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EAN : 9782743617479
384 pages
Éditeur : Payot et Rivages (09/01/2008)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 20 notes)
Résumé :

Dans l’Amérique troublée des années vingt s’est développé un puissant mouvement syndical. Eddie Lombardo, jeune Italo-américain d’abord tenté par le proxénétisme, entame une carrière de mouchard au service du patronat. Violent, totalement dépourvu de morale, Eddie – qui se fait appeler Florio pour rompre avec sa famille « communiste » – gravit rapidement le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Tetrizoustan
  17 avril 2021
De la grève générale de Seattle en 1919 à la fin du Mccarthysme, en passant par San Francisco, New York puis Seattle back again, voici le parcours étonnant d'Eduardo Lombardo, aka Eddy Florio, qui incarne pleinement le rêve américain, du moins le rêve américain tel que Valerio Evangelisti le dépeint.
D'une modeste famille calabraise communiste, mais rejetant cet héritage pour se vivre pleinement américain, ambitieux, entreprenant, Eddy Florio est un winner qui va monter les marches du milieu syndicaliste des dockers aux Etats-Unis, jusqu'à côtoyer les plus grands.
Officiellement membre de l'ILA, un syndicat toujours actif aujourd'hui, son activité va en fait le mener toutes sortes d'activités : syndicat organisé par l'industrie, convoyage de jaunes, répression policières, intimidations, assassinats, et surtout trafic d'influence et l'exploitation des dockers via le système d'embauche : les activités qui rapportent.
Opportuniste, sadique, raciste, misogyne, avec une nette tendance à violer, torturer ou alors assassiner les femmes qu'il côtoie, Eddy Florio n'est pas un personnage facile à lire, surtout sur 400 pages. Une fois cet avis terminé, j'aurai besoin d'une cure de - je ne sais pas - Totoro, peut-êre, oui, regarder au moins trois fois Totoro en boucle.
Mais en le suivant, on côtoie tous les événement de cette période, et une foule de personnages historiques, syndicalistes, gangsters, avocats ou politiciens - ou inconnus, militants, prostitués, dockers, hommes de mains, agents du fbi, journalistes - sur fond de guerre, de luttes syndicales, de répression et de chasse aux sorcières.
Chaque chapitre est une incitation à aller fouiller des pages wikipedia. Ce livre est une fresque historique, où Evangelisti mêle Florio à chaque événement qui compte, et, sans jamais adopter en apparence un point de vue autre que celui de son personnage monstrueux, dépeint trois décennies d'une lutte où les dockers sont broyés entre l'idéologie, qu'elle vienne de la droite ou de la gauche (enfin, surtout de la droite...), la guerre, et les forces du profit, incarnées par le crime organisé et sa logique criminelle et patriarcale.
Evangelisti est un drôle d'auteur, voici un livre sans guerre moderne ni future, alchimiste, inquisiteur, ni expédition spatiale (le tout mélangé) et pourtant il est habité par la même logique sociale et noire, si noire, et les mêmes personnages haïssables.
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Fadette100
  14 février 2016
Dans l'amérique troublée des années vingt, s'est développé un puissant mouvement syndical. Eddie Lombardo, jeune italo-américain d'abord tenté par le proxénétisme, entame une carrière de mouchard au service du patronat, désireux de conserver le contrôle des docks. Violent, totalement dépourvu de morale, Eddie - qui se fait appeler florio pour rompre avec sa famille " communiste " - gravit rapidement les échelons. Maître ès chantage et extorsion, aussi doué pour déclencher une grève que pour y mettre fin, il n'hésite jamais à rendre " service " à ses puissants protecteurs mafieux, qui détournent à leur profit les luttes sociales. Volontiers violent, pervers et sadique, il jouera les opportunistes et se vendra toujours aux plus offrant.
Mais avec la guerre, l'amérique change, et le syndicat du crime avec elle. Eddie a beau avoir passé sa vie à étouffer les " rouges ", le délire maccarthyste ne le sert pas. Devenu encombrant, il perd la confiance des parrains et fini sa vie…
Avec talent, Valerio EVANGELISTI peint, à travers le destin de son personnage principal, une fresque passionnante des violences syndicales, des années 20 aux années 50, qui ont opposé les grands patrons et la mafia aux organisations anarchistes et communistes.
Un roman noir social et politique des mouvements syndicaux. Roman lu en 48 heures. Epoustouflant, stupéfiant, sidérant qui tient en haleine. L'écriture est remarquable. Belle découverte que cet auteur !
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Charybde2
  19 mars 2013
Comme dans son cycle du "Métal", Evangelisti creuse les failles historiques du rêve américain...
Avec ce roman "hors cycles" paru en 2004, Evangelisti posait toutefois une pierre d'importance entre son cycle fantastique du "Métal" (qui traitait de l'ère de la guerre de Sécession et des barons-voleurs capitalistes), et d'une manière paradoxale, l'Ellroy du cycle "American Tabloid"... !
Ici, Evangelisti décrit l'évolution du syndicalisme américain entre 1920 et 1960, à travers les pérégrinations d'un individu qui, toujours au service de ses propres intérêts et de ses pulsions les pires, passera des authentiques syndicats "jaunes" des années 20 aux syndicats pseudo-socialistes et authentiquement mafieux des années 40, avant d'être confronté au maccarthysme. Une conclusion en forme de clin d'oeil, à Seattle en 1999...
Du très bon Evangelisti, qui décape, comme souvent, côté crudité, mais qui appuie néanmoins toujours brillamment là où ça devrait faire mal...
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Lucas2
  02 novembre 2020
Un beau salopard. Et c'est le héros.
Heureusement que c'est Evangelisti qui nous met dans sa peau. Il est doué pour nous le faire haïr, sans que l'on soit rebuté par la lecture.
Généralement je n'accroche pas les descriptions de "monstres". Là j'apprécie l'auteur, c'est plus facile.
Mais ce que j'ai préféré, c'est le thème, très chouette.
L'Amérique qui se construit, les syndicats, les docks, la mafia.
Commencer par une autre lecture si vous ne connaissez pas cet Italien, tout ce que j'ai lu de lui est d'égale qualité.
Dans la même veine : "un pays à l'aube", de Lehane.
(plus d'avis sur PP)
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marcanciel
  19 août 2012
Ca faisait un bail que je n'avais plus lu d'Evangelisti; beaucoup trop longtemps, à vrai dire. J'en étais resté à son incroyable saga portant sur Nicolas Eymerich, l'inquisiteur. Ce qui m'a frappé chez cet auteur italien, c'est son originalité et le sadisme de ses personnages. Quand on le lit, on ne sait jamais si on est dans un univers de science-fiction, fantastique ou historique. Tout se mélange avec énormément de talent pour la grosse surprise finale. Evangelisti c'est aussi un paquet de références à d'autres grands auteurs: Poe, Ray... On pourrait qualifier cette saga de saga de la bonne surprise. [...]
Lien : http://tutevukantalu.blogspo..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
TetrizoustanTetrizoustan   16 avril 2021
La Blue Moon Tavern (...) était gérée par les frères Jack et Jim Daniel, qui l'avaient acquise en 1950. Peut-être leur fortune était-elle due au fait qu'un poète gallois dont Eddie n'avait jamais entendu parler, un certain Dylan Thomas, avait été un client assidu du bar avant de casser sa pipe, fin 1953.

De ce moment, poètes en herbe ou déjà affirmés, intellectuels de tout acabit, journalistes et lettrés s'étaient donné rendez-vous en ce lieu. Ils se fondaient au mieux avec un bon nombre de débardeurs du port et de militants communistes ayant pour l'instant échappé à l'épuration en cours. La première fois qu'il s'était perché sur un des tabourets devant le comptoir, Eddie s'était amusé à suivre la discussion entre un soi-disant poète dénommé Allen Ginsberg et un activiste du parti à peine sorti de l'adolescence.

Chacun d'eux parlait pour son propre compte, sans prêter la moindre attention à ce que disait l'autre. Le sketch s'était terminé quand Ginsberg, bourré comme un coing, avait glissé du tabouret et s'était endormi sur le sol. L'autre avait essayé de l'endoctriner encore un peu puis s'était mis en quête d'un interlocuteur plus lucide.
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TetrizoustanTetrizoustan   15 avril 2021
Le juge Harris poussa un soupir exaspéré :
- Maître, il s'agissait d'un autre procès.
- Mais dans ce cas aussi, mon client était accusé d'être communiste.
- Nous en avons déjà discuté, Mr Halliman. Cette fois, M. Bridges n'est pas inculpé en tant que communiste. Il est accusé d'avoir menti quand, dans les procès précédents, il a nié qu'il l'était.
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TetrizoustanTetrizoustan   12 avril 2021
Eddie Florio aurait pu s'offrir un appartement beaucoup plus luxueux que celui qu'il occupait à Soma, dans un immeuble anonyme sur la 22e Rue, au coin de Filber Sreeet.Peu-être dans la Lombard Street voisine, toute en virages montants et maisonnettes de style victorien. Le fait est qu'il considérait sa maison, et sa famille même, comme un élément éphémère de son existence. Quelque chose d'aussi indispensable que des vêtements, mais pas au point d'influencer sa vraie vie.
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PecosaPecosa   20 avril 2012
Depuis quand le travail est-il un droit? Pour tout bon Américain, c'est une conquête, réservée à qui a la trempe nécessaire. Autrement, une rosse et un cheval de race pourraient avancer les mêmes prétentions.
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