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EAN : 9782020326452
192 pages
Éditeur : Seuil (07/11/1997)
4.32/5   125 notes
Résumé :
"Dans sa jeunesse, avant de jouer, Madeleine Renaud était obligée de sauter un repas. Et Jean-Louis Barrault était obligé de sauter Madeleine Renaud. Jacques Brel n'a jamais pu rentrer un soir en scène sans avoir dégueulé tripes et boyaux cinq minutes avant. Alors que moi c'est cinq minutes après...".
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Petitebijou
  26 janvier 2012
En 1986, j'ai eu la grande chance de voir Pierre Desproges se donner en spectacle dans une petite salle toulousaine et présenter certains des textes contenus dans ce recueil. Je connaissais l'homme de radio, l'écrivain que j'admirais énormément, et le voir sur scène découvrait un peu plus l'être humain délicieux et pudique, féroce aussi, amoureux des femmes et des vins, qui se cachait avec pudeur derrière un sourire de garnement espiègle. Je me souviens des rires suscités par ses mots, toutes sortes de rires, grinçants, émus, hilares, honteux... Ce qui rendait acceptable ce qui aujourd'hui nous semble impensable, à savoir cette insolence dévastatrice totalement iconoclaste (qui manque tant depuis qu'il n'est plus là), c'est que la première victime de sa cruauté était lui-même. Il était impitoyable dans sa lucidité envers sa petite personne, et, étant sa première victime, il nous déculpabilisait de nos rires affreux.
Mais nous sommes ici pour parler littérature, et oui, et l'épreuve du temps nous le prouve tous les jours, Pierre Desproges est un grand auteur : cultivé, raffiné, exigeant, amoureux de Vialatte et de tout un esprit français dont il est le digne héritier, son style est élégant, précis, hautement littéraire : c'est de la belle ouvrage d'un artisan méticuleux et amoureux de la langue (!). Quand chaque jour les médias recherchent un humoriste héritier de Desproges, il est certain qu'il n'en existe aucun, tant les comiques d'aujourd'hui, talentueux ou pas, ne possèdent pas la moitié de son style littéraire. Desproges restera quand tant d'autres disparaitront...
Je me souviens d'un petit groupe de jeunes femmes dont je faisais partie, toutes amoureuses de lui. Je me souviens de ce jeudi matin où France Info m'apprit sa mort. C'était en avril. J'ai beaucoup pleuré, et ça m'a coupé l'appétit.
Etonnant, non ?
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BrunoA
  07 avril 2017
Intéressant complément à tout ce que produisit Pierre Desproges, on retrouve dans ce livre des sujets qui, s'ils étaient d'actualité dans les années 80, n'en conservent pas moins un fond de polémique que l'on retrouve malheureusement encore de nos jours.
Le génie de Desproges consiste notamment à conserver cette capacité de faire rire avec des sujets souvent graves, le tout avec une finesse inégalée.
Un livre qui fait regretter de n'avoir pas vu cet artiste sur scène.
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kathy
  20 novembre 2011
Je viens de lire "Textes de scène" de Pierre Desproges.
Ces « Textes de scène » regroupent les textes des deux spectacles de Pierre Desproges (joués respectivement en 1984 et 1986) ainsi que quelques textes inédits pour un troisième spectacle qui n'a pas vu le jour.
Au cours de cette lecture, même si l'on s'aperçoit que certains textes datent - il y a 25 ans, c'étaient Léon Schwartzenberg, Sakharov, Seveso, … qui faisaient la Une de l'actualité -, on perçoit chez Pierre Desproges une faculté à nous faire rire de sujets tragiques qui sont toujours (encore malheureusement) d'actualité : le sida, le cancer, le racisme, l'antisémitisme, Hiroshima, l'idéologie totalitaire, …
L'écriture de Pierre Desproges - à la fois auteur, interprète, réunit l'humour et la lucidité, tout en y ajoutant une bonne dose d'ironie, d'effronterie, d'insolence et d'impudeur.
Textes intéressants à lire, mais rien ne vaut l'interprétation « live » sur scène, par l'auteur lui-même. Un vrai « bouffon » et beaucoup de plaisir…
(Extraits des spectacles : "Dies Irae" et "Haute coiffure", visibles sur You Tube)
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franksinatra
  30 juin 2020
Ce sont les textes du premier spectacle donné au théâtre Fontaine le 12 janvier 1984 et du deuxième one man show donné au théâtre Grévin le 1er octobre 1986 par Pierre Desproges. le premier, constitué de sketches se répondant les uns aux autres "est un cri de haine désespérée où perce néanmoins une certaine tendresse". Ces sentiments nous les retrouvons pour notre plus grand plaisir lorsqu'il se donne en spectacle deux ans plus tard et parle de lui , de la politique, des juifs ou des cintres. Un humour noir, grinçant mais d'une légèreté folle.
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daviddelpech
  26 janvier 2020
Court mais efficace
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   20 novembre 2011
D'abord, il y a la fête des mères
Ensuite, il y a la fête des pères
Et la fête des enfants ?

Pourquoi ne célébrons-nous pas chaque année la fête des enfants ? C'est la tendre pensée qui me montait au coeur, l'autre soir, tandis que j'ouvrais machinalement le tiroir aux trésors où la mère de mes enfants et moi-même engrangeons jalousement les charmants cadeaux qu'année après année les petits anges confectionnent de leurs petites mains potelées, sous la tendre férule de la maîtresse d'école.
Il y avait là, pêle-mêle, sous mes yeux éblouis d'émotion paternelle, six colliers de nouilles, trois bracelets de haricots, huit vide-poches en pots de yaourt, harmonieusement enrobés de feutrine mauve et jaune, cinq boîtes à bijoux Caprice des Dieux, et trois magnifiques pieds de lampe de chez Préfontaines, consignés, certes, mais quand on aime, on ne compte pas.
Pourquoi ne célébrons-nous pas la fête des enfants?
Pourquoi nous, et pas eux ?
Pourquoi les papas et les mamans de France, à leur tour, ne paieraient-ils pas de leur personne et n'exécuteraient-ils pas, de leurs propres mains, quelques présents, modestes et sans prétention bien sûr, mais qui s'avèreraient tellement plus précieux, au coeur de nos chers petits, que ces poupées toutes faites ou ces trains électriques sophistiqués et glacés que notre sécheresse de coeur nous pousse à leur jeter négligemment dans les bras après un baiser furtif?
Ne saurons-nous donc jamais trouver le temps de nous pencher plus affectueusement sur ces fronts graciles au-dessus de ces grands yeux brûlants aux longs cils vibrants d'un amour incapable de s'épanouir au rythme infernal de nos ambitions carriéristes dont la tyrannie nous condamne à répondre définitivement ta gueule, à l'enfant qui nous dit maman, je m'ai fait violer?
C'est promis.
Je vais vous en donner, moi, mes chéris, des jolis cadeaux faits à la main.
Je vais vous en fabriquer, moi, des Schtroumpfs pas chers, avec deux boulettes de mie de pain et quatre allumettes pour les pattes. Je vais vous en structurer des vaisseaux spatiaux en cageots de patates....
En prime, je composerai moi-même le petit compliment, et je vous le dirai moi-même au dessert, avec une révérence au début et une révérence à la fin.
Certes je doute de pouvoir atteindre dans le lyrisme les sommets extatiques où votre mère et moi-même fûmes emportés à l'écoute de la bouleversante déclaration octosyllabique de la dernière fête des mères, dont le texte, délicatement colorié, enveloppe encore le joli cache-pot William-Saurin de la dernière fête des pères.
C'était un fort beau texte. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire profiter.

"La Merveille"

Ma vie est un enchantement.
Quand je m'endors, quand je m'éveille,
Ou quand je joue, à tout moment,
Une fée douce me surveille.
Elle m'entoure de soins charmants
Cette merveille, c'est maman.
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PiatkaPiatka   12 octobre 2013
Tenez, y a une coutume du spectacle qui me les gonfle singulièrement - et d'ailleurs c'est très bien que je vous en parle dès maintenant, tout de suite -, c'est...les rappels.
C'est totalement absurde, les rappels.
Enfin, écoutez, dans la vie normale, dans la vie courante, quand un type a fini son boulot, qu'est-ce qu'il fait ? Il dit au revoir, et il s'en va. Voilà. Il ne revient pas : enfin, on n'imagine pas un plombier, par exemple, resonnant à la porte, après avoir réparé une fuite, juste pour refiler un petit coup de clé de douze.

Accents toniques
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mosaique92mosaique92   24 juillet 2020
Je ne peux pas être engagé. A part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.
Et d’abord quelle gauche? La gauche gluante d’humanisme sirupeux des eunuques à la rose?
Quelle droite? La droite des fumiers où la rose est éclose?
Quelle gauche? La gauche des cocos? Vous prêteriez votre peigne à Marchais, vous?… Marchais je ne l’accable pas, notez.
C’est un homme qui s’est fait tout seul, qui s’est hissé au premier plan, malgré une inculture et une pauvreté d’esprit qu’on ne rencontre plus guère que chez les animateurs de radios-libres.
Un homme qui a fait une carrière politique remarquable en restant persuadé toute sa vie que Marceau, Berthier et Périphérique étaient des maréchaux d’Empire.
Ne soyons pas anticommunistes primaires. D’autant qu’il suffit de lire Karl Marx pour devenir aussitôt anti-communiste secondaire. Vous avez essayé de lire Le Capital ? C’est emmerdant. Le Capital ? C’est comme l’annuaire : on tourne trois page et on décroche.
Quelle droite ? Je ne prêterais pas mon peigne à Marchais, mais je ne donnerais pas non plus mes poux à Le Pen. Il serait capable de les torturer, ce con ? Cet homme-là n’est pas humain.
Il y a plus d’humanité dans l’œil d’un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil.
Au fait, vous avez lu Minute? C’est avantageux. Au lieu de vous emmerder à lire tout Sartre, achetez Minute : pour dix balles vous aurez à la fois la Nausée et les Mains sales.
+ Lire la suite
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LoloKiLiLoloKiLi   06 novembre 2012
Ainsi caracolais-je de radioscope ordinaire en médecin communal, par un matin d'automne époustouflant d'insignifiance où m'agaçait un point de côté. [...] C'était pas un point de côté, c'était un cancer de biais. Y avait à mon insu, sous-jacent à mon flanc, squattérisant mes bronches, comme un crabe affamé qui me broutait le poumon. Le soir-même, chez l'écailler du coin, j'ai bouffé un tourteau. Ca nous fait un partout
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OlivOliv   18 décembre 2014
Et si je poussais une longue plainte déchirante pudiquement cachée sous la morsure cinglante de mon humour ravageur ?
Encore faudrait-il que je croie en un combat… Ah, bien sûr, si j’avais cette hargne mordante des artistes engagés qui osent critiquer Pinochet à moins de 10 000 km de Santiago…
Mais non. Je n’ai pas ce courage.
Je suis le contraire d’un artiste engagé. Je suis un artiste dégagé.
Je ne peux pas être engagé. A part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche.
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Videos de Pierre Desproges (17) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Pierre Desproges
Pierre Desproges : La seule certitude que j’ai c’est d’être dans le doute (France Culture / Samedi noir). Photographie : Pierre Desproges • Crédits : Archives du 7eme Art - AFP. Diffusion sur France Culture le 9 mars 2010. Cela fait 30 que Pierre Desproges nous a quitté, c'était l'occasion de réécouter ses textes. Réalisation : Myron Meerson. Mise en scène d’Alain Lenglet de la Comédie-Française et de Marc Fayet. Avec Christian Gonon de la Comédie-Française. Musique de Jérôme Destours. Reprise en studio du spectacle joué en mai 2010 au Théâtre du Vieux-Colombier. « De vrais sketches avec des vrais morceaux de bravoure entiers reliés entre eux par une bassesse d’inspiration qui volera au-dessous de la ceinture du moindre nain […] » annonçait Desproges en 1986. Avec ce spectacle, Christian Gonon prolonge les salves tirées par Desproges contre la médiocrité humaine. Extraits des “Chroniques de la haine ordinaire” sur France Inter, de “La Minute nécessaire de monsieur Cyclopède” sur France 3 et de son livre “Vivons heureux en attendant la mort”, aucun des textes choisis ne fut conçu pour la scène. Sauf un, resté inédit, la mort l’ayant finalement pris par surprise.
Prise de son / montage / mixage : Julien Doumenc et Antoine Viossat. Mise en onde : Maya Boquet
Source : France Culture
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