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ISBN : 8806222279
Éditeur : Einaudi - Supercoralli (04/05/2018)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Chaque été, Teresa passe ses vacances chez sa grand-mère, dans les Pouilles. Une nuit, elle voit par la fenêtre de sa chambre trois garçons se baigner nus dans la piscine de la villa. Ils s'appellent Nicola, Bern et Tommaso, ce sont " ceux de la ferme " d'à côté, jeunes, purs et vibrants de désirs. Teresa l'ignore encore, mais cette rencontre va faire basculer sa vie en l'unissant à ces trois " frères " pour les vingt années à venir, entre amours et rivalités, aspir... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  16 septembre 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #21 °°°
Les premières pages sont absolument formidables. Trois garçons qui plongent nus, la nuit, dans une piscine qui ne leur appartient pas. le regard d'une jeune fille qui les découvre d'en haut, les étudie en cachette, fascinée, suit leur évasion. La naissance du désir par une transgression innocente qui annonce la suite, qui s'étalera sur vingt ans. Vingt ans à passer de l'adolescence à l'âge adulte, des rêves fous aux désillusions banales mais douloureuses, de la soif d'expériences et de liberté aux fracas d'une vie étroite, de la passion amoureuse à la solitude qui n'oublie rien.
L'écriture de Paolo Giordano a l'élégance et la fougue nécessaires pour donner envie de suivre ses personnages. Si Teresa est bien falotte bien que sa crise existentielle soit tangible ( la petite fille riche qui trouve la force de quitter le confort familial pour vivre son amour et trouver un sens à sa vie en symbiose avec la nature ) , le trio masculin est vraiment intéressant, dépositaire d'un secret qui fera bouger les lignes de force entre : Nicola, taciturne,et opaque ; Bern le fascinant rebelle qui vivra une grande histoire avec Teresa ; et surtout Tommaso, le sensible, celui qui révèle au lecteur et à Teresa à contretemps des événements du passé éclairants. Eux sont toujours sur le fil de irrationalité, on ne sait jamais où ils vont aller ni comment ils vont agir.
La construction est complexe, embrassant deux décennies, des ellipses puis des aller-retours dans le temps pour le combler. Cela fonctionne parfaitement durant les trois-quarts du roman, jusqu'à ce que le rêve communautaire autour d'une exploitation de permaculture ne se brise. A partir de là, les péripéties, parfois invraisemblables, s'enchaînent, faisant tomber le roman dans le mélo à trop haute dose lacrymogène. Je l'ai d'autant plus regretté que les émotions étaient déjà très présentes, j'aimais cette ambiance nostalgique pour dire le sentiment de perdre quelque chose que l'on a vraiment jamais eu. Ce trop plein de pathos a eu l'effet inverse sur moi : il m'a agacée et empêchée de ressentir pleinement une empathie forte pour Teresa et Bern.
Je fais cependant mienne cette magnifique injonction : « Nous avons pour tâche de donner l'assaut au ciel. Nous devons dévorer le ciel. »
Lu dans le cadre du jury Grand Prix des Lectrices Elle 2020 ( n°6 )
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Fandol
  30 septembre 2019
J'ai plongé sans hésitation dans ce roman fleuve qui, au début, m'a fait penser à L'amie prodigieuse d'Elena Ferrante. S'il y a l'Italie, les confidences d'une adolescente, ses amitiés, ses amours, la ressemblance s'arrête vite.
Bien traduit par Nathalie Bauer, Paolo Giordano dont le premier livre, La Solitude des nombres premiers, a connu un immense succès, réussit là un second roman riche en événements et en surprises.
Teresa, la narratrice, a quatorze ans lors de ce premier été à Speziale, au sud de Bari, dans les Pouilles. Elle vient chez sa grand-mère paternelle passer un mois avec son père.
Teresa est très attirée par trois garçons de son âge (Nicola, Tommaso et Bern) venus se baigner, sans autorisation, en pleine nuit, dans la piscine familiale. Des trois, Bern la captive par son regard. Suivent d'autres étés qui permettent à Teresa et Bern de faire plus ample connaissance…
Quatre années passent et une très mauvaise nouvelle vient assombrir sa vie. Elle décide alors de tout faire pour retrouver son grand amour.
À partir de là, j'étais pris dans la spirale d'une histoire souvent tendue de jeunes gens désirant s'affranchir des contraintes de la société et prêts à se battre pour défendre leurs idées. J'ai retrouvé chez eux un souci constant de l'écologie, une conscience très claire des enjeux qui menacent notre planète et un souci d'appliquer cela dans la ferme qu'ils exploitent ensemble, sans Nicola, devenu policier...
Avant d'arriver à cette concrétisation, il m'a fallu supporter la partie consacrée à l'éducation des enfants, inculquée par Cesare, le père de Nicola qui incarne une sorte de gourou imprégné de religion, il applique des méthodes de tyrannie mentale douteuses dont les conséquences sur les trois garçons se ressentiront jusqu'à la fin du livre.
Ces passages de la Bible, ces textes religieux cités un peu trop souvent par Cesare ne me semblent pas indispensables car on comprend vite que cet homme se sert de tout cela pour dominer ceux qui lui sont confiés.
Trois parties et un épilogue structurent ce roman dont j'ai eu envie de tourner les pages avec plaisir mais aussi beaucoup de crainte pour Teresa qui n'a pas hésité à tout sacrifier pour vivre pleinement avec celui qu'elle aime.
Leur engagement en faveur d'une agriculture la plus naturelle possible que j'approuve totalement, ne se limite pas à la ferme. Avec d'autres, ils militent et se battent pour sauver les oliviers de la région d'un abattage systématique à cause d'une bactérie ravageuse. J'ai retrouvé là les mêmes questions que posent ces mises à mort généralisées d'animaux ou de végétaux avec, dans le cas du livre, une nouvelle variété transgénique prête à être livrée par des gens qui gagneront beaucoup d'argent, au passage.
Amitié, amour, jalousie, haine, vengeance, religion, communauté, retour au naturel, désir d'enfant, responsabilité parentale, Dévorer le ciel, roman découvert dans le cadre des Explorateurs de la rentrée littéraire 2019 de Lecteurs.com et grâce aux éditions du Seuil que je remercie, foisonne d'idées et de situations qui m'ont fait penser et réfléchir à beaucoup de débats qui agitent actuellement notre société.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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traversay
  09 septembre 2019
Ce ne doit pas être simple de recevoir le prix le plus prestigieux de son pays (Strega), dès son premier roman, âgé d'à peine plus de 25 ans et de le vendre à deux millions d'exemplaires. Pas facile dans le sens où après La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, puisqu'il s'agit de lui (côté féminin, sa compatriote Silvia Avallone a connu le même début de « carrière »), serait forcément attendu à chaque publication. le corps humain et Les humeurs insolubles, les deux romans qui ont suivi, n'étaient pas mauvais mais il n'y avait pas de quoi s'enthousiasmer non plus. Vu le talent de l'écrivain et une fois digéré son énorme succès initial, il était prévisible qu'il nous revienne un jour ou l'autre avec un livre accompli et qui dépasse largement les promesses de la solitude des nombres premiers. Mission remplie, et au-delà des espérances, avec Dévorer le ciel, une pure merveille romanesque, dont on ne sait s'il faut d'abord admirer l'habileté narrative et l'émotion qui s'en dégage ou le style délié admirablement préservé par la traduction de Nathalie Bauer. Les premières scènes sont magnifiques et très visuelles avec une jeune fille, la narratrice, qui observe trois garçons qui se baignent nuitamment dans la piscine de la maison familiale, où elle passe l'été, au coeur des Pouilles. le roman débute comme le récit d'un amour de vacances et va ensuite se développer en une fresque générationnelle, sur plus de 15 ans. Comme dans le premier livre de Paolo Giordano, l'auteur nous raconte des lignes de vie brisées et l'inadaptation sociale de jeunes gens qui refusent ici une société matérialiste qui les éloigne de l'innocence et de la pureté originelle, celles qu'ils recherchent dans une ferme communautaire où ils vont passer les plus belles années de leur vie avant que l'utopie ne vole en éclat. Les personnages du livre sont charismatiques mais le plus touchant est Teresa, la narratrice « interprétée » si l'on ose dire par Paolo Giordano. Dont on perçoit toute la fragilité et le courage dans le choix d'une vie à l'encontre de son éducation mais aussi l'impuissance devant les rêves trop grands des garçons et notamment de Bern, l'élu de son coeur, depuis l'épisode de la piscine. le roman est admirablement construit, défaisant la chronologie des événements pour mieux y revenir, réussissant ainsi à se métamorphoser en thriller existentiel dont le suspense se maintient jusque dans les dernières pages. Des Pouilles à l'Islande, en passant par Kiev, Dévorer le ciel se révèle furieusement romantique, délicieusement mélancolique et s'interroge au fond sur les seules questions qui importent : quel est le sens de nos vies et qu'avons-nous fait de nos rêves de jeunesse ? Paolo Giordano les illustrent avec aussi bien l'intelligence de l'esprit que celle du coeur. Magistral.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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AlineMarieP
  13 juillet 2019
Il y a dix ans paraissait "La solitude des nombres premiers". Un roman déconcertant qui m'a laissé un sentiment de beauté triste. Sentiment à la fois diffus et fort qui m'a fait snobé les titres suivants de l'auteur italien. Mais après 10 ans, ça y est je me sens prête à relire Paolo Giordano! Et bien m'en a pris!
"Dévorer le ciel" est un incroyable roman d'amour, l'exposé de l'amitié sans bornes, le descriptif subtil de la famille, l'esquisse de la foi, un plaidoyer écologique, le portrait sans retouches du tournant du XXIe siècle... Un roman d'absolu qui suit pourtant une narration rythmée.
Je pourrais ergoter en disant que l'épilogue ne sert pas à grand chose (comme je le pense bien souvent pas juste sur ce titre) mais finalement non! Rien n'est à jeter dans ce roman, tout est beau, fort, visuel, sensuel (à tel point qu'on se demande si l'auteur est bien docteur en physique), puissant. Mon coup de coeur pour les mois voire les années à venir!
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delphp
  07 octobre 2019
✩ Présélection jury Grand Prix des lectrices ELLE 2020 ✩
Teresa a 14 ans lorsqu'à la faveur d'une nuit d'été on ne peut plus torride, penchée à sa fenêtre, elle surprend les corps nus de 3 jeunes hommes s'ébrouant gaiement dans la piscine de sa grand-mère.
Peut-être aurait-elle dû s'en tenir à cette troublante vision, un peu comme un cadeau du ciel (le Seigneur donne et le Seigneur reprend), mais le halo de mystère entourant ces trois garçons entrés par effraction dans son jardin, décrits par les adultes comme des hippies un peu sorciers, les rend évidemment irrésistibles.
Bert, Nicola et Tommaso vivent dans la ferme voisine, presque en autarcie, dans une illusion de liberté savamment gérée par Cesare, un genre de vieux hippie qu'aurait viré gourou/fou de Dieu et qui distille aphorismes et leçons de vie tout au long de chaque journée...
Mais à ce moment là, aucun de nos jeunes protagonistes ne s'en préoccupe: seules comptent la pureté d'une vie en communion des hommes avec la nature et la puissance de leurs corps et de leur désir.
Et Teresa, elle, n'a d'yeux que pour le léger strabisme de Bert.
Sur une vingtaine d'année, l'auteur trace le destin de ces quatre adolescents et s'interroge particulièrement sur la manière dont les idéaux de l'enfance peuvent survivre au passage à l'âge adulte.
Dans un entretien accordé à Olivia Gesbert sur France Culture (à retrouver ici), Paolo Giordano explique:
"Quand on s'ouvre à la possibilité de l'autre, on s'ouvre à la possibilité de la trahison, et ça aide beaucoup à grandir".
La découverte de sa propre identité engendre des conflits de loyauté dont les conséquences sont parfois dévastatrices.
Paolo Giordano signe en outre un véritable hymne à la nature, méditerranéenne, celle des Pouilles.
Dévorer le ciel, C'est une histoire d'amour(s) mais c'est aussi une fable écologiste qui pose les bases d'une réflexion en soi passionnante et probablement éternelle sur la nature de nos combats et leurs moyens d'action, sur leur place dans nos vies et les conséquences de nos engagements sur la vie de ceux qui nous sont proches.
Paolo Giordano construit son roman sur les récits enchevêtrés du présent et du passé, illustrant le chaos en chacun de ses personnages.
A mon sens l'auteur s'est malheureusement un peu perdu en route et, le mieux étant souvent l'ennemi du bien, on regrettera un peu l'accumulation d'événements peu pertinents qui font perdre l'intensité insufflée par le rythme dans les deux premiers tiers du roman.
"On peut se rendre fou en se demandant si l'on aime quelqu'un"
Allé, c'est beau comme du Eros Ramazzotti et des pâtes "alla carbonara" sans crème un soir d'été sous les oliviers, ne soyons pas chagrins, et plutôt que dévorer, dégustons...
Lien : https://chatpitres.blogspot...
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   07 octobre 2019
Dix ans après La solitude des nombres premiers, qui a remporté en Italie le prestigieux prix Strega, Paolo Giordano nous offre un autre magnifique roman.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Actualitte   30 août 2019
Complexe, soutenu, le dernier ouvrage de Paolo Giordano est celui du sens de la vie, que l’on quête au détour de tout instant. Ce qui obsède, à en devenir une nécessité absolue.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   03 octobre 2019
Cosimo ignorait ce que nous savions : les plantes qui ont poussé en sécurité dans des pots, entourées de longues racines, ne s'adaptent pas à la terre. Seules celles qui ont des racines libres, extirpées tôt en hiver, tiennent bon, comme nous.
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FandolFandol   04 octobre 2019
Nous ne nous considérons pas comme des hippies. Les hippies ne croient pas en Dieu.
- Alors que votre mari et vous êtes très croyants.
- Oui.
- Votre mari a même fondé une secte.
- Il n'aimerait pas qu'on dise ça.
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FandolFandol   04 octobre 2019
Chaque chose disposait d'un délai pour s'achever, mais cela arriverait tôt ou tard, y compris au chagrin que nous avions en commun.
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FandolFandol   03 octobre 2019
Ils n'interceptaient pas l'exaltation des années où nous avions vécu là à six, dans une glorieuse confusion, ni l'intensité des sentiments que nous éprouvions l'un pour l'autre, du moins au début.
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FandolFandol   03 octobre 2019
Mais nous étions jeunes, soudés et extraordinairement énergiques, aussi n'était-il pas rare qu'on nous verse un pourboire à la fin de la journée.
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Videos de Paolo Giordano (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Paolo Giordano
Plus jeune lauréat du Prix Strega en 2009 pour "La solitude des nombres premiers", son premier roman, l'écrivain italien Paolo Giordano présente "Dévorer le ciel", une ?uvre sur l?écologie, l?entrée dans l?âge d?homme et l?amour.
La Grande table Idées d?Olivia Gesbert ? émission du 19 septembre 2019 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/saison-26-08-2019-29-06-2020
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