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EAN : 9782020837897
192 pages
Éditeur : Seuil (14/10/2005)
  Existe en édition audio
3.86/5   233 notes
Résumé :
"Quelques jours à peine avant que tu nous quittes, nous avons été toutes deux prises d'un fou rire à propos d'un détail tellement prosaïque concernant ta mort. /.../

Ce jour-là, donc, comme chaque fois que nous avons ri ensemble de quelque chose qui aurait dû nous faire pleurer, je t'ai dit, redevenant sérieuse :

- C'est inouï ce qui est en train de se passer, maman. Incroyable ce que tu me fais faire. Le chemin... Le chemin que tu me ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
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Eric76
  28 mai 2017
Une Maman, au commencement de ta vie, c'est d'abord un roc, un géant, un corps droit, une fière silhouette, une voix énergique qui t'apprend, une odeur qui te rassure ; c'est une force qui te protège, qui te tiens, te fais avancer. D'elle, tu prends tout ; tu t'en imprègne comme une éponge ; c'est ton unique modèle, c'est ton repère, ton havre de paix, ta puissance tutélaire. Et quand tu arrives à ton apogée, tu assistes impuissant au lent mais irrémédiable déclin de ce monstre sacré. Les absences. Les hésitations. La voix qui se lézarde. Un beau matin, tu la trouves plus petite. Son corps se tasse, se ratatine, devient cassant comme du verre.
La Maman de la narratrice à quatre-vingt-douze ans, et elle sait désormais que sa bataille contre le temps, contre elle-même aussi, est perdue. Elle est tellement fatiguée ! Tout devient « trop loin, trop lourd, trop haut, inaccessible en un mot. » Pour celle qui fut sa vie durant une battante, une résolue, une opiniâtre, le corps fourbu, moulu, rompu a rendu les armes. La vieille voiture est vendue ; les courses sont faîtes par d'autres ; l'espace se rétrécit au point de devenir étouffant. Et puis après le corps, qui dit « que le lierre ne gagnerait pas la tête » ?
Alors, cette vieille femme libre décide de mettre fin à ses jours. Et pourquoi cette ancienne sage-femme qui donna naissance à tant de vies n'aurait-elle pas le droit de décider du moment où elle ferait halte ? C'est pour la fille que l'épreuve est la plus difficile. Comment admettre que son amour pour sa vieille Maman a moins d'attraits que la mort ? Il lui faut entreprendre un long cheminement, fait de révoltes, de résignations, d'abattements, avant de comprendre que choisir le moment de sa mort, c'est la liberté de sa Maman. Ce sera sa dernière leçon.
Vient alors pour cette fille désarçonnée le temps de l'accompagnement, le temps épouvantable du compte à rebours. On règle quelques affaires ; on a de grands et salvateurs fous-rires ; on s'échange les photos de famille et on se souvient ; on ne se prive plus de rien, et surtout pas de ces huitres qu'on avale goulûment ; on se fait les dernières confidences entre filles ; on meuble les silences…
Un livre dur, au style haché, à l'émotion à fleur de peau… Un livre difficile à lire parce qu'il nous renvoie à plein de choses qu'on ne voudrait pas voir, ou le plus tard possible. Un moment rare de lecture.
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babounette
  29 mars 2017
Difficile de parler de la mort, surtout quand c'est celle de sa mère. Noëlle Châtelet nous emmène dans le long parcours de sa maman qui a décidé de
se donner la mort avant la déchéance totale. Elle nous explique sa réaction face à l'annonce de cette décision, nous dit ses pensées, ne veut pas y croire.
A partir du moment où sa maman lui parle de sa décision, Noëlle ne vivra plus que dans cette angoisse mais parlera énormément avec elle, leurs échanges sont empreints de tendresse, de souvenirs, parfois aussi de tristesse et d'incompréhension. Ce livre retrace le cheminement du choix d'une fin de vie programmée, réfléchie, mais pas pour autant facile pour cette maman qui ne veut pas "être une charge pour ses enfants", qui veut partir en ayant" toute sa tête".
C'est un douloureux chemin pour cette mère et sa fille, mais Noëlle Châtelet nous décrit ce chemin tout en douceur. J'ai été plus d'une fois émue en lisant mais je comprends bien la décision de cette dame.

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Ladybirdy
  29 décembre 2018
Je m'attendais à lire un roman autour de cette fin de vie, j'ai lu les pensées d'une mère trop fatiguée pour continuer à vivre et celles de sa fille qui peine à accepter la décision. Une condamnation, une peine de mort parce que « ça fait de la peine quand quelqu'un qu'on aime meurt ».
Beaucoup de questions que se posent la fille, pourquoi, comment... Beaucoup d'émotions vives sur cette vieillesse qui finit par nous rendre inutile. Beaucoup de larmes pour un départ pas facile à accepter. Forcément, des questions s'élèvent chez le lecteur, tout le monde peut-il prétendre au droit de mourir ? La vieillesse en fait-elle partie ? J'ignore si l'euthanasie est acceptée pour le motif d'être trop fatigué, trop vieux. D'autres personnes bien mal en point restent en vie parce qu'ils n'ont plus la conscience nécessaire pour élever la parole au droit d'en finir. Je m'égare mais je suis restée assez perplexe sur cette fin de vie guillotinée... Ce qui a un peu court-circuité les émotions à fleur de peau. Peut-être faut-il le vivre de près pour en mesurer aussi l'impact...
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manU17
  03 décembre 2012

«Ce sera donc le 17 octobre. »
«C'est ainsi, par cette phrase, toute simple, ces six mots, tout simples, que tu nous l'as annoncée, ta mort.
Phrase guillotine que cette petite phrase-là. »
Il est des livres dont on a du mal à parler tant ils nous ont touchés. Je vais faire de mon mieux pour celui-là.
Mireille Jospin, la mère de l'auteur, Noëlle Châtelet, décide qu'à 92 ans et au regard de sa santé déclinante, il est temps pour elle de tirer sa révérence. Favorable à l'euthanasie et au droit à mourir dignement, elle a pris sa décision, elle sait quand et comment. Ancienne sage-femme qui a si souvent aidé à donner la vie, elle a décidé de programmer sa propre mort.
La relation fusionnelle qui unit la mère et sa fille va les conduire à s'accompagner dans cette démarche, s'épaulant l'une à l'autre. La mère aide la fille à se faire à l'idée de son départ volontaire tandis que sa fille l'entoure lui permettant ainsi de mener sereinement sa décision à terme. On le comprend aisément, un tel chemin ne peut pas se faire sans larmes mais au-delà de la douleur, les deux femmes vont vivre de grands moments de bonheur.
En effet, contrairement à ce qu'on pourrait craindre d'un tel sujet et en dépit des larmes, rires et fous rires sont de la partie, renforçant la complicité entre les deux femmes qui passent évidemment parfois du rire aux larmes. La mort est présente mais n'est à aucun moment pesante.
« La mort s'apprivoise tu sais !... »
J'ai été interpelé par le fait qu'au-delà de l'importance de préparer son entourage à son départ, la mère attache également un grand intérêt au devenir de ses objets personnels. Certains objets, elle les donnera directement à sa fille. D'autres, seront étiquetés et accompagnés de petits mots déterminant leur devenir. Une façon de tout mettre en ordre, une façon de maîtriser l'après, une manière d'être encore un peu présente par-delà la mort et aussi de s'y préparer…
« Tes petits mots-étiquettes, nous les avons tous trouvés. […] Ils nous ont fait sourire plus d'une fois, « après ». »
Une autre chose qui m'a particulièrement ému, c'est cet échange entre les deux femmes qui reviendra plusieurs fois tout au long du récit, comme aux différents âges de la vie : « Tu me tiens, hein ? -Mais oui, je te tiens… Allez, vas-y, n'aie pas peur ! » Situations vécues, résurgences de l'enfance, je me revois, enfant craintif, avec ma propre mère comme unique mais, ô combien, rassurante référence parentale…
On ne peut qu'être touché par le courage de ces deux femmes. L'une pour la force de caractère lui faisant mener sa décision à son terme. L'autre pour son respect du choix de sa mère même s'il lui faudra un peu de temps pour y parvenir.
La Dernière Leçon ou comment se préparer au Grand Départ programmé de sa propre mère. La Dernière Leçon d'une mère à sa fille mais sans doute la plus bouleversante, la plus poignante.
« Il arrive que le choix de la mort soit un hymne à la vie.»

Un énorme merci à la belle personne qui m'a offert ce livre. Et n'oublie pas, il y a désormais un peu de mes larmes sur ton kleenex…

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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jeunejane
  10 novembre 2015
Dans ce livre merveilleux, la fille s'adresse à sa maman de 92 ans avec qui elle a une relation très fusionnelle.
La maman a toujours été une femme très responsable, autonome, sage-femme de profession.
A 92 ans, elle décide de mettre un terme à son existence afin de rester digne dans la vieillesse, et de ne pas montrer une laide image de ses derniers jours à ses enfants.
Sa fille accepte mal sa décision et pourtant au fil des pages, elle chemine dans sa réflexion.
En France, ce livre a plus de poids que chez nous en Belgique, où l'euthanasie est légale et depuis peu la souffrance mentale est reconnue comme une des nouvelles causes de ce geste.
Encore faut-il trouver les médecins qui adhèrent à l'idée mais c'est un autre débat.
Pour en revenir au livre de Noëlle Chatelet, il est tellement profond et rempli de pensées qui font mouche que j'ai coché un nombre incalculable de passages.
Seul petit reproche, je trouve que la maman théâtralise un peu trop sa fin et la fait traîner, cela doit être insupportable pour les enfants.
Je ne vois pas bien le livre en film et pourtant, il sort ces jours-ci dans les salles de cinéma.
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric76   23 mai 2017
J'ai caressé ton front, tes cheveux blancs, ton visage chaviré de fatigue, de déception.
Les choses ne s'étaient pas passées comme tu l'aurais souhaité.
Tes yeux étaient fermés. Tu étais si pâle que tout à coup, sans effort, je t'ai vue en gisante. J'ai pu t'imaginer dans la mort. On aurait dit qu'elle était déjà en toi, que déjà elle travaillait pour toi, en alliée, en amie, alors que nous... Alors que moi qui disait t'aimer en caressant ton front, tes cheveux... Moi, ta fille, si sûre, jusque-là, de mon amour... J'ai trouvé la mort plus aimante que moi. Oui, c'est cela : plus aimante.
Ce doit être à cet instant que tout a basculé, que tout s'est décidé avant même que tu ne me parles, dans cet instant stupéfiant, encore inexplicable, je me suis sentie comme prise en défaut, en défaut d'amour. Jusqu'à être jalouse, oui, jalouse de la mort, ton amie la mort.
Je t'avais donc déçue, et penaude j'étais, assise sur ton lit. L'as-tu sentie ? Tes yeux se sont ouverts. Les deux larmes chétives qui ont mouillé ta peau transparente semblaient les dernières gouttes d'une source qui s'épuise et qui le sait. Au bout de vos forces, au bout des larmes vous étiez, la source et toi.
Sans me regarder, tu as prononcé ces mots, plus épuisés encore que les larmes : " Vous ne comprenez pas. Il faut m'aider maintenant."
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YendareYendare   10 avril 2019
Il faut parfois l’aimer très fort, la vie, pour préférer la mort.
Il arrive que le choix de la mort soit un hymne à la vie.
J’admettais maintenant, sans effort, que tu souhaites fermer, sans honte, les yeux qui avaient si bien veillé à la marche de ton petit monde, et du grand monde aussi.
Droit de les fermer, les yeux, de ton propre gré, comme on décide d’aller dormir parce qu’il est l’heure, tout simplement, et le devoir de vie accompli. Plus de surveillante pour t’en empêcher. Droit de mourir. Droit de mourir dans la dignité parce que tu t’étais bien battue contre le temps, contre toi-même, jusqu’aux limites de ton propre vouloir.
Le choix de fermer les yeux en mettant fin à tes jours avait nom récompense. Mourir n’était pas indigne, c’est de rester, si fatiguée, qui l’eût été. Difficile d’expliquer cela, aux gens, plus tard : « Mais pourquoi donc votre mère a-t-elle mis fin à ses jours ? Elle était malade ?
— Non. Elle était fatiguée. »
Incompréhension. Fatiguée. Était-ce une raison pour mourir ?
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YendareYendare   12 avril 2019
Un jour anniversaire, on ne se réveille pas comme pour un jour ordinaire. Le jour anniversaire est en surcharge d’émotions.
À l’état du moment, heureux ou malheureux, s’ajoute quelque chose d’autre qui n’est pas prévisible dans ses effets : la conscience aiguë du temps et, souvent avec elle, en un éclair, la mémoire de tous les anniversaires d’avant, avant celui-là, dans une seule et unique pensée qui les confond tous et nous rend nostalgiques, parfois, souvent, toujours.
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babounettebabounette   29 mars 2017
Page 19
Nous dire ? Ne pas nous dire ? La question t'a déchirée toi aussi
"Je vous croyais préparés à l'entendre..."
Oui, en effet, tu étais en droit de nous croire préparés. Je croyais l'être moi qui avais promis, solennellement, d'être au rendez-vous, de vivre ce moment, avec toi, sauf que... l'est-on jamais?
Est-on jamais préparé à entendre, de la bouche de sa propre mère, la date choisie de sa mort, même si cette mort a été admise, dans son principe, depuis fort longtemps ?
Non, maman.
C'était trop demander, Trop.
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Eric76Eric76   26 mai 2017
Tout devenait trop loin, trop lourd, trop haut, trop bas, inaccessible en un mot, ou au prix de tant d'efforts que ta tête, encore vive et fière, ne voulait plus. Elle ne voulait plus que le corps fourbu, moulu, rompu, peine davantage. Et puis, après le corps, qui dit que le lierre ne gagnerait pas la tête, vive et fière, pour l'étouffer à son tour, l'empêcher de marcher droit ?
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Videos de Noëlle Châtelet (13) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Noëlle Châtelet
Rencontre avec Noëlle Châtelet, “Laisse courir ta main” (Seuil) Rencontre présentée par : Pierre Mazet
On ne tourne pas autour de la problématique du corps pendant cinquante ans sans que le corps se rebiffe ! C'est ce que Noëlle Châtelet va enfin admettre en se retrouvant un jour clouée au lit, au point de déposer une main courante contre X, à travers un dialogue brillant et enlevé, sans concession. Noëlle Châtelet fait un inventaire approfondi des questions qui l'obsèdent et nous entraîne dans les coulisses du processus de création, éclairant avec sincérité le sens à la fois intellectuel et intime de son parcours.
Retrouvez son livre chez vos librairies indépendantes : https://www.librairies-nouvelleaquitaine.com/
Inédite édition de l'Escale du livre, du 24 au 28 mars 2021 et durant tout le printemps https://escaledulivre.com/

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© musique : Hectory - Réalisation et sound design : Grenouilles Productions - création graphique : Louise Dehaye / Escale du livre 2021 - Inédite édition
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