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Bernard Sigaud (Traducteur)Gérard Klein (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253072249
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/1999)

Note moyenne : 3.72/5 (sur 98 notes)
Résumé :
À être une copie de soi-même, est-ce continuer à être soi-même? C'est la question que se pose Paul Durham tandis qu'il multiplie ses doubles informatiques.

Et il fait une découverte bouleversante : c'est qu'un univers virtuel conçu d'une certaine façon n'a plus besoin d'un support matériel pour exister. L'univers réel peut disparaître, le virtuel poursuivra son expansion. Eternellement.

Paul Durham se demande avec quels êtres peupler sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
  06 décembre 2012
En 2045, les modèles de réalité virtuelle se sont raffinés. Il est désormais possible aux milliardaires de se faire numériser, et après leur mort, leur Copie a le pouvoir de communiquer avec le monde réel et de donner ses instructions. Ce processus est promis à un bel avenir et tend à se démocratiser. Il pose aussi un bon nombre de problèmes juridiques et de questionnements philosophiques. Paul Durham est un des chercheurs qui s'intéresse de près à ce que peu ressentir une Copie, et à sa définition exacte : la Copie est-elle une vraie copie de l'individu ? Peut-elle penser par elle-même, avoir des idées propres et faire des choix différents de l'original ? Comment perçoit-elle son univers ?
Si on s'arrêtait là, il y a déjà de quoi se casser la tête pendant plusieurs années sur ces questions. Mais Greg Egan nous emmène beaucoup plus loin dans ces spéculations. En se basant sur des résultats informatiques réels (bien que purement théoriques la plupart du temps), on aborde les automates cellulaires, capables de s'auto-répliquer, et donc également capables de simuler un univers entier, dans lequel émergent des formes d'intelligence différentes de la nôtre. Les Copies étant composées uniquement de chiffres, elles sont également capables de se modifier à volonté, que ce soit leur apparence ou leurs pensées. Se pose aussi une question cruciale : quand on est immortel, qu'est-ce qu'on peut faire pour passer le temps ?
Cette lecture est assez exaltante, mais aussi horriblement compliquée. L'auteur décrit son univers avec beaucoup de détails, mais même en ayant rencontré une grande partie des thèmes qu'il aborde pendant mon cursus, il m'a fallu beaucoup de concentration pour le suivre dans toutes ses raisonnements. Je ne sais pas si des personnes n'ayant aucun bagage informatique pourront apprécier ce livre. Mais ils découvriront au moins que même les sciences « dures » peuvent apporter leur lot de questions philosophiques !
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markminx
  01 décembre 2011
En fait si il ne s'agissait que du propos et des réflexions vertigineuses qu'entraînent sa lecture, 'La cité des permutants' serait selon moi un classique de la science fiction au même titre que 'chroniques martiennes' ou 'Ubik' et pourquoi pas '1984'. Ce qui empêche Egan d'atteindre ce statut c'est son style et sa narration très sèche, confinant à la vulgarisation scientifique. En gros c'est plus scientifico-prophétique que littéraire et ça risque de laisser de marbre le lecteur classique. Pourtant, si on arrive à dépasser cet a priori, on pénètre un univers pixelisé, poudreux, comme du K Dick, avec comme valeur ajouté la crédibilité informatique et qui nous hante à jamais.
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ildibad
  04 juin 2011
j'ai un regretté qu'il n'y ait pas peu plus d'action. C'est un lire fort introspectif et j'ai plus difficile avec les rythmes lents ;-)
Par contre, il y a pas mal de thèmes intéressants à creuser : une copie peut-elle avoir conscience d'elle même ? un programme peut-il innover ? peut-il modifier son propre environnement sans se détruire ? un programme peut-il avoir peur de la mort (l'effacement) ?...
Je crois que c'est un bouquin qui parait anodin au premier regard, mais qui se révèle bourré de trouvailles : par exemple, la copie du type qui revit 100 fois le meurtre que son original à commis par lâcheté, essayant d'y trouver du sens ? de l'expiation ? - elle ne le sait pas elle même.
Enfin la grande question existentielle reste d'actualité : que vaut la vie, si elle n'a pas de fin ?
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Jipi
  03 avril 2018
Greg Egan suppute comme réalisable la migration numérisée de certains de ses contemporains sur des milliards de planètes originelles reconstituées dans un ordinateur.
En partant d'un jardin d'Eden thématique lié à chaque nouvelle planète, la copie numérisée en relation avec la puissance de calcul de son environnement que son modèle lui aurait attribuée à partir de son monde réel serait capable de se réaliser dans la causalité de son monde ceci dans un espace temporel à grande vitesse.
Tous les modèles pourraient rester en contact avec chacune de leurs copies en suivant leur parcours à condition de pouvoir le comprendre à long terme, puisque notre histoire liée au défilement de notre temps terrestre resterait ce qu'elle est, c'est à dire tributaire d'un événementiel séquentiel et temporel beaucoup plus modéré n'ayant plus aucun rapport avec la vitesse d'exécution surdimensionné de l'événementiel de chaque monde numérisé.
Chaque planète par l'intermédiaire de son propre programme source mettrait en ligne sa propre histoire en images accélérées dont chaque modèle, c'est à dire chaque humain deviendrait une copie ou plusieurs dans chaque environnement généré.
Le tout servant de passerelle à des milliards de données futuristes interactives entre le modèle et ses différentes copies sur chaque contexte moteur de l'évolution d'un univers absolu reconstitué dans une machine mais que l'on pourrait suivre et maîtriser suite à l'enchaînement rapide de ses modules évolutifs.
La vision d'une nouvelle bibliothèque de Babel numérique dont la finalité serait de contenir dans une sorte de cosmodrome, tout ce qui peut se réaliser.
Nous pourrions également dupliquer notre terre en accentuant l’exécution de son histoire dont nous serions à l'aide de terminaux adéquates les témoins privilégiés.
Nous deviendrions alors dans notre présent les acteurs passifs de notre futur.
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Myrddin02
  01 novembre 2013
Je crois que j'ai vraiment du mal à saisir le fond de la pensée de Greg Egan.
Pour ce livre, comme pour "Isolation", j'ai l'impression que l'auteur part d'une idée farfelue — à savoir un programme informatique pouvant tourner sans ordinateur comme support matériel ! — et construit autour une histoire bizarre d'entités non-corporelles existant dans un univers multi-dimensionnel que le programme a créé.
Je ne suis pas contre ce genre d'idée loufoque quand elles servent de support à une histoire humoristique ou à des récits décrivant un univers absurde auquel l'auteur ne croit pas.
Mais là, on dirait que Greg Egan croit vraiment à ce qu'il écrit et qu'il est persuadé que ses élucubrations sont possibles, explications scientifiques à l'appui. Et c'est là que le bas blesse ! Mélanger hard-science (genre dont je suis un inconditionnel) et fatras bizarroïde a été pour moi un supplice et je ne peux vraiment pas recommander ce bouquin.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver   06 décembre 2012
Juste avant d'aborder le travail du bois, il avait dévoré passionnément tous les textes de mathématiques pures disponibles à la bibliothèque centrale, avait pratiqué tous les logiciels d'apprentissage puis avait personnellement ajouté de nouveaux et importants résultats à la théorie des groupes, sans être troublé par le fait qu'aucun des mathématiciens de l'Élysium n'aurait jamais connaissance de ses travaux. Il avait auparavant écrit plus de trois cents opéras-comiques, avec des livrets en italien, français et anglais, qu'il avait pour la plupart mis en scène, avec des acteurs et des spectateurs simulés. Avant cela, il avait patiemment étudié la structure et la biochimie du cerveau humain pendant soixante-sept ans ; vers la fin, il avait totalement appréhendé, à sa grande satisfaction, la nature de la conscience. Chacune de ses recherches avait été, en son temps, une occupation qui l'avait complètement absorbé, une passion qu'il avait complètement assouvie. Il s'était même, une fois, intéressé aux Élysiens.

Plus maintenant. Il préférait penser aux pieds de table.

Il s'intéressait encore à Kate, toutefois. Il avait fait de cette relation l'un de ses invariants. Et il l'avait négligée ces derniers temps ; il y avait presque dix ans qu'ils ne s'étaient pas vus.
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LuniverLuniver   05 décembre 2012
Babbage avait conçu la Machine analytique sans vraiment s'attendre qu'elle construite de son vivant. Les fanatiques des voyages dans l'espace concevaient des engins intersidéraux jusqu'au moindre boulon depuis les années soixante. Les partisans de la terraformation ne cessaient de produire des études de faisabilité exhaustives pour des projets qui n'avaient aucune chance d'aboutir avant un siècle, sinon plus. Pourquoi ? Pour concrétiser des expériences imaginaires. Comme ébauches de preuves.
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Charybde2Charybde2   09 novembre 2015
Peer doutait de connaître jamais les circonstances exactes de sa mort. Ni l’accumulation de douloureuses séances d’introspection, de tortueuses interviews d’ex-amis sur carte postale vidéo ni même l’analyse par un système expert de son fichier final de numérisation ne l’avaient rapproché de la vérité. Le fossé était trop grand pour être comblé : les quatre dernières années de sa vie corporelle lui étaient à tout jamais inaccessibles, et les événements de cette période ressemblaient plus à une excursion malheureuse dans un univers parallèle qu’à un simple épisode d’amnésie.
Le médecin légiste ne s’était pas prononcé. Les accidents de varappe étaient rares, la meilleure technologie était d’une sûreté quasi absolue, mais David Hawthorne avait renoncé avec mépris à tout raffinement douillet (y compris les boîtes noires implantées qui auraient pu enregistrer les actions conduisant à sa mort, sinon les motifs qui les justifiaient). Pas de pitons bourrés de circuits intégrés qui auraient pu exécuter une tomographie ultrasonique de la paroi et calculer leur propre capacité de résistance à la charge ; pas de harnais garni de ballons amortisseurs intelligents qui auraient pu adoucir sa chute de soixante mètres sur des rochers déchiquetés ; pas de compagnon de cordée robot qui aurait pu le porter sur vingt kilomètres en terrain accidenté avec une fracture de la colonne vertébrale pour l’amener en réanimation comme s’il y était arrivé en flottant sur un nuage de morphine.
Peer pouvait sympathiser, jusqu’à un certain point. À quoi bon se faire numériser si c’était pour rester l’esclave d’un respect suranné de la fragilité corporelle ? Ayant triomphé de la mortalité, comment aurait-il pu continuer à vivre comme si rien n’avait changé ? Tous les instincts biologiques, toutes les idées communes sur la nature de la survie avaient été rendus absurdes, et il n’avait pu résister à l’envie de dramatiser cette transformation.
Ce qui ne prouvait pas qu’il ait voulu mourir.
Mais, que sa mort ait été purement accidentelle, suicide sans équivoque ou résultat de quelque acrobatie follement dangereuse mais non (consciemment) prévue pour être fatale, un David Hawthorne périmé de quatre ans s’était réveillé dans la zone RV pour s’apercevoir que, personnellement, il avait considéré cette perspective avec à peu près autant de sérieux que celle de se réveiller au purgatoire. Quelles que soient les croyances qu’il avait fini par adopter dans ces années manquantes, quoiqu’il ait imaginé dans les dernières secondes de sa vie sur ce surplomb de calcaire, il avait toujours escompté, jusqu’à sa numérisation finale, que sa résurrection virtuelle aurait lieu dans un lointain avenir, soit lorsqu’il serait riche pour de bon, soit lorsque le coût du calcul aurait chuté si bas que l’argent n’aurait plus guère d’importance.
Il avait alors quarante-six ans et jouissait d’une parfaite santé. Cadre supérieur chez Incitations SA – la vingt-cinquième société de marketing européenne – , il était sous-directeur de la division courrier ciblé interactif. En se ménageant, il aurait pu mourir à cent cinquante ans, pour devenir instantanément membre de l’élite et peut-être, déjà, dans un corps cybernétique pratiquement sans différence perceptible avec l’original.
Mais, ayant payé pour avoir le droit de ne point redouter le trépas, il avait dû, à un niveau quelconque, confondre le genre d’immortalité abstraite, littéraire, chargée de connotations morales et chérie du destin qui était l’apanage des héros mythiques et des vertueux croyants en une vie dans l’au-delà avec la version grande diffusion à définition restreinte qu’il avait demandée par contrat.
Et quelle qu’ait pu être l’explication psychologique alambiquée de sa mort, le résultat, en termes financiers, était très simple. Il était mort trop tôt.
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finitysendfinitysend   30 mai 2012
La plupart des humains en chair et en os vivent et meurent sans jamais savoir ce qu’ils sont, ni ne s’en préoccupent ,repoussant avec mépris l’idée même que cela puisse avoir de l’importance. Mais vous n’êtes pas en chair et en os. Vous ne pouvez pas vous permettre le luxe de l’ignorance.
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lanardlanard   06 septembre 2011
Le Cosmoplexe était un univers "jouet", un modèle informatique qui obéissait à ses propres "lois physiques" simplifiées, des lois bien plus faciles à aborder mathématiquement que les équations de la mécanique quantique du monde réel. Des atomes pouvaient exister dans cet univers stylisé, mais il étaient subtilement différents de leurs homologues du monde réel; le Cosmoplexe n'était pas plus une simulation fidèle du monde réel que le jeu d'échec n'était une simulation fidèle des combats médiévaux. Il était toutefois, aux yeux de bien des chimistes du monde réel, beaucoup plus sournois que les échecs. La fausse chimie qu'il supportait était bien trop riche, trop complexe et trop séduisante. p 58
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Video de Greg Egan (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Greg Egan
Cérès et Vesta - Greg Egan Une Heure Lumière (Le Bélial') // 2017 // 144 pages
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