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ISBN : 2070359840
Éditeur : Gallimard (26/02/2009)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 744 notes)
Résumé :
Alabama, 1918.
Quand Zelda, " Belle du Sud ", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison.
Le couple devient la coqueluche du Tout-New York.
Mais Scott et Zelda ne sont encore que des enfants : propulsés dans le feu de la vie mondaine, ils ne tardent pas à se brûler les ailes...

Gilles Leroy s'est g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (103) Voir plus Ajouter une critique
Marple
  13 mars 2018
Je n'aime pas particulièrement Gatsby le magnifique ni son auteur F. Scott Fitzgerald que je vois comme un bellâtre décadent. Et ce n'est pas Alabama Song qui va me faire changer d'avis !
Cette biographie romancée de sa femme Zelda est écrite à la première personne, même si l'auteur précise à la fin la part d'invention et de réalité. Zelda nous y raconte toute sa vie, de sa jeunesse flamboyante en Alabama à ses souffrances de n'être plus que « la femme du » grand écrivain, qui va jusqu'à s'approprier certains de ses textes.
Zelda est sans arrêt au bord du gouffre, on le sent, d'ailleurs elle ne cache pas qu'elle fait des « crises » ni ne conteste ses longs internements en hôpital psychiatrique. Mais elle est très attachante dans son désir forcené de vivre, dans ses révoltes face au rôle étriqué auquel on veut la réduire et dans sa volonté constante d'écrire, d'aimer et de créer.
C'est un très beau portrait de femme et d'artiste torturée mais jamais résignée, en même temps qu'un témoignage sur la vie de bohème qu'elle a vécue au début du XXe siècle. J'avais tenté de lire ce roman en 2007 lorsqu'il avait obtenu le Prix Goncourt, et ne l'avais pas apprécié. Il faut croire que l.Alabama Song est comme le bon vin et a besoin de mûrir car il m'a beaucoup touchée aujourd'hui !
Lu dans le cadre de Pioche dans ma PAL de mars 2018, merci Basileusa pour le choix judicieux !
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horline
  20 juillet 2012
Parce que c'était lui parce que c'était elle. Quel autre couple que Zelda et Francis Scott Fitzgerald, enfants terribles des années vingt, mondain, ambitieux, qui s'est brûlé les ailes à trop s'approcher de la lumière artificielle des néons de la célébrité, aurait pu inspirer à Gilles Leroy une fiction biographique ? Il n'y en a pas beaucoup, tant ce couple rongé par les morsures de la jalousie et de la rivalité s'est consumé dans l'alcool et les excès en tout genre.
Ils se sont aimés, vraisemblablement. Mais ce roman met surtout en lumière la volonté de briller de celle qui est restée dans l'ombre : Zelda Fitzgerald, née Sayre, fille de juge dans un Alabama moribond, inculte et miséreux pour une jeune fille cultivée qui, durant une large partie de sa vie n'aura jamais abdiqué son tempérament indépendant, effronté, cynique, excentrique.
C'est peut être pour cela que l'auteur imagine une femme broyée par l'envie d'exister aux côtés du plus grand auteur des années vingt. Une soif insatiable qui forcément condamne à être déçu et à dériver. Comment s'affirmer quand on est un écrivain contrarié par un mari monstre sacré qui plus est égocentrique, autrement qu'en s'abandonnant à la provocation et aux frasques incessantes au point de lâcher prise avec la réalité ?…
Avec une plume spontanée et rebelle, Gilles Leroy ressuscite la voix intime de Zelda Fitzgerald. Il n'hésite pas à prêter à son héroïne un regard désinvolte, un regard qui refuse l'hypocrisie, les faux-semblants et l'apitoiement sur une vie guère enthousiasmante pour magnifier le destin de cette femme.
Trame décousue, paroles parfois désordonnées, comme si Zelda tentait de convoquer des souvenirs avant qu'ils ne s'évanouissent ou comme si on scrutait l'âme d'une patiente allongée sur le divan. le récit est une plongée en apnée dans une vie dissolue.
Certes le procédé de la biographie romancée est souvent controversé et parfois contestable, on a tendance au cours de la lecture à s'interroger continuellement sur la part de vérité et la part fictive. Mais le talent de Leroy est de rendre cette question anecdotique, dérisoire. L'auteur a choisi d'inscrire le roman dans la densité humaine, il explore les replis d'une âme désenchantée, il imprègne le récit du sentiment vertigineux de fuite en avant, de quête d'ivresse des sens jusqu'à basculer dans la folie et la paranoïa.
Zelda, la Belle du sud, aurait-elle connu une trajectoire différente dans les bras d'un autre homme ? Pour Zelda, il est indubitable que « notre folie nous unissait », et le mariage avec un homme ordinaire n'intéresse pas la littérature.
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sabine59
  29 juin 2018

C'est rare qu'un prix Goncourt me plaise ( par contre le Goncourt des Lycéens est souvent intéressant....) .Celui-ci en fait partie.
J'ai été touchée par le personnage de Zelda , la femme de Scott Fitzgerald, qui pourtant, au départ, m'agaçait un peu. Son anticonformisme, ses douleurs de femme amoureuse, son désespoir intérieur sont surtout bien rendus dans la deuxième partie du livre. Une vie conditionnée par sa passion pour un homme présenté comme alcoolique, égoïste, capricieux, dans une ambiance factice de luxe, d'hôtels, de voyages...et de problèmes financiers perpétuels.
Gilles Leroy s'immisce avec délicatesse dans la peau de Zelda, mêlant réalité et fiction, il nous donne à voir une femme fragile, un oiseau blessé en plein vol, tombant brutalement sur le sol.
Un couple mythique , certes, mais éphémère...et un destin de femme brûlé par ses fêlures...
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Syl
  14 mai 2013
1918, Montgomery, Alabama,
De fringants jeunes hommes venus de tout horizon sont cantonnés à Montgomery dans l'attente de rallier l'Europe. Pour taire leur anxiété, cacher leur peur, oublier l'étau, ils se perdent dans des bals, une insouciance factice, une euphorie pleine de fougue et paradent devant les Belles.

Zelda Sayre a dix-huit ans. Fille de l'aristocratie du sud, d'un père juge de la Cour Suprême, petite-fille et nièce de sénateurs, elle n'a le droit de se rendre qu'au Country Club. Là-bas, elle y fait la connaissance du lieutenant Fitzgerald. Il a vingt-un ans, a fait ses classes à Princeton, a une prestance charismatique, danse divinement, écrit… il est la figure du héros romantique.
"Il est petit, oui, mais ce défaut de quelques centimètres est compensé par une taille fine que la veste cintrée de l'uniforme souligne, par un front haut et un je-ne-sais-quoi (l'assurance d'être quelqu'un, la foi en soi, le sentiment qu'un destin sans pareil vous appelle), par une allure folle, en fait, qui l'exhausse d'une tête. Les femmes en sont babas et les hommes aussi. Il faudra que je réfléchisse un jour à cette singularité : aucun de ses frères d'armes ne le jalouse ni n'en prend ombrage. Non, c'est comme si les autres hommes acceptaient sa séduction et l'encourageaient…
Autant il me trouble, autant il m'irrite ! Divorce de ton rêve. Tout de suite."
Chaque jour apporte une frénésie de plaisirs et d'exubérance ; la fantaisie que Zelda aspire. Elle a l'optimisme de la jeunesse, la légèreté et l'impudence qui outragent son époque et sa petite ville, Fitzgerald lui apprend à danser le turkey trot et la séduit avec sa délicatesse et ses mots de romancier. Elle se projette à New York, femme d'un grand écrivain célébré, adulé.
Lorsque l'armistice est signé, que les soldats sont démobilisés, elle pressent la fin de leur histoire. Avec lucidité, elle lui offre une flasque en argent où elle fait graver "Ne m'oublie pas." Il part à New-York.
1919, Montgomery est désert, sans moelle. Zelda correspond avec son Goofo, Scott. Leurs lettres se font tour à tour aimantes, piquantes, tièdes et caustiques. Elle le rudoie, le snobe, le charme, lui jure foi et admiration. Elle pense que la jeune naïve d'Alabama ne pourrait se comparer aux étoiles new-yorkaises. Chez elle, elle est reine, héritière d'un passé et de révérences. Ses parents souhaitent qu'elle épouse un garçon de leur milieu, mais elle ne pense qu'à son yankee. Elle essaie de s'abrutir, elle sort, festoie, ne peut l'oublier et rêve de liberté.
Un jour, elle reçoit par la poste un petit paquet dans lequel Scott lui offre une bague, symbole qu'elle s'empresse d'accepter. Il vient la chercher. La famille de Zelda boude le mariage, ignore Scott et renie cette mésalliance. A la cathédrale de Saint-Patrick, Zelda se mariera sans elle.
1920, Dès la première année de leur mariage, l'ennui s'installe, ils se sont fatigués l'un de l'autre. Leur nuit de noces avait sombré dans la torpeur de l'alcool, ils avaient été renvoyés de leur hôtel. Etait-ce un présage ? "L'idole et l'Idéale" se dégradent.
A Westport, Zelda pense que la maison est faite pour le bonheur. Elle le recherche, elle l'attend. Scott est reconnu, il publie, il est aimé, ils font la fête, ils sont des icônes… et partent pour la France. Ils vivent royalement, avec excès et sans sobriété. Il écrit, il boit, il ne la touche plus.
1924, sur la Riviera, à Fréjus, Zelda rencontre un jeune aviateur Jozan. Il est superbe et elle en tombe follement amoureuse. Durant un mois, elle est belle d'aimer. Les gens se retourne sur son passage, la dévisage, boivent sa luminosité et elle croit qu'ils la reniflent, qu'ils sentent son impudeur, son adultère, ses abandons charnels. Elle est simplement voluptueuse dans sa passion et irrésistible. Jozan est l'homme qu'elle veut, celui qui sait l'émouvoir.
Scott ivre de jalousie, de honte, de faiblesse, ne le supporte pas. La voir heureuse et épanouie d'un autre, exacerbe sa violence qu'il assouvit ardemment.
1925, Zelda écrit et les périodes relatées se confondent. Des années 1920, on passe à celles de 1940. Scott la punit en la séparant de leur fille et en l'exilant dans une clinique en Suisse. Il la déserte, épave tremblante et haineuse. Les blouses blanches disent qu'elle est schizophrène. Les traitements l'abrutissent, mais elle se rappelle avant. Avant, elle profitait pleinement sur la côte Estérel, sur les plages camarguaises, dans les eaux enflammées, entre les ailes protectrices de son pilote français. Elle se souvient et les images sont des baumes. Alors, elle se met à écrire et à peindre. Elle va retrouver son amour sur des toiles. Elle exulte de pouvoir jeter toutes ses pensées obsédantes qui la font mourir. Elle reconnaît dans ses traits et ses mots, l'odeur, la force et la chaleur de son amant.
Mais trahison suprême, Scott lui vole son travail. Il est comme un microbe qui lui grignote sa vie…
La Belle du Sud se raconte, jusqu'à son retour à Montgomery, jusqu'à la mort du "prince désarmant", jusqu'à ses quarante-sept ans.
Gilles Leroy a eu avec cette biographie romancée le prix Goncourt.
Il s'est faufilé dans l'esprit de Zelda pour nous rendre une version de ce couple mythique. Ils se sont aimés, ils se sont détruits. La haine flirtait avec l'admiration et l'amour connut des mutations ; passion, souffrance, déchirement, dégoût, compassion, fraternité, mais jamais d'indifférence. Zelda et Scott étaient des enfants précoces, ils ont dévoré leur vie très rapidement.
Fitzgerald a connu le succès avec son premier roman "L'envers du Paradis" et a embarquée Zelda pour l'Europe, avec leur fille née en 1921. Ils ont été les acteurs d'une "génération perdue", avides, gourmands, jouisseurs, où l'alcool fut la plus exigeante des maîtresses, bien plus que l'écriture, détruisant leur couple et reléguant Zelda dans une folie imposée. Dans ses divagations, ses démences, Zelda devient artiste. Elle écrit, elle peint, elle avoue et dérange Scott qui s'accapare ses rédactions et veut la brider. Rien de mieux que des électrochocs pour la ligoter.
L'auteur explique à la fin de son roman qu'il est difficile, voire impossible, de vivre avec un écrivain. L'un des deux jalouse l'autre…
"(…) je songe à celui qui m'aimait si mal.
J'avais vingt ans (…) pour me décourager d'écrire, peut-être, ou pour que la fusion fût parfaite, il me faisait lire ses auteurs préférés, William Faulkner, puis Carson MacCullers, "des monuments, disait-il, des génies absolus", sans comprendre qu'il me faisait rencontrer là deux oeuvres définitives dans ma vie d'homme, et je songeais, moi : Deux aînés, deux repères, deux êtres à qui ressembler, deux oeuvres qui, loin de m'écraser, me donnaient des ailes nouvelles et, par une étrange ironie, exaltaient mon désir d'écrire au lieu de l'éteindre.
C'est lui encore qui, par une nuit d'étoiles, sur le pont d'un ferry en route vers Capri, me confia son admiration pour un couple hors norme, les Fitzgerald. Mais, si brillant qu'il fût, l'homme jaloux ne comprenait pas cette évidence : l'histoire de Scott et Zelda était là pour l'édifier, lui, pour lui souffler que nul ne maîtrise les tempéraments – pas plus que les orages, le vent ou la foudre : personne, ni les psychiatres ni les climatologues. Encore moins les amants ombrageux."
J'ai aimé cette lecture, une histoire, ses personnages, la composition des mots, la poésie, l'époque de l'entre deux guerres. J'ai aimé m'attarder entre quelques pages, faire des recherches et m'immerger dans cette Amérique romantique, folle et dépressive, en quête d'affranchissement.
Un superbe roman qui j'espère vous plaira.
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mariecesttout
  13 avril 2014
"Vous ne vous êtes pas mariée. Vous avez signé un contrat publicitaire.
Chacun a utilisé l'autre pour parvenir à ses fins.."
Ces deux phrases résument la sombre vie racontée et imaginée ( c'est là la force du roman de Gilles Leroy, d'avoir pu , partant d'éléments réels, tellement bien prêter vie à celle qui était déjà une héroïne de roman dans Tendre est la nuit) de Zelda Fitzgerald. de la fille du juge qui a cru que cette caractéristique pourrait lui être utile loin de son Alabama natal et de sa nourrice noire qui l'avait élevée dans une atmosphère familiale déjà complètement névrosée.
Sans arrêt, elle se trompe de vie, Zelda, elle qui voulait exister par elle même. Elle va rester la fille de et la femme de. Femme d'un grand écrivain américain, mais à quel prix? C'est une entreprise, qu'ils forment tous les deux, une entreprise qui va vite faire faillite.
"Accordons nos violons" lui dit un jour Scott. Et elle entend "Accordons nos violences "et acquiesce.
J'ai souvent pensé à Sylvia Plath, et à sa cloche de détresse... et c'est un livre qui m'a profondément émue.
Un petit extrait, après la mort de Scott, et le suicide de son frère...:
"Ce que je ressens?..... à l'imaginer pourrir entre quatre planches d'acajou?... c'est de la tendresse, docteur. Une horrifique tendresse. Mais cette folie à deux, ce n'était pas de l'amour...
Rendez moi mon frère. Les hommes comme Anthony Jr ne peuvent se résoudre au rien annoncé. le zéro s'est effacé lui-même, proprement. Ne reste du grand frère si beau et si lointain que sa légende d'enfant frondeur, aux frasques et bizarreries incessantes. Minnie ( sa mère ) la mutilante: " Ton frère ne savait quoi inventer pour se faire remarquer. Il a fini par trouver."
Rendez-moi René, l'autre frère, mon jumeau de hasard. En se suicidant au gaz, René a détruit tout son immeuble mais je ne crois pas qu'il voulait cela. Je le revois, sur le lit de Lariboisière, à l'apparition des premières taches brunes sur le thorax. " Maintenant, il faut t'en aller, il a dit, il faut t'échapper, ma petite danseuse américaine, il faut t'en aller sur les pointes. Eh! Eh! Pleure pas. Tu verras: tu seras grande un jour..." Et il a tout fait exploser. Je ne crois pas qu'en se tuant il voulait en tuer d'autres. René n'est pas comme ça. Il y avait bien trois ans qu'on n'avait plus parlé de Coconut. Tout le monde avait disparu, mort ou bien enfui. Il y avait eu tant d'alcool, tant de benzédrine et d'opium. Des neuroleptiques, ensuite, et les électrochocs. Puis cette foutue tuberculose.
Ils étaient des enfants aux yeux fous. de bons enfants, tout de même.
Les enfants rêvés de la Grande Guerre de Civilisation.
Pitié pour ceux qui ne sont pas nés avec au front l'étoile des héros!"
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 décembre 2007
Lecture jeune, n°124 - Zelda, l’épouse légendaire de l’écrivain Scott Fitzgerald nous livre sa sombre destinée. Gilles Leroy donne voix à cette femme belle, fragile et arrogante avec une troublante justesse. « Je suis Zelda Sayre. La fille du juge », cet énoncé ponctue le roman tel un leitmotiv et perd de sa consistante au fil des pages alors que Zelda devient l’ombre d’elle-même. Cette femme fait entendre une parole intime, empreinte de lyrisme et de poésie, comme un trop plein d’émotions, à peine contenu. Zelda raconte son coup de foudre pour l’écrivain, leur histoire d’amour se délitant peu à peu, partagée entre monotonie et infidélités. Zelda, dévorée par cet homme, s’oublie elle-même, délaisse sa possible carrière d’auteur et sombre dans la folie. L’auteur propose une oeuvre à l’écriture rare et intense : aux chapitres courts et aux phrases hachurées, succèdent les temps calmes et les descriptions lumineuses des souvenirs d’enfance. Le lecteur est interpellé par ce parcours. Zelda, jeune femme fière dans les premières pages, se fane au fil des ans, résignée. À cela s’ajoute une mise en scène typographique qui semble être le reflet de la personnalité chaotique de cette femme : italiques, lignes en pointillés, astérisques, dates en marge et autre ornements complètent l’œuvre et lui confèrent son épaisseur. Alabama Song a obtenu le prix Goncourt 2007.ndlr Anne Clerc
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (105) Voir plus Ajouter une citation
PatsalesPatsales   25 juillet 2015
Les hommes on les entend pisser dans l'urinoir, on entend la chasse, mais on n'entend pas l'eau du robinet, ni le glissement du savon sur son axe oblique, ni le rouleau de la serviette à mains. Après, ils vont vous caresser la joue, ils vont vous beurrer un toast et vous baiserez leurs doigts pour les remercier. Quand il est saoul, Francis lui aussi oublie de se laver les mains. J'ai envie de le tuer alors.
Ça sent la crevette dès qu'il est entré dans le lit et qu'il brasse l'air des draps. Comment ne le sentent-ils pas eux-mêmes? Ils rougiraient et bondiraient hors de la couche si seulement ils pouvaient savoir, si seulement ils sentaient leur odeur de crevette. Ou de fromage italien. Ou de cadavre.
Mais non, ils s'évitent eux-mêmes. C'est leur plus gros boulot, l'emploi principal de leur temps: éviter ce corps dont ils se vantent et n'ont que dégoût eux-mêmes.
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KATE92KATE92   17 avril 2012

« La belle flasque allait beaucoup servir, cadeau étrange et criminel, quand j’y repense. Scott l’égarait souvent et se maudissait de l’avoir sortie de sa poche de veston puis il partait à sa recherche comme un fou. Il pouvait retourner une chambre d’hôtel ou une maison en une demi-heure. On voyait l’angoisse grandir minute après minute, mais l’angoisse de quoi au juste ? La peur d’avoir perdu un objet précieux à son cœur, ou la peur de manquer de ce que l’objet renfermait – bathtub gin, corn whiskey, ou quelque autre bourbon de contrebande ? “Ne m’oublie pas” : n’est-ce pas la vérité, au fond ? On boit pour se souvenir autant que pour oublier. Avers et revers d’une même médaille, pas glorieuse, qui s’appelle le malheur. »
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VALENTYNEVALENTYNE   20 septembre 2012
Ai-je été assez punie ? On dirait que non.
….Cauchemar me revient, suffocant, des arènes de Barcelone. Ces hommes en noir comme une assemblée de croque morts, leurs grosses femmes en noir, voix de bêtes égorgées sous le chapeau de paille, leurs enfants dégoûtants, excités à la vue du sang.
Et le sang ne manqua pas. Il paraît qu’elle sont très belle, les arènes de Barcelone, j’y étais, je devais m’en souvenir, mais je ne me rappelle pas les mosaïques. Je revois la foule endimanchée, parfumée, quelques reliefs de tortilla éparpillés sur les chemises blanches et les corsages noirs. Je revois la parade ; la fanfare, je l’entends ; et la clameur ; je revois le cheval splendide, allant son trot léger, presque magique sous le lourd caparaçon vermeil, et je me souviens d’avoir peiné avec lui, d’avoir pitié pour lui, un soleil de mort éblouissait la place en ricochant sur l’appareil grotesque (l’armure grinçante du cheval, oui, et les boléros verts et or des cavaliers) et c’est tout juste si je revois la tête noire aux naseaux écumants incliner ses cornes sous le ventre du cheval puis, l’ayant embroché, soulever telle une chiffe cette poupée de mille kilos de muscles et de dorures. Le cheval, sans un son, bascula : de son ventre ouvert coulaient les entrailles. Le temps de comprendre, le sable était une mare de sang. Cheval éventré, les quatre fers en l’air. Le métal doré de son déguisement aveugle encore les spectateurs, qui n’a servi à rien, ne l’a protégé de rien.

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philo15philo15   08 août 2008
Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du grand écrivain.
Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre. Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui.
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StemilouStemilou   23 mai 2013
J’aime le péril… les précipices…, les dés qu’on jette étourdiment en pariant sa vie entière, et je n’attends même pas qu’ils aient fini de rouler pour décider de ma ruine. Me perdre, j’aime aussi, à l’occasion. C’est moi. Rien ne m’en guérira.
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