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EAN : 9782221245675
Éditeur : Robert Laffont (22/08/2019)
3.57/5   90 notes
Résumé :
Deux époques entrelacées, deux histoires d'amour qui se confondent en une chasse au trésor fiévreuse et romantique dans les rues de Londres.1793. Le jeune Chateaubriand s'est exilé à Londres pour échapper à la Terreur. Sans argent, l'estomac vide, il tente de survivre tout en poursuivant son rêve de devenir écrivain. Un soir, tandis qu'il visite l'abbaye de Westminster, il se retrouve enfermé parmi les sépultures royales. Il y fera une rencontre inattendue : une jeu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
3,57

sur 90 notes

Cannetille
  15 octobre 2019
A la mort de l'éminent professeur de littérature française Joe J. Stockholm, son fils, en l'occurrence le narrateur, découvre le plan de l'ultime ouvrage que préparait le vieil homme, et qui devait être consacré aux amours De Chateaubriand. Curieusement, il semblait beaucoup s'intéresser à un détail des Mémoires d'Outre-Tombe : l'allusion à un baiser et à une petite sonneuse de cloches de l'abbaye de Westminster. le fils décide de se rendre à Londres sur les traces de la mystérieuse jeune fille. Ses découvertes vont bouleverser sa propre existence.

Jérôme Attal s'empare d'un véritable mais infime élément de l'oeuvre De Chateaubriand, pour broder une histoire dédoublée, au travers de plus de deux siècles, par un habile jeu de miroirs. Avec pour point focal la découverte du grand amour romantique, vont s'entremêler l'évocation historique, faisant revivre avec réalisme le Chateaubriand de 1793, émigré à Londres pour fuir la Terreur française, écrivain en devenir pour l'heure dans le plus grand dénuement, et la quête contemporaine du narrateur.

J'ai beaucoup aimé l'originalité du sujet et de la construction, la force et la crédibilité de l'immersion historique, ainsi que l'humour et la belle écriture travaillée, ornée de jolies trouvailles et de tournures poétiques. Malheureusement, après (et sans doute en raison de) mon enthousiasme du début, une certaine frustration s'est peu à peu installée chez moi, alors que tension et mystère disparaissaient rapidement pour céder la place à une intrigue romantique, certes jolie, mais somme toute assez banale. Après une alléchante mise en appétit, je suis en quelque sorte restée sur ma faim, un goût de trop peu ou d'inachevé en bouche.

Brillant sur la forme, tant par la construction du récit que par le style de l'écriture, La petite sonneuse de cloches ne m'a pas semblé tenir toutes les promesses que son idée originale avait fait résonner en moi : je garde l'impression globale d'un bon livre certes, mais après avoir cru pendant tout le début qu'il serait un coup de coeur. La déception est toute relative, mais dominante néanmoins. Dommage.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Commenter  J’apprécie          734
ninachevalier
  20 août 2019

Jérôme Attal a l'art de débusquer l'entrefilet qui débouchera sur un roman.
Pour 37, étoiles filantes, c'est une anecdote méconnue autour de la brouille entre Sartre et Giacometti qui lui sert de prétexte.
Pour ce roman, c'est une ligne trouvée dans un paragraphe des Mémoires d'outre-tombe, que l'auteur cite « J'entendis le bruit d'un baiser, et la cloche tinta le point du jour ».
Le récit d'ouverture campe un personnage dont on ne connaît au début, que le prénom, se dirigeant chez un « gentil dentiste ». Son apparence physique ( teint cadavérique) et son accoutrement choquent une patiente. Elle lui trouve cependant « du charme » émanant de ses « yeux ardents ».
Ce chevalier de vingt-cinq ans, qui a déjà bourlingué, redoute la séance de torture qui l'attend. Moment d'incompréhension et d'effroi quand on lui parle d'introduire « un pélican » dans sa bouche ! le dentiste, mal perruqué, en guise d'anesthésie, lui conseille de se focaliser sur un souvenir agréable. Pour Chateaubriand et non « Chat O'Bryan », ce sera le BAISER qui a scellé sa rencontre avec la petite sonneuse de cloches dans l'abbaye de Westminster tout dernièrement.
Ce fait divers intéresse d'autant le professeur Joe J.Stockholm qu'il a entrepris de publier un nouvel ouvrage sur ce Français exilé à Londres, relatant les amours de « l'écrivain, grand coureur de jupons ». Projet qu'il n'aura pas pu, hélas, mener à son terme. La canicule de 2003 l'emporte, plongeant son fils, Joachim, dans un total désarroi qui « siphonne son coeur ».
En possession du cahier de liaison de son « Daddy », il découvre le plan détaillé de son projet, ce qui va le motiver pour entreprendre de poursuivre les recherches de feu son père. le narrateur brosse un portrait de son paternel pétri d'amour : professeur célèbre, à « la générosité au-delà de la moyenne », au charme irrésistible ». Il avait
la littérature chevillée au corps, on pourrait dire jusqu'au pied, avec « sa pantoufle frappée de l'effigie d'Edgar Allan Poe » ! C'est grâce à sa bibliothèque que le fils a rencontré la littérature et a été biberonné à la poésie de Brautigan !

Et voici le romancier qui nous embarque à Londres en Eurostar pour suivre Joachim dans son « enquête familiale ». IL tient à honorer la mémoire de son père, comprendre sa fascination pour cette quête et espère résoudre cette énigme laissée en suspens. D'un côté, le doute le taraude : « la gamine n'aurait jamais existé » ! de l'autre il est galvanisé par le passager croisé qui lui conseille de foncer.
Il sera secondé par un collègue de son père, Marin Maret qui lui a donné rendez-vous au Wolseley, endroit chic, fréquenté en son temps par Lucian Freud, cité en exergue.
Les rencontres providentielles se multiplient : avec Damien, un des sonneurs de cloches et avec Miss Silsburn, la gardienne des trésors de la bibliothèque de Westminster.
Le récit devient haletant quand celle-ci constate le vol des registres qu'elle
voulait exhumer des archives pour permettre à Joachim d'effectuer ses recherches !
Quelle étrange coïncidence ! Qui peut bien être la personne qui s'intéresse au même sujet que lui ? Serait-elle Mirabel, la bibliothécaire de Marylebone, aux « cheveux fins couleur miel »? Plutôt que de prévenir la police, Joachim promet de remonter jusqu'à elle. On est embarqué dans cette chasse au trésor, toujours dans des dédales de couloirs, cette fois dans une autre bibliothèque. Aussi futé que Sherlock Holmes, il les tient les documents volés sauf qu'une collision frontale avec la « petite voleuse » s'avère brûlante et douloureuse.
Il lui reste à comprendre pourquoi elle voulait consulter les mêmes archives que lui !
Serait-elle une descendante De Chateaubriand ? Elle alimente le mystère, lui promettant de lui remettre « quelque chose » lors d'une fête à laquelle elle le convie. Posséderait-elle des lettres ?
Rebondissement : méprise de Marin, quant au contenu de cet objet, ce qui lui vaut la colère de Joachim qui l'accuse d'être « un chateaubrigand ».
Au chapitre II, on retrouve le jeune chevalier, croisé en ouverture du roman, « la joue enflée comme la poche d'un pélican », à la recherche de pitance et désireux d'écrire et totalement tourneboulé par sa rencontre avec la petite sonneuse. Il ressent « le premier feu de l'amour ». Comment la retrouver ? En pistant le père !
Au chapitre IV, on suit le déménagement De Chateaubriand pour une mansarde dans le quartier de Violet, celle pour qui son coeur bat. Vont-ils se croiser ? Se parler ?
Joachim arpente, écume tous les quartiers que le migrant Chateaubriand et Violet ont fréquentés ainsi que celui où Mirabel travaille. Un conseil : consulter une carte pour repérer tous ces lieux cités : Soho ,Holborn, Chinatown St James's Park, the Strand, les quartiers de Bloomsbury, de Marylebone, Shaftesbury Avenue, Cavendish Square Gardens, Oxford Street, Regent Street, Carnaby street, Piccadilly Circus, Covent Garden, Drury Lane…
La mise en parallèle du Londres fréquenté par Chateaubriand ( aux « venelles infâmes », avec ses chaises à porteurs, ses colporteurs, « les cabriolets jaunes de filles de Covent Garden », un Londres, en novembre, noyé dans une « purée de pois mouchetée de charbon », où l'on croise des renards faméliques le long de la Tamise) et du Londres actuel où se fond Joachim, permet de capter sa métamorphose. Londres sous la pluie avec « des passants plus lestes que des gouttes de pluie sur un carreau » et « des sirènes iridescentes ». Londres gourmand avec les stands de cupcakes, de carrot cakes, les pyramides de « gingerbread muffins », les « marmelades de Fortnum and Mason ».
Quant à la libraire Deboffe dont Chateaubriand «  parle abondamment dans ses Mémoires », elle a fait place à un restaurant chinois.
Jérôme Attal aime apporter une trame historique à ses romans : ici il distille en filigrane des allusions à « la France qui chavire inexorablement dans la terreur », « pays de la beauté et de la terreur. de la splendeur et de l'incendie. », d'où ces migrants qui trouvent refuge en Angleterre.
La précision avec laquelle il décrit les lieux (abbaye de Westminster, bibliothèques de Westminster et de Marylebone) donne de la force au récit. La beauté irradie des portraits de Violet et Mirabel aux prénoms savoureux et au charme magnétique.

Dans ce livre-ci on devine « le garçon sensible » qui y a mis « tout son coeur », qui lui aussi, à la période de Noël, arbore « un pull de Noël », qui ne cesse de convoquer les souvenirs de ses parents. Il nous fait partager la culture britannique, comme les « soldiers » qui correspondent à nos « mouillettes » ou «  les Scottish eggs », la porcelaine Emma Bridgewater. Il rend un hommage indirect à sa Majesté la reine, rappelant la date du 17 novembre, jour anniversaire de son accession au trône.

Jérôme Attal distille des réflexions sur la vie, l'amour : « Il n'y a pas de permanence à la félicité. » Il explore l'état amoureux (« On ne prémédite pas de tomber dingue d'une personne. ») et s'interroge sur l'empreinte que nous laissons. Il garde son sens de la formule qui fait mouche et le lecteur, conquis, se surprend à souligner sans fin toutes ces expressions originales, inattendues (« des cheveux montés en cumulonimbus », « un croissant de lune en travers de la gorge » !). de plus, il jongle avec les comparaisons et les jeux de mots et nous en amuse !Par exemple :« aimable et usant. Aimusant », ou « embauchée/débauchée », «  Gog et Magog/démagogues », Mirabel/Mira-Bell ».
Jérôme Attal, le plus British de nos écrivains français, un amoureux invétéré de Londres souligne la propension des Anglais à finir leurs phrases par une interrogation, ce que l'on enseigne comme des « question tags » !
En revisitant une tranche de la vie De Chateaubriand, l'auteur nous incite à lire ou relire ses Mémoires. Avec cette immersion dans Londres, l'écrivain nous donne une envie d'escapade sur les traces de son enquêteur afin de visiter Westminster Abbey. Jérôme Attal gagne notre empathie avec sa touchante confession en clôture du roman. Il nous offre une déambulation éclectique dans la littérature (Duras, Salinger, Austen, Bataille) et la peinture (National Gallery, Boudin, Monet, Staël) et une réflexion sur le rôle de l'écrivain poète : « Laisser au lecteur quelque chose de beau dans la tête, quand il tourne la page ». Pari gagné avec cette passionnante et haletante double quête amoureuse au souffle romanesque puissant. Dans ce roman, le troubadour des lettres « a logé tout son coeur. », sa fantaisie, sa sensibilité, son humour et sa poésie.
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jeunejane
  19 novembre 2020
Au début des années 2000, un professeur de lettres meurt dans un hôpital où il a laissé un carnet de liaison avec son infirmière car il ne peut plus parler.
Ce n'est pas seulement un carnet de liaison car son fils Joachim découvre que son père travaillait sur le séjour qu'a effectué Chateaubriand , réfugié à Londres en 1793 pour échapper à la Terreur.
Il parle de la petite sonneuse de cloches de l'abbaye de Westminster et de son baiser furtif. Il est aussi question de cet épisode dans les Mémoires d'outre-tombe.
Joachim décide de continuer le travail de son père et part à Londres où il rencontre un ami de son père et s'aperçoit qu'une jeune bibliothécaire s'intéresse aux mêmes recherches que lui.
Certaines scènes sont étonnantes comme les sonneurs de cloches de Westminster à notre époque . le moment où Chateaubriand arrive à Londres en 1793, affublé d'une rage de dents est très colorée. Il arrive chez un dentiste très original qui le qualifie d'émigré. Et oui, il arrive d'une France en plein tumulte après tout, où les nobles et les nantis ont intérêt à disparaître pour quelques temps.
Ce détail de la vie De Chateaubriand m'a bien intéressée.
Le texte est remarquable, très harmonieux, admirablement exprimé, très original.
J'ai dû faire des efforts pour rester dans l'ambiance du livre mais c'est très personnel.
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Eve-Yeshe
  12 décembre 2019
L'idée de départ est originale : alors que son père Joe J Stockholm, spécialiste De Chateaubriand, vient de mourir, Joachim s'aperçoit que dans son dernier opus, il s'intéressait à une petite sonneuse de cloche.
Tout part d'une phrase dans les « Mémoires d'Outre-tombe » : « J'entendis le bruit d'un baiser, et la cloche tinta le point du jour ». S'agit-il d'une histoire d'amour méconnue De Chateaubriand, alors qu'il était en exil à Londres en 1793 ?
Joachim, aidé d'un ami de son père, qui croit que cette jeune fille n'existe pas, et qu'elle sort tout droit de l'imagination fertile du Chevalier, dont la vie sentimentale fût mouvementée. Il nous emmène donc sur les traces du grand homme, via l'Eurostar, et tente de refaire le parcours de François-René dans les rues de Londres de l'époque.
Tout commence par un rendez-vous chez le dentiste (le gentil dentiste dit-il) pour Chateaubriand, pour un arrachage de dent, avec en guise d'anesthésie une « ébauche d'hypnothérapie ». Il se rend ensuite à l'Abbaye de Westminster, où reposent des hommes célèbres, s'y laisse enfermer et un baiser le réveille.
On va ainsi alterner le parcours De Chateaubriand dans le Londres de l'époque, à la recherche de la jeune fille dont il pense être tombé amoureux et ses conditions de vie on ne peut plus précaires et celui de Joachim qui se lance sur ses traces, pour vérifier si la petite sonneuse de cloches existe vraiment.
J'ai choisi ce livre pour Chateaubriand, évidemment, et découvrir un petit secret dans sa vie, pourquoi pas ? Mais, déception car on a droit à une « historiette d'amour » dans histoire d'amour…
Dommage, car Jérôme Attal écrit vraiment très bien et son sujet était prometteur. J'ai lu, il y a longtemps, un livre sur les histoires d'amour du Chevalier, écrit par un autre spécialiste De Chateaubriand, alias Jean d'Ormesson, : « mon dernier rêve sera pour vous » qui m'a laissé un grand souvenir…
Il m'avait convaincue de lire « Les Mémoires d'Outre-tombe » qui trônent fièrement dans ma bibliothèque et que…. Je n'ai pas encore lues !
J'ai quand même passé un agréable moment de lecture, car la plume de l'auteur m'a plu. Jolie petite histoire. Et, la couverture est très jolie.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Robert Laffont qui m'ont permis de découvrir ce livre et son auteur.
#LaPetiteSonneuseDeCloches #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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paroles
  05 janvier 2021
J'aurais aimé me perdre dans les rues de Londres, me cacher dans ce brouillard si propice aux rencontres, aux intrigues, mais le fog londonien ne m'a pas enveloppée de son étrange sensation. Je suis restée hors de sa portée et je le regrette. Oui, je le regrette car cette petite histoire entre François-René de Chateaubriand et cette sonneuse de cloches qui lui aurait donné un baiser dans l'abbaye de Westminster, avait quelque chose de romantique, de doux, de surnaturel...
« J'entendis le bruit d'un baiser, et la cloche tinta le point du jour ».
Quelle belle idée de développer une accroche des Mémoires d'Outre-Tombe ! Rien qu'un détail pourtant, mais une fiévreuse recherche de l'amour, la nostalgie d'un bref moment partagé.
Une construction de roman originale aussi : deux histoires construites en parallèle, celle du Chevalier exilé à Londres en 1793 (fuyant la Terreur qui sévit en France) et celle du narrateur en 2003.
Une écriture soignée, riche de mille tournures, parfois teintées d'humour...
Tout cela est très bien, rien à dire. Mais je ne ressens pas ce sentiment de plénitude qui me traverse quand j'ai terminé un bon roman. Il me manque quelque chose que je ne sais définir... Peut-être faut-il laisser les fantômes dormir.
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Citations et extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   15 octobre 2019
Il repère ses compatriotes à la manière embarrassée dont ils marchent. Cette fâcheuse habitude de cacher de l’argent dans leurs bottes. Voilà ce qu’on leur a conseillé de faire sur le bateau pendant la traversée, avant de prendre la diligence pour Londres, dans la crainte que les six chevaux ne soient arrêtés par le cocher au moment où, émergeant du brouillard, des bandits de grand chemin les rançonnent. Bien sûr, sous ces climats hostiles, il ne faut pas attendre des gredins qu’ils soient nés de la dernière pluie, et la première chose que les bandits demandent aux migrants apeurés qui tombent dans leur embuscade est de se déchausser. Raison pour laquelle ces dames et sieurs de la cour qui ont su se soustraire à la vindicte populaire se retrouvent pour la plupart pieds nus en arrivant à Londres, le cou à l’abri mais la gorge prise. (Nous sommes en 1793).
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jeunejanejeunejane   19 novembre 2020
C'était un cahier de liaison avec l'infirmière. Parce qu'à cause du cancer, il ne pouvait plus articuler un mot. Un cahier à l'envers duquel, sur plusieurs pages libres, il avait dressé le plan de son prochain livre. Une histoire de Chateaubriand par ses amours, ses conquêtes féminines. Il avait le pressentiment que cette petite Anglaise des Mémoires avait eu, si je puis dire, un retentissement plus important dans le cœur de l'écrivain.
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mariechmariech   15 août 2019
Il existe a mon sens deux sortes d’individus dans la manière d’échapper à un chagrin trop brutal : ceux qui se jettent sous le dernier métro et ceux qui se précipitent dans le premier train . Bien heureux d’être des seconds , je projetais d’acheter un billet d’Eurostar une fois la période douloureuse des retrouvailles derrière nous .
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ninachevalierninachevalier   26 juillet 2019
Après tout, pensais-je,qui peut dire la place que prend telle ou telle personne sur l'instant? Puis dans le souvenir? Qui est suffisamment lucide, ou orgueilleux, pour connaître précisément le sillon qu'il creuse, l'importance qu'il laisse, dans le coeur de l'autre? D'ailleurs, ne touche-t-on pas ici à la beauté de la littérature?A son essence même?A ce qui nous bouleverse dans les livres, au-delà de l'identification qui est toujours euphorisante ou rassurante.
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MelancolyMelancoly   05 janvier 2020
Si, comme me l'avait appris Marin, nombre de contempteurs de Chateaubriand l'avaient qualifié de mythomane, une de ses descendantes pouvait très bien s'être spécialisée dans la cleptomanie. Après tout, un mythomane n'est-il pas aussi un chapardeur de souvenirs qui ne lui appartiennent pas ?
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Vidéo de Jérôme Attal
Découvrez le coup de coeur de Jérôme, libraire au Furet de Lille, qui présente le nouveau roman de Jérôme Attal "La petite sonneuse de cloches" publié aux éditions Robert Laffont. Jérôme Attal est l'un de nos invités de notre soirée "Rentrée Littéraire 2019" : https://www.furet.com/fr/catalog/product/view/id/3160260?q=jerome%20attal
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