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EAN : 9782070768523
227 pages
Éditeur : Gallimard (30/01/2003)
3.59/5   37 notes
Résumé :
Jérôme Garcin, directeur de rédaction au Nouvel Observateur, animateur du Masque et La Plume sur France Inter, publie peu. Le grand écart entre les exigences du critique et l'élaboration d'une œuvre ne doit pas être facile à concilier. Et pourtant, Jérôme Garcin réussit l'exercice avec la souplesse et la bravoure du virtuose. La Chute de cheval était un roman qui tendait à prouver qu'on pouvait "fonder... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
carre
  05 juin 2012
"Théatre intime" est une magnifique déclaration d'amour d'un homme (Garcin en l'occurence) à l'être aimé Anne-Marie Philippe (fille de Gérard Philippe). Comme si ces deux destins marqués par des deuils avaient trouvé dans le regard de l'autre, l'âme soeur, la seule pouvant les ramener à un espoir de reconstruction malgré les douleurs.
Le patron du "Nouvel Obs culture" nous touche car il raconte ces souvenirs avec beaucoup de tact, de retenue, il raconte l'amitié avec la veuve du comédien, puis l'amour en parfaite alchimie avec Anne-Marie. C''est aussi un récit pour leurs enfants, pour dire l'admiration de leurs parents pour leurs pères respectifs partis tout deux trop tôt.
L'amour total, fusionnel pour vaincre les douleurs adolescentes.
Un texte pudique, plein de tendresse, de tolérance, d'amour. Certainement la meilleure façon de rester en vie et de regarder sereinement l'avenir.
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zabeth55
  21 avril 2014
Bizarrement, pour la première fois, je n'ai pas succombé au charme de l'écriture de Jérôme Garcin.
Certes le livre n'est pas inintéressant. de plus c'est un très bel hommage qu'il rend sa femme et à ses enfants et surtout à sa belle-mère, Anne Philippe, épouse de Gérard Philippe.
Mais je dois avouer que je me suis un peu ennuyée et n'ai pas retrouvé l'émotion que j'ai eue dans ses autres ouvrages. Pourtant son tact, son élégance, sa pudeur sont bien là et cette déclaration d'amour est fort belle.
Peut-être ai-je lu trop vite et sans assez m'investir.
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alouett
  30 octobre 2016
« C'était un après-midi d'été de la fin des années soixante-dix, dans le théâtre à ciel ouvert de Petit-Couronne. Je venais de rencontrer Anne-Marie, qui, dans le Cid, interprétait la fière Infante. Pendant les répétitions et les ultimes réglages sous un soleil déclinant, une ombre vint s'asseoir à mes côtés, sur les gradins, et en silence me prit la main. C'était Anne Philipe, dont je ne saurai jamais si elle venait, ce jour-là, applaudir sa prometteuse fille de vingt ans ou se souvenir de l'immortel Rodrigue d'Avignon.
Peut-être n'ai-je écrit Théâtre intime que pour répondre, longtemps après, à cette question restée en suspens. Qui jouait sur scène, ou plutôt qui voyait-on jouer ? Quel coeur battait sous cette longue robe d'Infante : une fille sans père ou la fille d'un mythe ? La jeune femme que j'aimais ou celle qui, dans la lumière des projecteurs, déjà ne m'appartenait plus ?
Dans les coulisse de ce Théâtre intime, où le rideau s'ouvre sur L'Annonce faite à Marie et tombe sur L'Alouette, il y a aussi trois enfants qui sourient. Ils appartiennent à la première génération pour laquelle le père tutélaire d'Anne-Marie est déjà une image floue, une légende à la dérive, un Cid qui lentement s'éloigne de la mémoire collective. J'ai voulu, à ma façon, les leur restituer. » (Jérôme Garcin, présentation éditeur).

Dans ce roman autobiographique, Jérôme Garcin revient avec nostalgie et tendresse sur sa vie, les quelques années qui ont précédés sa rencontre avec Anne Philipe, la mère d'Anne-Marie qui deviendra sa femme. On sent l'émotion poindre dans les mots, on se fascine par une telle maîtrise du verbe, on entre dans l'intime sans toutefois violer l'intimité de l'auteur, on sent les émotions, les frissons et les sentiments. On comprend le respect qu'il voue à celles qui ont influencé sa vie, à celles qui ont permis qu'il devienne l'homme qu'il est devenu, qui ont permis cette maturité, qui lui ont apporté cette sérénité à l'égard de son art… cette assurance dans son jeu d'écriture. Il est aussi question de son rapport à l'écriture, de son rapport à la lecture et aux auteurs, de sa fascination pour Stendhal
On entre dans cette lecture comme on entrerait dans une pièce éclairée à la bougie. On s'installe dans cet huis-clos propice à la confidence. On l'écoute, glanant au détour de chaque phrase le mot qui nous permet de ressentir à notre tour, de voir les paysages, de percevoir l'atmosphère de certains lieu. On assiste à la rencontre avec Anne Philipe, on profite de leur complicité, jusqu'à ce qu'entre, comme par effraction, la fille de la romancière. Cette dernière se prénomme Anne-Marie.
J'étais réticence à lire cet ouvrage, réticence même après avoir lu la préface de l'auteur. Sceptique, peu encline à lire ce que je pensais être une énième déclaration d'amour. Et puis… au fil des pages… je me suis laissée embarquer et ce, malgré quelques longueurs.
Lien : https://chezmo.wordpress.com..
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Polomarco
  09 août 2018
Avis aux amateurs de théâtre et de littérature !
Dans la famille Philipe, on connaît Gérard, le grand acteur de théâtre, mort prématurément, en 1959, à 36 ans. On se souvient aussi de son épouse, Anne, auteur du célèbre "Temps d'un soupir", où elle évoque avec pudeur et émotion la douleur de son veuvage. En refermant Théâtre intime, vous aurez fait la connaissance de la fille, Anne-Marie, et du gendre, Jérôme Garcin.
Ce dernier réalise ici une étonnante autobiographie qui, outre l'admiration pour Gérard l'acteur, s'enrichit à la fois de l'hommage à Anne la belle-mère et de la déclaration d'amour à Anne-Marie l'épouse. Cette oeuvre très personnelle est bien écrite et se lit avec plaisir. L'usage quasi-constant de l'imparfait traduit bien la nostalgie qu'il ressent vis-à-vis de la première et l'amour qu'il voue à la seconde, notamment au travers des rôles qu'elle a joués au théâtre.
Une lecture agréable, même pour ceux qui, comme moi, ne sont pas aussi familiers du théâtre que ne l'est l'auteur.
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gabriellewinds
  10 mars 2021
J'ai adoré cette lecture. Je le lisais dans la maison de campagne d'une amie devant un feu de cheminée. Jérôme Garcin écrit magnifiquement. Les images sont douces, les mots bien choisis, le style enchanteur. J'étais prise de larmes à plusieurs moments tellement l'auteur savait mettre les mots justes sur certaines émotions. Notamment, lorsqu'il parle de ses enfants et de son rôle de père.
Une lecture avec un équilibre parfait entre les moments relaxants et les moments poignants.
Pour seul défaut, par moment j'avais l'impression d'être de trop lors de la lecture. le contenu est parfois trop personnel, notamment lorsqu'il s'adresse directement à sa femme. Connaître la vie intime de personnalités ne me plaît pas j'ai donc ressentie une petite gêne. Mais l'écriture et la sincérité des émotions font de ces passages des moments forts et beaux.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
PolomarcoPolomarco   08 août 2018
La vie m'a éloigné de ce paradis de l'enfance, de cette annexe de la comtesse de Ségur, de cette dépendance du Grand Meaulnes, de cet ancien relais de poste dont mon arrière-grand-père avait fait, au sens propre, une demeure sénatoriale, mais je sais bien qu'une part de moi est cachée pour toujours dans ses greniers obscurs, sous sa haie de noisetiers et son noueux noyer; que les parfums universels des feuilles mortes, de l'herbe fauchée et des cours de ferme restent attachés à cette campagne ordinaire; que je décline à l'infini, en la déplaçant seulement vers l'ouest, la mémoire de mes saisons, de mes premières émotions, de mes fragiles honneurs; et que ma détestation des civilités citadines, des horizons sans ciel ni frondaisons, des foules compactes sur les grands boulevards, vient de cette sauvagerie des bords de Seine, à laquelle, dans mon coeur, je n'ai jamais été infidèle (chapitre "Rue de l'Etang-Broda", page 23).
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TadeoPrinceTadeoPrince   13 mars 2013
J'ai connu ce que personne ne voit, les larmes derrière le sourire, les cris derrière la parole, le désespoir derrière l'exultation, l'envie d'en finir derrière la force d'abattre les murailles (...) J'ai connu la jalousie, la colère, l'exaspération, mais je n'ai jamais connu la morosité, les sentiments moyens, la mesquinerie, le regret, la déception. Alors voilà: les exercices d'admiration sont comme les déclarations d'amour, il faut les faire quand la vie palpite encore, quand la chair est tiède, quand la gratitude se lit dans les yeux ouverts, sur les lèvres tendues (...) Je voudrais raconter ici comment, marche après marche, et malgré le vertige, et alors que rien ne me prédisposait à l'escalade, je suis parvenu enfin à l'altitude d'où l'on peut voir, en pleine lumière, le visage de celle à qui je dois de trouver la terre si belle et le ciel si proche.
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Marti94Marti94   28 mai 2015
Mois après mois, Danseur [le cheval d’Anne Philipe] lui donna, sans complaisance, tout ce qu'elle refusait à la scène et que le cinéma lui refusait, tout ce que son corps d'actrice réclamait, et tout ce à quoi la femme au milieu de sa vie aspirait : une jeunesse persistante, le goût du risque, la maîtrise de soi, la noblesse de l'art, le plaisir de la métamorphose, l'héritage des grands classiques, le rituel de la représentation, le besoin de surpassement et le bonheur de l'éphémère.
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PolomarcoPolomarco   08 août 2018
Et je me disais, voilà, il n'est pas seulement né de l'amour d'une femme et d'un homme, il est déjà un enfant chargé d'invisibles et puissants souvenirs, il coule dans son sang du théâtre, de la littérature, de l'art, de la médecine, de la politique, des Antilles, de la Belgique, de la Bourgogne, que sais-je encore, ce n'est pas un ruisseau, c'est un delta (chapitre "Le Belvédère", pages 158-159).
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TadeoPrinceTadeoPrince   13 mars 2013
(...) des manières d'être... Ne jamais tricher avec soi-même. Se soucier de soi, s'examiner, mais sans aucune complaisance. Travailler à se perfectionner. Tendre toujours les filets trop haut. Chasser le bonheur. Avancer masqué, cacher qu'on est un écorché. Garder, malgré l'âge, le don de la vivacité. Mettre de la sécheresse dans la tendresse et de l'élégance dans la tristesse. Lutter contre le gras et la sensiblerie. Pratiquer la respiration du point-virgule. Ne jamais montrer son émotion, ne pas se donner, quitte à passer pour une personne métallique. (...)
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Videos de Jérôme Garcin (63) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jérôme Garcin
“La volonté”… « C'est un titre que j'ai choisi parce que ça caractérise le personnage principal du livre : mon père. C'était quelqu'un qui avait une volonté absolument de fer parce qu'il est né dans un milieu pauvre, et qu'il a ensuite été atteint quinze ans d'une maladie très invalidante, la polio. Et malgré ça, il est arrivé à faire des choses extraordinaires, à partir dans les colonies, ensuite à devenir l'un des scientifiques qui a le plus compté dans le démarrage nucléaire français, il a travaillé aussi dans les services de renseignement… C'était quelqu'un qui imposait cette volonté. » ***
Découvrez l'entretien de l'auteur, qui répond à nos questions sur son nouveau roman : “La volonté”
« C'est un homme pour moi qui a marqué son temps parce que ça a été un des premiers hommes vraiment féministes. Et ça, il l'a manifesté dans son rapport à ma mère. Il a toujours considéré que ma mère devait réussir et que c'était plus impératif que sa propre réussite. »
*** « Le romancier d'Une exécution ordinaire sacrifie pour la première fois au récit autobiographique, au début et à la fin duquel le fils brisé dit adieu à son père déchiré. Un roman à la fois trépidant et très émouvant. » Jérôme Garcin, L'Obs
« Une franchise et une intelligence du coeur qui font de ce roman intime une histoire exemplaire. » Marianne Payot, L'Express
« Marc Dugain inscrit le formidable portrait qu'il fait de son père au coeur d'une profonde réflexion sur la transmission. […] Marc Dugain fait de l'histoire des siens, le miroir et l'écho de la nôtre. Magistral. » Nathalie Crom, Télérama
Découvrez le livre : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/La-volonte
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