en longueur mais quelques jours après avoir refermé le livre, je me sens encore poisseux, imprégné de l'atmosphère. Ne serait-ce pas là, l'attestation d'un grand roman !
Lien : https://leslivresdek79.wordp..
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tynn
12 novembre 2016
Lecteur en quête de fiction poétique, passe ton chemin...
Ici se donnent à lire une ferme croulante, le hurlement des porcs et la barbarie des hommes.
C'est le prosaïquement organique qui structure cet incroyable roman. Il y a une forme de fascination à s'immerger dans le brutal quotidien de fermiers du sud-ouest, dans l'existence taiseuse d'hommes et de femmes aussi frustres que les bêtes de leurs étables. L'animalité du vivant. Apre, tragique, violent jusqu'à la nausée.
Tout est décrit avec un réalisme confondant: la terre, la guerre, la maladie, les pulsions, les odeurs, les fluides et la mort. S'échappent bien rarement des fulgurances de sentiments humains. J'ai eu l'impression de vivre dans un décor muet, d'où la parole est absente. L'acuité descriptive est sans pareille pour peindre la nature, une salle de ferme, le travail des champs, l'industrialisation de l'élevage. C'est si réaliste que pour un peu, on sentirait l'odeur.
On a beau être sonné par la lecture, le thème de la transmission familiale est magistralement posé, engluant une famille dans un engrenage infernal de survie sur plusieurs générations, à l'image d'une grande boucherie pour bêtes et éleveurs.
Roman réquisitoire dévastateur.
Pour un peu, je finirais avec une crise de foie. Et l'idée tentante de devenir végétarienne face au martyre des animaux.
Que l'on ne me parle plus de recettes de porc!
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motspourmots
30 octobre 2016
Mais quel livre !... Il continue à résonner en moi depuis des jours, malgré l'enchaînement d'autres lectures. Je n'arrive pas à pardonner aux jurés du Goncourt de l'avoir écarté de la sélection finale. Une telle écriture. Un propos si fort... Certes, il est dur (mais franchement, ces gens ont couronné Les Bienveillantes qui ne l'était pas moins), certes il mène parfois jusqu'à la nausée... et alors ? La littérature c'est ça aussi. Faire mal, confronter l'homme aux horreurs qu'il commet tous les jours, le bousculer pour tenter de le changer peut-être. Et lorsque c'est fait avec une telle plume, un tel talent, une telle force, comment ne pas être complètement remué ?
Heureusement, l'une de mes libraires préférées a insisté pour que je le lise parce que j'étais comme beaucoup, cette histoire d'une exploitation familiale d'élevage porcin qui s'étend sur l'ensemble du 20ème siècle... comment dire, ça ne m'attirait pas du tout. Mais cette jeune femme avait été la première à me parler du génial Défaite des maîtres et possesseurs alors, je lui ai fait confiance. Je crois que désormais ma confiance lui est définitivement acquise !
Il y a deux temps distincts dans le livre, le début puis la fin du siècle. le début puis la fin de la lignée. La première partie est époustouflante dans sa façon de dire le temps qui passe lentement, au rythme de la nature, par la grâce de l'observation d'Eleonore, l'enfant qui, quatre-vingts ans plus tard, devenue une matriarche fatiguée observera sa famille sombrer avec tout ce qu'elle a créé et finalement détruit à force de recherche de la productivité à tout prix. Cette première partie raconte la campagne dans toute sa pauvreté, l'enfance d'Eleonore auprès d'un père malade qui continue à se tuer à la tâche et d'une mère rude et sèche, dénuée d'affection, que l'on ne désigne que par le terme de génitrice puis de veuve lorsque le père finit par mourir. Il y a des pages sublimes qui englobent les animaux et les hommes dans un même opéra tragique, d'une violence dont la plume de Jean-Baptiste del Amo parvient à tirer une extrême poésie. Puis vient la guerre, qui vide les campagnes de ses paysans et bientôt de ses animaux pour nourrir les troupes (terribles scènes qui racontent le destin de ces pauvres bêtes menées en wagons... et qui en rappellent d'autres quelques décennies plus tard lorsque les bêtes seront remplacées par des hommes). La guerre qui ne rendra les hommes que très cabossés voire défigurés, à l'image de Marcel, l'unique perspective d'Eleonore, son futur mari.
« Ils savent qu'il faudra tuer, ils savent, c'est un fait acquis, une certitude, une vérité, la raison même, il faut tuer à la guerre, sinon quoi d'autre ? Ils ont enfoncé des lames dans le cou des porcs et dans l'orbite des lapins. Ils ont tiré la biche, le sanglier. Ils ont noyé les chiots et égorgé le mouton. Ils ont piégé le renard, empoisonné les rats, ils ont décapité l'oie, le canard, la poule. Ils ont vu tuer depuis leur naissance. Ils ont regardé les pères et les mères ôter la vie aux bêtes. Ils ont appris les gestes, ils les ont reproduits. Ils ont tué à leur tour le lièvre, le coq, la vache, le goret, le pigeon. Ils ont fait couler le sang, l'ont parfois bu. Ils en connaissent l'odeur et le goût. Mais un Boche ? Comment ça se tue un Boche ? Et est-ce que ça ne fera pas d'eux des assassins bien que ce soit la guerre ? »
Plus tard, dans les années 80, la petite ferme est devenue une exploitation gigantesque et la famille exclusivement tournée vers la porcherie. Cette porcherie qui imprègne autant les idées et les caractères que son odeur s'incruste dans les peaux, les vêtements et même les habitations. Une exploitation dirigée par Joël et Serge les petit-fils d'Eleonore, formatés à la dure par leur père Henri, lui-même héritier de la violence de Marcel et de ses fantômes glanés à la guerre. L'un tient par la boisson, l'autre par l'emprise morale que son père exerce encore sur lui. Et le drame se profile, peu à peu, parce que rien, forcément ne peut sortir de bien d'un tel comportement... "La porcherie comme berceau de leur barbarie et de celle du monde".
"Ils ont modelé les porcs selon leur bon vouloir, ils ont usiné des bêtes débiles, à la croissance extraordinaire, aux carcasses monstrueuses, ne produisant presque plus de graisse mais du muscle. Ils ont fabriqué des êtres énormes et fragiles à la fois, et qui n'ont même pas de vie sinon les cent quatre-vingt-deux jours passés à végéter dans la pénombre de la porcherie, un coeur et des poumons dans le seul but de battre et d'oxygéner leur sang afin de produire toujours plus de viande maigre propre à la consommation."
Bien sûr, après une telle lecture, impossible de regarder une tranche de jambon comme avant. Mais réduire ce livre à une diatribe contre l'élevage intensif serait dommage. C'est une véritable oeuvre littéraire, qui prend le temps d'observer et de parler de la vie, par l'intermédiaire du regard des enfants (le jeune Jérôme prend le relais dans la seconde moitié du livre et déambule sur ces mêmes terres qui accueillaient les promenades de la petite Eleonore, son arrière-grand-mère). Aucun temps mort malgré cette unité de lieu. Et si parfois le récit nous prend aux tripes, il reste étrangement beau.
Une écriture charnelle, belle, forte, qui fait jaillir les images (terriblement crues), un style magnifique. Ce livre ne ressemble à aucun autre, vraiment, il faut le lire.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Les critiques presse (6)
Actualitte27 mars 2017
Avec ce roman particulièrement âpre, dérangeant et porté par des portraits sans concessions, l’auteur nous fait voyager dans le siècle et rappelle les grandes heures de la littérature naturaliste.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LaLibreBelgique08 novembre 2016
Formidable mais dérangeante allégorie de notre monde vu à travers l’histoire d’une porcherie. Jean-Baptiste Del Amo décrit la turpitude avec une langue superbe. Aussi réaliste qu’hallucinant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs12 octobre 2016
Le sujet, terriblement actuel, est incontestablement passionnant. Seulement, l'acharnement avec lequel Del Amo tient à nous présenter (...) des paysans forcément bestiaux, taiseux, consanguins (...) l'est un peu moins.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox21 septembre 2016
Un roman réquisitoire servi par une langue somptueuse.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama07 septembre 2016
Une fresque puissante, où le sort d'une famille d'éleveurs reflète la violence qui imprègne nos vies.
Lire la critique sur le site : Telerama
LePoint22 août 2016
En ces temps très "vegan", le troisième roman du jeune Jean-Baptiste Del Amo, va faire parler. Un livre surprenant, signé par une plume enragée.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
latinalatina13 août 2016
Au soir, comme elles se déshabillent pour revêtir leurs chemises de nuit, la veuve voit la trace brune sur les dessous de sa fille. Elle s’en saisit aussitôt, la porte à son nez et renifle, avalant l’air par petites goulées, goûtant l’odeur du premier cycle, la preuve irréfutable de sa nubilité. Elle baisse lentement les bras. Ses lèvres tremblent et elle pose son regard sur Eléonore.
«Tu es impure, dit-elle d’une voix blanche. Tu es sale, désormais. Et tu vas pécher.
- Non, dit Eléonore, non, je...
- Tais-toi. Tu auras beau dire, tu pécheras. Oh, oui. Souviens-toi comment Eve a laissé le serpent la séduire. Il te séduira à ton tour. Et le Seigneur lui a dit : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras dans la douleur, et tes désirs te porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. »
+ Lire la suite
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MerikMerik27 décembre 2016
Ils ont modelé les porcs selon leur bon vouloir, ils ont usiné des bêtes débiles, à la croissance extraordinaire, aux carcasses monstrueuses, ne produisant presque plus de graisse mais du muscle. Ils ont fabriqué des êtres énormes et fragiles à la fois, et qui n'ont même pas de vie sinon les cent-quatre-vingt-deux jours passés à végéter dans la pénombre de la porcherie, un cœur et des poumons dans le seul but de battre et d'oxygéner leur sang afin de produire toujours plus de viande maigre propre à la consommation.
+ Lire la suite
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latinalatina15 août 2016
Il pense à Elise, il pense aux fils. Il se souvient de tout ou presque, des instants passés, des jours d’avant. Tous se télescopent, s’amalgament, ne sont plus dissociables. C’est donc ça, la vie ? songe-t-il avec dépit. Si peu et tellement à la fois. Mais si peu tout de même. Et qu’en reste-t-il à la fin ? N’est-on pas supposé avoir acquis quelque sagesse, quelque compréhension, même partielle et fragmentaire des choses ?
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latinalatina14 août 2016
« T’as remarqué que leur pupille reflète toujours notre visage ? dit Henry. Si tu fais bien attention. C’est un détail, mais parfois, je vois plus que ça. Ca me saute à la gueule. C’est comme regarder dans un miroir sans tain ou au fond d’un puits. Tu te vois, mais tu vois autre chose, autre chose qui s’agite en dessous, comme...Comme si tu voyais aussi de la manière dont eux te voient, avec leurs yeux de bête. (...)
L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ».
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BibaliceBibalice28 juin 2016
Ce corps lui est étranger, tout comme l’être qui l’incarne, ce père taiseux et souffreteux avec lequel elle n’a pas échangé plus de cent mots depuis sa venue en ce monde, ce paysan minable qui se tue à la tâche ou y hâte sa fin, comme pressé d’en finir, mais après la moisson, après les semailles, après les labours, après… La génitrice hausse les épaules, soupire. Elle dit : « nous verrons bien », « si Dieu le veut », « que le Seigneur t’entende et qu’Il prenne pitié de nous ». Elle redoute qu’il ne tienne pas une énième échéance car que fera-t‑elle, orpheline de père et de mère qu’elle est, avec un enfant à nourrir ? Elle dit aussi la peine qu’elle a eue à enfanter et le malheur d’y être parvenue trop tard, déjà vieille à vingt-huit ans. Et pas même d’un fils qui, dès l’adolescence, aurait prêté main-forte au père, cet homme vaillant et opiniâtre mais sans ambition aucune et qui ne laissera derrière lui qu’une terre revêche, l’une de ces fermes familiales aux rendements médiocres. Autrefois, la famille de l’époux possédait de la vigne, mais les ravages du phylloxéra sur le vignoble n’ont pas épargné leurs quelques arpents de terre morcelés et caillouteux, et l’ancêtre, le père du père, s’est alors éteint, du jour au lendemain et sans dire un mot.
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