AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2228909408
Éditeur : Payot et Rivages (01/06/2013)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Au moment où la Première Guerre mondiale et ses millions de morts ne permet plus de pratiquer des rituels collectifs de deuil, Freud, dont les fils ont participé au conflit armé, choisit de s’intéresser au deuil personnel. Que se passe-t-il quand nous sommes confrontés à la perte d’un être aimé ou à celle d’un idéal ? Pourquoi certaines personnes réagissent-elles par le deuil, qui sera dépassé au bout de quelque temps, alors que d’autres sombrent dans la dépression ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
colimasson
  27 décembre 2015
Contribution inspirée d'une conférence prononcée par Tausk en 1915, reprise et enrichie des considérations d'Abraham, enfin publiée en 1917 par Freud. On suivra le raisonnement qui nous permet de croire que la mélancolie n'a pas rien à voir avec le deuil.

Alors que le deuil est un phénomène naturel lié à la perte d'un objet (humain, idée, matériel), la mélancolie est un processus de deuil pathogène car lié à la perte d'un objet qu'il est impossible d'identifier. On pourrait dire qu'elle se manifeste comme deuil sans mort. Ce n'est pas étranger aux propos que tenait Kierkegaard lorsqu'il parlait de la perte originelle dont il se sentait la victime, et qui justifiait son indéfectible mélancolie.

Sigmund Freud n'en reste pas là et il essaie d'identifier la nature de cet objet mystérieux, perdu, pas identifié, malheureux. Il reste surtout étonné de ne rencontrer que des mélancoliques masochistes qui étalent avec une certaine complaisance leur haine et leur dégoût d'eux-mêmes. Après un peu de réflexion, Freud remarque que leurs reproches contre eux-mêmes pourraient aussi très bien, sinon mieux, s'appliquer aux êtres qui leur sont les plus proches, qu'ils aiment et haïssent à la fois. le comportement pathologique serait une manière déguisée de faire éclater sa violence aux yeux du proche entourage :

« […] Les malades, habituellement, parviennent encore, par le détour de l'auto-punition, à exercer leur vengeance sur les objets originels et à tourmenter ceux qui leur sont chers par l'intermédiaire de l'état de maladie, après qu'ils se sont livrés à la maladie, afin de ne pas être obligés de leur manifester directement leur hostilité. »

C'est aussi une manière de ne jamais résoudre l'ambivalence des sentiments. On préfère retourner l'agressivité contre soi-même pour se dissimuler ce constat glaçant : j'ai mal choisi l'objet de mon amour. Et alors ? Dans ce cas, il suffirait de s'en détourner. Mais le mélancolique ne le peut pas car il a choisi narcissiquement son objet d'amour. Ainsi, s'il le répudiait à présent, il aurait l'impression de se renier lui-même, ce qu'il ne supporterait pas.

Sigmund Freud est bien conscient du caractère spéculatif de cet essai. Il le souligne dans sa conclusion. Il n'empêche, il fournit des pistes de réflexion stimulantes.
Bonus : ça se lit vite et facilement.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          263
Cer45Rt
  11 juin 2019
"Deuil et mélancolie" est un court essai de Sigmund Freud, ou l'auteur de "Totem et tabou" aborde la question suivante : quelle est la différence entre le deuil et la mélancolie ?...
Le fondateur de la psychanalyse constate en effet beaucoup de ressemblances entre ces deux états. Toutefois, il lui semble qu'une étude psychologique fine révèle vite des différences caractéristiques, qu'il nous énumère.
En plus, c'est accessible et relativement facile à lire.
Bref, un essai très intéressant de Sigmund Freud, fin, intelligent et accessible !...
Commenter  J’apprécie          170
TCHITAT92
  26 juin 2018
Court essai, clair et accessible, comparant les deux notions de deuil et de mélancolie. On y découvre des similitudes dans les processus psychiques, décrites avec l'habituel talent de Freud. Que l'on adhère ou pas à ses conceptions, cet ouvrage reste très instructif et prête à la réflexion sur le notion de perte, que tout un chacun est amené à envisager au cours de son existence.
Pas le plus marquant des essais de Freud, mais très enrichissant par ailleurs !
Commenter  J’apprécie          170
aaahhh
  13 août 2012
Dans cette oeuvre magistrale, le père de la psychanalyse se propose d'éclairer l'essence de la mélancolie en la comparant avec l'affect normal du deuil.
Reprenant pas à pas chacun des deux états et élaborant en profondeur à la fois l'affection mélancolique et le travail du deuil, Freud offre dans cette ouvrage une réflexion passionnante sur la dépression. "Deuil et mélancolie" a d'ailleurs été source de nombreux travaux ultérieur et la richesse de ce texte a notamment inspiré les travaux de Melanie Klein sur la position dépressive.
Grand apport théorique à l'ouvre Freudienne, cet essai ne se lit pas toujours aisément mais vaut son pesant d'or! Je le recommande à tous les lecteurs avertis et curieux!
Commenter  J’apprécie          90
Plume_de_laine
  21 avril 2017
« Deuil et Mélancolie » Sigmund Freud.
Je dois avouer que ce livre attend dans ma bibliothèque depuis au moins un an. C'est un sujet qui me passionne assez et sur lequel je me pose de nombreuses questions, ayant moi-même encore énormément de mal à me sortir du deuil que j'ai eu il y a déjà de nombreuses années. Je souhaitais donc en apprendre d'avantage et j'avais donc hâte de commencer cette lecture, même si depuis le temps, j'aurai du le lire depuis bien longtemps.
Et bien, pour le coup, j'avoue que je suis un peu déçue. Je m'attendais à beaucoup mieux venant de Sigmund Freud, du moins, m'attendais-je à quelque chose de bien plus complet sur le sujet. Au lieu de cela, je découvre un petit essaie de 94 pages (préface et annexe dans ces pages), qui ne m'apprend pas forcément ce que je voulais savoir absolument.
Oui, on en apprend forcément. On sait les symptômes du deuil et de la mélancolie, on sait pourquoi, certaines personnes sont confrontées à cela, le pourquoi. On sait dans quel sorte de monde ils vivent, du moins dans leurs têtes. Mais, on ne sait pas comment passer au-dessus de ce deuil ou de cette mélancolie. Comment améliorer les choses par exemple. Il n'y a aucune réponse là-dessus. Je me doute bien, pour le coup, qu'à l'époque où est sortie cet essaie, il n'avait pas forcément les réponses à ces questions (et peut-être est-ce encore le cas aujourd'hui), cependant, j'aurais aimée avoir un peu plus d'indices sur la chose. Et j'aurai aimée en savoir plus de base sur le deuil et le mélancolie.
Pourquoi se font-ils subir cela ?
Dans cet essaie, Freud a décrit les traits fondamentaux du processus psychosexuel chez le mélancolique.
Donc, je conseil ce livre à ceux qui aime la psychologie. Ce n'est pas un gros essai, mais cela reste tout de même assez difficile à lire (vue les termes employés). de plus, il n'y a aucun chapitre, donc aucun moyen, de se dire, je pose deux secondes avant d'entamer le chapitre suivant pour réfléchir sur ce qui a été dit dans ce chapitre. Ici, tout s'enchaîne ce qui me gêne assez.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
aaahhhaaahhh   31 juillet 2012
La mélancolie se caractérise du point de vu psychique par une dépression profondément douloureuse, une suspension de l’intérêt pour le monde extérieur, la perte de la capacité d’aimer, l’inhibition de toute activité et la diminution du sentiment d’estime de soi qui se manifeste en des auto reproches et des auto injures et va jusqu’à l’attente délirante du châtiment.
Commenter  J’apprécie          170
colimassoncolimasson   31 décembre 2015
Si l’on écoute patiemment les multiples auto-accusations du mélancolique, on ne peut finalement se défendre de l’impression que les plus fortes d’entre elles conviennent souvent très peu à sa personne propre, mais qu’au prix de modifications minimes, elles peuvent s’adapter à une autre personne que le malade aime, a aimée ou devrait aimer. […]
Tout ce qu’ils disent d’abaissant sur eux-mêmes est, au fond, dit d’un autre ; et ils sont bien loin de témoigner, à l’égard de leur entourage, l’humilité et la soumission qui seules conviendraient à des personnes indignes ; bien au contraire, ils sont tourmenteurs au plus haut point, toujours comme s’ils étaient atteints et comme si un grand tort leur avait été fait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
colimassoncolimasson   29 décembre 2015
Appliquons maintenant à la mélancolie ce que nous avons appris du deuil. […] L’objet n’est peut-être pas réellement mort, mais il s’est trouvé perdu en tant qu’objet d’amour (cas, par exemple, d’une fiancée abandonnée). Dans d’autres cas encore, on croit devoir s’en tenir à l’hypothèse d’une telle perte, mais on ne peut pas clairement reconnaître ce qui fut perdu, et l’on est, à plus forte raison, en droit d’admettre que le malade, lui non plus, ne peut saisir consciemment ce qu’il a perdu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
colimassoncolimasson   08 janvier 2016
Des trois présupposés de la mélancolie : perte de l’objet, ambivalence et régression de la libido dans le moi, nous retrouvons les deux premiers dans les reproches de contrainte consécutifs à des décès.
Commenter  J’apprécie          150
colimassoncolimasson   06 janvier 2016
Le rapport à l’objet n’est pas chez [le mélancolique] un rapport simple, il est compliqué par le conflit d’ambivalence. […] Il se trame donc dans la mélancolie une multitude de combats un à un pour l’objet, dans lesquels haine et amour luttent l’une avec l’autre, l’une pour détacher la libido de l’objet, l’autre pour affirmer cette position de la libido contre l’assaut.
Commenter  J’apprécie          60
Videos de Sigmund Freud (74) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sigmund Freud
Rejetons de la seconde guerre mondiale, un mur invisible les a toujours séparés. Son père à elle, français, s?était engagé dans la SS ; son père à lui était juif d?Afrique du nord. Les enfants sont-ils inconsciemment hantés par les fantômes de leurs parents, par les spectres de l?Histoire ? Elle meurt lentement d?un cancer. Il l?accompagne dans son agonie jusqu?à son dernier soupir. Et cependant, il tente de se souvenir, de reconstituer ce qu?a été leur vie de couple secrètement désuni, leur jeunesse d?étudiants faisant la fête dans un Paris aujourd?hui disparu et se croyant heureux malgré tout. 
Avec ce roman, Morgan Sportès nous donne une sorte de Roméo et Juliette de l?ère moderne, revu par Sigmund Freud. Il construit ici un « tombeau » à une femme qu?il n?a pas su aimer, lui offrant, paradoxalement, une ultime preuve d?amour : posthume. . En savoir plus sur "Si je t'oublie" : https://www.hachette.fr/livre/si-je-toublie-9782213704463
+ Lire la suite
autres livres classés : mélancolieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Freud et les autres...

Combien y a-t-il de leçons sur la psychanalyse selon Freud ?

3
4
5
6

10 questions
299 lecteurs ont répondu
Thèmes : psychologie , psychanalyse , sciences humainesCréer un quiz sur ce livre