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ISBN : 2363080637
Éditeur : Arléa (04/09/2014)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 130 notes)
Résumé :
Il s’appelle Olivier, elle s’appelle Héloïse. Ils partent déjeuner, mais la rame de métro dans laquelle ils sont montés est gravement endommagée par une explosion.
Restera de cet accident des corps meurtris, un sentiment brisé et une photo de leur évacuation, si violente et si impudique qu’elle va tout faire trembler autour d’eux. Ils n’auront qu’une obsession : réparer les dégâts que cette image aura causés dans leurs vies.

Portrait d’après b... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
torpedo
  14 mars 2019
Hélène Gestern reprend dans son troisième roman les thèmes qui lui sont chers, la photographie et la (non) communication, en choisissant un nouveau prisme. A la différence de Eux sur la photo et la Part du Feu, dans lesquels la photographie était un révélateur du passé liée au secret de famille, ce Portrait d'après blessure nous interroge sur les effets de l'image en temps réel. La vie des deux protagonistes Héloïse et Olivier, collègues de travail, est bouleversée lorsqu'à la suite d'un attentat ils se retrouvent en couverture d'un magazine. le genre de littérature "le poids des mots, le choc des photos" que vous feuilletez dans la salle d'attente du dentiste ou chez le coiffeur et qui vous transforme en voyeur. Cette leçon de chose est d'autant plus intéressante lorsqu'au fil de la lecture vous apprenez qu'ils travaillent pour Histoire d'Images, une émission télévisée qui recueille les réactions de personnes face à des photos historiques prises lors de conflits.
Où commence le droit à l'information, où s'arrête celui du respect de la vie privée, en particulier lorsque la personne photographiée n'a pas de droit de réponse.
En reprenant le même principe narratif, alterner la voix des deux protagonistes, Hélène Gestern nous donne à réfléchir sur la place de l'information et des nouveaux media.


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domisylzen
  15 novembre 2016
Un simple événement peut faire basculer une vie, alors imaginé être victime d'une explosion dans le métro. Un attentat ? C'est la piste que poursuit la police.
Héloïse et Olivier se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, Olivier dans un sursaut arrivera à sortir Héloïse de cette carcasse de tôle broyée qui gémit encore de tant de malheurs et de vies brisées. C'est à ce moment là qu'un photographe les fige pour l'éternité alors qu'ils se trouvent dans une posture de total délabrement. lls ne sont pas mariés mais collègues de travail. La photo choc sera publiée à la une de bons nombres de magazines et de journaux télévisés sous le prétexte du droit à l'information. Double peine pour des victimes innocentes qui n'avaient franchement rien demandé.
Un livre très bien construit qui alterne les points vues des deux protagonistes et qui posent la réflexion du voyeurisme à notre époque d'hyper médiatisation. L'auteur nous ballade sur toute l'étendue des émotions : du dégout du plus profond à la joie, de la colère à l'espoir ... Un regard sur ces accidentés et sur les dégâts collatéraux dont ils sont victimes et dont ne parle jamais les médias qui ont pour seul crédo : scotcher le quidam dans le fond de son canapé afin de lui administrer sa dose de pub, donc de bonheur, hebdomadaire. Remarquez nous sommes un peu complice, l'audience n'est jamais aussi élevé que quand cela devient gore ...
Oui madame, je suis choqué ! Rendez-vous compte de ce que l'on voit à la télé !
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Annette55
  19 octobre 2014
Olivier enseigne l'histoire à l'Université.
Il s'est mis en disponibilité afin de produire des " émissions historiques" au Service Culturel à la télévision, un moment enthousiasmant dans sa vie.
Il vit avec Karine, une hôtesse de l'air, il est atypique,bouillonnant, drôle, brassant quinze idées à la seconde...
Héloïse, elle, est discrète, érudite, élégante et timide, mariée à Yves, un ingénieur Aéronautique, ils ménent une vie calme, banale,rythmée par les nombreuses missions d'Yves au Etats-Unis, ils n'ont pas d'enfants car lui n'est pas prêt,Heloïse, aprés des études d'histoire, gère les archives du département Mémoire et Patrimoine du Ministère de la Défense.
Tout naturellement, elle devient la collaboratrice d'Olivier, ils ont en commun la passion de l'histoire et de la photo.
Un matin, ils prennent le métro ensemble, une explosion se produit dans la rame.
Héloïse est gravement blessée, Olivier oubliant sa propre douleur et ses blessures,réussit à la dégager des décombres.
Au moment de leur évacuation, ils sont photographiés alors qu'ils se trouvent tous deux dans un état de vulnérabilité extrême.
Cette image volée donnant à voir leurs corps abîmés et leur douleur sera reprise à l'infini par les journaux et largement diffusée sur Internet.
Olivier et Héloïse, hospitalisés dans un état grave sont loin de se douter que cette photographie impudique et violente fera basculer leur vie.....
Plus tard, Héloïse visionnant cette photo par hasard est submergée par la honte, l'humiliation et le désarroi....elle tente de contacter Olivier, parti se ressourcer en Irlande afin de poursuivre le photographe qui a fichu leur vie en l'air.....
Je ne connais pas Héléne Gestern mais j'ai beaucoup aimé ce livre surtout pour les questions salutaires qu'il pose...
L'auteure s'interroge sur le pouvoir et le poids dévastateur de l'image, cette image que l'on voit partout , tellement qu'elle peut bousculer et détruire des vies, changer le regard sur vous.
Une image volée cristallisera tous les non-dits,le voyeurisme obscène, les fantasmes, le fatras,la calomnie, le mensonge, le regard de l'autre....
Avec une infinie pudeur, sans pathos, un style net , ciselé, précis, vif, elle nous interroge et nous oblige à réfléchir sur le droit à l'information et ses limites, sur la puissance d'Internet difficile à maîtriser, sur certaines pratiques journalistiques outranciéres et sur l'avalanche d'images qui nous étouffent et nous privent de réflexion :" le sordide fait vendre"....
Quand cesserons nous d'être passifs?
Doit - on tout montrer?
Quel est le poids de " vies ordinaires" face à cette information agitatrice, démesurée, sans recul et dans la surenchére?
Un lavage de cerveau?
Cette auteure raconte aussi avec délicatesse,en laissant " les questions ouvertes", avec finesse, sensibilité et intelligence, le destin de ces deux êtres, traumatisés, meurtris, blessés,attachants, pour toujours?
Se relèveront t- ils?
Retrouvront - ils leur dignité et leur sérénité?
Comment se reconstruiront ils ?un ouvrage simple qui fait réfléchir dans un monde saturé d'informations....
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Mimeko
  08 avril 2018
Olivier et d'Héloïse, sont victimes d'une explosion dans une rame de métro proche d'Odéon. Une photo du couple a été prise pendant l'intervention des secours, une photo dont l'interprétation est équivoque montrant un couple semblant proche, peut-être amants, une photo dégradante pour Héloïse, l'immortalisant pratiquement dénudée...Outre les blessures dans leur chair, il faut se reconstruire, comprendre les faits mais surtout affronter les dommages collatéraux que provoque ce cliché diffusé dans tous les médias...Car le cliché est ambigu et sous-entend une liaison adultère, alors que les deux victimes n'étaient que collègues.
Des chapitres courts où alternent les voix d'Olivier et d'Héloïse, où se tissent la longue introspection et reconstruction les deux victimes, deux voix entrecoupées de témoignages commentant des photos emblématiques d'évènements historiques marquants, illustrant le pouvoir de l'image et son impact sur la compréhension de l'observateur.
Dans cette réflexion sur l'image, Hélène Gestern montre l'impact qu'un cliché peut provoquer, la déflagration dans la vie des personnes exposées, le dommage collatéral d'autant plus incompréhensible et difficile à gérer que le couple concerné appartient lui-même au monde des médias, remettant en cause ses propres certitudes.
Un récit qui tourne autour de l'image donc, de son pouvoir, autant révélateur que destructeur qui a une résonance particulière actuellement.
Portrait d'Après Blessure est une dénonciation d'une société qui se définit par l'image, reléguant la remise en perspective des faits à des arguments ennuyeux quand ils ne sont pas tout simplement ignorés. C'est également la mise en évidence de l'opposition entre la protection de la vie privée et de la dignité et le droit de l'information.
Cette plongée dans l'intimité des protagonistes a tout de même quelques longueurs, les pensées, supputations, hypothèses sont passées en revue, disséquées et cela entraînent un ralentissement du récit.
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denisarnoud
  12 décembre 2014
19 septembre, une explosion a lieu dans le métro, une explosion mortelle. Olivier et Heloïse deux amis se trouvaient dans la rame qui a explosé. Olivier n'a pas perdu connaissance mais est blessé au visage. Heloïse, elle s'est évanouie et semble plus touchée. Ses vêtements ont été arrachés par le souffle de l'explosion. Olivier n'attend pas l'arrivée des secours. Il brise la vitre du wagon avec ce qu'il trouve et sort son amie de la rame, il la porte vers les secours qui s'organisent. Une personne est témoin de cet acte, un photographe de presse. Il prend la photo. Un cliché qui se retrouvera en première page de Scoop-Images, et qui sera repris partout dans la presse et sur internet.

Nous assistons aux soins, à la convalescence plus ou moins longue d'Olivier et Heloïse. Olivier se remet plus vite. Ses blessures sont moins graves. Il ne peut voir Heloïse qui après une période en soins intensifs est toujours à l'hôpital veillée par son mari. Ils essaient de se remette du traumatisme de l'explosion. Un autre traumatisme vient s'ajouter, celui de la photo. Une photo dont la légende laisse entendre que les deux amis sont amants. Une photo qui a d'autant plus de répercussion qu'Olivier est un personnage public. Historien, il a créé une émission télévisée, Histoire d'images, qui étudie des photos historiques, prises lors de conflits. C'est en mettant sur pied cette émission qu'il a rencontré Heloïse, documentaliste au ministère de la Défense. Très vite une profonde amitié s'est nouée entre eux. Tous deux savent qu'il y a bien plus que de l'amitié entre eux. Tous deux sont en couple et hésitent à franchir le pas. Un pas que d'ailleurs Olivier se promettait de franchir juste avant l'explosion.
L'explosion éloigne les deux amis. L'explosion et la photo. Heloïse protégée par son mari, n'est pas au courant du cliché , de sa large diffusion. Olivier, lui est anéanti, il ne sait pas qu'Héloïse en ignore tout, il se remet petit à petit aux côtés de Karine, sa compagne qu'il n'aime plus.
"Ses mains et sa bouche me murmuraient des choses apaisantes, tendres. Elles cherchaient à me persuader que j'étais encore en vie. Dans ma nuit personnelle, l'amitié du corps de Karine m'offrait un répit. Un gué pour franchir la succession vide des journées , ces images qui me traversaient comme des coups de couteau et la peur collante qui avait infiltré mon quotidien."
Héloïse va finir par trouver la photo, une photo qui jette son corps en pâture au voyeurisme. Olivier et Héloïse vont reprendre contact et décider de contre attaquer, d'attaquer en justice le journal à scandales, pour se reconstruire.
Dans ce superbe roman, Hélène Gestern, nous parle de droit à l'image, de l'absence de dignité d'une presse prête à tout les surenchères pour vendre du papier sans se soucier du traumatisme que cela peut causer aux victimes, sans se soucier de rajouter de la douleur à la douleur déjà causée par le drame. Nous vivons le calvaire d'Olivier et d'Héloïse, nous nous identifions à eux. Portrait d'après blessure est un roman fort, porté par une plume pleine de sensibilité mais aussi de force, et d'indignation. Ce roman est un coup de coeur et je vais me précipiter sur le roman précédent d'Hélène Gestern, Eux sur la photo, qui me tentait déjà avant de lire ce livre.
"Mais ce soir le chagrin était d'une autre teneur. Il avait la couleur de l'impudeur : flashes, images crues d'une intimité disséquée au scalpel méchant de la presse à scandale, ses morceaux de chair palpitant dans la lumière ; portrait cruel d'après blessure, viande photographique sur laquelle s'agglutinent les regards comme des mouches obsédantes en appétit de malheur, aiguillonnées par l'archaïque goût du drame."
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Citations et extraits (52) Voir plus Ajouter une citation
torpedotorpedo   14 mars 2019
Au fond, on devrait pouvoir abolir les belles-familles ; ou en tout cas, se dispenser de fréquenter certains de leurs ressortissants. Je n'ai jamais aimé Fabienne et elle me l'a toujours bien rendu. Elle méprise mon métier, mes études d'histoire, qui me rangent dans la catégorie honnie des "intellos" ; je n'ai que peu d'estime pour ses préoccupations de matrone, toujours au ras du pot de pâte à tartiner dont elle goinfre son insupportable marmaille. Le fait que je n'aie pas encore "donner d'enfant" (c'est l'expression qu'elle emploie) à son frère est à ses yeux la preuve d'un égoïsme impardonnable. Je me retiens de lui rétorquer que, de ce point de vue, elle travaille pour deux : six enfants, les deux derniers fabriqués dans le dos de son mari, un pauvre hère qui finira par craquer, ce qui sera, je n'hésite pas à le dire, bien fait pour elle - et dommage pour les petits.

p.78
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claraetlesmotsclaraetlesmots   06 octobre 2014
J'étais convaincu d'avoir compris l'étendue des pouvoirs de la photographie, d'être celui qui pouvait révéler ces vérités cachées. Je décryptais, comme on dit. J'avais juste oublié l'essentiel. Parce que si je me suis souvent demandé, pendant ces entretiens, ce qu'avaient ressenti ceux qui avaient pris ces photos, je me suis rarement interrogé sur qu'avaient éprouvés les photographiés au moment du déclic. Jamais pris la véritable mesure de leur humiliation, de la violence que représentaient les instants d'existence qu'on leur avait dérobés. Aujourd'hui, je m'interroge : combien de mémoire avons-nous insultées de la sorte ? Combien d'hommes et de femmes, réduit à une blessure, à une grimaces dont nous avons fait commenter l'image? Dans la chair meurtrie, figée pour toujours dans la chimie de sa pellicule, dans son amas de pixels, écrasés par la dictature sèche d'un flash, je n'ai jamais voulu voir que l'impérieuse nécessité de rendre compte de l'Histoire.
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domisylzendomisylzen   15 octobre 2016
Le pire, c'est le journal télé. D'ordinaire, je regardais celui du soir comme tout un chacun, déjà blasée par le défilement accéléré des images du monde comme il va, avec ses guerres, ses inondations, ses meurtres, ses désastres. Valse des prévenus arrivant au tribunal, des acteurs montant des marches, des ministres qui en descendent d'autres, et ainsi de suite, comme les figurants d'un film sans début ni fin.
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emmaserrandemmaserrand   17 janvier 2016
Le livre Portrait d’après blessure d’Hélène Gestern raconte l’histoire de deux collègues, Olivier et Héloïse, empruntant une rame de métro pour aller déjeuner à Paris et se retrouvent victimes d’une explosion durant leur trajet.
Alors que la scène décrite est terrifiante, bouleversante et choquante, une photo de ces deux amis durant leur évacuation bouleversera leurs vies respectives. Tous deux n’auront plus qu’une chose en tête ; réparer les dégâts de cette image. C’est avant tout l’histoire de deux êtres aux prises avec le pouvoir des photographies, qu’elles parlent la langue de la dignité ou celles du désastre alors qu’ils ont été victimes d’un carnage.
Outre les blessures psychologiques qu’ils ont vécues dans cette explosion, ils doivent se battre au quotidien pour tenter de reprendre une vie sociale déchiquetée par la vision publique que l’on a fait d’eux à travers la diffusion de cette image.
Ce livre m’a vraiment captivé grâce à la mise en page qui ressemble à un journal intime, dans lequel se livrent Olivier et Héloïse. On ressent ce bouleversement qui va tout faire basculer dans leurs vies mais également autour d’eux.
Portrait d’après blessure est mordant, il donne envie de le lire grâce à cette intrigue romancière, d’en savoir plus sur les deux personnages et a laissé libre court à mon imagination, comment est-ce que je réagirai si cela m’arrivait. Mon imagination est fortement renforcée en cette période d’attentats où beaucoup d’images circulent sur la toile et me font fréquemment penser à cette situation romanesque qui pourrait devenir une situation réelle.
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domisylzendomisylzen   15 novembre 2016
Même s'il fallait pour cela demeurer aveugle à une autre vérité, plus sombre et plus sordide : l'image est une tueuse en série. Et même sans m'en rendre compte, j'avais été son complice.
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