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Mimi Perrin (Traducteur)
EAN : 9782277211273
283 pages
J'ai lu (14/02/2006)
3.56/5   131 notes
Résumé :
Depuis plusieurs années, une guerre sans merci oppose l’Alliance — la Terre et les planètes ralliées à sa cause — aux Extérieurs, de mystérieux ennemis issus de galaxies lointaines. Avant chaque attaque commise contre l’Alliance, des messages sont captés, utilisant ce que le commandement militaire de la Terre pense être un code : Babel-17. Pour briser le secret du cryptage, les autorités demandent l’aide de Rydra Wong, une poétesse et linguiste, qui découvrira bien ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
3,56

sur 131 notes
Babel 17 est le prix nebula 1966 .
C'est l'oeuvre d'un auteur éminent pour lequel j'ai beaucoup d'admiration .
L'auteur était professeur de littérature à l'université .
Il a conduit plusieurs combats par des publications courageuses .
Universitaire , il revendiquait son statut d'auteur de science-fiction .
Homosexuel , il fut l'auteur de textes libertaires outrés et courageux .
Noir , il fit la preuve par sa réussite que la ségrégation raciale appartenait au passé , malgré la virulence de préjugés racistes toujours vivaces .

En 1966 Il sort Babel 17, il rompt avec la réputation néfaste qui pèse sur le space opera ( soap opera disait-on méchamment à l'origine ) .
Il propose avec Babel un roman d'aventure de qualité qui n'a pas peur d'exploiter certains poncifs du Soap , comme la piraterie ...

L'humanité s'est répandue dans l'espace et elle butte sur un ennemi implacable qui paralyse ses défenses par un code .
Une poétesse de renom sera invité à tenter de déchiffrer ce code qui paralyse les moyens militaires de l'humanité et qui est peut-être aussi , une menace plus intimement existentielle . L'auteur utilise le concept de Métalangage pour réfléchir sur le lien qui existe entre psyché et perception cognitive et langage .
Ce n'est pas pour autant de la hard science car l'auteur reste sur un plan relativement naïf , mais les concepts sont là et ils sont à la portée du plus grand nombre .
Le roman est très rythmé , les péripéties et retournements abondent .
C'est quasiment de la science-fiction militaire ....
Babel 17 annonce la grande aventure du chiffre qui en est aujourd'hui aux formulations quantiques .

Un roman très facile d'accès , plein de surprises avec des formulations futuristes quelquefois fulgurantes et d'autres fois , naïves.
De la bonne science-fiction populaire pour la jeunesse comme pour les adultes en culottes courtes ...

Cependant ce texte s'adresse aux amateurs de space opera et je crois que s'y aventurer sur la base de sa réputation de texte théorique sur le langage serait une erreur . Car les concepts sont bien présents mais de façons assez édulcorées , un peu comme chez Vance souvent , je pense aux Langages de Pao par exemple ...
Un très bon récit jeunesse en tout cas et au minimum .
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Ce chouette space-opera a été écrit en 1966, une époque où l'on savait condenser en peu de pages une grande densité de réflexion, d'action et de divertissement.

Dans les galaxies connues, une guerre sans merci oppose l'Alliance aux Envahisseurs. Lors d'attentats au sein de l'Alliance, des messages ont été captés, employant ce que les autorités militaires estiment être un code : Babel17. Pour casser ce code, ces autorités demandent l'aide de Rydra Wong, poétesse, linguiste et accessoirement capitaine de vaisseau spatial. Il ne lui faut pas longtemps pour comprendre que Babel17 est en fait une langue. Bien décidée à déchiffrer ce langage aux inquiétantes capacités, sentant là la clé de la victoire, elle se lance dans une quête intergalactique à la suite des indices qu'elle décèle.

La langue en tant qu'arme de guerre est le thème principal du récit. Je peux tenter de vous expliquer ce que j'ai compris de Babel17 (et c'est loin d'être limpide). Tout part de l'idée qu'un mot désignant un objet dans une langue peut contenir plus d'informations – tout en étant aussi concis – que dans une autre langue : par exemple « armchair » et « foxhole » en anglais sont plus signifiant que leurs équivalents français « fauteuil » et « terrier ». Delany extrapole le principe à l'extrême, en associant à chaque mot de Babel17 une masse d'informations qui nécessiterait des pages de description en français. En pensant dans cette langue, un individu a immédiatement accès à la compréhension et au contrôle d'un ensemble extraordinaire de données physiques et émotionnelles qui en font un Sherlock Holmes instinctif à la puissance dix. Penser en Babel17 est dangereux pour les adversaires de l'individu, mais aussi pour l'individu lui-même : il risque de perdre son humanité.

Thème central, le langage n'est pas tout dans ce récit foisonnant. L'habillage space-opera est superbe, en particulier l'odeur d'huile et de plasma que l'on sent dans les rues crépusculaires des astroports. Les stellaires – ces navigateurs des étoiles descendants des marins d'hier et d'aujourd‘hui, plus artistes que techniciens, devant « sentir » les courants et les vagues de stase sur lesquels les immenses vaisseaux se déplacent – sont suffisamment affectés par leurs voyages pour chercher à transformer leurs corps grâce à la cosméchirurgie, voire à se décorporiser. Ce ne sont pas des marginaux pour autant ; ils ne dénigrent pas la société et connaissent bien plus que les terrestres le sens des mot « aimer » et « vivre ». Ils sont touchants, et l'un de mes regrets est que le roman soit trop concis pour offrir à l'équipage de Rydra Wong la place qu'il mérite (c'est moi qui dit ça ?).
Bien sûr, le lecteur d'aujourd'hui devra passer outre les objets de technologie désuète comme les cabines téléphoniques ou les bandes magnétiques.

L'action n'est pas en reste. On assise à des attentats et des combats spatiaux dans lesquels Babel17 apporte une complexité tactique jouissive. Mais c'est cependant la déclinaison multiple de la difficulté de communication entre les êtres doués de conscience qui m'a le plus touché ; l'élément central étant l'étrange relation qui s'établit entre Rydra et le Boucher, cet homme qui ne connait pas le concept de « je ». le roman est un tantinet exigeant quand on n'est pas un spécialiste du langage, et le plaisir n'en est que plus grand.

Il s'agit d'une relecture qui m'a peut-être plus ravi que la première fois. Je souhaitais rafraichir le souvenir de ce récit avant d'attaquer « Les langages de Pao » de Jack Vance, dont le thème est proche. A propos des relations que SF et langage entretiennent j'ai trouvé sur le net cette petite bibliographie détaillée. Si cela vous intéresse…
http://www.cafardcosmique.com/SF-LANGAGE-la-SF-est-elle-douee

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Samuel R. Delany est peut-être mon auteur préféré en matière de SF. Plus je lis et plus j'adore car il écrit merveilleusement bien, aborde des sujets toujours très intéressants et son univers est admirablement créé en quelques mots bien choisis et correspond à ce que j'aime dans la SF : l'espace, les vaisseaux interstellaires, les équipages composés d'êtres humains et "autres" qui ont tous une grande part d'humanité à la recherche de quelque chose, prêts à résoudre une énigme ou à sauver des vies, des mondes, des empires. Babel 17 est un vrai régal. Une poétesse, Rydra Wong, capable de parler de nombreuses langues est engagée par l'armée pour trouver ce qui se cache derrière le langage Babel 17, des communications captées lors de sabotages contre l'Alliance. Elle recrute un équipage incroyable avant de se lancer sur les trace de ces envois spatiaux dans un vaisseau, le Rimbaud. Rien de mieux qu'une poétesse pour comprendre la force du "Je" dans le langage.
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Tout d'abord, je remercie les éditions Mnémos pour l'envoi de cet ouvrage. Ce roman est le deuxième livre ayant été publié par cette maison d'édition que je lis et c'est encore une belle découverte. Babel-17 de Samuel R Delany, est un roman de science-fiction qui a sûrement dû être dévoré par tous les scénaristes amateurs du genre, de part son avant-gardisme et son potentiel artistique. L'écriture de l'auteur est intéressante et nous immerge avec profondeur dans l'histoire, plantant le décor à la manière d'un film.

Nous partons à l'aventure, en compagnie de la poétesse et linguiste Rydra Wong dans un univers où la guerre perdure et s'intensifie entre "l'alliance" (la Terre et les planètes alliés) contre "les extérieurs" (ennemis issus de galaxies lointaines). Avant chaque attaque des extérieurs contre l'alliance, des messages secrets de l'ennemi sont interceptés par l'Alliance mais ils sont difficiles à décrypter. Ainsi, le commandement militaire en déduit qu'il s'agit peut-être d'un code appelé Babel-17.
Il demande alors de l'aide à Rydra Wong qui a déjà travaillé pour eux par le passé afin d'essayer de décrypter ce fameux code.

L'aventure se poursuit donc autour de la mission de la poétesse et de son équipage mais plus qu'un roman précurseur de la science-fiction, l'auteur a voulu faire passer des messages et exprimer une certaine philosophie à travers cette aventure interstellaire, notamment sur le sujet du "moi" et sur ce que ce sujet implique comme changement dans notre rapport à l'autre en fonction de notre conception de l'identité. Je ne vais pas m'apesantir sur ce sujet car ça serait dévoiler certains aspects de l'histoire mais j'ai trouvé certaines réflexions vraiment intéressantes bien que ne partageant pas nécessairement tous les points de vue et je pense qu'il peut amener à des débats passionnés et passionnants Pour finir, j'ai passé un très bon moment en lisant ce livre, j'ai aimé le travail assez scientifique de l'auteur pour décrire et expliquer l'univers futuriste imaginé par lui.
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J'ai découvert ce livre dans celui de Jo Walton, Morwenna (et oui... encore). J'ai lu l'édition de 1980 mais il figure au catalogue des éditions Milady dans la catégorie « exclusivités numériques ».

Une poétesse capitaine d'un astronef : j'ai trouvé cela extra ! Le recrutement de l'équipe m'a fait penser à un film du genre Les Gardiens de la Galaxie. Il y a de l'humour, de l'action, et aussi des trucs vraiment bizarres... comme la cosméchirurgie. Il ne manquait que la bande son.

Tout ce qui se raconte autour de la linguistique est intéressant mais je me suis plus attachée à l'ambiance générale de l'histoire et l'évolution de la relation entre Rydra et le Boucher. Bref, ne me demandez pas de lire entre les lignes... tout ce que je sais c'est que je me suis vraiment beaucoup amusée en lisant ce livre.

Le seul bémol est que la fin m'a laissée sur ma faim. C'était un peu trop précipité à mon goût. Mais bon... c'est un livre que je pourrais relire à l'occasion.

Challenge multi-défis 2017 (39)


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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
-- Vous savez certainement que les Orientaux confondent les sons "r" et "l" lorsqu'ils parlent une langue occidentale. Ce qui est tout à fait logique car dans de nombreuses langues orientales les phonèmes "r" et "l" sont des allophones, c'est à dire qu'ils sont considérés comme un seul phonème dont la graphie et même la phonation est identique. Prenez par exemple, en français, le "c" de "cure" et de "constitution".
-- Quelle est la différence?
-- Répétez chaque mot en vous écoutant bien. Le premier est palatal, articulé sur le sommet du palais, et le second vélaire, sur le voile du palais. Il s'agit simplement de variantes combinatoires dues à l'environnement.
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nominatif, génitif, élatif, accusatif, prolatif, ablatif, partitif, illatif, instructif, abessif, adessif, inessif, essif, allatif, translatif, comitatif. Seize cas pour le substantif finlandais. Étrange, certaines langues se contentent de la notion de singulier et de pluriel. Les dialectes indiens d'Amérique se passaient même de la distinction du nombre, exception faite du sioux, qui comporte un pluriel pour les êtres vivants.
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(déclaration d'un navigateur spatial à un fonctionnaire terrestre)

Tu ne connais rien du tout, Stable, commença-t-il... Tu te caches dans ta petite cage de Stable, ta cage enfouie au sein de la gravité de cette Terre, cette Terre tenue à bout de bras par le soleil, le soleil orienté vers Véga, et le tout englobé dans la marée prévisible de ce bras de la spirale. (Il fit un geste dans la direction générale de la Voie lactée étendant sa nuit moirée sur d'autres cités moins lumineuses.) Et tu ne t'évades jamais.
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-- Est-ce que ces êtres-là emploient le mot "Je"?
-- Non seulement ils l'emploient mais dans leur langue il existe sous trois formes différentes : le Je-à-une-température-de-moins-de 6°, le Je-entre 6° et 93° et le Je-au-dessus-de 93°.
Le Boucher semblait complètement dérouté.
-- C'est en fonction de leur processus de reproduction, lui expliqua-t-elle. A moins de 6°, ils sont stériles. La température qui convient à la fertilisation se situe entre 6° et 93°. Mais pour accoucher il leur faut plus de 93°.
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— Ce serait normal. Mais vous ne connaissez vraiment aucun d'entre nous, n'est-ce pas ? Comme ces jeunes gens brillants qui viennent ici avec une imagination débordante et ne pensent qu'à une chose tout au long de la journée : inventer des moyens de tuer. C'est une société terriblement amorphe, et cela s'explique simplement : toute son agressivité trouve un exutoire idéal de neuf heures à dix-sept heures. Malgré tout, je suis persuadée que nos esprits en sont perturbés. L'imagination devrait servir à autre chose qu'à méditer sur les meilleures façons de se massacrer, n'êtes-vous pas de mon avis ?
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