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ISBN : 2070129098
Éditeur : Gallimard (19/08/2010)

Note moyenne : 3.32/5 (sur 86 notes)
Résumé :

"Quand tout sera terminé, vous douterez de moi, du souvenir qu'il vous restera de moi. Les choses sont ainsi, les vivants défigurent la mémoire des morts, jamais ils ne sont plus loin de leur vérité. "

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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
latina
  18 août 2012
"Familles, je vous hais !"
Louise, veuve, invite ses 3 enfants à venir manger au soir. Nous assistons, impuissants, aux pensées négatives de chacun d'eux, à partir du matin, jusqu'avant le repas. Nous passons de l'un à l'autre, au fil de la journée, au fil de leurs pérégrinations.
C'est difficile de maintenir la cohésion d'une famille qui se délite peu à peu...Chacun des 3 enfants a une bonne raison pour haïr le père ou la mère. Chacun des 3 enfants a aussi un problème, ou vit sa situation comme un problème : Fanny a perdu sa fille 10 ans auparavant dans un terrible accident, Albin sent sa femme et ses enfants s'éloigner de plus en plus de lui et Jonas est homosexuel et en tant que tel, pas très accepté par les autres.
Nous sentons aussi le poids énorme du père. Celui-ci a régné en despote durant des années, puis s'est éteint d'un cancer, mais il continue à peser dans le coeur de ses enfants et de sa femme. Ils en ont tous eu peur et les enfants en veulent à leur mère de ne pas avoir osé le contredire.
Nous rejoignons aussi l'enfance de ce père, pour nous rendre compte que s'il a été violent, c'est aussi à cause du grand-père. Quelle hérédité !
C'est donc un roman où il ne se passe rien, ou plutôt, tout se déroule dans le passé, à travers les réminiscences des personnages.
Le poids du passé est terrible et rend le présent insoutenable. Chacun essaie de s'en sortir du mieux qu'il peut. Cette journée a été peut-être décisive pour se "sauver". En tout cas je l'espère.
J'ai été fortement intéressée par ce roman très psychologique mais malgré la douleur de certains, je n'ai pas ressenti de compassion, ou d'empathie. Peut-être est-ce dû au fait que chaque action, chaque pensée, chaque sentiment, chaque rêve et chaque cauchemar était décortiqué.
Malgré tout, l'écriture recherchée de l'auteur et son sens profond de l'être humain me permettent d'affirmer que j'ai beaucoup aimé "Le sel".
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Merik
  02 avril 2017
La situation est on ne peut plus simple.
Une famille sétoise va se réunir pour un repas organisé par Louise, veuve d'Armand. Ses trois enfants, aujourd'hui adultes, parents eux-mêmes pour la plupart, devraient y être.
On ne peut plus simple, en apparence. On pressent vite que « Passe moi le sel » ne devrait pas être la seule chose qu'ils auront à se dire.
Le ressac maritime en toile de fond, les souvenirs affluent rapidement au gré des chapitres consacrés aux différents protagonistes, mettant à jour les ressentiments nés d'un climat familial lourd de la violence plus ou moins contenue du père aujourd'hui décédé, lourd d'un héritage obstrué par des liens ancestraux rigides, piégés qu'ils semblaient tous être dans ce bout de France à l'atmosphère iodée et l'horizon immuable.
La pensée des uns et des autres se densifie, explore le passé, met à jour les zones de rancoeur, tisse les liens névrosés d'une famille ordinairement tortueuse, élabore la toile d'une psyché collective finalement complexe. Comme dans quasiment toutes les familles, pourrait-on penser.
On pense aussi à un film psychologisant (voire chiant) dont le cinéma français est friand. Il faut dire que l'écriture de del Amo est elle-même assez visuelle quand elle n'explore pas les états d'âme («L'étang de Thau glissait au long des rails, à mesure que Sète s'éloignait, sous un ciel ventru, dans un petit jour gris de rentrée scolaire. Les eaux tendaient un miroir de métal où les nuages moutonnaient, scindés par l'ondulation fiévreuse des lignes à haute tension » ).
Une écriture exigeante qui fait la force de ce roman à mon humble avis, écriture charnelle et évocatrice, à l'épithète musclée, dont la puissance ne s'effrite pas à l'abordage de thèmes aussi ambitieux que la mort, le sexe ou l'amour.
Après l'insoutenable « Règne animal », voilà un auteur que je ne manquerai pas de suivre, même si « Le sel » ne m'a pas complètement emballé.
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Aela
  29 janvier 2012
Un roman au style d'une fluidité qui vous berce de page en page. le sujet est simple, c'est une chronique familiale, mettant en scène des personnages typés et contrastés.
Le sel, c'est la référence à la mer, car cette famille d'origine italienne habite à Sète; et c'est aussi les larmes car cette famille va connaître sa part de malheurs: mort d'une enfant, mort du compagnon de l'un des fils..
Une atmosphère de tension très bien rendue: tension due à la personnalité écrasante du père-patriarche qui n'arrive pas à accepter l'homosexualité d'un de ses fils; tension due aussi par les non-dits, par les silences, les tendances à cacher, à éviter les conflits.
Des longueurs certes mais l'ensemble résonne comme une musique.
On sent l'influence de Virginia Woolf et notamment ce livre me fait repenser à l'une des oeuvres de Virginia Woolf "To the lighthouse" ("Promenade au phare") qui met en scène également une mère de famille nombreuse.
C'est le deuxième roman de Jean-Baptiste del Almo, pensionnaire de la Villa Médicis à Rome et qui avait obtenu le prix Goncourt du Premier Roman.
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liliba
  25 août 2012
J'ai découvert Jean-Baptiste del Amo avec Une éducation libertine, un roman dont j'avais adoré autant l'écriture que le sujet, aussi ais-je tenu absolument à lire le sel.

Ce roman est cependant bien différent du premier, à tous les points. Nous sommes ici dans une sorte de huis-clos familial, dont l'atmosphère s'alourdit au fil des pages, un huis-clos qui ne durera qu'une journée, mais qu'elle est longue ! le père est mort il y a déjà plusieurs années, mais sa figure, son caractère hantent encore chacun des membres de la famille. Ce soir, les deux frères et la soeur doivent se retrouver avec leurs conjoints respectifs et les enfants pour dîner chez leur mère. le roman nous présente chacun d'eux, dans l'attente de ce dîner. Tous plongent en eux-mêmes, dans leurs souvenirs, retournent dans l'enfance, cherchent les jours heureux, et retrouvent, toujours et encore ce père qui semble peser si lourd sur leur vie actuelle, même s'il n'est plus.

Tous sont tourmentés, bons à s'allonger sur le divan d'un psy, angoissés, incapables de communiquer à leurs proches leurs sentiments, incapables de stopper les non-dits, de faire face à la réalité et au passé… On parle bien ici, sous les mots, de maltraitance psychologique. Ou comment l'attitude des parents peut détruire une fratrie, et toute une famille.

Louise, la mère, a parfois l'impression que sa vie n'est qu'un échec : mariage raté, enfants mal dans leur peau… mais il lui reste cependant quelques bribes de souvenirs heureux auxquels elle s'accroche, tout en se berçant d'illusion sur le fait d'avoir fait ce qu'elle devait et comme elle le devait. Elle est néanmoins consciente qu'elle aurait dû protéger ses enfants de son mari, de sa violence, qu'elle aurait dû plus souvent s'interposer entre eux pour les protéger.

Fanny est en dépression chronique depuis la mort de sa fille, et est persuadée de ne pas avoir été aimée par sa mère, avec laquelle les relations restent difficiles. Jonas, le petit dernier, chouchou de sa mère et honte de son père quand il était enfant, assume son homosexualité depuis peu, mais reste cependant fragile. Albin, le fils ainé, que le père prit sous son aile pour en faire un marin, comme lui, pour le modeler selon son exemple, reproduit la rigidité de son père et ne laisse en aucun cas les sentiments prendre le dessus sur la morale qu'il s'impose (et impose aux autres).

Il faut dire que le père lui-même a eu une enfance pas évidente, obligé de fuir l'Italie par les montagnes, de se battre pour survivre, puis pour nourrir sa famille, et qu'il fut également lui aussi dominé par son propre père. Reproduction de schémas destructeurs assez typique des familles à problèmes…

Bref, ce n'est pas la joie, par ici… Et c'est d'ailleurs sans joie que j'ai lu ce roman. J'ai pourtant trouvé intéressant au début les descriptions des différents personnages, la plongée dans leur passé, dans les images du souvenir, puis j'ai trouvé ça lassant, et plombant. Des familles comme celles-ci, bien sûr que ça existe, et que c'est révoltant, mais ces gens ne m'ont pas émue, trop occupés qu'ils sont à se regarder le nombril, absolument pas ouverts aux autres, repliés sur leur malheur. Hop, tous chez le psy, et ça ira mieux, je vous le dis, moi !

Dommage également que l'auteur s'essaye à expliquer les raisons du mal être de chacun des membres de cette famille dans la dernière partie du roman. J'aurais préféré rester sur ce constat d'échec, avec juste les descriptions des uns et des autres, le retour sur certaines scènes, sans qu'on m'explique noir sur blanc le pourquoi du comment. Je crois que le roman en aurait été plus puissant (et moins long, également…).

J'ai de plus été extrêmement déçue par l'écriture de l'auteur. Autant j'avais été subjuguée dans son premier roman par son style, foisonnant, riche, si vivant, autant je l'ai trouvé ici ampoulé et peu naturel. On dirait qu'il a cherché dans le dictionnaire les mots ou les tournures de phrases « pour faire bien » ou cultivé. Ça ne sonne pas naturel, mais guindé, travaillé à outrance, et donc bien sûr, du coup les sentiments ne peuvent pas remonter à la surface. Certaines phrases sont complètement alambiquées et tordues, d'autres sont faites pour rire avec des allitérations dignes de Racine ! A coté de ça, l'auteur frôle parfois le vulgaire avec des mots grossiers, on est un peu perdu…

Bref, pour terminer par un jeu de mot facile, une lecture sans sel pour moi...



Lien : http://liliba.canalblog.com/..
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julienraynaud
  18 mai 2015
Une vraie déception en ce qui me concerne, et un livre que je qualifierais d'un peu prétentieux. Beaucoup de descriptions comme si l'auteur voulait prouver qu'il sait écrire. La structure du roman est peu crédible: les personnages voués à se retrouver le soir pour un repas vont tous repenser à leur vie en attendant le soir et en faisant tous simultanément le point sur leur existence. C'est vraiment un artifice au service des projets de l'auteur (sur lesquels chacun réagira à sa manière, mais à mon avis tout le monde sera déçu par la fin, qui n'en est pas une).
Je pense qu'il aurait été plus agréable de lire un roman décrivant un repas qui tourne au cauchemar et à l'invective. Peut-être l'auteur n'a-t-il guère pensé à ses lecteurs...
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
LybertaireLybertaire   14 janvier 2012
Les cloches de l’église Saint-Louis éparpillaient midi sur les hauteurs de Sète. Leur rondeur de métal vibrait dans la moiteur du port et sur les plages où les vagues s’ourlaient et chuintaient, drapaient les cris des enfants.

(C'est mauvais, hein ? Ma critique sur bibliolingus.over-blog.fr)
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latinalatina   18 août 2012
Le matin, la mère a eu de fortes nausées et le père a tôt compris qu'elle était grosse. Alors l'a passée à tabac. Armando se souviendra de sa mère rampant au sol sous les coups tandis qu'il se terre avec Antonio et leurs soeurs dans un angle de la pièce. Les enfants, comme les petits d'une meute prédatrice, ont appris à suivre leur instinct de survie. Leurs corps s'emboîtent parfaitement.
Les poings fermés, lourds comme des pierres, s'abattent dans le silence de la pièce sur le bas-ventre et le sexe de sa mère et elle ne crie pas.
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julienraynaudjulienraynaud   17 mai 2015
On se fabrique des drames sans signification. C'est la propension humaine pour la tragédie.
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lilibaliliba   25 août 2012
Comme Louise finissait de border le lit, l’inquiétude la saisit à la gorge. Armand s’était imposé entre les enfants et elle. Bien qu’il fût aujourd’hui disparu, il était entre eux l’obstacle incontournable. Il lui était pourtant impensable de circonscrire son époux à ce rôle auquel Jonas, par exemple, condamnait le souvenir de son père. Armand était un être singulier, Louise n’avait pas la prétention de l’avoir connu. Ils avaient vécu l’un près de l’autre, ne partageant en réalité que de courts instants, des éclats fugaces qui les réunissaient. Dès lors, comment pouvait-elle prétendre savoir qui était Armand ? Louise voulait croire que l’image la plus approchante de l’homme qu’il fut était au confluent de leurs souvenirs à tous, des siens et de ceux des enfant, mais peut-être Armand leur échappait-il encore
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julienraynaudjulienraynaud   09 mai 2015
Parmi les siens plus qu'auprès de quiconque, il éprouvait la distance qui peut séparer les êtres
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Videos de Jean-Baptiste Del Amo (5) Voir plusAjouter une vidéo
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