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ISBN : 208141421X
Éditeur : Flammarion (03/01/2018)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Après la perte de son père, François décide de quitter sa morne ville pour la lumière et la gaieté méridionales, dans la région de Fréjus. Il tombe amoureux de Louise, la fille d'un producteur de pêches, et promet de l'épouser.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  03 avril 2018
L'auteur nous plonge au coeur de la nuit du 2 decembre 1959..
Quand le barrage hydraulique de Malpasset céda, détruisant tout sur son passage, emportant plus de 423 habitants de la vallée, soudain " gainés de boue , méconnaissables ", dont 150 enfants , pour la plupart touchés en plein sommeil , faisant 79 orphelins .......
Elle met en scène François, un jeune homme venu d'Ugine, sa ville natale, cette cité- usine , de la sombre vallée de la Maurienne , afin de participer à la construction du barrage .
François , confiant dans le progrès social découvre ce territoire du Sud, où l'été , là- bas est vaste comme la mer .
Il aime prendre des photos avec l'appareil qu'il s'offre avec sa 1ère paie .
Quand il croise Louise Cassagne, fille d'un riche producteur fruitier, opposé à la construction du barrage, il trouve qu'elle a l'allure d'une danseuse avec ses espadrilles à lacets , ils vont au cinéma ensemble , se fréquentent ........
De santé fragile, elle part en cure et cesse de donner de ses nouvelles .
Malheureux , au printemps suivant , François aura vingt ans : la classe 55.
Très vite, il y aura " la sale guerre ", les Aurès, l'ennui, l'embuscade, la chaleur , la peur, la douleur lancinante, l'alcool, beaucoup, beaucoup d'alcool .........
L'auteur ne conte pas seulement la chronique des années d'apprentissage de François mais c'est aussi l'histoire des " Ruptures, familiale avec la disparition du pére, géographique lorsqu'il quitte sa ville, violence amoureuse douloureuse avec le silence soudain de Louise ( "ce n'est pas une fille pour toi," disait son ami René ) , .-Rupture naturelle lorsque la construction monumentale se transformera en tombeau !
Rupture aurait pu prendre un "S".
C'est un roman court à l'écriture simple , juste , mais ciselée, lumineuse comme les ciels de là- bas, où l'auteur , amoureuse de la nature, devient le porte parole de tous ces morts ensevelis , ces voix qui se sont tues, après ce bruit épouvantable, le grondement assourdissant de plus de cinquante millions de mètres cubes d'eau et l'énorme vague déferlante renversant tout sur son passage , comme dix avalanches à la fois !
Un ouvrage fort, pétri d'émotions , qui retrace cette violence , ces faits vrais , avec une grande justesse !
L'auteur est née à Ugine .
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ninachevalier
  11 juillet 2018

Maryline Desbiolles revisite la tragédie de Malpasset (1959).
Elle retrace la construction du barrage, le quotidien de deux jeunes ouvriers fiers d'y participer. Ils ont quitté leur usine sombre d'Ugine pour travailler «  à ciel couvert », la pénibilité compensée par la liberté, la «  pleine lumière », la beauté de la vallée rose. Une idylle naissante transcende François, mais le voici envoyé en Algérie.
Un récit qui interroge sur la pérennité d 'un « ouvrage d'art », sa solidité, ainsi que sur les responsabilités dans ce drame. Roman, basé sur les contrastes, hanté par le spectre du père disparu, des victimes .
L'eau omniprésente dans tous ses états : ça suinte, ruisselle, jaillit, cascade. L'inquiétude grandit,soudain une vision d'apocalypse !
Par une écriture nerveuse, cinématographique,un style anaphorique,l'auteure rend avec réalisme l' intensité de l'indicible. On ferme le livre, pourtant saturé de couleurs, plongé dans le noir comme au début,hébété, abasourdi par ce bruit terrifiant de la déferlante qui balaye tout, mêlé aux hurlements, au tocsin.
Une lecture qui provoque un vrai tsunami émotionnel devant ce paysage de désolation. Prégnant. Déchirant mais teinté de poésie.
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ChristelleH
  14 juillet 2018
Voici un court roman haletant que j'ai à peine lâché tellement je me suis sentie « ensorcelée » par cette histoire et son personnage principal. Peut-être un roman d'apprentissage en plus du récit d'une tragédie qui a fait 423 morts et dont j'ignorais absolument tout, ?
L'écriture est précise, hachée et dissèque la vie du protagoniste ; le récit est au présent et je trouve que cela érige une distance avec le lecteur, mais une distance bienveillante, comme si on observait quelqu'un. Ce présent instaure aussi une sorte d'urgence, un suspens déclaré dans les 3ères pages. L'auteure a su parfaitement faire revivre cette époque troublée des années 50, l'après-guerre mais aussi l'Algérie et ses événements dramatiques.
François est tout jeune lorsque, dans les années 50, il participe à la construction d'un barrage surplombant Fréjus. Ce jeune homme humble descend des montagnes d'Ugine, heureux de s'émanciper de sa mère mais aussi de quitter son climat froid et le gris des aciéries pour une vallée rose de pêchers et le soleil des plages varoises. Son enfance rude en pleine guerre et la disparition brutale mais inexpliquée de son père ont fait de lui un être solitaire, sensible, réservé, un peu farouche. Cette nouvelle vie au soleil lui plaît, il s'épanouit d'autant plus qu'il est amoureux d'une jeune étudiante, Louise. Mais bientôt des jours sombres s'emparent de lui : Louise le quitte et François est appelé pour l'Algérie. A son retour sur le continent, il travaille à la construction d‘une autoroute située au-dessous du barrage et peut s'émerveiller chaque jour de l'ouvrage incroyable auquel il a participé. Mais l'automne 59 est exceptionnellement pluvieux…
Le titre « rupture » vaut pour la rupture de François avec sa jeunesse dans les montagnes, la rupture depuis son retour d'Algérie avec l' »ancien » François, la rupture abrupte avec son amie Louise mais bien évidemment surtout pour la rupture du barrage de Malpasset.
Bref, je trouve que ce roman est un petit joyau. Il y règne la même atmosphère que dans Un Loup pour l'Homme, de Brigitte Giraud.
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Walden-88
  26 novembre 2017
François et son ami René sont embauchés en tant que manoeuvre sur le chantier du barrage de Malpasset, près de Fréjus. Nous sommes en 1953 et les deux savoyards d'Ugine découvrent la mer e la vallée rose, les fêtes de villages, le "foyer" où les ouvriers jouent aux cartes et discutent des affaires du monde. Mais François aime la solitude, faire des promenades à pied ou à vélo, seul, loin de des autres et de René. Il s'achète un appareil photo, un Kodak Reflex et s'initie à cet art nouveau. Un soir qu'il rentre chez lui, il fait la connaissance de Louise Cassagne, un petit brin de femme, bien fragile. Il sait qu'il va l'aimer et que la chose est réciproque ainsi il reste tout le temps de la construction du barrage même lorsque René file à Paris pour travailler chez Renault. A la fin de l'été, Louise repart à Marseille pour étudier la médecine et lui aide le père de son amoureuse qui est un des plus gros producteur de pêches du coin. "Pas une fille pour toi" lui dit-on pourtant François croit en cet amour autant qu'en la solidité du barrage...
Un court roman dont j'ai aimais la première partie, les descriptions de cette région, ce nouveau tournant que prend la vie du narrateur. La seconde m'a un peu déçu, on passe trop vite d'un élément à un autre et la fin est trop rapide. Ce texte sur fond de guerre d'Algérie (dommage que l'auteur ne développe pas plus ce thème), nous montre que la vie tient parfois à un fil et que l'homme se berce souvent d'illusions. A noter que cette catastrophe a réellement eu lieu, chose dont je n'avais jamais entendu parler.
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Beatrice258
  04 mai 2018
Je pense que le récit concernant directement la "rupture" du barrage est trop succinct...
(La guerre d'Algérie s'invite au milieu, sur une vingtaine de pages interminables, ce n'était pas le but de ma lecture)
L'auteur a donc choisi de nous parler, seulement sur quelques pages au début et sur une dizaine de pages à la fin du livre, de façon concrète du drame et du séïsme de cette catastrophe pour la population. (Pour le reste, c'est la roche choisie, le type de construction, les travaux hydrauliques, la vanne de vidange , l'architecte, l'ingénieur du génie civil etc...intéressant dans une certaine mesure pour les plus érudits)
L'ensemble est bien relaté et avec justesse, mais insuffisant ; il y avait encore matière à fournir pour enrichir le sujet (enquêtes, responsabilités, mise en place d'aides diverses pour la population, etc...) C'est dommage car il me reste une impression d'inachevé .Certes, on obtient ces renseignements en faisant des recherches nous-mêmes (ce que j'ai fait d'ailleurs) mais ces informations essentielles, auraient dues être mentionnées dans un épilogue, inexistant ici.
Pour terminer : je cite un passage remarquable dans l'ouvrage , qui pour moi reflète parfaitement la sagesse des anciens :
"on a tous besoin d'eau, mais construire un barrage à Malpasset ! au Mau Passet, mauvais passage, mauvais pas ; pas seulement un lieu mal choisi, mais un méchant lieu. le Mauvais, tu connais ? le barrage il est construit à l'endroit du diable".
Je ne regrette pas ma lecture, et je conseille ce livre.
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critiques presse (1)
Lexpress   15 janvier 2018
La chronique des années d'apprentissage d'un jeune Savoyard plongé dans les heurs et malheurs d'une vallée varoise.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   03 avril 2018
"Louise entraîne François dans les genêts follement jaunes, les fleurs froissées ,les fleurs roses des cistes cotonneux, les buissons de lentisques, dans les odeurs mêlées qui infusent sous la chaleur précoce et montent à la tête ....."
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EveduChambonEveduChambon   03 juillet 2018
S'occuper des blessés, réconforter les vivants qui ont tout perdu, les soixante-dix-neuf orphelins, déblayer, retrouver les morts. Quatre cent vingt-trois morts, dont cent cinquante enfants, pour la plupart emportés dans leur sommeil. Retrouver les morts que la mer va rejeter sur les plages heureuses baignées à nouveau de soleil. Mais surtout ceux que la terre a retenus. Les morts dans leur gangue de boue, méconnaissables dans leur étui serré.
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rkhettaouirkhettaoui   19 août 2018
Lorsque son père avait disparu, François avait un peu plus de huit ans. Il avait attendu son père, l’avait espéré chaque jour. Il avait tout imaginé, même que son père avait rejoint Giuseppe à Vercelli, qu’il était parti dans la montagne avec les résistants, qu’il s’était fait prendre par les Allemands ou, à l’inverse, s’était fait enrôler par eux. Le plus probable lui paraissait parfois que son père s’était fait avaler par le brouillard. Sa mère était allée à la gendarmerie où son père avait été déclaré absent et non pas disparu. Absent, c’était le bon mot en effet, le mot qui convenait. Un an après peut-être, les gendarmes étaient venus à la maison. Ils avaient apporté à sa mère un certificat de vaines recherches pour faire valoir ce que de droit. François ne comprenait ni les vaines recherches ni le valoir, encore moins le droit. Il n’avait pas eu peur des gendarmes, il les avait déjà vus, c’était une petite ville. Les gendarmes étaient aimables, ils lui souriaient gentiment, mais lorsque l’un d’eux fit le geste de lui caresser les cheveux, il se déroba et tenta de s’enfuir. Ce qui l’étonna lui-même. Il ne se voyait pas en petit sauvage, mais peut-être, au fond, l’était-il.
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rkhettaouirkhettaoui   19 août 2018
L’Algérie le déboussole, François commence de tout mélanger, d’oublier, de confondre, et la météo ne l’aide pas à démêler le vrai du faux. En janvier, il fait une grande douceur, et puis il pleut beaucoup et il vente encore plus. On ne compte plus les tempêtes. En février, le redoux succède plusieurs fois au gel et début mars, il neige jusque sur la plage. Et puis la douceur reprend le dessus.
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rkhettaouirkhettaoui   19 août 2018
Ils n’ont pas connu la montagne de leur pays de naissance, mais la mer est à eux, la mer est à tout le monde. Le boulevard leur découvre la mer. Elle est d’abord comme une nouvelle place, immense, scintillant tout au bout de la rue, puis il n’y a plus de rue qui tienne, ni de ville, ni de chantier, ni de pays d’où on vient, ni rien que la mer. Ils se déshabillent, ils n’ont pas de maillot de bain, ils sont en slip, un peu ridicules, mais ce n’est pas grave, ils sont seuls, c’est l’heure du repas de midi, du repas du dimanche, l’eau est froide, François a un peu d’appréhension, il craint que la mer le happe, il ne sait pas nager, pas plus que René qui entre dans l’eau en poussant des cris, il éclabousse François, ils chahutent tous deux au bord de l’eau, la mer est à eux, la mer est à tout le monde.
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Maryline Desbiolles - le beau temps .Maryline Desbiolles vous présente son ouvrage "Le beau temps" aux éditions Seuil. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/desbiolles-maryline-beau-temps-9782021241525.html Notes de Musique : le quai des brumes Jaubert - largo. ® www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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