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EAN : 9782823610253
240 pages
Editions de l'Olivier (18/08/2016)
3.67/5   930 notes
Résumé :
Paul Katrakilis vit à Miami depuis quelques années. Il a beau y avoir connu le bonheur, rien n’y fait : il est complètement inadapté au monde. Même le jaï-alaï, cette variante de la pelote basque dont la beauté le transporte et qu’il pratique en professionnel, ne parvient plus à chasser le poids qui pèse sur ses épaules. L’appel du consulat de France lui annonçant la mort de son père le pousse à affronter le souvenir d’une famille qu’il a tenté en vain de laisser de... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (194) Voir plus Ajouter une critique
3,67

sur 930 notes

carre
  25 août 2016
J'avais décidé de rester zen par rapport à la rentrée littéraire, une PAL conséquente et une volonté de fer de ne pas céder à la tentation mais voilà comme un enfant rentrant dans un magasin de jouets (en faite un tour dans ma librairie préférée) et me voilà avec quelques nouveaux livres sous les bras, quelle volonté !
Paul Katrakilis s'est expatrié à Miami pour vivre de sa passion . Ces dernières années ressemblent à un rêve éveillé, une vie tranquille, une amitié solide, l'arrivée miraculeuse d'un petit chien, seul un amour manque peut-être à l'idyllique tableau. Mais le suicide de son père médecin l'oblige à rentrer en France. Paul ne semble pas plus déboussolé que ça, grand-père, oncle et mère ayant choisit la même disparition.
On retrouve chez Jean-Paul Dubois tout ce qui fait le charme de son écriture, ton désabusé, regard lucide sur ses contemporains, les mêmes obsessions chez ses personnages de livre en livre. Comme si après tout, le second degré et l'humour mélancolique étaient les meilleurs remparts pour donner un sens à nos brèves existences. Puis le roman perd de sa légèreté pour glisser insidieusement vers des émotions plus profondes. Dubois brasse un flot de sentiments qui nous met la boule au ventre, et c'est alors en tout point remarquable, le deuil, la fin de vie, la filiation, la folie autant de thèmes que l'auteur d' »Une vie française » déroule avec justesse et force.
Un très grand roman, de ceux qui trottent longtemps dans ma petite tête. Coup de coeur évident 
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michfred
  05 septembre 2016
La rentrée littéraire 2016 n'est pas sous le signe de la gaudriole, c'est le moins qu'on puisse dire : meurtres (California Girl's, the Girls, Laëtitia…) et suicides à tous les étages, si j'ose dire.

C'est du huitième étage, en ce qui le concerne , que le père de Paul Katrakilis, médecin généraliste toulousain, va sauter, la bouche bâillonnée de scotch, quant à la mère de Paul, italienne et horlogère,elle a préféré les gaz d'échappement d'une Triumph, son grand-père, ancien médecin du regretté Staline, en tenait pour les armes à feu et pour l'oncle de Paul, frère quasi incestueux de sa mère, rien ne vaut une bonne moto projetée contre un mur…
On comprend que Paul, médecin lui aussi, décide de fuir à toutes voiles cette généalogie aussi cosmopolite que suicidaire et préfère envoyer contre un mur…une balle de cuir, balancée avec vigueur par un gant d'osiers tressés, sur les frontons de pelote basque de Miami, mettant ainsi un océan et quatre années de bonheur, de sport et d'insouciance entre lui et cette famille hautement toxique…
Il se fait un copain, joueur de chistera comme lui, et adopte un chien qu'il a sauvé de la noyade et qu'il appelle Watson. La vie semble lui sourire à nouveau.
Mais on ne fuit pas un héritage aussi lourd sans qu'il vous rattrape au bond, comme une balle pelote…C'est à Miami que lui parvient la nouvelle de la mort de son père. Il rentre pour liquider une bonne fois pour toute la succession familiale. Pas facile.
Paul tente d'échapper à l'emprise sournoise et macabre de ses disparus, il fait la navette entre Toulouse où le réclament les formalités, les patients de son père et deux carnets de moleskine où son père tenait une étrange comptabilité, et Miami où l'attendent ses copains, sa pelote, et bientôt un grand amour pour une belle norvégienne un quart de siècle plus âgée que lui qui le quitte sans crier gare.

J'ai adoré le livre de Jean-Paul Dubois : il m'a d'abord fait rire, oui, rire, tant l'humour caustique, jamais cynique, rend les situations les plus tragiques cocasses, absurdes, ou délirantes.
Mais c'était un piège subtil : captée, amusée, divertie, je n'ai pas senti venir la gravité, tapie dans cette ironie, et bientôt mise à nu : elle m'a cueillie à l'improviste.
Touchée, coulée.
Ces histoires familiales pleines d'ombre, parce qu'on les cache, et d'incompréhensible désespoir,- car comment les expliquer ?- ne me sont pas étrangères. Je les reconnais. J'ai senti et j'ai fui leur spirale vertigineuse, même si je ne joue pas à la pelote basque et ai peu de goût pour les jeux de balle en général…
La fin du livre est toute imprégnée de cette ombre-là, et des interrogations que déclenche un autre « héritage » paternel découvert dans les carnets de moleskine : faut-il laisser la mort accomplir ses ravages et ses désastres sans apporter la réponse qui délivre ?
Faut-il soi-même venir à sa rencontre ?
Graves questions, aussi graves que la mort pathétique du dernier quagga – une sorte de zèbre blanc- dans un zoo, à la fin du XIXème siècle – un passage inoubliable et bouleversant.
Les animaux en effet nous donnent des leçons d'empathie et de fidélité à revendre. Ils sont parfois si proches des hommes : il ne leur manque que la parole. Et le regard de souffrance ou d'affection qu'ils nous lancent n'en est que plus poignant.
Paul Katrakilis est, comme Paul Snijder , un narrateur ami des chiens. Jean-Paul Dubois parle des chiens avec tendresse, avec justesse : il a dû être chien dans une autre vie. C'est au souvenir de Watson que le narrateur, qui en a vu d'autres pourtant, se met « à pleurer comme un enfant parce que c'était la seule chose qu'un homme raisonnable puisse faire à un moment pareil. »
Car ce livre drôle est un drôle de livre et fait presque pleurer.
Alors pour le quagga exilé dans un zoo , pour Laïka, spationaute carbonisée, pour Watson, chien sauvé des eaux, pour Invild Lunde, au joli nom d'oiseau des mers, dont l'esprit sombre avec élégance, drapé dans ses ailes de plume, pour le chat ensoleillé du poème de Maurice Carême, pour Paul et ses hespérophanes irréductibles, pour tous ces moments de tendresse partagée avec les souffrants, les mourants, les mal lotis, les mal aimés, il faut lire ce livre étonnant, si drôle et si triste à la fois.
On en sort ému, secoué, avec un drôle de picotement au coin des yeux et le coeur un peu à l'envers, et on a envie, comme Paul le marin-qui-avait-le-mal-de-mer, de suçoter un Fischerman pour se remettre.
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le_Bison
  18 avril 2017
Par où commencer une chronique quand un roman bouleverse les pages de ta vie. Je découvre Jean-Paul Dubois, son écriture, sa plume, avec ce livre sur « la succession », le deuil, la vie et l'amour impossible.
Par où ?
La Floride, bien sûr, Miami. du soleil, des boites de nude girls, et le paradis des strings, bien sûr. Non oublie toutes ces émotions, tu n'es pas dans un roman de Tom Wolfe qui a tant su me vanter les charmes de Miami et ses atouts proéminents. Florida, orange sanguine et sex on the beach… Je me dois donc de délaisser la plage, ses marais de crocodiles et ses danseuses latinas pour me concentrer sur cette corbeille en osier que les aficionados nomment en bon basque chistera, ces trois murs qui se dressent devant moi, une foule hurlante, les paris sont fous, parier sur moi, le pauvre type, le jeune médecin un peu fou qui a plaqué la médecine de papa pour vivre de sa passion, la pelote basque.
Quelques années de bonheur. Un bonheur pur même, une insouciance idyllique, l'homme ne vivant que de sa passion, qui s'est arrêtée promptement le jour où le consulat de France lui apprend le décès de son père, médecin reconnu de Toulouse. Ô Toulouse… Je ne te sors pas la vieille rengaine, tu connais le refrain, l'homme doit faire un choix. Dilemme. Comment abandonner sa passion et prendre la succession de son père. Mais quelle succession d'ailleurs ?...
Retour en France, un chien en soute et les souvenirs qui remontent à la surface. Des moments d'enfance, des instants d'incompréhension. Une famille pas vraiment aux normes, où est donc l'amour ?... Une famille qui ne s'est jamais comprise, qui n'a jamais communiqué, qui a laissé dériver le mal-être de chacun. Succéder aux gênes familiaux ? Succéder au sacerdoce familial ? La médecine, pffff… c'est plus vraiment ce que c'était…
Alors je le revois traverser les Pyrénées pour descendre jusqu'au Pays Basque, admirer au détour d'un virage l'étendue bleutée de l'océan, les bruits sourds de la pelote cognant contre le jaï-alaï, et mon coeur qui cogne encore et encore, la sueur sur les tempes, sentir le goût de l'huile emplir ta bouche quand tu mords dans un churros. Je l'imagine aussi à l'autre bout de la planète, au milieu des culs rebondissant des latinas dansant face au jaï-alaï de Miami, et un vieux bateau pour se promener sur cette autre étendue bleutée. Un Fisherman's Friend ? Oui ne pas oublier l'ami des marins avant de s'embarquer sur la mer, sur ce livre, sur cette succession. Puissant roman, putain de roman j'ai même envie d'écrire, un roman qui m'a parlé, qui m'a ému.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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Cannetille
  21 mai 2021
Cela fait plusieurs années que Paul Katrakilis est pelotari professionnel au Jaï-Alaï de Miami, ce casino où l'on parie sur les joueurs de pelote basque. Diplômé de médecine, il a préféré s'écarter de la voie tracée par son père et son grand-père, eux-mêmes médecins, pour vivre modestement d'une passion qui lui permet en outre de prendre ses distances avec une famille aux tendances névrotiques et suicidaires. le décès paternel le rappelle toutefois à Toulouse, pour y régler une succession qui va s'avérer bien plus encombrante qu'escompté : on n'échappe pas si facilement à ses atavismes…

On se délecte chaque fois autant de la plume et de l'humour de Jean-Paul Dubois qui, du rire aux larmes, entre gravité et légèreté, nous embarque pour notre plus grand plaisir dans l'exploration de ses thèmes de prédilection. Nous nous retrouvons donc à nouveau aux côtés d'un narrateur prénommé Paul, appliqué à se choisir une vie outre-atlantique pour se retrouver irrémédiablement rattrapé par un destin familial aux allures de malédiction. Si le propos s'habille d'une fantaisie cocasse, accentuant avec dérision les névroses qui ravagent chaque membre de la famille Katrakilis, il n'en suinte pas moins une profonde mélancolie, alors que l'envie de vivre, grignotée par le deuil, la solitude et la désillusion, y cède peu à peu la place à l'aliénation et à la dépression. Les personnages, enlisés dans le sillon de vie tracé par leur filiation, subissent un destin qui les emprisonne et leur coupe les ailes, au point que leur liberté finit par se résumer au seul choix de leur fin de vie.

De la pelote basque convertie en business mafieux au droit de grève quasi inexistant aux Etats-Unis, de la médecine aux ordres de la dictature soviétique à celle qui se résout discrètement à pratiquer l'euthanasie réclamée par ses patients, d'automobiles miteuses à d'autres presque mythiques, ou de la disparition du dernier quagga dans un zoo d'Amsterdam au touchant attachement à un chien sauvé de la noyade, la balade finit, malgré tous ses détours, par nous ramener à l'essentiel : « Je regrette de ne pas avoir su trouver ma place. » « Il ne faut jamais se tromper de vie. Il n'existe pas de marche arrière ».

Ce texte admirablement écrit, dont la désespérance se pare élégamment d'un humour désabusé, est un curieux cocktail de tristesse et de drôlerie qui vous empoigne le coeur comme il vous séduit l'esprit. Il ne déroge pas à la règle : les romans de cet auteur sont irrésistibles. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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LoloKiLi
  12 octobre 2019
Ici le héros s'appelle Paul.
Comme dans "Le cas Sneijder".
Comme dans "Une vie française".
Comme dans "Les accommodements raisonnables"…
En fait chez Jean-Paul tous les héros s'appellent Paul. Et si leurs péripéties s'inscrivent chacune dans un registre différent, les Paul de Jean-Paul ont souvent en commun cet humour mélancolique et un poil dépressif auquel je ne résiste pas.
Ici voici un Paul joueur professionnel de pelote basque et accessoirement médecin, installé en Floride et accessoirement en région toulousaine.
C'est compliqué ? Certes, et encore, ce n'est qu'un aspect succinct de la vie de notre Paul, bringuebalé entre ses affres existentiels de trentenaire approximatif, et une famille pour le moins névrosée dont il cherche désespérément à s'affranchir.
Mais finalement peu importe l'intrigue, car Jean-Paul Dubois est décidément une sensibilité à part, un univers à lui seul, et quel que soit le drame qu'il nous conte c'est avant tout la grâce de son imagination décalée qu'il s'agit d'apprécier.
Absurdité de situations, intime alchimie entre tragique et comique, émotion, ironie, dérision, poignantes introspections… c'est bien simple, moi, chez Dubois, tout me plait.
Courez-y, si ce n'est déjà fait.

Lien : https://minimalyks.tumblr.com/
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critiques presse (8)
LePoint   10 octobre 2016
Le plus américain des auteurs français s'attaque aux héritages dont on ne veut pas.
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LeFigaro   23 septembre 2016
Jean-Paul Dubois nous offre une histoire de famille bondissante, allègre, généreuse comme une partie de pelote basque.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   22 septembre 2016
Entre gravité et légèreté, Jean-Paul Dubois ausculte l’hérédité familiale.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeJournaldeQuebec   06 septembre 2016
Avec ce 21e roman, qu’on a vraiment beaucoup aimé, l’écrivain français Jean-Paul Dubois fait une rentrée très remarquée.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro   05 septembre 2016
La Succession est le plus beau livre de l'écrivain, le plus sobre et le plus profond.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   31 août 2016
Pas de doute, il s'agit là d'un grand Dubois. D'un très grand même, qui n'a pas fini de nous hanter.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Culturebox   26 août 2016
Un roman sur la transmission, la fin de vie et le déterminisme familial, qui conjugue mélancolie et humour noir.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Telerama   17 août 2016
On rit et on pleure de tout cela, une fois encore, sans savoir si l'auteur invente ou s'inspire de la fantaisie du réel et l'on apprécie hautement l'exercice de funambule entre légèreté, cocasserie et gravité.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (197) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   18 novembre 2022
Avant de repartir je fis un crochet vers les vestiaires et la salle de massage. Les joueurs discutaient entre eux d'une façon inhabituelle. Ils parlaient du mépris avec lequel la direction traitait leurs demandes et évoquaient la possibilité de monter un syndicat. Les plus combatifs, eux, disaient que tout cela ne servirait à rien et qu'il fallait se mettre en grève. Ce qui, ici, équivalait à menacer de l'arme atomique.
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marina53marina53   17 novembre 2022
J'allais devoir rentrer en France pour enterrer mon père et m'occuper de ces choses que l'on doit régler quand on est le seul et le dernier à pouvoir les régler. Je pensai qu'après ma mort il n'y aurait plus personne pour s'occuper de ces formalités. Et pourtant tout se règlerait. Comme à chaque fois qu'un type meurt et qu'il faut faire de la place pour les suivants. Les numéros de sécurité sociale s'effacent les uns après les autres, les assurances se lassent de réclamer, les facteurs oublient l'adresse, les banques regardent ailleurs, et toute cette petite comptabilité d'une existence s'éteint d'elle-même comme une triste et mauvaise journée d'hiver.
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marina53marina53   17 novembre 2022
Cet automne-là, l'Italien Gelino Borlin remporta le marathon des Jeux Olympiques de Séoul, l'Amérique choisit Bush comme président, Gorbatchev fut reçu au parlement européen, le sculpture de Degas, La petite danseuse de quatorze ans, se vendit 52 millions de francs, L'homme qui marche de Giacometti, 35 millions, et L'Acrobate et le jeune Arlequin de Picasso, 212 millions, tandis que la France mitterrandienne votait la loi instaurant le RMI.
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le_Bisonle_Bison   08 janvier 2017
Je disposais de deux trajets pour rejoindre la côte atlantique. Soit les routes du Gers, par Auch, l'austère, les coteaux des vins de Saint-Mont, Manciet, le circuit de Nogaro, puis les routes des Landes, Mont-de-Marsan, et Dax qui sentait presque déjà la pipérade. Je pouvais également rejoindre Bayonne par Martres-Tolosane, traverser les nappes malodorantes des usines de pâte à papier de Saint-Gaudens, frissonner dans l'air vivifiant du plateau de Lannemezan, plonger dans la rampe de Capvern, oublier Tarbes, négliger Pau, prier pour que le vent souffle dans le bon sens afin d'échapper aux effluves putrides de mercaptan relâchées par les raffineries de Lacq, puis cingler vers Orthez, Peyrehorade, Biarotte, les bords de l'Adour, et le goulet d'Anglet. Mais ce que j'aimais par dessus tout, c'était la traversée et la descente de Bidart, qui ne ressemblait pas à grand-chose et ne laissait raisonnablement rien espérer de bon, et pourtant soudain, sur la droite, le miracle s'opérait et une ouverture inespérée s'offrait sur l'océan, une promesse d'immensité, l'ourlet grossier de la plage et l'air iodé qui s'engouffrait soudain par la vitre ouverte. J'avais l'impression de retrouver un ami d'enfance qui m'avait attendu toujours au même endroit, saisons après saison, année après année. Pour un homme comme moi, venu des terres, cette trouée de Bidart était l'annonce d'une vie meilleure.
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ssstellassstella   03 octobre 2017
Depuis que le monde était monde, il y avait toujours eu deux façons de le considérer. La première consistait à le voir comme un espace-temps de lumière rare, précieuse et bénie, rayonnant dans un univers enténébré, la seconde, à le tenir pour la porte d'entrée d'un bordel mal éclairé, un trou noir vertigineux qui depuis sa création avait avalé 108 milliards d'humains espérants et vaniteux au point de se croire pourvus d'une âme. La médecine ne traitait pas ce genre de questions. Pour elle, l'ongle incarné primait toujours sur l'herméneutique. Comme disait l'un de mes professeurs pour casser les reins de quelques internes pressés d'en découdre : "Nous ne sommes là que pour assurer une zone de moindre inconfort entre les griffes du forceps et celles de la broyeuse."
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