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ISBN : 2234082412
Éditeur : Stock (05/09/2018)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 14 notes)
Résumé :
« Mon père l’a affirmé haut et fort. Il voulait, après sa mort, se réincarner en train. Ainsi les vaches le regarderaient-elles passer. C’était peut-être son idée de la félicité. Ou, comme souvent avec lui, la douceur de l’image, sa simplicité.
Mon père est vivant. Il est malade depuis des années maintenant. Terriblement. Il file déjà, à pas lents, à travers le paysage. Qu’il soit pourtant, et à l’avance, exaucé : même si je ne suis pas une vache aux longs ci... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Ladybirdy
  16 novembre 2018
Encore un ouvrage sur la maladie d'Alzheimer me direz-vous... Oui, l'auteure se penche sur cette terrible maladie qui afflige son père. Ce récit est au-delà de l'émotion que j'ai ressentie, au-delà de l'épenchement et du bouleversement éprouvé. Ce récit, ce sont des mots justes, comme encore jamais lus, sur ce que je traverse actuellement avec mon père. Il est d'une observation et d'une sincérité stupéfiantes. L'auteure observe très bien ce qui se passe dans les maisons de repos. le manque d'effectif, le manque de temps, d'attention, tous ces êtres vieillis par le temps ou la maladie délaissés à leur propre sort, prisonniers de leur condition diminuée. Elle décrit les couloirs, les errances de son père qui se tient péniblement à la rampe, tous ces spectres oubliés qui manquent d'amour et qui pour beaucoup, savent pourtant encore aimer. L'auteure nous parle de ses doutes, de ses interrogations, sa culpabilité, ses faiblesses car c'est difficile la maison de repos, c'est difficile d'aller jusque là pour voir un père qui ne reconnaît plus sa fille. Alors elle espace les visites, entre protection et culpabilité, elle vacille. Elle décrit très bien sans scolarité, les étapes de la déchéance, et pourtant continue de se rappeler son père avant la maladie, cet homme incroyablement instruit, intelligent, perspicace, drôle. Elle se souvient pour deux.
Bien sûr, il n'y a pas d'astuces en toc pour palier à cette maladie pour nous les aidants. Oui, être soutenu, être écouté, ne pas rester seul, se changer les idées. Mais ce récit aura au moins eu le grand mérite d'avoir mis des mots sur mes émotions, d'avoir éclairé un horizon qui semble commun à tous ceux dans pareille situation. Pas de pacotille ni de niaiserie ici, mais une grande intelligence littéraire, une plume riche parsemée de citations littéraires ou cinématographiques qui matérialisent le récit, le rendant plus fort et plus proche encore.
Ça va mieux ton père ? Est cette question idiote que les privilégiés s'empressent à poser sans imaginer qu'avec la maladie d'alzheimer, rien n'ira mieux, l'ange de la mort guette sans relâche...
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Jeanfrancoislemoine
  27 septembre 2018
La première chose qui m'a attiré,c'est le bandeau,une très belle photo pleine de sensibilité, une photo sur laquelle un homme à vélo partage un moment avec sa fille,dont la petite main recherche protection.
Ces deux personnages ce sont ceux du livre,Mara,la petite et Jean-François, le père, désormais atteint de cette terrible maladie d'Alzheimer qui a déjà détruit son père avant lui et pourrait bien,au nom de l'hérédité ,toucher Mara dans l'avenir.Dans ce livre touchant,émouvant,mais en rien démoralisant,Mara Goyet,par petits chapitres,va nous raconter.Elle va nous raconter l'EHPAD,les relations,les comportements,ses points de vue,ses joies,ses interrogations,ses attentes,ses craintes,elle va nous conduire au plus profond de son être à défaut de pénétrer les pensées de son père. Pas de pathos,non,mais beaucoup d'émotion et d'amour.
C'est bien écrit ,les sentiments superbement rendus et on peut constater l'érudition de Mara dont les références littéraires illustrent les propos,parfois un peu trop du reste pour un lecteur pas forcément avisé. On sent le "travail",un peu moins la spontanéité. le sujet est difficile,pénible pour l'entourage plus que pour le malade semble-t -il,et on peut tout de même se demander si ce genre d'écrit ne sert pas plus son auteur que les lecteurs,non pas par manque d'intérêt ,bien sûr mais par le caractère profondément personnel des souvenirs et événements relatés .
Je ne peux pas dire que"je reste sur ma faim",ce serait d'une incommensurable stupidité et très maladroit, mais je ne peux pas pénétrer dans un univers aussi "personnel" qui n'est pas le mien mais celui de l'auteur et ses proches,d'où ma note qui paraîtra peut-être sévère à certains d'entre nous.
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isabelleisapure
  06 septembre 2018
Un sujet très délicat à traiter : le vieillissement d'un parent et la maladie.
Avec « ça va mieux ton père ? », Mara Goyet nous parle de la maladie d'Alzeimer dont son père est atteint.
Elle le fait avec pudeur, sans jamais tomber dans le larmoyant.
L'auteure évoque le quotidien dans une maison de retraite et les relations difficiles, parfois drôles, du malade avec son entourage
Par une plume sobre et sensible, elle dépeint les doutes, les questions, les angoisses, le chemin qu'on n'a pas fini de faire et qui s'inverse. Et cet immense sentiment d'insatisfaction et de gâchis.
Je reconnais la nécessité que l'on peut éprouver à parler ou à écrire sur la maladie, mais, pour ma part je n'adhère pas à cette confession trop personnelle.
Cette lecture ne m'a pas touchée et je le regrette.


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DonaSwann
  28 octobre 2018
Un achat un peu compulsif, à la suite à la fois du décès du compagnon d'une amie et de l'écoute sur les ondes radio de Mara Goyet. L'arrière-pensée était de prêter, de donner le livre à cette amie, mais je voulais le lire avant. D'où ce billet.
Mara Goyet est déjà auteur, elle n'écrit pas sous l'inspiration de son actualité, son père est auteur, artiste et technicien du cinéma, Jean-François Goyet, et c'est un "jeune" Alzheimer. Avoir été élevée par un père qui aime les langues anciennes, qui se passionne pour des domaines aussi nombreux qu'originaux, qui s'est lancé dans des projets artistiques d'envergure, ça crée des attentes chez l'adulte, la mère qui fait des petits-enfants... Et voilà qu'après sa grand-mère, son père développe cette terrible maladie... En creux, son futur, peut-être ? Être absent à soi-même, aux autres, à tout ce qui importait, cesser de lire, de s'inscrire dans une trame commune pour ne plus s'inscrire que dans un présent dont on ne cerne même pas la réalité par les sens... Est-ce un idéal (inaudible pour les proches et les aidants) ou un cauchemar ?
Sous forme de billets intitulés, Mara Goyet explore différents aspects de la vie avec son père mais aussi de ses propres souvenirs.
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Matatoune
  09 octobre 2018
Mara Goyet décrit les répercutions de la maladie d'Alzheimer dans la relation père-fille qui évolue du déni à la colère jusqu'au désir de raconter qui était son père, scénariste connu, et celui qu'il est devenu au moment de l'écriture.
Au lieu de se raconter chronologiquement, l'auteure découpe son récit en quatre chapitres. Dans chacun d'eux, des titres développés sur deux ou plusieurs pages forment un tout et décrivent l'évolution qu'elle a vécue. Cette façon de présenter son ressenti et ses souvenirs permettent au lecteur les respirations propices à la réflexion.
Pas de pathos dans ce récit. le ton est évidement émouvant mais surtout tendre. L'attention chaleureuse de l'auteure pour son père transparait à chaque moment. Elle détaille évidemment aussi l'évolution du statut d'enfant à celui d'aidant. Mais surtout c'est à la fois son ironie et sa culture qu'elle nous délivre et qui l'empêche certainement de trop se lamenter.
Il serait faux de croire que ce récit ne concerne que la maladie d'Alzeihmer. Il peut être transposable à d'autres maladies invalidantes qui font que la personne et son entourage comprennent et acceptent qu'il ne sera plus question des mêmes choses et qu'un présent est à inventer.
Malgré ce sujet difficile, découvrir ce récit fut pour moi un moment émouvant traité de façon si douce et respectueuse de l'affection que l'auteure porte à la personne aimée que ce fut un moment de lecture que j'ai appréciée !
Lien : https://vagabondageautourdes..
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
LadybirdyLadybirdy   16 novembre 2018
Dans un premier temps, je m’étais dit que la solution, pour ne pas avoir peur de l’Ehpad, de sa haute concentration en vieillesse et déchéance, c’était de faire abstraction. De ne voir que mon père et de ne pas prêter attention aux autres résidents. Sans lien avec eux, car je pensais que leur présence ne pouvait être qu’insupportable et déprimante.
C’est le contraire. Il faut imaginer des gens parfois totalement isolés. Sans famille ni enfants. Qui restent toute leur vie dans l’unité fermée, dans cet étage limité. Des gens de tout âge (de 70 à 100 ans environ), perdus, malades, désorientés mais capables de parler, de rigoler, d’aimer. De serrer dans leurs bras des peluches, des poupées.
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LadybirdyLadybirdy   16 novembre 2018
Quand je vois mon père déambuler toute la journée, dans les couloirs roses, de part et d’autre sertis de rampes de sécurité, comme un spectre bien aimé, dénué de toute amertume, de toute agressivité, je regrette paradoxalement ce monde dans lequel un père faisait ployer les flammes des chandelles, faisait taire les enfants et dont les pas n’étaient pas une errance.
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LadybirdyLadybirdy   17 novembre 2018
À quoi bon disparaître si personne ne s’en aperçoit ? À quoi bon pleurer si l’on n’est pas écoutée ? À quoi bon se désoler, si l’on ne peut pas en faire profiter les autres ? À quoi bon vivre ce qui ne peut être raconté ? À quoi bon désespérer dans un coin de plage si l’on n’est pas regardé ? Tant qu’il y a de la vie, il faut faire beaucoup de bruit. La discrétion, c’est déjà une forme de mort à bas bruit. Tant qu’il y a de l’hystérie, il y a de la vie.
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LadybirdyLadybirdy   16 novembre 2018
En réalité, j’organise ma solitude. Je la mets en scène. De manière assez agressive, mais aussi protectrice : je suis très entourée. Il y a mon mari avec lequel je ne cesse de discuter, à qui je ne cesse de demander de me réconforter, de me consoler, de me rassurer. Il le fait. C’est sans doute pour cela que je ne me suis pas effondrée. Il y a mes enfants, mes beaux-enfants. Et le chat, aussi. Qui s’en fout. C’est bien aussi d’avoir quelqu’un qui s’en fout.
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lisavecmoilisavecmoi   13 octobre 2018
C'est toujours l'image du congélateur qui me vient. J'en aurais aimé de plus élégantes,mais rien d'autre ne s'est proposé.
On le décongèle. On le vide. Il est plein de glace. Elle a enrobé les étagères,les bacs, les résistances. On met des torchons par terre. On garde la porte ouverte et on attend.
Il y a le goutte-à-goutte. Lentement. On jette un oeil, la glace est comme polie, humide, aux coins arrondis. Douce. On regarde, on s'affaire. On s'en va.
Et l'on entend le bruit massif, sec, de couperet: un pan de givre s'est détaché, est tombé. La sonorité est bien particulière. Quelque chose de net après une ébauche de cisaillement. On prend le bloc,on le met dans l'évier, on le laisse continuer sa fonte ou l'on s'amuse à le noyer sous l'eau chaude.
Des pans de cerveau semblent ainsi se détacher. Boum les dieux grecs. Boum, boum, boum: Rousseau, Balzac et Proust. Boum, Cervantes. Boum, les oncles et les tantes. Boum. Les souvenirs. Boum. Manger. Boum. Mon prénom. Boum, qui je suis. Boum, ma vie. C'est fini.
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