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ISBN : 2330109040
Éditeur : Actes Sud (05/09/2018)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 97 notes)
Résumé :
A travers les péripéties politiques et intimes d'une palette de personnages liés les uns aux autres, du chauffeur au haut gradé en passant par la domestique musulmane et le bourgeois copte, ce roman évoque la révolution égyptienne à travers une mosaïque de voix dissidentes ou fidèles au régime, de lâchetés et d'engagements héroïques.
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  19 septembre 2018
Le pieux général Ahmed Alouani, suite à sa prière du matin à la mosquée, son petit déjeuner et sa petite sauterie licite avec sa femme de cent vingt kilos, se rend à ses bureaux de l'Organisation. de routine, il y assiste à l'interrogation d'un prisonnier politique , auquel après lui avoir fait envoyer une bagatelle de décharge électrique aux testicules, vocifère, « Nous avons amené ta femme Maroua et je te jure, fils de pute, que si tu ne parles pas je laisserai les policiers la sauter sous tes yeux. ».....Voici pour le portrait de l'irréprochable musulman, le mari parfait, l'homme intègre, qu' Aswany nous présente en guise d'apéro, dans son dernier roman. Un premier goût d'une galerie de personnages très divers qui vont suivre et dont les destins vont se croiser du début à la fin des événements de 2011 de la Place Tahrir. Une autopsie en directe, terrifiante, d'un pays sous la dictature, d'un pays corrompu jusqu'à la moelle, l'Egypte.
A travers un large éventail de personnages, représentatifs de la société égyptienne, du pieux militaire musulman tortionnaire à l'acteur copte spécialisé dans les seconds rôles, de l'enseignante idéaliste non voilée au cheikh charlatan, l'auteur nous fait prendre le pouls d'un pays nauséabond où complices et victimes se résignent à la servitude comme un destin fatal. Ceux qui n'ont pas encore perdu ce qui leur reste d'éthique, ont peur ou ne peuvent pas agir. Reste, une poignée de courageux qui vont se sacrifier. D'où la révolution avortée de 2011, dont on connaît d'or et déjà l' issue tragique.
El Aswany use de la langue de l'ironie à l'extrême, pour nous faire sentir l'absurdité de ce contexte de déchéance où manipulations, corruptions, escroqueries et mensonges sont à l'honneur face à un troupeau de moutons. "La chasteté, la droiture et la foi en Dieu sont les traits les plus authentiques de la personnalité du cheikh Chamel." dit-il parlant d'un charlatan, d'un escroc qui abuse de la religion pour s'en remplir plein les poches et assouvir ses désirs sexuels, sans scrupules. Il suffit de "deux fois le pèlerinage à La Mecque et avoir visité cinq fois les lieux saints" pour avoir le permis divin pour accomplir tout acte vil, jusqu'à la fin de ses jours, sans péril pour l'au-delà. "L'injustice est la règle" et tout ce qui est illicite au nom de la religion ou des moeurs , peut sans problème devenir licite, grâce "aux conditions atténuantes " inventées, selon les besoins et les convenances. Une société gangrenée, où presque personne ne veut voir, entendre ou parler. Et une énième fois la même question, les policiers et les militaires ne sont-ils pas des êtres humains ? Si oui, dans ces régimes comment deviennent-ils des monstres?
Malheureusement ces systèmes dictatoriaux corrompus sont des copies collées, tellement on les retrouve aux détails près dans divers pays et même à divers époques. On dirait qu'ils suivent un manuel d'instruction à la lettre. L'enfer, sur terre.
Encore un excellent roman choral d'El Aswany, absolument à ne pas passer à côté. Une plume de militant à l'ironie magistrale vu la triste vérité, que je recommande à tout ceux ou celles qui s'intéressent à ce sujet, plus que jamais actuel dans un autre pays aux portes de l'Europe. Un livre qui démonte aussi les aprioris sur une religion faussement interprétée selon leurs convenances, par les wahhabites et tous les fanatiques comme les Frères Musulmans, "Le cheikh Chamel et ceux qui lui ressemblent reçoivent des millions pour diffuser la pensée wahhabite et pour soutenir le pouvoir. Franchement, je ne les considère pas comme des hommes de religion. Ce sont des hommes d'affaires." de la religion malheureusement ils ont en fait un chiffon pour nettoyer toutes leurs immondices......Longtemps après avoir fermé ce livre, flottera dans ma tête, les images d'Asma, Mazen, Khaled, Dania et Achraf.......
Ce roman est interdit de publication en Egypte, et El Asnawy, depuis 2014
est interdit de télévision et de toute collaboration dans la presse égyptienne.
"J'ai couru vers le Nil. Les grenades lacrymogènes remplissaient l'atmosphère et moi je pleurais,......En revenant j'ai vu de mes propres yeux un grand nombre de morceaux humains laissés par le tank : des intestins, des cerveaux, des jambes, des moitiés de corps........Tout en Égypte est “comme si” ......Notre grande révolution était un sursaut, une belle fleur née toute seule dans un marécage.”
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DanD
  27 septembre 2018
Je me considere "un homme de bonne volonte". C'est peut-etre pretentieux de ma part, peut-etre naif. En tous cas je ne peux qu'exprimer ma desillusion devant les aboutissements (temporaires seulement? Chi lo sa?) de ce qu'on a appele avec espoir "Le printemps arabe". En Syrie c'est un genocide, en Lybie c'est le chaos, en Egypte on est revenu a la case depart avec un Sissi qui a l'air d'etre un clone de Moubarak. Il n'y a que la Tunisie qui donne l'impression de vouloir s'essayer courageusement a la democratie malgre les enormes difficultes economiques.
J'ai couru vers le Nil est un roman sur le soulevement egyptien, sur une revolution morte a la naissance. Pas du tout un livre d'histoire, mais un livre qui peut quand meme donner au lecteur des bases pour mieux comprendre le comment et le pourquoi de cet echec, de ce "ratage", bien que, l'auteur etant tres engage, c'est evidemment tres subjectif. Mais c'est cette subjectivite justement qui touche le lecteur, qui l'interpelle. Chez moi l'auteur a fait mouche. Je me suis senti intimement concerne par tout ce qu'il m'a raconte, il m'a inocule un peu du dechirement qu'il a ressenti lors de l'avortement de cette revolution.
A travers plusieurs personnages, de differentes classes sociales et de differentes convictions et engagements politiques, Al-Aswany deroule le film des principales journees du soulevement et de sa repression. Un general et des "guides" religieux qui tiennent par tous les moyens a garder leurs apanages economiques et sociaux; des policiers et des soldats qui agissent aveuglement, repandant une cruaute sans bornes; face a eux, de jeunes idealistes qui revent d'une societe ouverte, qui recompenserait le merite sans tenir compte uniquement de la ("bonne") naissance; quelques "nantis" qui suivent la voix de leur conscience et les aident; et la masse du peuple, apeuree, a qui leur vecu empeche de concevoir une quelconque amelioration: tout changement ne peut etre qu'un changement en pire, qu'une aggravation de leur precarite.
Al-Aswany n'epargne pas son lecteur. Il lui soumet des recits d'horribles carnages, de tueries deliberees, et des "temoignages" poignants de tortures, physiques et psychologiques. Heureusement entrecoupes de scenes de solidarite, de devouement, d'amour.
Il est souvent sarcastique. Envers ceux qui invoquent la religion pour mieux proteger leurs privileges, ou ceux qui invoquent le patriotisme pour mieux oppresser le peuple. Un sarcasme accusateur contre la corruption et le nepotisme, les deux mamelles de l'Egypte de Moubarak. Des qu'il arrive a la repression, fini le sarcasme, il est furibond. Rageur parce qu'en fait impuissant. Et c'est peut-etre significatif que son livre se finisse par une vengeance. Personnelle. La vengeance d'un homme sur un des bourreaux, l'assassin de son fils.
Mais Al-Aswany sait aussi etre touchant quand il detaille des moments d'amour ou quand il consigne des sentiments et des actes desinteresses. Il joue sur plusieurs registres. Et c'est efficace. Je ne saurais dire si son livre est de la grande litterature, mais il est efficace, peut-etre parce que nous sommes tres pres dans le temps des evenements relates: il instille une sensation d'indignation, de rage, et, un peu aussi de... oui, d'insecurite? Ou se trouve la place Tahrir? En Egypte? Qu'en Egypte?


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montmartin
  18 septembre 2018
Comme dans « L'immeuble Yacoubian », ou dans « Automobile Club d'Égypte », j'ai retrouvé l'écriture si agréable de Alaa El Aswany, comme toujours il nous délivre toute une galerie de personnages, dont des femmes qui sont sensuelles à se damner. Mais dans ce roman le propos est beaucoup plus grave puisqu'il nous raconte la révolution égyptienne qui conduira à la fuite de Moubarak. Ces personnages vont être mêlés aux événements et leurs destins vont se croiser. Chacun va se comporter en fonction de ses intérêts ou de ses opinions.
Dieu a accordé au général Ahmed Alaoui, une santé excellente et des biens en abondance. Sa femme, en dépit de son âge et de sa corpulence excessive, est son compagnon de lutte et son porte-bonheur. Comme tous les pères, il aime ses fils, mais sa fille Dania, étudiante en médecine, est la source de la joie la plus profonde de son existence. le général est entre autres, chargé de poursuivre les terroristes et les espions et éventuellement de les torturer ce que lui reproche sa fille bien-aimée. Diana se lie d'amitié avec Khaled fils d'un chauffeur.
Achraf Ouissa, un acteur copte raté et fumeur de haschisch, sa vie avec Magda n'est qu'une suite de disputes. Alors il se console dans les bras de sa servante musulmane Akram
Asma enseigne la langue anglaise, elle refuse de se marier et de porter le voile et se révolte de voir les jeunes filles considérées comme de simples marchandises, posées dans une vitrine, attendant le client qui paiera le prix et l'emportera. « Le mari a le droit de vérifier que la marchandise est de bonne qualité et qu'il n'y a pas de contrefaçon. » Elle correspond avec Maze, un jeune ingénieur de la cimenterie qui souhaite changer son pays.
Le cheikh Chamel, voulait devenir guide touristique, mais le tourisme subissait une crise à cause des attentats terroristes. Alors l'inspiration lui vint de consacrer sa vie à la prédication de la parole divine. Il reçoit de l'argent pour diffuser la bonne parole et soutenir le pouvoir il aime prêcher sur les obligations de la femme musulmane. Ce n'est plus un homme de religion, c'est devenu un homme d'affaires.
Nourhane est présentatrice à la télévision, elle est prête à tout pour gravir les échelons mais comme toutes les bonnes musulmanes elle est une courtisane obéissante dans le lit de son mari de façon à étancher son désir et le fortifier contre le péché.
L'auteur nous décrit d'abord l'Égypte de Moubarak, un régime répressif et corrompu où tout le monde est surveillé par la sécurité. Une société arriérée, soumise à l'hypocrisie d'une religion où l'injustice est la règle. « Il est hors de questions d'épouser quelqu'un qui te soit inférieur, la Loi de Dieu l'interdit. »
Ensuite, ce sont les manifestations au Caire, à Alexandrie et dans d'autres villes, « La place Tahir est noire de monde, des Égyptiens ordinaires, de toutes les classes sociales, des femmes voilées, d'autres têtes nues. Ils sont prêts à changer le pays, à en payer le prix. On avait le sentiment que nous étions en guerre. »
L'ancien régime ne s'est pas rendu, il n'a sacrifié Moubarak que pour se maintenir, les forces armée alliées aux frères musulmans n'hésitent pas à lancer une guerre civile, insécurité généralisée, ouverture des prisons, libérations des criminels pour terroriser les Égyptiens, les convaincre que la révolution est un complot.
La répression est terrible, les témoignages de victimes des exactions, des humiliations, des tortures, se succèdent.  "Mais par la suite, j'ai vu des tanks qui allaient et venaient, toujours aussi vite, en zigzag dans la rue. Quand ils voyaient un groupe de gens qui essayaient de s'enfuir, ils se précipitaient sur eux, montaient sur les trottoirs et les écrasaient…"
Bien entendu, l'auteur nous décrit, sans aucune censure toutes les horreurs commises, mais son écriture sait manier aussi l'humour pour nous raconter l'hypocrisie et la corruption du système, encouragée par les religieux qui ne sont pas les derniers à en profiter. Il sait aussi faire ressortir toute la sensualité de l'épouse qui comme la religion lui demande, fait tout avec son corps pour éloigner son mari de la tentation et du pêché, ce sont vraiment des passages savoureux.
Une fin particulièrement triste où devant l'échec de ce soulèvement, la seule issue semble l'exil pour être une personne, alors que dans son pays on n'est plus rien. Un roman que j'ai trouvé très courageux, car l'auteur n'épargne pas ses critiques ni envers les hommes politiques civils ou militaires ni envers les religieux. À noter qu'à ce jour ce roman est interdit de publication en Égypte.
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traversay
  27 septembre 2018
Romancier du social depuis ses débuts remarquables dans L'immeuble Yacoubian, Alaa El-Aswany n'a jamais déçu dans ses ouvrages successifs même si on n'y retrouvait pas la fraîcheur de son premier livre. Avec J'ai couru vers le Nil, il opère un retour en force, avec un roman choral qui évoque la révolution égyptienne, moment de grandes espérances rapidement bafouées et déçues pour en arriver aujourd'hui à une situation qui n'a pas beaucoup évolué depuis les années Moubarak. Il y a un aspect documentaire dans le livre mais surtout une verve romanesque et une puissance d'évocation formidables. Un peu à la manière d'un Zola moderne, toutes proportions gardées. Certes, on pourrait taxer El Aswany d'un certain manichéisme dans sa galerie de personnages assez bien délimités entre acteurs et partisans de la révolution d'une part, et ses opposants, souvent proches du pouvoir, de l'autre. Mais la force du texte emporte tout et montre comment un élan populaire peut-être confisqué et comment une opinion publique peut être manipulée et trompée. Corruption, concussion, propagande : on connait les ingrédients par lesquels une dictature impose sa loi au plus grand nombre et le grand cinéaste égyptien Youssef Chahine l'a d'ailleurs démontré dans plusieurs de ses films même si situés à une autre époque. Mais il est vrai que comme le déclare El Aswany dans ses interviews, l'Egypte n'a cessé d'être une dictature militaire depuis l'arrivée de Nasser au pouvoir. Ardent défenseur de la liberté, humaniste convaincu, l'écrivain a signé un roman courageux qui n'a fait qu'augmenter la défiance et l'ostracisme du régime en place en Egypte à son égard. Cela parait un peu stupide d'écrire cela mais lire J'ai couru vers le Nil (et l'apprécier à sa juste valeur, qui est grande, et l'écrire) est un acte de solidarité et de résistance à l'obscurantisme qui est moins insignifiant qu'il y parait.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Olivia-A
  12 décembre 2018
Les révolutions arabes ont fait souffler un grand vent de liberté en 2011 dans le monde entier. Que ces pays prédisposés à l'obéissance, soumis à la loi islamique, se rebellent, c'était un signe fort, celui d'un véritable renouveau. Pourtant, aujourd'hui, les régimes autoritaires ont rétabli leur main mises sur les pays du Magreb. Alaa El Aswany nous explique, à travers un roman polyphonique grandiose, comment est née la révolution égyptienne, les espoirs qu'elle a suscité, et la répression terrible dont elle a souffert. Au-delà du mouvement révolutionnaire seul, il s'intéresse aux hommes et aux femmes derrière l'occupation de la place Tahrir, aux morts et aux blessés, mais aussi aux potentats du pouvoir, justifiant leur violence à l'égard des manifestants par des interprétations discutables du Coran et des hadîth.
J'ai couru vers le Nil n'est pas un livre sur l'Egypte, mais un livre sur les Egyptiens. Il nous éclaire sur le quotidien d'une famille, riche ou pauvre, corrompue ou honnête, dans l'Egypte de 2011, celle d'Hosni Moubarak. A travers les lettres d'Asma et Mazen, et les réflexions de chacun des personnages, c'est tout une prise de recul sur la société dans son ensemble que nous propose l'auteur. A force d'ironie et de caricatures, il exprime son mépris pour les hypocrites pratiquant une religion de façade leur permettant de sauvegarder leur statut social et leurs privilèges, au détriment de la liberté, de la justice sociale et de la démocratie participative. le général Alouani et Nourhane sont des exemples très réalistes des dérives d'une religion sans morale, où le port du voile et les prières quotidiennes suffisent à faire un bon musulman, même s'il torture, tue ou ment.
Un livre magistral à la rencontre de la révolution égyptienne, un récit atroce de réalisme sur les massacres et des humiliations perpétrées par le régime, et surtout un roman invitant à la réflexion sur les grands principes démocratiques que nous prenons pour acquis, sur les droits des uns et des autres et sur la religion, ses dérives et sa force.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
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critiques presse (3)
Liberation   26 novembre 2018
Hommage à la jeunesse de son pays par l’auteur de l’Immeuble Yacoubian. Plongeant dans les coulisses, il raconte dans son nouveau roman les principaux épisodes de la révolution égyptienne de 2011 : de l’occupation de la place Tahrir jusqu’à la reprise en main du pays par l’armée.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   19 octobre 2018
Plus de dix ans après «l'Immeuble Yacoubian», le romancier égyptien s'installe au Caire au cœur de la révolution et se fait le porte-voix d'une jeunesse qui a cru au changement et vu ses espoirs réprimés place Tahrir, en 2011. Le récit à hauteur d'homme d'une révolution manquée, porté par un souffle puissant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeDevoir   10 septembre 2018
Si le discours et la satire ne sont jamais loin sous sa plume, Alaa El Aswany, on le sent, ne maquille rien, n’embellit rien, exagère à faible dose. Son roman est d’une triste réalité.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (111) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   09 mars 2019
Le ministre hocha la tête et le général Alouani poursuivit avec passion :
- La révolte et les manifestations sont une chose étrangère à la nature des Egyptiens. Nous avons de tout temps été un peuple obéissant qui respecte ses chefs, même lorsqu'il est en colère contre eux. Ce qui se passe sur la place Tahrir est une anomalie par rapport à la mentalité égyptienne. Notre but est d'envoyer aux Egyptiens le message que la seule chose qu'apportent les manifestations, c'est l'anarchie. Notre but est de dire aux citoyens ordinaires : tu as le choix entre soutenir les manifestants et perdre ta sécurité ou bien soutenir l'Etat qui te protège.
(...)
- J'ai donné l'instruction de couper les communications jeudi avant les manifestations de vendredi. La coupure des téléphones portables et d'Internet privera les fauteurs de troubles de tout moyen de communication. Pendant ce temps, les communications chiffrées du ministère continueront à fonctionner.
(...)
- Les officiers ont des instructions orales d'employer les armes pour maîtriser les manifestations. Il n'y a aucun document qui atteste qu'ils disposent de balles réelles. Les munitions mentionnées dans les registres sont des cartouches lacrymogènes.
(...)
- Nous ouvrirons à peu près cinq prisons et le nombre des fuyards devrait être de vingt-cinq à trente mille prisonniers. Bien sûr, comme je l'ai écrit dans le plan, le but est de produire un sentiment de panique parmi les Egyptiens afin de les amener à prendre position pour l'Etat contre les fauteurs de troubles.
(...)
- Cela sera présenté comme des tentatives de révolte dans les prisons auxquelles les officiers ont fait face, mais au cours desquelles les prisonniers ont été aidés dans leur fuite par des forces extérieures.
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BookycookyBookycooky   17 septembre 2018
Un jour, elle avait lu sur le journal mural un article de lui où il disait que la morale sans la foi valait mieux que la foi sans la morale......
Je prie, je jeûne, j’accomplis toutes les obligations, mais je crois que la religion véritable, c’est ce que l’on fait et pas ce que l’on croit. La religion n’est pas un but en soi mais elle est un moyen de nous enseigner la vertu. Dieu, qu’il soit glorifié et exalté, n’a pas besoin de notre prière et de notre jeûne. Nous prions et nous jeûnons pour notre propre éducation. L’islam n’est pas quelque chose de formel et de rituel, comme le croient les salafistes, et ce n’est pas non plus un moyen de s’emparer du pouvoir, comme le croient les frères. Si l’islam ne nous rend pas plus humains, il ne sert à rien, et nous non plus.
Elle le regarda sans lui répondre et il poursuivit avec enthousiasme :
-Pourquoi apprenons-nous la médecine ? C’est pour soigner les gens. Donc les études n’ont pas de valeur si l’on n’exerce pas la médecine. Avec la même logique, la religion est un entraînement à faire le bien. Il ne sert à rien de la pratiquer si cela ne se reflète pas sur notre morale.
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BookycookyBookycooky   15 septembre 2018
On a souvent demandé ma main. Chaque fois ma famille fait pression sur moi pour que j’accepte de voir le fiancé. Je refuse et me dispute mais à la fin je suis obligée de le rencontrer. Le fiancé est généralement très élégant lorsqu’il arrive à la maison, très infatué de lui-même et très confiant à cause de l’argent dont ses poches sont pleines. Il s’empresse de m’informer en quelques phrases de l’étendue de ses possessions : une voiture de luxe (une Mercedes ou une BMW), une villa sur la côte nord et une autre à Aïn Sokhna en plus d’un appartement luxueux de trois cents mètres carrés sur deux étages, généralement situé à Medinat Nasr18. Après avoir étalé sa fortune, le futur marié commence à évaluer la marchandise (c’est-à-dire moi). Je sens que ses yeux examinent soigneusement chaque recoin de mon corps. On ne peut pas le lui reprocher : l’homme va payer une dot importante pour avoir la possibilité de jouir de mon corps (c’est la définition du contrat de mariage selon certains livres de jurisprudence religieuse). N’a-t-il pas le droit d’inspecter ce corps pour s’assurer qu’il place son argent au bon endroit ?
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BookycookyBookycooky   14 septembre 2018
Mais on peut se demander comment le fervent musulman qu’est le général Alouani peut regarder des films pornographiques.
Voilà bien une question absurde comme ne peuvent en poser que des ignorants ou des personnes malveillantes ! Bien sûr que selon la charia regarder des films pornographiques est une chose blâmable, mais cela ne fait pas partie des péchés mortels comme le meurtre, la fornication et la consommation d’alcool. En fonction de la jurisprudence selon laquelle “la nécessité rend licite ce qui est interdit”, la charia autorise parfois à s’adonner à des actions blâmables si elles empêchent le croyant d’accomplir des péchés mortels.
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BookycookyBookycooky   16 septembre 2018
Le cheikh poursuivit d’une voix tremblante :
—Mes sœurs dans l’islam, répétez après moi cette invocation et apprenez-la par cœur. C’est lui qui a mon âme entre ses mains et je ne désire de lui que Son visage, qu’il soit glorifié et exalté : “Mon Dieu, fais que les femmes et les filles des musulmans soient saintes, pieuses, soumises et pénitentes. Fais-leur aimer le voile et le hijab et sème en elles la pudeur et la chasteté. Garde-les contre les corrupteurs et les assertions des trompeurs et donne-leur pour modèles les mères des croyants, par ta merci ô toi le plus miséricordieux.”
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Videos de Alaa El Aswany (39) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alaa El Aswany
[EMISSION] LES COUPS DE COEUR DES LIBRAIRES 22-03-19
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 22 mars 2019 :
Devenir de Michelle Obama aux éditions Fayard https://www.lagriffenoire.com/132691-livres-politiques-devenir.html
J'ai couru vers le Nil de Alaa El Aswany aux éditions Actes Sud https://www.lagriffenoire.com/123188-divers-litterature-jai-couru-vers-le-nil.html L'immeuble Yacoubian de Alaa El Aswany aux éditions Babel https://www.lagriffenoire.com/23382-poche-l-immeuble-yacoubian-babel-843.html
Les Déracinés de Catherine Bardon aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/143497-divers-litterature-les-deracines.html
L'Américaine de Catherine Bardon aux éditions Les Escales https://www.lagriffenoire.com/144643-divers-litterature-l-americaine.html
Homère le homard doit-il rester dîner ? de Catherine Meurisse, Finn Buckley aux éditions Phaïdon https://www.lagriffenoire.com/145599-divers-jeunesse-homere-le-homard-doit-il-rester-diner-.html
Ma chérie de Laurence Peyrin aux éditions Calmann-Lévy https://www.lagriffenoire.com/143733-article_recherche-ma-cherie.html
L'aile des vierges de Laurence Peyrin aux éditions Pocket https://www.lagriffenoire.com/143496-divers-litterature-l-aile-des-vierges.html
Trisomie 21 : Petites histoires ordinaires d'un enfant différent de Sophie Marselli et Bernadette Céleste aux éditions Tom Pousse https://www.lagriffenoire.com/145738-article_recherche-trisomie-21---petites-histoires-d-un-enfant-different.html
La culture décontractée !!!!! ABONNEZ-VOUS A NOTRE CHAINE YOUTUBE ! http://www.youtube.com/user/griffenoiretv/featured (merci) La boutique officielle : http://www.lagriffenoire.com
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