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ISBN : 2330109040
Éditeur : Actes Sud (05/09/2018)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 143 notes)
Résumé :
A travers les péripéties politiques et intimes d'une palette de personnages liés les uns aux autres, du chauffeur au haut gradé en passant par la domestique musulmane et le bourgeois copte, ce roman évoque la révolution égyptienne à travers une mosaïque de voix dissidentes ou fidèles au régime, de lâchetés et d'engagements héroïques.
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Critiques, Analyses et Avis (45) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  19 septembre 2018
Le pieux général Ahmed Alouani, suite à sa prière du matin à la mosquée, son petit déjeuner et sa petite sauterie licite avec sa femme de cent vingt kilos, se rend à ses bureaux de l'Organisation. de routine, il y assiste à l'interrogation d'un prisonnier politique , auquel après lui avoir fait envoyer une bagatelle de décharge électrique aux testicules, vocifère, « Nous avons amené ta femme Maroua et je te jure, fils de pute, que si tu ne parles pas je laisserai les policiers la sauter sous tes yeux. ».....Voici pour le portrait de l'irréprochable musulman, le mari parfait, l'homme intègre, qu' Aswany nous présente en guise d'apéro, dans son dernier roman. Un premier goût d'une galerie de personnages très divers qui vont suivre et dont les destins vont se croiser du début à la fin des événements de 2011 de la Place Tahrir. Une autopsie en directe, terrifiante, d'un pays sous la dictature, d'un pays corrompu jusqu'à la moelle, l'Egypte.
A travers un large éventail de personnages, représentatifs de la société égyptienne, du pieux militaire musulman tortionnaire à l'acteur copte spécialisé dans les seconds rôles, de l'enseignante idéaliste non voilée au cheikh charlatan, l'auteur nous fait prendre le pouls d'un pays nauséabond où complices et victimes se résignent à la servitude comme un destin fatal. Ceux qui n'ont pas encore perdu ce qui leur reste d'éthique, ont peur ou ne peuvent pas agir. Reste, une poignée de courageux qui vont se sacrifier. D'où la révolution avortée de 2011, dont on connaît d'or et déjà l' issue tragique.
El Aswany use de la langue de l'ironie à l'extrême, pour nous faire sentir l'absurdité de ce contexte de déchéance où manipulations, corruptions, escroqueries et mensonges sont à l'honneur face à un troupeau de moutons. "La chasteté, la droiture et la foi en Dieu sont les traits les plus authentiques de la personnalité du cheikh Chamel." dit-il parlant d'un charlatan, d'un escroc qui abuse de la religion pour s'en remplir plein les poches et assouvir ses désirs sexuels, sans scrupules. Il suffit de "deux fois le pèlerinage à La Mecque et avoir visité cinq fois les lieux saints" pour avoir le permis divin pour accomplir tout acte vil, jusqu'à la fin de ses jours, sans péril pour l'au-delà. "L'injustice est la règle" et tout ce qui est illicite au nom de la religion ou des moeurs , peut sans problème devenir licite, grâce "aux conditions atténuantes " inventées, selon les besoins et les convenances. Une société gangrenée, où presque personne ne veut voir, entendre ou parler. Et une énième fois la même question, les policiers et les militaires ne sont-ils pas des êtres humains ? Si oui, dans ces régimes comment deviennent-ils des monstres?
Malheureusement ces systèmes dictatoriaux corrompus sont des copies collées, tellement on les retrouve aux détails près dans divers pays et même à divers époques. On dirait qu'ils suivent un manuel d'instruction à la lettre. L'enfer, sur terre.
Encore un excellent roman choral d'El Aswany, absolument à ne pas passer à côté. Une plume de militant à l'ironie magistrale vu la triste vérité, que je recommande à tout ceux ou celles qui s'intéressent à ce sujet, plus que jamais actuel dans un autre pays aux portes de l'Europe. Un livre qui démonte aussi les aprioris sur une religion faussement interprétée selon leurs convenances, par les wahhabites et tous les fanatiques comme les Frères Musulmans, "Le cheikh Chamel et ceux qui lui ressemblent reçoivent des millions pour diffuser la pensée wahhabite et pour soutenir le pouvoir. Franchement, je ne les considère pas comme des hommes de religion. Ce sont des hommes d'affaires." de la religion malheureusement ils ont en fait un chiffon pour nettoyer toutes leurs immondices......Longtemps après avoir fermé ce livre, flottera dans ma tête, les images d'Asma, Mazen, Khaled, Dania et Achraf.......
Ce roman est interdit de publication en Egypte, et El Asnawy, depuis 2014
est interdit de télévision et de toute collaboration dans la presse égyptienne.
"J'ai couru vers le Nil. Les grenades lacrymogènes remplissaient l'atmosphère et moi je pleurais,......En revenant j'ai vu de mes propres yeux un grand nombre de morceaux humains laissés par le tank : des intestins, des cerveaux, des jambes, des moitiés de corps........Tout en Égypte est “comme si” ......Notre grande révolution était un sursaut, une belle fleur née toute seule dans un marécage.”
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montmartin
  18 septembre 2018
Comme dans « L'immeuble Yacoubian », ou dans « Automobile Club d'Égypte », j'ai retrouvé l'écriture si agréable de Alaa El Aswany, comme toujours il nous délivre toute une galerie de personnages, dont des femmes qui sont sensuelles à se damner. Mais dans ce roman le propos est beaucoup plus grave puisqu'il nous raconte la révolution égyptienne qui conduira à la fuite de Moubarak. Ces personnages vont être mêlés aux événements et leurs destins vont se croiser. Chacun va se comporter en fonction de ses intérêts ou de ses opinions.
Dieu a accordé au général Ahmed Alaoui, une santé excellente et des biens en abondance. Sa femme, en dépit de son âge et de sa corpulence excessive, est son compagnon de lutte et son porte-bonheur. Comme tous les pères, il aime ses fils, mais sa fille Dania, étudiante en médecine, est la source de la joie la plus profonde de son existence. le général est entre autres, chargé de poursuivre les terroristes et les espions et éventuellement de les torturer ce que lui reproche sa fille bien-aimée. Diana se lie d'amitié avec Khaled fils d'un chauffeur.
Achraf Ouissa, un acteur copte raté et fumeur de haschisch, sa vie avec Magda n'est qu'une suite de disputes. Alors il se console dans les bras de sa servante musulmane Akram
Asma enseigne la langue anglaise, elle refuse de se marier et de porter le voile et se révolte de voir les jeunes filles considérées comme de simples marchandises, posées dans une vitrine, attendant le client qui paiera le prix et l'emportera. « Le mari a le droit de vérifier que la marchandise est de bonne qualité et qu'il n'y a pas de contrefaçon. » Elle correspond avec Maze, un jeune ingénieur de la cimenterie qui souhaite changer son pays.
Le cheikh Chamel, voulait devenir guide touristique, mais le tourisme subissait une crise à cause des attentats terroristes. Alors l'inspiration lui vint de consacrer sa vie à la prédication de la parole divine. Il reçoit de l'argent pour diffuser la bonne parole et soutenir le pouvoir il aime prêcher sur les obligations de la femme musulmane. Ce n'est plus un homme de religion, c'est devenu un homme d'affaires.
Nourhane est présentatrice à la télévision, elle est prête à tout pour gravir les échelons mais comme toutes les bonnes musulmanes elle est une courtisane obéissante dans le lit de son mari de façon à étancher son désir et le fortifier contre le péché.
L'auteur nous décrit d'abord l'Égypte de Moubarak, un régime répressif et corrompu où tout le monde est surveillé par la sécurité. Une société arriérée, soumise à l'hypocrisie d'une religion où l'injustice est la règle. « Il est hors de questions d'épouser quelqu'un qui te soit inférieur, la Loi de Dieu l'interdit. »
Ensuite, ce sont les manifestations au Caire, à Alexandrie et dans d'autres villes, « La place Tahir est noire de monde, des Égyptiens ordinaires, de toutes les classes sociales, des femmes voilées, d'autres têtes nues. Ils sont prêts à changer le pays, à en payer le prix. On avait le sentiment que nous étions en guerre. »
L'ancien régime ne s'est pas rendu, il n'a sacrifié Moubarak que pour se maintenir, les forces armée alliées aux frères musulmans n'hésitent pas à lancer une guerre civile, insécurité généralisée, ouverture des prisons, libérations des criminels pour terroriser les Égyptiens, les convaincre que la révolution est un complot.
La répression est terrible, les témoignages de victimes des exactions, des humiliations, des tortures, se succèdent.  "Mais par la suite, j'ai vu des tanks qui allaient et venaient, toujours aussi vite, en zigzag dans la rue. Quand ils voyaient un groupe de gens qui essayaient de s'enfuir, ils se précipitaient sur eux, montaient sur les trottoirs et les écrasaient…"
Bien entendu, l'auteur nous décrit, sans aucune censure toutes les horreurs commises, mais son écriture sait manier aussi l'humour pour nous raconter l'hypocrisie et la corruption du système, encouragée par les religieux qui ne sont pas les derniers à en profiter. Il sait aussi faire ressortir toute la sensualité de l'épouse qui comme la religion lui demande, fait tout avec son corps pour éloigner son mari de la tentation et du pêché, ce sont vraiment des passages savoureux.
Une fin particulièrement triste où devant l'échec de ce soulèvement, la seule issue semble l'exil pour être une personne, alors que dans son pays on n'est plus rien. Un roman que j'ai trouvé très courageux, car l'auteur n'épargne pas ses critiques ni envers les hommes politiques civils ou militaires ni envers les religieux. À noter qu'à ce jour ce roman est interdit de publication en Égypte.
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traversay
  27 septembre 2018
Romancier du social depuis ses débuts remarquables dans L'immeuble Yacoubian, Alaa El-Aswany n'a jamais déçu dans ses ouvrages successifs même si on n'y retrouvait pas la fraîcheur de son premier livre. Avec J'ai couru vers le Nil, il opère un retour en force, avec un roman choral qui évoque la révolution égyptienne, moment de grandes espérances rapidement bafouées et déçues pour en arriver aujourd'hui à une situation qui n'a pas beaucoup évolué depuis les années Moubarak. Il y a un aspect documentaire dans le livre mais surtout une verve romanesque et une puissance d'évocation formidables. Un peu à la manière d'un Zola moderne, toutes proportions gardées. Certes, on pourrait taxer El Aswany d'un certain manichéisme dans sa galerie de personnages assez bien délimités entre acteurs et partisans de la révolution d'une part, et ses opposants, souvent proches du pouvoir, de l'autre. Mais la force du texte emporte tout et montre comment un élan populaire peut-être confisqué et comment une opinion publique peut être manipulée et trompée. Corruption, concussion, propagande : on connait les ingrédients par lesquels une dictature impose sa loi au plus grand nombre et le grand cinéaste égyptien Youssef Chahine l'a d'ailleurs démontré dans plusieurs de ses films même si situés à une autre époque. Mais il est vrai que comme le déclare El Aswany dans ses interviews, l'Egypte n'a cessé d'être une dictature militaire depuis l'arrivée de Nasser au pouvoir. Ardent défenseur de la liberté, humaniste convaincu, l'écrivain a signé un roman courageux qui n'a fait qu'augmenter la défiance et l'ostracisme du régime en place en Egypte à son égard. Cela parait un peu stupide d'écrire cela mais lire J'ai couru vers le Nil (et l'apprécier à sa juste valeur, qui est grande, et l'écrire) est un acte de solidarité et de résistance à l'obscurantisme qui est moins insignifiant qu'il y parait.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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cecille
  14 juin 2019
Alaa El Aswany est un écrivain d'une plume extraordinaire, doué de cette capacité de mettre en récit le monde. Oui c'est bien cela, J'ai couru vers le Nil est un roman politique qui nous raconte une corruption parfaitement organisée, la répression instaurée, en Égypte, pendant et après la révolution 2011.
Un roman qui dit le monde, raconte l'Homme dans sa plus grande beauté comme dans sa plus terrible cruauté. L'Homme est pluralité comme le sont tous les personnages de ce roman polyphonique.
L'auteur donne voix autant aux révolutionnaires qu'aux autorités politiques et religieuses, aux riches comme aux pauvres, aux optimistes comme aux pessimistes, aux courageux comme aux lâches ...
J'ai été touchée par ces personnages si attachants d'une grande humanité comme ce copte, Achraf qui est un personnage tellement authentique avec lui même, qui s'est révélé tout à lui et aux autres dès les premières manifestations sur la place Tahrir. Sa sensibilité m'a émue, comme ces jeunes femmes Asma, Dania ... Comme j'ai détesté viscéralement d'autres personnages tortionnaires, ou comme la jeune Nourhane, cette présentatrice de tv, hypocrite......pour restée polie !
La dernière lettre d'Asma à son amoureux Mazen m'a bouleversée, sincèrement, ma pensée rejoint ses idées. Pourquoi la révolution quand le peuple a tant de mal a penser autrement que ce qui lui est dicté... Pourquoi un tel sacrifice de ces jeunes, lorsqu'au final le peuple vous crache dessus parce qu'il ne veut pas croire en vous qui voulez changer la société. C'était pour eux ... A méditer !
Tous les personnages de ce roman qui nous raconte l'histoire, cette révolution Égyptienne et contre révolution en 2011, nous dévoilent finalement toute une complexité.
La réalité n'est pas une comme voudrait le faire croire ces gouvernements autoritaires, mais bien au contraire elle est multiple.
Un roman d'une force incroyable, pertinent, passionnant et nécessaire pour essayer de mieux comprendre, car ce n'est pas sur nos ondes ici que nous pouvons entendre des ces voix qui ont inspirés les personnages de l'auteur.
Merci à lui de nous offrir un tel récit. Il faut savoir qu'Alaa El Aswany a été convoqué devant le tribunal militaire suite à une plainte déposée contre lui en mars 2019 par le tribunal militaire égyptien.
Ce roman est interdit de publication en Égypte et seuls trois pays Arabes l'ont autorisé.
Prix Transfuge du Meilleur roman arabe - 2018
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Patsales
  03 juillet 2019
Le livre s'ouvre sur une scène de torture et se termine sur une exécution. Entre les deux, l'espoir démocratique fait long feu.
Il est très difficile de critiquer ce texte sur un plan littéraire. Il commence comme un roman sud-américain, dans un équilibre très réussi entre la farce et la tragédie. Mais très vite, l'auteur se fait chroniqueur et insère dans son livre des témoignages bruts; et de la littérature il ne reste que des trucs sans intérêt comme le cliffhanger qui clôt maladroitement chaque chapitre.
La chronique est passionnante et saisit les rouages de la dictature avec précision: les petits arrangements avec la conscience, la recherche désespérée de sécurité pour les plus démunis, la soumission de la femme, l'omniprésence de la religion, le rôle des médias... on voit comment un régime autoritaire s'accommode très bien de la mythologie révolutionnaire : le peuple avec nous, l'ideal transcendant au-dessus de nous et ceux qui ne sont pas avec nous contre nous.
Livre à lire, donc, passionnant, pertinent et utile. Mais loin du chef-d'oeuvre annoncé, il ne nous parle que de politique et non pas de la complexité humaine.
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critiques presse (3)
Liberation   26 novembre 2018
Hommage à la jeunesse de son pays par l’auteur de l’Immeuble Yacoubian. Plongeant dans les coulisses, il raconte dans son nouveau roman les principaux épisodes de la révolution égyptienne de 2011 : de l’occupation de la place Tahrir jusqu’à la reprise en main du pays par l’armée.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs   19 octobre 2018
Plus de dix ans après «l'Immeuble Yacoubian», le romancier égyptien s'installe au Caire au cœur de la révolution et se fait le porte-voix d'une jeunesse qui a cru au changement et vu ses espoirs réprimés place Tahrir, en 2011. Le récit à hauteur d'homme d'une révolution manquée, porté par un souffle puissant.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeDevoir   10 septembre 2018
Si le discours et la satire ne sont jamais loin sous sa plume, Alaa El Aswany, on le sent, ne maquille rien, n’embellit rien, exagère à faible dose. Son roman est d’une triste réalité.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (116) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   17 septembre 2018
Un jour, elle avait lu sur le journal mural un article de lui où il disait que la morale sans la foi valait mieux que la foi sans la morale......
Je prie, je jeûne, j’accomplis toutes les obligations, mais je crois que la religion véritable, c’est ce que l’on fait et pas ce que l’on croit. La religion n’est pas un but en soi mais elle est un moyen de nous enseigner la vertu. Dieu, qu’il soit glorifié et exalté, n’a pas besoin de notre prière et de notre jeûne. Nous prions et nous jeûnons pour notre propre éducation. L’islam n’est pas quelque chose de formel et de rituel, comme le croient les salafistes, et ce n’est pas non plus un moyen de s’emparer du pouvoir, comme le croient les frères. Si l’islam ne nous rend pas plus humains, il ne sert à rien, et nous non plus.
Elle le regarda sans lui répondre et il poursuivit avec enthousiasme :
-Pourquoi apprenons-nous la médecine ? C’est pour soigner les gens. Donc les études n’ont pas de valeur si l’on n’exerce pas la médecine. Avec la même logique, la religion est un entraînement à faire le bien. Il ne sert à rien de la pratiquer si cela ne se reflète pas sur notre morale.
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BookycookyBookycooky   15 septembre 2018
On a souvent demandé ma main. Chaque fois ma famille fait pression sur moi pour que j’accepte de voir le fiancé. Je refuse et me dispute mais à la fin je suis obligée de le rencontrer. Le fiancé est généralement très élégant lorsqu’il arrive à la maison, très infatué de lui-même et très confiant à cause de l’argent dont ses poches sont pleines. Il s’empresse de m’informer en quelques phrases de l’étendue de ses possessions : une voiture de luxe (une Mercedes ou une BMW), une villa sur la côte nord et une autre à Aïn Sokhna en plus d’un appartement luxueux de trois cents mètres carrés sur deux étages, généralement situé à Medinat Nasr18. Après avoir étalé sa fortune, le futur marié commence à évaluer la marchandise (c’est-à-dire moi). Je sens que ses yeux examinent soigneusement chaque recoin de mon corps. On ne peut pas le lui reprocher : l’homme va payer une dot importante pour avoir la possibilité de jouir de mon corps (c’est la définition du contrat de mariage selon certains livres de jurisprudence religieuse). N’a-t-il pas le droit d’inspecter ce corps pour s’assurer qu’il place son argent au bon endroit ?
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BookycookyBookycooky   14 septembre 2018
Mais on peut se demander comment le fervent musulman qu’est le général Alouani peut regarder des films pornographiques.
Voilà bien une question absurde comme ne peuvent en poser que des ignorants ou des personnes malveillantes ! Bien sûr que selon la charia regarder des films pornographiques est une chose blâmable, mais cela ne fait pas partie des péchés mortels comme le meurtre, la fornication et la consommation d’alcool. En fonction de la jurisprudence selon laquelle “la nécessité rend licite ce qui est interdit”, la charia autorise parfois à s’adonner à des actions blâmables si elles empêchent le croyant d’accomplir des péchés mortels.
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BookycookyBookycooky   16 septembre 2018
Le cheikh poursuivit d’une voix tremblante :
—Mes sœurs dans l’islam, répétez après moi cette invocation et apprenez-la par cœur. C’est lui qui a mon âme entre ses mains et je ne désire de lui que Son visage, qu’il soit glorifié et exalté : “Mon Dieu, fais que les femmes et les filles des musulmans soient saintes, pieuses, soumises et pénitentes. Fais-leur aimer le voile et le hijab et sème en elles la pudeur et la chasteté. Garde-les contre les corrupteurs et les assertions des trompeurs et donne-leur pour modèles les mères des croyants, par ta merci ô toi le plus miséricordieux.”
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BookycookyBookycooky   16 septembre 2018
-Un million de personnes douées de raison appartiennent à la communauté rastafari. Ils croient que l’empereur d’Éthiopie, Hailé Sélassié, est Dieu en personne. Ils l’adorent avec conviction et sincérité. Remarquez que Hailé Sélassié est mort depuis moins de quarante ans. Imaginez cette croyance dans quatre cents ans. Il y aura des millions de personnes qui adoreront Hailé Sélassié et qui seront prêts à défendre leur foi jusqu’à la mort.
C’est ainsi qu’Issam voyait les religions : toutes avaient commencé comme un folklore et, avec le temps, elles s’étaient sanctifiées parce que les gens ont besoin de croire en l’inconnu pour supporter leurs souffrances et leur sentiment d’oppression.
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Vidéo de Alaa El Aswany
Le romancier d'Alaa El Aswany est un romancier égyptien né au Caire en 1957. Dentiste et auteur, il a publié son premier roman en 2002 « L'immeuble Yacoubian » chez Actes Sud. Puis en 2011, Alaa El Aswany fut une des figures emblématiques de la révolution égyptienne.  « J'ai couru vers le Nil » (Actes Sud) raconte le destin d'une vingtaine de personnages sur la place Tahrir. Il évoque également de la répression du gouvernement.
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