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ISBN : 2330057962
Éditeur : Actes Sud (03/02/2016)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 99 notes)
Résumé :
Anna Enquist nous entraîne dans un avenir proche et dans une ville qui, jamais nommée, ressemble étrangement à Amsterdam. Un quatuor amateur réunit des amis à qui la pratique musicale offre un dérivatif bienvenu à une vie professionnelle ou personnelle difficile. Caroline (violoncelle) est médecin généraliste ; Jochem (alto) est luthier ; Heleen (deuxième violon) est infirmière ; Hugo (premier violon) dirige un centre culturel qui n’en a plus que le nom…
Et p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  20 juin 2018
« La musique adoucit les moeurs », et les quatre personnages principaux de ce « Quatuor » en ont bien besoin. Musiciens amateurs de bon niveau, les quatre amis se réunissent régulièrement pour noyer dans la musique classique leurs difficultés personnelles et professionnelles. Il y a Hugo, directeur d'un centre culturel sur le point de sombrer corps et âme faute de subsides. Heleen, sa cousine, est une infirmière dévouée qui ne pense qu'à aider les autres au risque de s'oublier elle-même. Quant à Caroline, médecin généraliste, et son époux Jochem, luthier, ils partagent un deuil immense qui menace de fissurer leur couple. A la périphérie de ce quatuor, gravite un cinquième personnage, Reinier, ancien violoncelliste virtuose et ancien professeur de Caroline et Hugo, désormais cloîtré chez lui par un genou arthritique et surtout par une paranoïa tragi-comique à l'égard du monde extérieur.
Il ne se passe pas grand-chose de joyeux dans ce roman légèrement dystopique, situé dans une ville qui semble le sosie d'Amsterdam. L'avenir qui s'y dessine est peu réjouissant : la culture, ce luxe inutile et élitiste, n'est plus subventionnée par les pouvoirs publics, et les personnes âgées, lorsqu'elles ne sont plus autonomes, sont parquées, parce que c'est budgétairement plus rentable, dans des mouroirs qui ne disent pas leur nom. Même l'altruisme et le bénévolat semblent ici tourner en bourrique, lorsqu'on comprend qu'ils sont à l'origine de l'épisode final, aussi explosif qu'absurde, causant de violents « dommages collatéraux » aux personnages, dont on ne saura pas comment ils s'en relèveront.
Déshumanisation, course au profit et à l'efficacité, corruption, incurie, égoïsme, Anna Enquist annonce et dénonce les maux d'une société moins futuriste qu'il n'y paraît. Inquiétant et pessimiste, Quatuor brasse les thèmes du deuil, de la vieillesse et du règne de l'argent, et leur oppose l'amitié, la compassion et la douceur de la musique, mais celles-ci ne font guère le poids. Ce roman est intelligemment construit, écrit avec sobriété et élégance, à la fois psychologique et poétique. Touchant et désespérant, quelques grammes de finesse dans un monde cruel.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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traversay
  07 mars 2016
Pianiste et psychothérapeute, la romancière néerlandaise Anna Enquist a connu une vie marquée par une tragédie : la perte d'un enfant. Ses livres tournent souvent autour de ce dernier thème, comme Quatuor, avec l'importance de la musique, susceptible de guérir ou au moins d'atténuer le chagrin. Chacun des membres de ce groupe de musiciens souffre d'un manque et surtout d'une perte, notamment un couple (elle est médecin, il est luthier) dont les deux garçons sont morts dans un accident de car scolaire. L'ambiance n'est donc franchement pas à la gaieté dans Quatuor hormis quand les musiciens répètent des pièces de Schubert ou de Bach. A ces quatre-là, s'ajoute un autre personnage, sorte de mentor, que l'âge avancé empêche de sortir et qui a développé une paranoïa du monde extérieur. Anna Enquist a situé son roman dans un futur très proche, à Amsterdam, dans une société qui ne se soucie plus guère de culture et qui se "débarrasse" de ses vieux dans des mouroirs. le tableau est sombre et si la romancière est incomparable dans la description des maux intimes de ses "patients", son ouvrage est aussi résolument politique appuyant sur l'incurie et la corruption ambiantes. Si les 2/3 du livre adoptent le registre de la musique de chambre, sa dernière partie surprend, devenant une espèce de thriller quasi absurde à l'image d'un champ social dévasté acculturé. Très fin du point de vue psychologique et remarquablement écrit, Quatuor peut paraître exigeant et désespéré. Il l'est mais jusqu'à un certain point. Si l'on se laisse prendre par sa petite musique et sa construction brillante, il prend une résonance toute particulière et se révèle extrêmement sensible et émouvant.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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antibouille
  23 janvier 2017
J'apprécie beaucoup l'univers de cet auteur et son écriture à la fois simple et élégante. Son amour de la musique classique et sa sensibilité transparaissent une nouvelle fois dans son dernier roman qui aborde par le biais de ses divers personnages de vrais faits de société : la difficulté de surmonter la mort d'un enfant, la fraternité partagée, la solitude de la vieillesse...sans toutefois nous toucher vraiment profondément. Autant j'ai pris plaisir dans la lecture des 3/4 du livre autant la fin du roman trop invraisemblable m'a totalement fait sortir de l'histoire...dommage. Mais le fait que cette lecture nous donne irrésistiblement l'envie de réécouter les oeuvres de Mozart, Bach et Schubert est une belle réussite qu'il convient de souligner.
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cmpf
  26 février 2019

Dans une grande ville des Pays Bas quatre amis jouent en amateurs dans un quatuor à cordes. Il y a Caroline au violoncelle, médecin de profession et son mari Jochem, luthier, à l'alto, l'infirmière Heleen , deuxième violon et son cousin Hugo premier violon, qui dirige un centre musical. Sauf que dans ce futur proche, la musique classique n'est plus subventionnée et le centre se tourne de plus en plus vers d'autres activités plus lucratives. Autre changement, les personnes qui deviennent dépendantes doivent être signalées par les médecins. Elles sont alors accueillies dans des centres à la campagne où les visites sont déconseillées. C'est d'ailleurs pourquoi le vieil ami de Caroline, autrefois musicien de classe internationale, qui est resté son professeur de violoncelle n'ose pas laisser voir ses difficultés à se déplacer.
Bien que presque tous aient des blessures, ils les transcendent dans la pratique musicale.
J'ai aimé ce livre où la musique est réellement présente, Anna Enquist étant elle-même musicienne. J'ai apprécié aussi le double discours : les paroles prononcées et les celles qui sont pensées.
Je reviendrai sans doute vers cet écrivain.
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KRISS45
  27 mars 2016
J'attendais plus de ce roman de la musicienne et psychothérapeute néerlandaise Anna Enquist, dont j'avais aimé "le retour".
Trop d'éléments négatifs s'entremêlent et alourdissent le récit : vieillesse, chômage, corruption, détresse infinie d'un couple en deuil de deux enfants, trop c'est trop.
L'idée de résilience et de rédemption par l'amitié et la beauté absolue de la musique n'est pas aboutie et la fin rocambolesque ajoute à mon sentiment de déception.
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critiques presse (3)
LaPresse   08 juin 2016
Un de ces petits bijoux de romans qui vous restent à l'esprit longtemps après en avoir tourné la dernière page.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   09 mars 2016
La grande romancière néerlandaise se fait l'écho des murmures de l'âme d'amis musiciens blessés par notre société superficielle et cruelle.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   22 février 2016
Quatuor n’est pas un livre totalement joyeux. La bonne surprise, c’est que, avant qu’il ne s’achève, le roman psychologique se sera transformé en thriller et que le lecteur y aura trouvé de la lumière.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
letilleulletilleul   13 mars 2016
Sortir le violoncelle. Il sent la douleur lui transper- cer le genou à la seule idée de détacher les fermoirs, surtout celui du bas, qui l’oblige à s’agenouiller ; sou- lever l’instrument, manœuvrer le précieux objet en bois de façon que le chevalet ne heurte pas le cou- vercle de l’étui – et il faut encore attraper l’archet, le tendre et tâcher de se loger dans le fauteuil, avec le violoncelle. En n, au cas où il voudrait aller plus loin que les exercices de technique et les gammes : prendre une partition, rapprocher le pupitre, cher- cher ses lunettes. Il ferme les yeux et passe mentale- ment l’archet sur chacune des quatre cordes, l’une après l’autre, sans s’agiter.
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jmlire92jmlire92   25 août 2018
Tu aimes le porto ? J'en ai encore une bonne bouteille. "

    Suivant ses indications, Caroline va chercher flacons et verres. Elle verse deux bonnes rasades. Parfait, j'en avais bien besoin. Du moment qu'elle ne me prédit pas la goutte ou le risque de perdre le peu qui me reste de facultés intellectuelles...

    Caroline n'en fait rien. Elle lève son verre et se penche en avant pour trinquer avec le vieil homme.

   " Tu t'en sors un peu ? demande-t-elle. Comment va se genou ?

    Que dois-je répondre ? S'interroge-t-il avec lassitude. Lui faire croire que tout va bien, à elle ? Et si je suis sincère, va-t-elle me dénoncer à la flicaille gériatrique ? Mais non... S'il y a quelqu'un en qui je peux avoir confiance, c'est elle. Je peux bien lui dire, à elle, que je trouve le temps long, que je ne parviens jamais à me reposer de peur d'être pris sur le fait, que j'ose à peine dormir au cas où je rêverais qu'on me fait subir des traitements expéditifs - je lui passerais les détails sur la méthode employée... Que je regrette la personne que j'étais. La pratique de la musique.. Lui dire que toutes ces pensées me rendent fou parce que je les prends à la fois au sérieux et à la légère. Parfois, je me fais du cinéma, je me raconte des histoires et puis tout à coup, je me reprends : il faut faire attention, il y a danger. Je peux lui dire que je suis fatigué. Mort de fatigue.

   " Il faut persévérer, répond-il. Nous devons persévérer l'un et l'autre. Au-dehors c'est la jungle. Les dangers nous guettent, mais nous devons tranquillement chercher notre chemin. Pour toi, c'est le deuil, pour moi, c'est la vieillesse...

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rkhettaouirkhettaoui   26 février 2016
Il y a vingt-cinq ans – j’en avais dix-huit et lui se trouvait dans la force de l’âge – quel émoi ! Cette sensation d’être amoureuse, il faut bien le reconnaître, cette faculté de trouver la musique si importante que le reste de l’univers ne comptait plus… J’étais d’un talent moyen, rien d’exceptionnel. Mais je travaillais dur et je n’étais pas bête. C’est ce qui lui plaisait. Lui et son quatuor, ils étaient magnifiques, toute la classe de violoncelle allait les écouter avec délices lorsqu’ils se produisaient quelque part. Comme ils étaient souvent en tournée, c’est son assistant qui nous donnait des cours de technique pendant ce temps. J’ai passé mes années de conservatoire dans un état permanent d’euphorie, de rêve. Musique de chambre, orchestre, concerts de classe… Je me rendais bien compte qu’au-dehors il y avait un autre monde, un monde de problèmes, de devoirs et de responsabilités, mais je réussissais à ne pas y penser et à faire comme si ma formation musicale avait lieu entre les murs d’un royaume céleste, à la manière d’un enfant qui vit pendant quelque temps une existence imaginaire.
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rkhettaouirkhettaoui   26 février 2016
La médecine pour adultes et la gériatrie ont beau être devenues des spécialités totalement différentes, ce n’est pas seulement l’âge qui délimite la frontière entre les deux. Caroline pense au profil d’autonomie fonctionnelle et la grille d’évaluation lui apparaît à l’esprit. Capacité à effectuer les travaux ménagers, à faire les commissions, mobilité, gestion, productivité, hygiène. Une liste sans fin de réponses à cocher. Trop de cases laissées vides ? On procède alors au “transfert” du patient, qui ne reviendra plus au cabinet médical.
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patatarte2001patatarte2001   04 mars 2016
C'est leur pagaille que je voudrais, leur pagaille et leurs mauvaises odeurs de gamins, se dit-elle. Le désordre, c'est un signe de vie, un présage de rangement, l'annonce de projets et d'entreprises à venir.
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Videos de Anna Enquist (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anna Enquist
Depuis longtemps déjà, les romans d?Anna Enquist, publiés chez Actes Sud, ont conquis de très nombreux lecteurs français. Cette oeuvre, d?une profonde cohérence, excelle dans la peinture des mille et une nuances de l?âme humaine, de ses contradictions, grandeurs et faiblesses. Ses livres célèbrent la musique, disent le deuil irréparable, reflètent l?évolution de nos sociétés vers toujours plus d?individualisme? Et sa prose, d?une élégance toute classique, révèle la grande poétesse et pianiste qu?est également l?auteure de Contrepoint et Quatuor. Animé par Florence Noiville, le Monde des Livres.
Samedi 26 mai, Salle Molière - 33e Comédie du Livre
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