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EAN : 9782020653817
128 pages
Éditeur : Seuil (09/03/2004)
Résumé :
Lydia Flem raconte comment elle a vidé la maison de ses parents. Pour chaque objet, chaque meuble, chaque vêtement, chaque papier, il n’y avait que quatre directions, comme à la croisée des chemins la rose des vents : garder, offrir, vendre ou jeter.Cette épreuve, qui arrive à chacun de nous (ne devient-on pas orphelin à tout âge ?) est ici l’occasion d’un livre bouleversant, écrit avec sensibilité, humour et sans tabou.
A l’écart de tout dolorisme, un livre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  30 juin 2015
Je suis assez tristement et laborieusement en train de faire ce que Lydia Flem évoque dans son récit: vider la maison de mes parents..
J'ai donc pris ce livre et l'ai lu d'une traite comme un bricoleur du dimanche se jetterait sur une notice de montage de bibliothèque Ikéa, ou comme une cuisinière occasionnelle se précipiterait sur les Buffets de Sophie à l'approche d'une soirée d'anniversaire de 30 copains..;
Finalement, le monteur du dimanche devant le surréalisme prononcé de la-dite bibliothèque fera appel aux services efficaces (et ironiques) d'un pro et la cuisinière occasionnelle -et cossarde- dira à ses copains d'apporter chacun leur spécialité..
Le livre de Lydia Flem n'est pas un mode d'emploi ni un kit destiné à gérer (le vilain mot à la mode) le deuil...
Chaque vidage de maison parentale est une épreuve personnelle: rien à transmettre, sinon des platitudes bien générales.
L'enfer , comme toujours, est dans les détails. Et c'est là que le livre de Lydia Flem m'a le plus touchée: dans ce qui justement n' appartient qu'à elle.
Par exemple, le trousseau magnifique de sa mère, grande perfectionniste et couturière émérite, dans une gamme de tons distingués et très classe...rien à voir avec celui de ma petite maman à moi, qui détestait faire même un ourlet, s'habillait de bric et de broc, au gré des fantaisies de ses filles, et dans toutes les couleurs de l'arc-en-ciel.. mais ce sont les mêmes perplexités: qu'en faire? à qui donner ce qui était sa deuxième peau? ses vêtements "habités" tout à coup si vides, si insignifiants, sans elle...Qu'en faire? Les porter, ce serait une hérésie, les donner, une souffrance..Trouver qui pourrait VRAIMENT les mettre en leur donnant une autre vie...mais qui?
Les lettres et papiers personnels, Lydia Flem les a archivés, jusqu'aux papiers de banque, jusqu'aux factures..quant aux "lettres d'amour en héritage" échangées par ses parents, un couple toujours amoureux et très uni, elles ont fait l'objet d'un livre, que j'ai lu aussi, il y a quelques années, quand mon père, le premier, nous a quittés...et qui m'avait convaincue, alors, de ne jamais percer , comme elle, le secret des lettres d'amour de mes parents, quelle que fût ma curiosité, parce que je savais que leur amour avait été grand, assez pour nous envelopper tous d'un habit de tendresse, et que cela me suffisait. Mais elle, Lydia Flem, était enfant unique de parents rescapés de la Shoah qui avaient toujours refusé de parler à leur fille de leur expérience traumatisante: lire les lettres c'était aussi percer un abcès, mettre fin à un silence insoutenable.Alors elle exhume ces secrets, elle met à nu le mystère de l'amour parental. Je ne me suis pas sentie capable de cette appropriation qui m'est apparue comme un viol: ma soeur et moi, le coeur serré, nous avons passé ces lettres-là à la déchiqueteuse, sans les lire...
Non, décidément, ce livre n'a pas été un mode d'emploi, encore moins un mode de pensée. Et pourtant, dans la mesure où il m'a renvoyée à une expérience que je n'arrive pas encore à clore et à un adieu que je suis loin d'avoir fait, c'est un livre utile et même nécessaire.
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Junie
  10 novembre 2018
Livre choisi après avoir lu d'excellentes critiques sur cet auteur dont je n'avais jamais entendu parler. Elle est Belge et membre de l'Académie Royale de Belgique, où siégèrent Colette, Simenon, Anna de Noailles, Cocteau et bien d'autres plumes illustres.
Mais foin de ces mondanités littéraires, le sujet de ce livre est abordé avec beaucoup de réalisme, et non comme un exercice de style.
La photo de couverture est éloquente: d'un côté la masse énorme du passé et des souvenirs de toute une vie, de l'autre une petite "topolino" rouge qui symbolise la vie, le mouvement, l'avenir. Comment ne pas se laisser écraser, étouffer, envahir, submerger, par ce raz de marée de meubles et d'objets qui s'est amoncelé pendant des décennies dans la maison familiale?
Comment contenir ces émotions qui viennent aussi nous submerger quand nous retrouvons de précieux fragments d'une histoire qui nous concerne de façon tellement intime, si personnelle? Photos anciennes, portraits de visages chéris, lettres jaunies, vieilles dentelles ou babioles sans valeur qui font remonter des souvenirs d'enfance, des récits familiaux, ils semblent conspirer pour nous donner des remords.
Comment résister pour ne pas être happé par un passé qui ne veut pas tomber dans l'oubli?
Lydia Flem décrit avec justesse les dilemmes auxquels sont confrontés les héritiers: vouloir tout conserver, c'est devenir gardien de musée. Et vouloir tout jeter, c'est trahir la mémoire des siens, se montrer déloyale et ingrate.
Alors on doit trier, et passer par le chagrin, le découragement, l'agacement, la crise de nerfs, l'envie de tout envoyer au diable, et surmonter la lassitude et les accès de nostalgie.
En parcourant les chapitres, je souris en constatant que nos parents ont tous eu les mêmes habitudes conservatrices, mettant de côté et accumulant leurs trésors au fond des caves et des greniers, des boites et des enveloppes, des tiroirs et des placards.
Et je partage son avis: ne vaut-il pas mieux faire cadeau de son vivant, quand viennent les enfants et petits enfants, de ces chers objets qui resteront après nous?
Lydia Flem nous livre avec délicatesse et sincérité une expérience humaine sur cette étape mystérieuse de la vie: la disparition.
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paulotlet
  08 décembre 2013
Dans ce court récit, Lydia Flem aborde la question du deuil à travers l'expérience traumatisante qui consiste à vider la maison des parents disparus. Des milliers d'objets, insignifiants ou porteurs de mémoire rappellent ce que fut la vie des défunts, désormais réduite à quelques traces matérielles, souvent dérisoires, une louche, une boîte d'allumettes, un verre à pied. L'auteur décrit admirablement les sentiments qui assaillent ceux qui sont soumis à cette tâche impossible. Entre piété, colère, volonté de garder, besoin de détruire, de donner, de se détacher, le travail de deuil se construit lentement et finalement, nous reprenons la vie. Mais combien de pleurs et de fous rire, d'émotions submergeantes ou de moments de dégoût, de culpabilité et de honte avant de retrouver la sérénité? Un ouvrage très touchant, très pudique, qui met le doigt sur les difficultés qu'il y a à se reconstruire après la mort d'un proche.
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adtraviata
  11 février 2016
Avec beaucoup de sensibilité et une grande précision, Lydia Flem aborde un sujet grave, celui du deuil des parents : tous, un jour (du moins dans la logique plus ou moins naturelle des choses) nous perdrons nos parents, et la séparation se marquera notamment par une autre forme de présence, qui pourrait se révéler encombrante : l'héritage qu'ils nous légueront.
Lydia Flem est non seulement écrivain mais elle est aussi psychanalyste. Cela se ressent, notamment par ses références à Freud, dans la réflexion approfondie qu'elle mène sur la mort des parents quand on est un adulte déjà accompli, sur l'ambivalence des sentiments qui peuvent survenir : « Comment oser raconter à quiconque ce désordre des sentiments, ce méli-mélo de rage, d'oppression, de peine infinie, d'irréalité, de révolte, de remords et d'étrange liberté qui nous envahit ? » (p. 9) Car dans notre société, peu d'espace, peu de temps sont accordés aux endeuillés pour traverser la perte et retrouver un nouvel équilibre des relations.
Une des premières réalités les plus visibles de ce travail de deuil est l'héritage, c'est-à-dire se retrouver tout à coup propriétaire légal de biens que les parents ne nous ont pas nécessairement transmis, donnés clairement de leur vivant. Que faire des objets, des papiers, des souvenirs personnels, de cette maison à vider ? Vider, un verbe cruel que Lydia Flem égrène avec une grande lucidité.
Face à cette tâche, elle est d'abord et avant tout une fille, une fille unique qui prend d'abord le temps de raviver les derniers jours, les derniers instants de ses deux parents, et surtout de sa mère partie en dernier, et dont elle a respecté les dernières volontés. Un respect qui apaise un peu sa douleur et l'aide à trouver grâce aux yeux de cette mère jamais satisfaite des efforts de sa fille pour se faire aimer telle qu'elle était. Vient ensuite le temps, long, terriblement long, souvent teinté d'amertume, d'incrédulité, où il lui faut ranger, trier, vider la maison, pièce par pièce. Une maison où ses parents ont accumulé et gardé les papiers, les objets, les souvenirs de toute une vie, sans jamais rien jeter. Une tâche gigantesque, presque insurmontable et pourtant libératrice pour une fille qui n'avait jamais vraiment trouvé sa place dans la lignée familiale marquée par la Shoah et les nombreux membres déportés et gazés à Auschwitz. Une histoire que ses parents n'avaient jamais racontée clairement à Lydia, comme pour se protéger et pouvoir recommencer une nouvelle vie malgré l'horreur.
Ainsi, au fur et à mesure des découvertes, des choix cornéliens, « garder, offrir, vendre ou jeter », Lydia Flem peut à la fois se détacher et se réapproprier l’héritage de ses parents. En témoignent les listes, les longues listes d’objets trouvés dans la maison, le passage très émouvant sur les vêtements cousus et portés par sa mère, les dons qu’elle réussit à faire à des amis pour que les choses puissent vivre une nouvelle vie. Et ainsi à travers ce lent travail minutieux, l’héritière passe du chagrin à la joie, de la mort à la renaissance. On sent que les souvenirs ne sont pas achevés, il n’y a pas de point final à ce premier volet d’une trilogie autobiographique.
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madameduberry
  29 juin 2015
Un jour, Lydia Flem se trouve au pied du mur. La perte de ses deux parents, en soi un séisme qui fait d'elle une orpheline, la met en charge désormais de disposer des traces matérielles de leur vie.
Effraction. Comment décider si tel ou tel papier doit être lu, sinon en le lisant? Comment ne pas être coupable en découvrant l'intimité des personnes les plus fondamentales dans sa vie?
Comment disposer d'objets qui ne lui ont pas été donnés?
Et pourtant ce travail lui échoit, comme une ultime manifestation d'amour et de respect qu'elle ne peut confier à personne.
Comment, de ce labeur douloureux, elle peut aboutir à un bonheur et une fierté, c'est ce que cette auteure sensible et impressionnante de lucidité nous aura révélé à la fin de ce beau livre.
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Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
adtraviataadtraviata   11 février 2016
« De tous les coins et recoins émergeaient toujours davantage de feuilles, d’enveloppe, de cartes, de notes, de cahiers, de petits carnets, de photocopies, de photographies, de plans, de brouillons, de listes, de pense-bêtes. J’en avais le tournis.

Devais-je, par fidélité, conserver ces infimes fragments de vie ? Leur étais-je enchaînée ? Mon père et ma mère avaient peut-être inconsciemment cherché à ensevelir l’horreur sous l’abondance de l’anecdotique, du quotidien, des petits bonheurs soutirés à la vie, au coup par coup, c’est toujours ça de pris à l’ennemi. Chacun garde intentionnellement ou par hasard, par paresse, par lassitude, des tas de paperasses. Mes parents avaient conservé presque toutes les strates de leur vie, tout ce qu’ils avaient pu sauver du néant : bouclier imaginaire contre le vide qui demeurait en eux ? Mais en quoi cela me concernait-il à présent ? Je n’étais pas censée, en devenant leur héritière, me faire leur psychanalyste. J’étais partagée entre l’envie de poursuivre mon exploration et le désir de plus en plus puissant de bazarder le tout. La curiosité m’en empêchait encore. » (p. 84-85)
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mandarine43mandarine43   10 août 2011
[ Incipit ]

A tout âge, on se découvre un jour orphelin de père et de mère. Passé l'enfance, cette double perte ne nous est pas moins épargnée. Si elle ne s'est déjà produite, elle se tient devant nous. Nous la savions inévitable mais, comme notre propre mort, elle paraissait lointaine et, en réalité, inimaginable. Longtemps occultée de notre conscience par le flot de la vie, le refus de savoir, le désir de les croire immortels, pour toujours à nos côtés, la mort de nos parents, même annoncée par la maladie ou la sénilité, surgit toujours à l'improviste, nous laisse cois.
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fanfanouche24fanfanouche24   01 juin 2013
Je suis pour les donations et contre les héritages. Il faudrait toujours faire un testament, désigner nommément ce qu'on souhaite léguer et à qui on le destine. La passation d'une génération à l'autre ne devrait pas aller de soi, elle devrait être un choix, une offrande, une transmission explicite, concertée, réfléchie, et non pas seulement une convention, un laisser-faire passif, une résignation. J'héritais, j'aurais aimé recevoir. (p. 41)
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manU17manU17   06 avril 2018
Certains se figent dans les gestes rituels, les convenances, le savoir-vivre des endeuillés, le rang à tenir, les couleurs sombres, les phrases de circonstance. Ce qu'ils éprouvent, ils ne le laissent pas transparaître : rage, indifférence, manque d'émotion, sanglots muets de petit enfant, amertume et désespérance de n'avoir pas été assez estimé, reconnu, aimé, et de ne plus pouvoir rien attendre désormais.
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ladycobaltladycobalt   23 novembre 2016
À tout âge, on se découvre un jour orphelin de père et de mère. Passée l’enfance, cette double perte ne nous est pas moins épargnée. Si elle ne s’est déjà produite, elle se tient devant nous. Nous la savions inévitable mais, comme notre propre mort, elle paraissait lointaine et, en réalité, inimaginable. Longtemps occultée de notre conscience par le flot de la vie, le refus de savoir, le désir de les croire immortels, pour toujours à nos côtés, la mort de nos parents, même annoncée par la maladie ou la sénilité, surgit toujours à l’improviste, nous laisse cois.
Cet événement qu’il nous faut affronter et surmonter deux fois ne se répète pas à l’identique. Le premier parent perdu, demeure le survivant. Le cœur se serre. La douleur est là, aiguë peut-être, inconsolable, mais la disparition du second fait de nous un être « sans famille ». Le couple des parents s’est retrouvé dans la tombe. Nous en sommes définitivement écartés. Œdipe s’est crevé les yeux, Narcisse pleurt.
Il se peut que les liens d’alliance et ceux de l’amitié ne soient pas moins puissants que les liens de filiation, et peut-être sont-ils même bien plus heureux, mais il n’empêche qu’après la mort de nos grands-parents puis celle de nos parents, il n’y a plus personne derrière nous. Seulement, une double absence comme un terrible froid dans le dos. En disparaissant nos parents emportent avec eux une part de nous-mêmes. Les premiers chapitres de notre vie sont désormais écrits. Il nous faut conduire en terre ceux qui nous ont transmis la vie, nos créateurs, nos premiers témoins. En les couchant dessous la tombe, c’est aussi notre enfance que nous enterrons.
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Videos de Lydia Flem (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lydia Flem
Présentation par Lydia Flem de son ouvrage "Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils" paru chez Seuil.
>Psychologie différentielle et génétique>Psychologie et environnement>Accidents, catastrophes, deuil... (en psychologie) (44)
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