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ISBN : 2207142663
Éditeur : Denoël (04/04/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Jan Kosta a été sauvé à l'âge de 3 ans d'un glissement de terrain dans lequel sa famille et la majorité des habitants de son village des Balkans ont péri. Depuis, il est devenu hydrogéologue. Un ami d'enfance le prévient d'événements étranges dans la centrale qui vient d'être construite en aval du village de son enfance, alors qu'il est tourmenté par un cauchemar récurrent où il étouffe enseveli.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Jeanfrancoislemoine
  10 mai 2019
J'ai rencontré la charmante Sonja Delzongle à "lire à Limoges " et , fort de ma lecture de " Boréal " j'ai souhaité échanger quelques mots avec elle et lui demander de me dédicacer " Cataractes " , ce qu'elle a fait avec beaucoup de gentillesse . Je vous livre ses propos : " Parce que le libraire est parole d'évangile ....bonne route dans les Balkans". Pour le libraire , il m'avait en effet déclaré avoir aimé le livre mais "parole d'évangile" , c'était un peu fort , non ? Bon , enfin...."Bonne route dans les Balkans ", ça m'indiquait le lieu de l'action ....Finis les grands froids du Grand Nord , c'était déjà ça . Quant à la route , on avait le temps de la découvrir et puis mon libraire m'avait dit que.....
Bon , pour changer de milieu , ça ,on change de milieu mais on ne change pas" la Sonja" qui va nous transporter dans un nouvel enfer , un de ces lieux dont on n'oserait même pas imaginer qu'ils puissent exister.....Si elle passe sa vie d'écrivaine à nous transporter chaque année dans un lieu différent , je vous assure que la pollution liée aux transports aériens aura bientôt disparu , les touristes n'auront plus qu'une envie : rester chez eux . Oui , cette route dans les Balkans va s'avérer périlleuse , semée d'embûches de toutes sortes , sorties d'on ne sait où , d'on ne sait quel cerveau , mais toutes plus anxiogènes les unes que les autres et , je vous le dis le sang va couler.....Dans un roman noir , me direz- vous , ça coule de source...Oui et bien de source , il en sera question , justement , d'une source qui alimente un monastère dont les moines ont disparu mystérieusement sans que grand monde s'en préoccupe , du reste , un monastère devenu un bien étrange établissement pour malades mentaux . Sachez aussi qu'il est question d'un barrage en bien piètre état et prêt à...., surveillé jour et nuit par des miliciens à l'espérance de vie .....limitée . Attention , "la magla "va embrumer les paysages et les esprits , ceux des personnages , bien entendu , mais aussi les vôtres . Ah , oui , je m'en souviendrai de son " bonne route " , croyez- moi . Pas prêt d'y aller , moi , dans les Balkans , quant à ceux qui hésitent, je vais leur donner un ( excellent ) conseil . Surtout , ne demandez pas l'avis de votre libraire , il ou elle va vous dire que c'est un bon roman . Ne me faites pas confiance , je veux vous inciter à découvrir cette folle aventure ...... . Non . Allez chez votre libraire , prenez le livre , planquez-vous dans un coin et ...lisez le prologue...(..surtout , pas de blague , laissez l'épilogue tranquille .) Ça y est ? Vous avez lu le prologue ? Et maintenant ? Vous êtes déjà à la caisse pour payer et vous rentrez immédiatement chez- vous pour lire la suite ? Bon , comme vous voudrez , moi , j'ai rien dit c'est bien vous qui voyez ....Je suis déjà soulagé que vous ne soyez pas resté(e) sur place....
Allez je vous le dis , "Boréal " était "glaçant " , " Cataractes " est "hallucinant".
Bon voyage et , SURTOUT , prenez bien soin de vous mais , avec Kosta , Vladimir ,Djol , Marija , Sacha , vous êtes entre de bonnes mains ...A très bientôt , si Dieu le veut ....Moi j'dis ça......
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Tostaky61
  12 mai 2019
Kosta à 3 ans quand il est sauvé miraculeusement à la suite d'une coulée de boue qui a envahi son village des balkans, causant la mort de centaines de personnes dont toute sa famille.
30 ans plus tard, devenu ingénieur hydrogéologue, marié  et père d'une petite fille qu'il adore et surprotège, il vit à Dubaï,  là où son ami Vladimir vient le chercher afin de faire des relevés sur une source, au coeur des montagnes Serbes, qui alimente une centrale électrique dont les bases sont fragilisées et dont le personnel présente des troubles qui amènent une certaine tension.
D'abord réticent, Jan Kosta accepte de revenir sur les traces d'un passé qui le hante encore.
L'eau de la source, qu'il tente de retrouver, prend vite une couleur rouge sang.
On est chez Sonja Delzongle, là,  pas chez Nicolas Hulot.
On comprend vite qu'il y a des endroits où il vaut mieux ne pas se baigner, de l'eau, pourtant limpide, qu'il vaut mieux ne pas boire.
Et puis il y a tous ces mystères.
Ces murs qui se fissurent.
Cette communauté de moines qui semble avoir disparu.
Comme Kosta dans le bouillard épais du Mont Midžor, on est perdu.
On croit tenir une piste, mais...on s'égare.
La recette de Sonja ?
Prenez une guerre fratricide qui divisa la Yougoslavie, ajoutez-y un combat écologiste dans l'air du temps, une nature sauvage qui se rebelle et peut vite devenir dangereuse, des personnages tourmentés, étranges, inquiétant même et assaisonnez de mensonges, de vengeance et de violence et vous obtenez Cataractes.
Après son Boréal et ses banquises, Delzongle nous emmène dans les Balkans, l'air y est plus chaud, mais l'atmosphère tout aussi...glacial.
Si, parfois, cette lecture m'a déconcerté, je peux vous dire que le coup de poing dans l'estomac, que j'ai pris à la fin, je le sens encore. Pffff, non mais franchement, Sonja, ça se fait pas de faire mal au lecteur comme ça...


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gruz
  11 avril 2019
C'est devenu une rareté, mais il existe encore des thrillers qui ne ressemblent à rien de connu. Des histoires à l'atmosphère originale, aux personnages inattendus, à l'intrigue singulière. Cataractes en fait partie, il faudrait être aveugle pour ne pas le voir dès les premières pages.
Je profite en liminaire pour préciser que ce récit est une histoire d'eaux, le titre est à comprendre dans ce sens.
L'eau élément originel, mère de toute vie, mais qui peut également s'avérer meurtrière quand les torrents se déchaînent.
L'autre élément prépondérant est la Serbie, la terre d'origine de Sonja Delzongle, qui est clairement la matière première que l'auteure malaxe pour proposer une intrigue hors du commun.
Outre l'air pur des montagnes serbes, l'écriture en devient parfois aérienne, portée par le souffle de l'histoire et poussée par le feu intérieur qui ronge les personnages.
Le livre débute par une scène de cauchemar, particulièrement prenante. Un tourment qui va suivre le personnage principal toute sa vie, toutes ses nuits, avant qu'il ne revienne aux sources.
L'idée de la cité engloutie refait étonnement surface en ce moment, avec ce roman comme avec celui d'Olivier Norek. Une sorte de vision apocalyptique de ce qui attend notre monde, qui ne laisse plus la nature avoir sa vraie place ?
Je voudrais vous raconter cette histoire en quelques mots que j'en serais bien incapable. Elle est si riche, si surprenante, si variée qu'elle ne peut que se vivre à travers la lecture. Il faudra aller au bout pour faire le lien entre ces faits étranges qui perturbent cet arrière-pays des Balkans.
Cataractes, c'est tout d'abord une ambiance. Pesante, crépusculaire, fantomatique. le réel devient mystérieux, se brouille dans la majesté des lieux et la magie des traditions. Un sentiment vraiment étonnant, mélange d'étouffement et de respiration.
C'est ensuite une intrigue qui semble avoir des ramifications infinies, avant de se resserrer de manière inattendue. Sur les terres brûlées d'une terrible guerre fratricide qui n'est vieille que d'à peine plus de deux décennies, l'écrivaine construit son histoire avec une volonté de sortir des sentiers battus tout en retrouvant avec émotion ses racines.
L'art du roman noir est parfait pour ainsi transmettre des émotions tout en décrivant un monde sombre. Sonja Delzongle maîtrise l'art de créer une tension, de déstabiliser le lecteur. La fin en est la preuve ultime.
Même si le récit tient beaucoup au passé du pays, elle a souhaité l'imprégner d'une sorte d'immédiateté angoissante en écrivant au présent. Une autre manière de déstabiliser le lecteur.
Cataractes est un thriller différent, profondément oppressant, troublant par son atmosphère unique et ses directions déroutantes. Dans un monde de plus en plus lisse, Sonja Delzongle prouve sa singularité, roman après roman. C'est d'autant plus marquant cette fois-ci, avec cette confluence entre ses origines et des préoccupations plus actuelles.
Lien : https://gruznamur.com/2019/0..
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sandrinedurochat
  23 avril 2019
Après le huis clos glaçant de Boréal, Sonja DELZONGLE vous emporte dans le tumulte de Cataractes, sur ses terres serbes meurtries par une terrible catastrophe et des faits étranges et sanglants.
Une vraie réussite !!
Hommes contre Nature…
"Il est dans la nature de l'homme de piétiner ce qui est à terre."
Eschyle
La 4ème de couverture l'annonce d'emblée : « c'est une folie de vouloir triompher de la nature » et Cataractes en est une magnifique démonstration.
Avec Cataractes, Sonja Delzongle confirme sa capacité à relier et à opposer des hommes à leurs territoires grâce à une intrigue moderne et pleine de noirceur humaine.
Le scénario est bâti efficacement sur deux tableaux: d'une part le périple de Jan et de Marija dans la montagne serbe et d'autre part, l'enquête de Vladimir sur les meurtres commis à la centrale hydraulique.
« Il se passe des choses étranges dans et autour de la centrale….
…Les gens ont des comportements imprévisibles, parfois violents. Les moines du monastère voisin ont tous disparu et les bâtiments délaissés accueillent désormais un institut psychiatrique. Vladimir demande à Jan de venir étudier les faits. Que le mal vienne de la centrale, de la montagne ou des hommes, si un nouveau drame est sur le point de se produire, seul un survivant de Zavoï aura une chance de pouvoir tout arrêter ».
Jan Kosta est un brillant hydrogéologue installé à Dubaï avec sa petite famille. Il est aussi et surtout, le seul survivant de Zavoï, un village serbe englouti par les eaux et la boue après un gigantesque glissement de terrain, quarante ans auparavant.
Alors quand Vladimir, un ami d'enfance devenu ingénieur à la centrale hydraulique de Zavoï, lui demande de l'aide pour auditer l'installation d'une centrale sur les flancs de la montagne de son enfance, il accepte et part en expédition accompagné de Marija, une journaliste de choc alors que des meurtres effroyables sont commis à la centrale.
Cette intrigue est bien pensée et s'enchaîne sans accroc. le thriller renferme un sacré lot de surprises et de rebondissements : nature sauvage, opposants au barrage, fantômes du passé, vieilles haines serbo-croates seront autant d'obstacles à franchir pour les personnages afin de comprendre ces meurtres et ces faits étranges.
Le prologue et surtout l'épilogue sont particulièrement émouvants et bien travaillés pour susciter un torrent d'émotions et vous laisser KO.
Deux mots me viennent à l'esprit pour les qualifier : fureur et silence…
Trois personnages pour trois destins…
Pas de super-héros dans ce thriller mais trois hommes et femmes serbes : Jan, Vladimir et Marija.
Leurs destins seront à jamais transformés par ce récit et ces terres des Balkans.
Mon premier gros coup de coeur est pour ce personnage de Jan. Revenant quarante ans après sur sa terre natale, l'introspection et l'émotion sont dévastatrices pour cet homme investi d'un rôle de sauveur. Profondément attaché à sa petite fille de trois ans restée à Dubaï, Jan ne cesse de penser à elle, opérant sur cette enfant un transfert incessant de ses angoisses d'abandon. Il est en permanence tiraillé entre son passé d'orphelin paumé, ses angoisses de père surprotecteur et sa mission à accomplir. Ses failles sont bien palpables et c'est accompagné du « roc » Marija dont l'envergure se dévoilera progressivement que Jan devra se surpasser pour éviter le pire. Vladimir est également tout en relief à l'image de ce territoire serbe et se révèlera à travers son enquête sur les meurtres et la disparition des moines de Temska.
Tous trois sortiront profondément transformés de cette aventure et bousculent la notion très binaire et ennuyeuse du Bien et du Mal.
Un retour aux sources pour Sonja Delzongle et un décor naturel magique pour moi…
Avec Cataractes, Sonja Delzongle retourne sur sa terre natale et déroule son intrigue dans un décor naturel époustouflant et parfois onirique.
Ce cadre incroyable est mon deuxième coup de coeur !
J'ai été subjuguée par les descriptions naturalistes de la Dent de la Vieille, montagne serbe. Tour à tour apaisante ou angoissante, elle est un des plus beaux personnages de ce thriller et abrite la fameuse source alimentant le barrage maudit. La magie a immédiatement opéré et m'a donné des envies de voyage et de randonnées (les meurtres en moins évidemment). le parallèle opéré par ailleurs entre ce périple montagnard et la prise de conscience progressive de Jan sur son passé est intelligent et parfois très poétique.
Cataractes m'a emportée et Sonja m'a une nouvelle fois déroutée et surprise. Bien entendu je vous le recommande!
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audelagandre
  11 avril 2019
Le prologue me laisse sur le carreau…. Mon coeur saigne et je pleure parce que je me souviens… Ce jour de janvier 2018 où, après des torrents d'eau, la montagne nous est tombée sur la tête, emmenant avec elle rochers, maisons, voitures, faisant plusieurs morts et laissant des dizaines de maisons détruites. Cette nuit-là, seule avec mes filles, j'ai cru que ma dernière heure était arrivée. Sans électricité, sans eau potable, sans gaz, sans réseau de téléphone, n'entendant que les sirènes hurler et le bruit des hélicoptères, j'ai attendu dans le noir et le froid des secours débordés.
Comment rester insensible à ce prologue ? Mon coeur se serre, je revois ces jours terrifiants que je n'aurai jamais pu envisager vivre et j'ai du mal à respirer. La force des mots utilisés par Sonja pour décrire ce cauchemar révèle incontestablement toute l'horreur de la situation vécue par un petit garçon de 3 ans, seul, emporté par la boue. Nous sommes à Zavoï, petit village des Balkans au mois d'avril. Jan Kosta, survivant de cette catastrophe, se souvient. Il n'a rien oublié de cet événement emblématique de son enfance avec lequel il a été forcé de se construire. Son village n'existe plus, il est désormais enfoui sous les eaux. de cette expérience dévastatrice, Kosta en a fait son métier : hydrogéologue. Il vit désormais à Dubai avec sa femme et sa fille et c'est là qu'un ami d'enfance vient le chercher. Il se passe des choses graves à Zavoï : certaines personnes qui vivent là ont des comportements étranges. On pense à une contamination de l'eau, des prélèvements sont nécessaires pour s'en assurer. Kosta revient alors sur les terres de son enfance, et en lui, les vannes s'ouvrent.
Je voudrais mettre en lumière deux aspects que j'ai particulièrement aimés dans ce roman, sans doute le plus personnel de Sonja Delzongle puisqu'elle y parle de ses racines et d'un conflit meurtrier qui a balayé cette terre. Ce roman est un hymne à son pays et j'ai été extrêmement touchée par la poésie qui s'en dégage, principalement dans les descriptions des paysages, de cette nature qui flamboie, mais qui inquiète aussi, de cette nature qui a tous les droits.
D'abord, j'aimerais parler de l'écriture qui insiste sans arrêt sur les opposés : l'homme et la bête, la nature accueillante et la nature hostile, l'eau et la terre donc l'humidité et la sécheresse, l'amour d'une terre chérie et la crainte qui s'en dégage, le passé et le présent. Kosta, enfant rescapé des eaux craint cette terre qui a fait mourir toute sa famille et pourtant, ses racines, la tendresse profonde qu'il ressent pour ce lieu fait partie intégrante de sa personnalité. Ce qui a failli le tuer est aussi ce qui l'a construit. Les cauchemars qu'il fait, cette sensation d'avoir de la boue dans ses veines, lui donnent cette appartenance inaltérable à cette terre aimée et honnie.
Ensuite, j'ai trouvé un parallèle plus que troublant entre ce barrage construit sur des terres meubles et la personnalité de Kosta bâtie, elle aussi, sur des fondations fragiles. La Centrale et le barrage apparaissent comme une forteresse infranchissable. Progressivement, les turbines ne sont plus étanches, les vannes s'ouvrent, les fuites d'eau apparaissent. le bâtiment devient vulnérable, comme l'est le coeur de Kosta de retour sur ses terres. La symbolique du village fantôme qui réapparaît sous le lac, laissant entrevoir la vie qui a été, fait remonter en Kosta ce petit garçon de 3 ans, terrifié, suffocant, et au fond terriblement seul. Cette source qu'il passe le roman à chercher, pure, enfouie dans les profondeurs de la terre représente tout naturellement son enfance. le lecteur l'accompagne dans cette quête qui va bien au-delà de prélèvements ou de diagnostics. C'est son âme qu'il revient chercher. le personnage de Djol est celui qui fait le lien entre nature et culture, entre l'enfance et l'adulte, entre le passé et le présent, entre le coeur sec d'avoir trop souffert et le coeur tendre de l'enfant innocent. « Comme toi, les gens ont oublié leurs origines, leurs racines, la source. Ils ont perdu le peu de mémoire qu'ils avaient. »
Un mot sur l'intrigue bien construite, angoissante et bien ficelée qui au demeurant a été secondaire pour moi, fascinée que j'étais par cette montagne, Babin Zub, la dent de la vieille, la quête de cette source d'eau pure et les descriptions de Sonja de sa terre. Cette intrigue sert surtout à mettre en lumière l'aspect extrêmement psychologique de l'évolution du personnage central. Ses racines, profondément ancrées en Serbie ne peuvent pas être volontairement annihilées, il est un arbre qui pousse, profondément enraciné dans cette terre, avec ses blessures, ses coups du sort, son histoire. « Soudé à la terre, à cet instant, Kosta redevient le rescapé du torrent d'eau et de boue qu'il n'a jamais cessé d'être. Toutes ces années loin d'ici, son existence confortable à l'étranger, n'ont finalement rien effacé. Juste recouvert. Ses racines sont restées mêlées à celles de ces arbres… »
La fin est magnifique, il n'y en avait pas d'autres possibles, tellement elle fait sens, tellement elle sonne juste. Nous n'échappons jamais à notre enfance ni à nos racines, et vouloir qu'il en soit autrement est un leurre. Sonja Delzongle le démontre admirablement bien dans ce roman qui touche l'âme et fait ressurgir l'enfant qu'on était. J'en ai été profondément émue…

Lien : https://aude-bouquine.com/20..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
Lilou08Lilou08   06 mai 2019
Il est environ quatre heures trente lorsque le premier coup sur le capot les réveille en sursaut. Puis un deuxième, un troisième, et d’autres encore. Une grêle de projectiles. Avant qu’ils puissent réaliser ce qui se passe, la vitre arrière explose sous un choc encore plus violent. La pierre qui vient de briser le verre atterrit sur la banquette juste derrière Kosta.
— Le Land est pris pour cible ! s’écrie Marija en se retournant. Tu as vu la taille de cette pierre ?
— Il faut partir. Peut-être des gamins qui n’ont pas trouvé d’autre jeu, dit Jan sans y croire.
Ce jeu dangereux lui rappelle les sombres années où les voitures des Serbes qui se rendaient dans des villages un peu isolés au Kosovo étaient la cible de jets de pierres depuis les hauteurs bordant la route. Mais ils ne sont pas au Kosovo et la région n’a jamais été le théâtre de conflits de population ou interethniques. Lorsqu’il enclenche la première, les pneus patinent en hurlant sur un mélange d’eau, de terre et de cailloux, ne faisant que s’embourber davantage. En revanche, la pluie de projectiles semble avoir cessé. Kosta, connaissant ce type de terrain, préfère ne pas aggraver la situation et sort prudemment voir jusqu’où le 4 × 4 s’est enlisé.
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Lilou08Lilou08   06 mai 2019
— C’est quoi, « survivants » ?
— Se grattant le menton sous sa toison, l’homme cherchait comment expliquer à un gosse ce qu’était mourir et survivre.
— Les survivants, c’est ceux qui sont pas morts, tu vois ? Ceux qui sont toujours en vie, comme toi et ton chien.
Alors que ces mots irréels le traversaient de part en part, Jan se tourna vers le lac dans lequel se fondaient des teintes rose et orangé, comme si elles bavaient du ciel. Une vision qui allait s’imprimer dans sa mémoire et l’accompagnerait toute sa vie. C’était donc là, au fond de cette masse liquide, que se trouvaient désormais sa maison, son village, ses copains, ses frères, ses sœurs ? Peut-être faisaient-ils partie de ces corps remontant à la surface, flottant comme des troncs. Ils seraient donc des morts, et lui et Hatsa, des « survivants » ? Une déduction bien compliquée pour le cerveau d’un si jeune gamin, qui se sentait tout aussi mort que ces corps dans la boue.
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Lilou08Lilou08   06 mai 2019
De l’autre côté du lac, les résultats de l’autopsie du corps d’Ivan et du rottweiler de Douchko sont tombés. Terrifiants. Laissant les collègues et les proches du vigile sous le choc. Dans le bureau de la direction de la centrale, derrière ses lunettes, Vladimir lit et relit à voix haute au directeur le rapport qu’il vient de recevoir par fax.
— Il doit y avoir une erreur. Tout ceci dépasse l’entendement. Je vais appeler le légiste, dit enfin l’ingénieur après un long silence, en décrochant le téléphone.
Mais, en quelques mots, le médecin confirme l’impensable sur haut-parleur.
— Non, ce n’est pas une erreur. Les morsures dont ont été victimes le gardien et le rottweiler nommé Vlasko proviennent d’une denture humaine. Par ailleurs, les analyses ont bien détecté des traces de salive, également d’origine humaine.
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Lilou08Lilou08   06 mai 2019
Dans la perspective de l’implantation de la centrale, le lac naturel qui s’était formé à l’issue du glissement de terrain a été asséché et remplacé par un lac artificiel. L’assèchement a mis au jour les restes du village, des maisons en ruine que les bulldozers ont rasées. De Zavoï, seul demeure l’écho douloureux du passé.
On dit que les nuits de pleine lune, on peut voir s’élever dans la brume, au-dessus de la surface de l’eau, les ruines du village, et qu’on entend les hurlements de ceux qui ont trouvé la mort dans la catastrophe. Les survivants n’y sont jamais retournés, mais ont mis toutes leurs forces dans la reconstruction d’un Novi Zavoï – Nouveau Zavoï – sur les hauteurs de la rivière Viso pour y commencer une nouvelle vie.
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Lilou08Lilou08   06 mai 2019
Kosta s’est contenté de boire le sien accompagné d’une cigarette, sans interroger l’avenir. Juste sentir le goût de sa terre dans la bouche. Cela faisait si longtemps. Il a profité de cette intimité autour de la table pour parler à son ami du cauchemar qui l’habite depuis la tragédie de Zavoï. Sa réapparition pour les trois ans de Fjona, d’une régularité épuisante après des années de répit, qui correspond aussi à l’appel de la montagne. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, il en est persuadé. La montagne l’appelle en lui envoyant son messager. Ça, il ne le dit pas à Vladimir, qui ne comprendrait peut-être pas ce qu’il ressent vraiment et commencerait à douter de sa santé mentale à lui aussi.
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Videos de Sonja Delzongle (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sonja Delzongle
Les 15 et 16 juin 2019 auront lieu la 11ème édition du salon international du livre de poche Place des Marronniers à Saint-Maur-des-Fossés organisée par la librairie La Griffe Noire et la ville. Le libraire Jean-Edgar Casel vous présente quelques informations de l'édition 2019...
La disparue de Saint-Maur (T.3) de Jean-Christophe Portes aux éditions City éditions https://www.lagriffenoire.com/1002685-nouveautes-polar-la-disparue-de-saint-maur-t3.html
La nuit du mal: La saga du Soleil noir, tome 2 de Eric Giacometti et Jacques Ravenne aux éditions JC Lattès
Par deux fois tu mourras de Éric Fouassier aux éditions JC Lattès https://www.lagriffenoire.com/142614-romans-historiques-par-deux-fois-tu-mourras.html
Les premières enquêtes de Victor Legris de Claude Izner aux éditions 10-18 https://www.lagriffenoire.com/98447-divers-polar-les-premieres-enquetes-de-victor-legris.html
Le sang des Highlands de Gilles Bornais aux éditions City https://www.lagriffenoire.com/144472-nouveautes-polar-le-sang-des-highlands.html
Le Diable de Glasgow de Gilles Bornais aux éditions du Masque https://www.lagriffenoire.com/15490-divers-polar-le-diable-de-glasgow.html
Animal de Sandrine Collette aux éditions Denoël https://www.lagriffenoire.com/143821-nouveautes-polar-animal.html
Une bonne intention de Solène Bakowski aux éditions Bragelonne https://www.lagriffenoire.com/1000178-nouveautes-polar-une-bonne-intention.html
Un sac de Solène Bakowski aux éditions Bragelonne https://www.lagriffenoire.com/67768-divers-polar-un-sac.html
Cataractes de Sonja Delzongle aux éditions Denoël https://www.lagriffenoire.com/148159-nouveautes-polar-cataractes.html
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