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EAN : 9782020371704
121 pages
Éditeur : Seuil (08/04/1999)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Au bord d'une route qui mène au col de Nice, une poignée de maisons dresse timidement ses murs sous le poids des ans. La mer n'est pas loin. Il est cependant quelques personnes, accrochées à cette campagne, qui ne l'ont jamais vue. Trois vieillards étirent là leur grand âge, avec leurs manies, leurs échecs, leurs souvenirs de plus en plus incertains, vagues et chaotiques. Parmi ces vieux campagnards, Anchise, veuf, refermé sur lui-même, reste habité par la grâce d'u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  08 août 2020
Au bord d'une route qui mène au col de Nice, une poignée de maisons s'éparpille, toutes trois juchées là, au ras de la départementale .
Elles n'ont pas beaucoup d'allure, , la première aux volets toujours tirés, aux pierres déchaussées.
Habitées par de très vieilles gens, elles ont l'entêtement de leur âge: le Sasso et sa femme , la Sasso, la Thomas, veuve et Anchise le boiteux, une légère infirmité qui lui vient d'avant, tout ce qui lui reste de sa vie de vivant.
Les vieux n'ont rien choisi du tout .
Anchise est le seul à habiter là depuis toujours , plus vieux que les Sasso , plus vieux que la Thomas..
Anchise n'avait jamais pu oublier sa femme, si jeune quand il l'avait connue, si belle, si blonde qu'on l'appelait LA Blanche.... au yeux blonds , pas miel,une caresse vaporeuse, morte très jeune d'une fièvre typhoïde, alors qu'il était à la guerre.
Il vit seul , avec ses souvenirs, il porte «  sa Blanche en bandoulière » elle, son présent , son passé.
il la porte sur son dos, ses adorables seins à l'abri dans sa cage thoracique, elle fourmille dans ses doigts ,s'égosille dans sa gorge...
Anchise est une mémoire, La Blanche ne pèse plus que le poids des murmures, elle, si consentante et si altière .
La mémoire a horreur de ce qui se fige , mange, se goinfre , vieillit , elle fait feu de tout bois , cependant «  La Blanche » , grâce à elle, marche encore dans les jambes d'Anchise.
L'auteure a l'art de rendre cette morosité éblouissante, à l'aide d'une écriture magnifique, lyrique, ciselée, poétique ,sèche mais parfois d'une ampleur bienfaisante, comme parée du vernis chaud du lever du soleil au couchant ....

M. Desbiolles fait renaître l'incandescence d'une après - midi d'amour très lointaine , vivante, colorée, poétique, sensuelle , la lumière flamboyante d'un grand amour perdu autant que la douleur du deuil et de son temps étiré infiniment....
Ce livre court au style remarquable : symphonie de couleurs , d'images , beauté exquise de la nature : abeilles, campagne, étendue de pays plat et découvert, ruisseaux et rivières, fleurs fraîches , temps accumulant les vécus , les vieux, la mort , la guerre, les pierres , les campagnes oubliées, la dureté, du monde , procurent des émotions puissantes au lecteur .
Ces vieilleries confites mêlées à l'odeur «  culottée » de la mémoire sans oublier l'accomplissement morbide de la fin où Anchise a choisi de s'arrêter donnent à cet ouvrage une incroyable beauté ,à la fois intime et universelle.
Grand merci à Sabine qui m'a permise de l'emprunter à la médiathèque.
Une oeuvre qui a reçu le Prix Femina en 1999.
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sabine59
  02 août 2020

Un court roman qui a obtenu le prix Femina 1999, et que j'ai découvert par hasard au village du livre belge de Redu ( pour anecdote, j'y ai croisé Benoît Poelvoorde!)
Un texte évoquant la désolation de la vieillesse, de la solitude, dans un hameau de l'arrière-pays niçois. Un texte pourtant de toute beauté. Un style vraiment superbe, tour à tour lapidaire, sec, et poétique, ample, enfiévré. C'est cette belle écriture particulière qui emporte le lecteur, et lui fait aborder l'histoire plombante et triste de facon plus légère.
Blanche et Anchise, quel bel amour trop tôt consumé! Leur envol dans le vent, leur fusion dans l'or des mimosas...Quelle longue attente , après la mort de sa jeune femme, pour cet homme embrasé, quelles étincelles presque éteintes, quelle folie... Tout se brouille, la mémoire, le grand âge dessèche tout. le silence aussi, les voisins à qui il ne parle plus. A quoi bon?
Ce livre pourrait paraître empli de désespérance, il l'est, certes, mais la plume de l'auteure transfigure tout. Une découverte intéressante.
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Mijouet
  23 octobre 2012
Mijouet semble avoir le coup de trouver chez Emmaüs des livres annotés.
Peu après avoir lu la critique d'" Anchise" de Maryline Desbiolles que nous avons appréciée de la plume de "MarianneDesroziers", il s'est mis à sa recherche et en a trouvé un exemplaire chez ses copains chiffonniers.
Le début de ce livre n'est pas d'une allégresse délirante loin de là, on est d'accord, Mais lorsque Mijouet découvre sur la page de titre cette note écrite au crayon:
"le 17 dec 99
debut vac. Noël
Je ne supporte plus personne...
Je craque..."
Alors, pour Mijouet, celle-là est difficile à avaler !
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DianaAuzou
  26 novembre 2019
Anchise, le vieux boiteux, vit seul à la campagne, avec un seul souvenir : sa belle femme, la Blanche, morte très jeune, mais "il ne se souvient pas car il n'a pas oublié" il porte sa Blanche en lui, elle est son présent et son passé. Anchise est une mémoire.
Le temps accumule les pertes et le vécu : la guerre, les morts, les vieux, les maisons, les pierres, la campagne oubliée, un temps présent vivant de son passé, un temps de deuil sans fin.
Roman de lumière éblouissante, au lever du soleil comme au coucher, il se fait une symphonie de couleurs et de lumière, un requiem à la couleur et à la lumière, une peinture, un envol.
Ecriture en empathie, précise, sans fioritures, sans ajout, sans dialogues, elle présente l'état des choses et de l'âme, ce qui la rend extrêmement puissante comme émotion, très douce comme lecture.
Les propres mots de Maryline Desbiolles : "Je cherche à m'approprier le monde, à ce que mon écriture lui soit adéquate."
Que peut-on ajouter de plus ?
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MarianneDesroziers
  12 mai 2010
C'est un vieil homme qui se souvient de l'amour de sa vie avant de s'immoler dans sa voiture sur une route déserte de l'arrière pays niçois, région désolée et abandonnée de tous, comme ses vieux habitants qui ne se font pas de cadeau (le voisin de Anchise - le héros du roman - l'appelle " ce con là " sans soupçonner les richesses que cet homme recèle en lui et qu'il garde comme un secret).
Superbe roman au style remarquable, à la fois limpide, direct et sensuel pour parler de la dureté de ce monde, de la beauté de la nature (les abeilles, le ruisseau), de l'histoire d'amour, du deuil et de la vieillesse.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   08 août 2020
«  L’air autour d'eux palpitait comme la gorge d’un pigeon , affolé, avide, mais dans un incroyable silence non pas parfait mais éclatant , un silence non pas de mort mais du monde encore à naître.
Ils se sentaient tout simplement élus par ce silence comme par l’opulence du parfum qui se déversait à brassées sur eux—- Ils ne doutaient de rien, ils auraient marché pieds nus sur le feu—-
Ce fut là leur voyage de noce » .
+ Lire la suite
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ophrysophrys   01 novembre 2011
Quand tout est accompli, que la carcasse noircie de la voiture continue d’épingler l’après-midi qui s’éteint, quelque chose se rompt doucement, on s’aperçoit qu’on est pris dedans, dans le vacarme de la campagne qu’on entend enfin, le vent léger dans le peuplier qui tremble, l’impatience des fauvettes, le caquet des perdrix rouges, un merle, une alouette lulu s’échinant à discourir entre les cris hirsutes des geais, l’aboiement des chiens, des voix d’enfants dans le vallon et plus loin l’aigle de Bonelli qui lâche sa plainte brève, aigüe comme une pierre fine, sans compter tout ce qu’on ne sait pas reconnaître ni la moisson crissante des insectes. La campagne c’est cette musique, cette agitation de branches, de feuilles et de cris qui s’enfle et s’architecture quand on ferme les yeux.
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sabine59sabine59   05 août 2020
Il s'endormit sous l'aile des mots du vent , sous les grandes plumes du vent qui emporte et qui lave, qui fait étinceler les arbres et les collines et la lumière , oh la lumière, comme si son embrasement couvait jusque là dans le ciel.
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DianaAuzouDianaAuzou   25 novembre 2019
L'air autour d'eux palpitait comme la gorge d'un pigeon, affolé, avide, mais dans un incroyable silence, un silence non pas parfait mais éclatant, un silence non pas de mort mais du monde encore à naître. Ils se sentaient tout simplement élus par ce silence comme par l'opulence du parfum qui se déversait à brassées sur eux. Ils ne doutaient de rien, ils auraient marché pieds nus sur le feu. Ils restèrent ainsi longtemps dans le froid, jusqu'à ce que la nuit tombe. Ce fut là leur voyage de noces.
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sabine59sabine59   05 août 2020
Les mimosas étaient en fleur. Il faisait encore froid mais le soleil éblouissait et le jaune des grappes entêtait la colline. Ils prirent un chemin où les arbrisseaux de chaque côté ployaient sous l'abondance du parfum et formaient un arceau lumineux. On ne voyait plus le ciel.
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Maryline Desbiolles - le beau temps .Maryline Desbiolles vous présente son ouvrage "Le beau temps" aux éditions Seuil. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/desbiolles-maryline-beau-temps-9782021241525.html Notes de Musique : le quai des brumes Jaubert - largo. ® www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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