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EAN : 9782330057961
300 pages
Éditeur : Actes Sud (03/02/2016)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 124 notes)
Résumé :
Anna Enquist nous entraîne dans un avenir proche et dans une ville qui, jamais nommée, ressemble étrangement à Amsterdam. Un quatuor amateur réunit des amis à qui la pratique musicale offre un dérivatif bienvenu à une vie professionnelle ou personnelle difficile. Caroline (violoncelle) est médecin généraliste ; Jochem (alto) est luthier ; Heleen (deuxième violon) est infirmière ; Hugo (premier violon) dirige un centre culturel qui n’en a plus que le nom…
Et p... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  20 juin 2018
« La musique adoucit les moeurs », et les quatre personnages principaux de ce « Quatuor » en ont bien besoin. Musiciens amateurs de bon niveau, les quatre amis se réunissent régulièrement pour noyer dans la musique classique leurs difficultés personnelles et professionnelles. Il y a Hugo, directeur d'un centre culturel sur le point de sombrer corps et âme faute de subsides. Heleen, sa cousine, est une infirmière dévouée qui ne pense qu'à aider les autres au risque de s'oublier elle-même. Quant à Caroline, médecin généraliste, et son époux Jochem, luthier, ils partagent un deuil immense qui menace de fissurer leur couple. A la périphérie de ce quatuor, gravite un cinquième personnage, Reinier, ancien violoncelliste virtuose et ancien professeur de Caroline et Hugo, désormais cloîtré chez lui par un genou arthritique et surtout par une paranoïa tragi-comique à l'égard du monde extérieur.
Il ne se passe pas grand-chose de joyeux dans ce roman légèrement dystopique, situé dans une ville qui semble le sosie d'Amsterdam. L'avenir qui s'y dessine est peu réjouissant : la culture, ce luxe inutile et élitiste, n'est plus subventionnée par les pouvoirs publics, et les personnes âgées, lorsqu'elles ne sont plus autonomes, sont parquées, parce que c'est budgétairement plus rentable, dans des mouroirs qui ne disent pas leur nom. Même l'altruisme et le bénévolat semblent ici tourner en bourrique, lorsqu'on comprend qu'ils sont à l'origine de l'épisode final, aussi explosif qu'absurde, causant de violents « dommages collatéraux » aux personnages, dont on ne saura pas comment ils s'en relèveront.
Déshumanisation, course au profit et à l'efficacité, corruption, incurie, égoïsme, Anna Enquist annonce et dénonce les maux d'une société moins futuriste qu'il n'y paraît. Inquiétant et pessimiste, Quatuor brasse les thèmes du deuil, de la vieillesse et du règne de l'argent, et leur oppose l'amitié, la compassion et la douceur de la musique, mais celles-ci ne font guère le poids. Ce roman est intelligemment construit, écrit avec sobriété et élégance, à la fois psychologique et poétique. Touchant et désespérant, quelques grammes de finesse dans un monde cruel.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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fanfanouche24
  03 novembre 2019
Par curiosité, je suis revenue en arrière dans une progression de lecture,
et j'ai emprunté à la médiathèque la première partie de "Quand la nuit s'approche" (qui m'a dernièrement captivée), avant que nos quatre amis
ne soient frappés par l'attentat terroriste et la prise d'otages...
la musique est le fil omniprésent de la vie de quatre amis, qui se débattent
comme tout un chacun, avec les difficultés de la vie...Ils se retrouvent
pour jouer ensemble... Cette complicité musicale est le ciment de
leur amitié...
"Comment a-t-on fait pour se désintéresser autant de la musique ? Elle-même ne peut se passer de musique "classique". Si elle ne pouvait pas pratiquer, elle serait perdue, c'est sûr. Dans sa tête, il y a toujours un thème ou une ligne d'accords, même quand elle est au travail. Les mots la fatiguent, la musique lui apporte le repos." (p. 19)
Nous faisons connaissance , en premier, avec le vieux professeur de musique de Caroline, vivant dans une grande solitude, depuis l'arrêt de ses
leçons de musique et le décès de sa femme. Caroline, son élève préférée,
devenue médecin généraliste, continue à lui rendre visite, à s'exercer
avec lui. La musique est devenue doublement un refuge... depuis
qu'elle a perdu ses deux fils dans un accident de car scolaire...
Musique qu'elle exerce avec deux amis ainsi que son mari,Jochem, luthier
de profession...
Hugo qui se débat avec un bâtiment de la ville où il était responsable des
concerts et des festivals musicaux...se retrouve licencié, les subventions
devenant "peau de chagrin"...la culture, et la musique devenant "fantomatiques", secondaires, car non rentables !!!
Heleen, infirmière, qui travaille au même centre médical que Caroline,
altruiste jusqu'au-boutiste, en plus de son métier, de sa famille,
des répétitions musicales, correspond avec des prisonniers ! [ ce qui
provoquera un événement ultérieur bouleversant... je n'en dirai pas plus ! ]
"On se comprenait tous les quatre sans avoir besoin de parler. C'est bête, mais je me suis sentie entourée, intégrée, soutenue. Et je n'avais pas honte. Peut-être parce qu'on était nous aussi en train de jouer, d'apporter quelque chose à l'ensemble ? Dans ce cas, on a moins de raisons de se sentir nuls. "
(...) Ce n'est jamais bien , pense-t-il. Ni quand on parle, ni quand on se tait. Mais après tout, c'est comme ça dans la vie, on ne fait vraiment jamais bien. "(p. 157)
Dans cet opus, hormis le cordon directeur de la musique...deux autres grands thèmes sont abondamment traités: le grand âge et l'épreuve du deuil, vécue et supportée de façon unique, pour chaque individu... Ce qui sous-entend parallèlement, le regard et le déni fréquemment de la société face à la vieillesse comme face à la mort, et aux personnes endeuillées qui
dérangent !!

"Les autres font de leur mieux pour nous aider. ça ne sert à rien de se fâcher. C'est juste que j'ai du mal à supporter toutes ces conneries sur le deuil, ça me donne l'impression qu'il faut se dépêcher, comme si c'était juste un boulot qu'il fallait avoir terminé au bout d'un certain temps. Mais ça ne marche pas comme ça." (p. 191)
Un jeune garçon, Djamil, va aider le vieux professeur de musique, lui faire ses courses, l'aider dans son quotidien; en échange il lui donnera des leçons de musique... et malgré son refus de se faire payer, le professeur lui fera une "cagnotte" ... Cette affection grandissante entre le vieux musicien célèbre et l' adolescent est l'une des très belles lumières d'espérance de ce roman...
Cette auteure semble très concernée par les deuils violents qui tombent sur les personnes; Comment survivre, surmonter le chagrin, la culpabilité ? La solitude extrême de chacun [mais en étant en couple ] face au deuil, l'épreuve du temps et du vieillissement !
De bien nombreuses thématiques jalonnent le roman d'Anna Enquist, englobant l'individu et son degré variable d'adaptation à la société dans laquelle il évolue, et le monde alentour ! Les agressions, la violence, l'insécurité grandissante, généralisée, la corruption des gouvernants, le mépris pour la Culture, la musique, les Arts, le Mal, le délaissement de nos "anciens "!...
En quelques mots... Comment faire face au dur métier de vivre ?
Excellent moment de lecture... je m'immerge avec enthousiasme dans le monde d'Anna Enquist... Il faut juste choisir la bonne période pour la lire, c'est--à-dire, une période où se sent "vaillant"... Car les sujets traités, analysés en profondeur restent des sujets graves , perturbants, nous interpellant de plein fouet...!!!
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traversay
  07 mars 2016
Pianiste et psychothérapeute, la romancière néerlandaise Anna Enquist a connu une vie marquée par une tragédie : la perte d'un enfant. Ses livres tournent souvent autour de ce dernier thème, comme Quatuor, avec l'importance de la musique, susceptible de guérir ou au moins d'atténuer le chagrin. Chacun des membres de ce groupe de musiciens souffre d'un manque et surtout d'une perte, notamment un couple (elle est médecin, il est luthier) dont les deux garçons sont morts dans un accident de car scolaire. L'ambiance n'est donc franchement pas à la gaieté dans Quatuor hormis quand les musiciens répètent des pièces de Schubert ou de Bach. A ces quatre-là, s'ajoute un autre personnage, sorte de mentor, que l'âge avancé empêche de sortir et qui a développé une paranoïa du monde extérieur. Anna Enquist a situé son roman dans un futur très proche, à Amsterdam, dans une société qui ne se soucie plus guère de culture et qui se "débarrasse" de ses vieux dans des mouroirs. le tableau est sombre et si la romancière est incomparable dans la description des maux intimes de ses "patients", son ouvrage est aussi résolument politique appuyant sur l'incurie et la corruption ambiantes. Si les 2/3 du livre adoptent le registre de la musique de chambre, sa dernière partie surprend, devenant une espèce de thriller quasi absurde à l'image d'un champ social dévasté acculturé. Très fin du point de vue psychologique et remarquablement écrit, Quatuor peut paraître exigeant et désespéré. Il l'est mais jusqu'à un certain point. Si l'on se laisse prendre par sa petite musique et sa construction brillante, il prend une résonance toute particulière et se révèle extrêmement sensible et émouvant.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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antibouille
  23 janvier 2017
J'apprécie beaucoup l'univers de cet auteur et son écriture à la fois simple et élégante. Son amour de la musique classique et sa sensibilité transparaissent une nouvelle fois dans son dernier roman qui aborde par le biais de ses divers personnages de vrais faits de société : la difficulté de surmonter la mort d'un enfant, la fraternité partagée, la solitude de la vieillesse...sans toutefois nous toucher vraiment profondément. Autant j'ai pris plaisir dans la lecture des 3/4 du livre autant la fin du roman trop invraisemblable m'a totalement fait sortir de l'histoire...dommage. Mais le fait que cette lecture nous donne irrésistiblement l'envie de réécouter les oeuvres de Mozart, Bach et Schubert est une belle réussite qu'il convient de souligner.
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cmpf
  26 février 2019

Dans une grande ville des Pays Bas quatre amis jouent en amateurs dans un quatuor à cordes. Il y a Caroline au violoncelle, médecin de profession et son mari Jochem, luthier, à l'alto, l'infirmière Heleen , deuxième violon et son cousin Hugo premier violon, qui dirige un centre musical. Sauf que dans ce futur proche, la musique classique n'est plus subventionnée et le centre se tourne de plus en plus vers d'autres activités plus lucratives. Autre changement, les personnes qui deviennent dépendantes doivent être signalées par les médecins. Elles sont alors accueillies dans des centres à la campagne où les visites sont déconseillées. C'est d'ailleurs pourquoi le vieil ami de Caroline, autrefois musicien de classe internationale, qui est resté son professeur de violoncelle n'ose pas laisser voir ses difficultés à se déplacer.
Bien que presque tous aient des blessures, ils les transcendent dans la pratique musicale.
J'ai aimé ce livre où la musique est réellement présente, Anna Enquist étant elle-même musicienne. J'ai apprécié aussi le double discours : les paroles prononcées et les celles qui sont pensées.
Je reviendrai sans doute vers cet écrivain.
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critiques presse (3)
LaPresse   08 juin 2016
Un de ces petits bijoux de romans qui vous restent à l'esprit longtemps après en avoir tourné la dernière page.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   09 mars 2016
La grande romancière néerlandaise se fait l'écho des murmures de l'âme d'amis musiciens blessés par notre société superficielle et cruelle.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   22 février 2016
Quatuor n’est pas un livre totalement joyeux. La bonne surprise, c’est que, avant qu’il ne s’achève, le roman psychologique se sera transformé en thriller et que le lecteur y aura trouvé de la lumière.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
letilleulletilleul   13 mars 2016
Sortir le violoncelle. Il sent la douleur lui transper- cer le genou à la seule idée de détacher les fermoirs, surtout celui du bas, qui l’oblige à s’agenouiller ; sou- lever l’instrument, manœuvrer le précieux objet en bois de façon que le chevalet ne heurte pas le cou- vercle de l’étui – et il faut encore attraper l’archet, le tendre et tâcher de se loger dans le fauteuil, avec le violoncelle. En n, au cas où il voudrait aller plus loin que les exercices de technique et les gammes : prendre une partition, rapprocher le pupitre, cher- cher ses lunettes. Il ferme les yeux et passe mentale- ment l’archet sur chacune des quatre cordes, l’une après l’autre, sans s’agiter.
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fanfanouche24fanfanouche24   29 octobre 2019
"Une autre ! " réclame Djamil.
il finit par jouer la suite jusqu'au bout. Tous les mouvements. Puis il couche le violoncelle par terre, à côté de sa chaise. Bach l'a rendu à sa vie active, à sa vie productive. Il estime avoir bien joué, avec de la retenue, mais aussi de l'expressivité. Et tout le temps juste. Finalement, ça ne va pas trop mal. Les choses ne sont pas aussi graves qu'il le pensait. Et tant qu'il y aura des gamins comme celui-ci, capables d'écouter toute une suite en retenant leur souffle, la culture n'est pas encore définitivement perdue; En allant s'asseoir dans le fauteuil, il a l'impression de se tenir plus droit qu'avant. (p. 78-79)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 novembre 2019
Elle détaille les faits comme ils se sont déroulés, mentionnant sa véritable profession, le type d'instrument qu'elle pratique, le nom de ses amis. Elle pense brièvement à toutes ces règles qu'elle enfreint, mais ne se laisse pas effleurer par le doute. J'en ai ma claque de toujours faire ce qu'on attend de moi, ça suffit ! Maintenant, c'est moi qu'on va écouter. (...)
Si ces paresseux de fonctionnaires ouvrent mon courrier et le rejettent, grand bien leur fasse, se dit-elle. La communication entre les humains, c'est ça l'important. Qui pourrait être contre ? (p. 125)
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fanfanouche24fanfanouche24   03 novembre 2019
Maintenant, se dit Heleen, il faut garder cette concentration. Continuer à surveiller le doigté des autres pour rester en phase, même si ce n'est pas la peine car à présent, ils sentent le rythme, ils vibrent tous les quatre aux mêmes pulsations. Comment ça se fait, quelqu'un a imaginé cette musique il y a combien de temps, au XVIIIe, et plus de deux cents ans après, ces mêmes notes déclenchent en nous quelque chose qu'on ne peut pas expliquer ? (p. 186)
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fanfanouche24fanfanouche24   02 novembre 2019
Un fourgon blindé passe le portail en vombrissant, quelqu'un crie, la barrière s'abaisse pour aussitôt remonter.
(...)L'univers de crime et des châtiments, refoulé par la musique le temps d'une soirée, la prend au dépourvu. Elle se détourne de la fenêtre comme pour revenir à l'endroit où, juste auparavant, elle était entourée de sons et emplie d'une quiétude à présent évanouie. (p. 188)
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Videos de Anna Enquist (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Anna Enquist
Depuis longtemps déjà, les romans d?Anna Enquist, publiés chez Actes Sud, ont conquis de très nombreux lecteurs français. Cette oeuvre, d?une profonde cohérence, excelle dans la peinture des mille et une nuances de l?âme humaine, de ses contradictions, grandeurs et faiblesses. Ses livres célèbrent la musique, disent le deuil irréparable, reflètent l?évolution de nos sociétés vers toujours plus d?individualisme? Et sa prose, d?une élégance toute classique, révèle la grande poétesse et pianiste qu?est également l?auteure de Contrepoint et Quatuor. Animé par Florence Noiville, le Monde des Livres.
Samedi 26 mai, Salle Molière - 33e Comédie du Livre
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