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EAN : 9782070142187
240 pages
Gallimard (29/08/2013)
3.47/5   62 notes
Résumé :
Au printemps 1992, les Serbes encerclent Sarajevo. Vahidin et Marija, deux athlètes de l'équipe de tir yougoslave, s'entraînent en prévision des jeux Olympiques de Barcelone.
Tous deux sont bosniaques, et amants ; lui est musulman, elle est serbe. Ils vivent à Ilidza, une banlieue de Sarajevo, sans s'être jamais souciés de leurs origines. Pourtant, ils vont être brutalement séparés par le siège, puis au fil des mois enrôlés dans des camps opposés en raison de... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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bidule62
  14 mars 2022
Petit aparté perso : en 1991 quand le "suicide de la nation yougoslave", pour reprendre le titre du documentaire de la BBC, a commencé, j'avais 16 ans. J'ai vécu en direct depuis le confort de mon domicile français cette guerre civile atroce....
J'entame ce livre et là surprise ! Je me rends compte que mes souvenirs sont très, très parcellaires... Quelques images, Srebrenica bien sûr, cet homme famélique dans un camp, les femmes violées jours après jours.... Impossible pourtant de me rappeler le pourquoi du comment.... Comment cette guerre a débuté ? Pourquoi ? Et comment s'est-elle achevée ?
Je commence et là "Sniper Alley" ! J'avais oublié complètement cette horreur (parmi d'autres) que subissait Sarajevo. Ces snipers qui s'amusaient à tirer sur des malheureux à la recherche d'eau, à la recherche de nourriture.... D'un coup les images des corps abandonnés me sont revenus. Et ce couple "mixte" sur le pont, deux amoureux tués par un sniper....
J'avais 16 ans et j'ai tant oublié....
Aujourd'hui mes filles ont 17 et 19 ans.... Et elles assistent en direct à l'invasion de l'Ukraine par la Russie....
Quelle tristesse......
.
Le livre. "Robert Mitchum ne revient pas". Un titre étrange.
Jean Hatzfeld. J'ai lu tous ces textes se passant au Rwanda. Des livres nécessaires. Des témoignages.
Ici on est dans le roman (ou si peu...). Un couple de tireurs qui visent les JO de Barcelone (on est en 1992). Lui est Bosniaque, musulman, elle est Serbe, chrétienne. La guerre les surprend (on retrouve la même incrédulité que maintenant), les sépare, les maltraite.... Car oui des tireurs d'élite, intéressant non ? pour les deux parties d'ailleurs.
.
Un livre qui m'a fait remonter pas mal de souvenirs. On retrouve l'atmosphère oppressante de Sarajevo ville assiégée, ville martyre de cette guerre (atmosphère qu'on peut désormais, malheureusement, associer à de nombreuses villes ukrainiennes). Je ne sais pas comment serait la lecture de ce roman pour quelqu'un dont la guerre de Yougoslavie n'est qu'une page d'Histoire.... Moi c'est clair, des images ont afflué, images que j'avais oubliées....
.
Un livre qui m'a beaucoup plu. Bon après ce n'est pas le livre qui vous fera oublier l'actualité.....
Heureusement il y a Robert Mitchum pour apporter un peu de douceur......
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horline
  03 juillet 2015
Comme le dit lui-même Frédéric, l'un des personnages, c'est une histoire bien tarabiscotée que nous raconte Jean Hatzfeld dans Robert Mitchum ne revient pas. Une histoire d'amour peu banale entre deux comètes du sport qui ont dévié de leur orbite sous le feu du siège de Sarajevo en 1992. Tireurs d'élite au sein de l'équipe olympique yougoslave, Vahidin et Marija ont dû troquer leur cible en carton pour des cibles humaines le jour où ils se sont découverts musulman bosniaque pour le premier et serbe pour la seconde.

Piégés par leurs camps respectifs, on observe deux amants esseulés obéissant à un étrange ballet dans une ville aux frontières floues ravagée par des détonations et les tirs de snipers. Mus par des forces contradictoires qui les rapprochent ou qui creusent les distances, Vahidin et Marija sont astreints à jouer le rôle de sentinelle pour protéger les convois des Moudjahidin et de civils ou assurer la couverture des Tchetniks. Vont-ils s'affronter ? Ou simplement se retrouver ? L'auteur entretient le suspense …
A défaut d'un roman dense ou puissant, l'auteur trace un récit avec des lignes fuyantes au coeur duquel on trouve un chassé-croisé pour alimenter l'intrigue. Les horreurs de la guerre glissent subrepticement comme des ombres, Jean Hatzfeld se garde de détailler, juger ou analyser. Roman de dimension pudique mais toujours au plus près des espoirs, renoncements et désarrois des deux personnages.
La guerre défile donc très vite sous la plume de J. Hatzfeld. Mais elle est mystérieusement suspendue lorsque l'auteur prend le soin de raconter minutieusement les scènes de préparation de tirs. le contrôle de la pensée, l'intensité de la visée, la stabilisation du bas du corps, la précision des appuis étant probablement les derniers éléments qui demeurent familiers pour ces personnages désarçonnés par les lois implacables de la guerre.
Roman séduisant lorsqu'on s'accroche au fil ténu et distendu qui relie Vahidin à Marija.
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Cath36
  29 novembre 2013
Je me suis profondément ennuyée pendant la lecture de ce livre à l'écriture très journalistique, réaliste à la limite du vulgaire ("elle se rendit à l'ancien terminus où l'on trouvait les meilleures pâtisseries orientales, dont Vahidin s'empiffrait au retour des compétitions.") et je me suis bien demandée ce que ce livre faisait dans la maison Gallimard. Mi roman, mi-roman d'action, mi-compte-rendu d'évènements passés, ce livre se lit heureusement assez vite, voire en diagonale, tellement les descriptions sont répétitives et donnent l'impression de tourner en rond. Cette histoire de deux jeunes athlètes amoureux issus de camps ennemis aurait pu avoir un petit côté "Roméo et Juliette" si le style avait été meilleur. J'avais beaucoup aimé "la stratégie des antilopes", du même auteur, mais là franchement je n'ai pas accroché. Même si l'atmosphère du pays en guerre est bien rendue, les dialogues impersonnels et d'une grande banalité finissent par décourager et les personnages deviennent fantomatiques à force d'être effleurés. Il n'y a ni suspens, ni rythme intensif qui maintienne l'attention et en fait de témoignage, cela reste assez basique. J'ai poussé un soupir de satisfaction à la fin de chaque chapitre et fut victime d'un vrai courant d'air à la fin du livre, en le refermant.
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Isacom
  22 juillet 2022
Ce roman débute en même temps que le siège de Sarajevo (1992-1996). le siège est évoqué au travers de deux destins, ceux de Marija et Vahidin, sportifs de haut niveau qui préparaient les JO de Barcelone avec une bonne chance de médaille.
Marija et Vahidin sont aussi un couple.
Mais en avril 92 débute le siège. Dès le début de l'attaque serbe ils sont séparés par les barrages, et doivent affronter la guerre chacun dans son camp : car Marija est serbe, Vahidin bosniaque.
Et leur spécialité sportive (si tant est qu'on puisse parler de sport) c'est le tir. En conséquence, chaque camp va chercher à les recruter... comme snipers.
C'est donc un roman historique, écrit 20 ans après les faits, qui s'appesantit davantage sur le drame des deux amoureux, que sur les causes et conséquences de la guerre de Bosnie.
Jean Hatzfeld ne prend pas partie, sinon contre tout nationalisme. Il nous dit qu'en temps de guerre, chacun est plus ou moins obligé de choisir son camp par une sorte de fatalité, de logique propre à la guerre qui détruit les relations humaines.
L'intrigue est, peut-être pas haletante, du moins bien menée ; un groupe de journalistes français vient combler - un peu superficiellement - les trous dans la narration. Et on en apprend beaucoup sur les compétitions de tir.
Mais on est davantage dans le journalisme que dans la littérature : les scènes qui auraient pu donner une vraie profondeur aux personnages sont trop survolées à mon goût, les dialogues sont plats. Bref, une lecture agréable mais dans laquelle il m'a manqué le "supplément d'âme" qui en aurait fait un grand roman.
Challenge Solidaire
LC thématique de juillet 2022 : "Les prénoms, saison 2"
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Gaphanie
  09 juin 2022
1992, c'était il y a 30 ans. Déjà.
Jean Hatzfeld nous ramène donc trente ans en arrière, à Sarajevo. La guerre s'abat sur Vahidin et Marija, deux champions de tir tranquillement occupés à préparer les Jeux Olympiques et à s'aimer...
Ce jour-là, au retour de leur footing, Vahidin est informé que sa soeur le cherche. Il rentre chez lui, et accepte de conduire sa mère et ses soeurs immédiatement à Sarajevo : un croissant vert a été taggé sur leur balcon. La peur des exactions les pousse à fuir. Vahidin, musulman, emmène donc sa famille à Sarajevo, mais, malheur : quand il veut retourner auprès de Marija, la ville est coupée, personne ne le laisse passer.
Et la guerre s'installe, nos deux amoureux se retrouvent dans des camps différents, peut-être même ont-ils essayé de se tirer dessus sans le savoir, et hormis quelques lettres remises à des journalistes, aucun moyen de communiquer…
Robert Mitchum ne revient pas, c'est d'abord cette histoire d'amour sur fond de guerre. Et contre toute attente, une histoire qui finit bien, mais chut ! Après tout, tout est relatif comme disait Albert, et le temps perdu ne se rattrape jamais, disait ma grand-mère !
Et Robert Mitchum dans tout ça ? C'est le nom du chien de Vahidin. Qui restera auprès de Marija, lui !
Robert Mitchum ne revient pas, c'est aussi une plongée dans la guerre, avec le quotidien, les repères qui s'effondrent. Jean Hatzfeld ne parle ici ni des causes, ni des conséquences, il décrit « juste » les événements : bombardements, assassinats, enrôlements, et puis le retour de la paix. Il décrit « juste », « seulement » donc, à savoir il ne fait pas de géopolitique, ni d'analyse quelconque des raisons de la guerre, mais il décrit « juste », avec beaucoup de justesse sans aucun pathos, ces heures sombres où les destins de ces gens ont basculé.
J'ai beaucoup aimé ce voyage dans le temps !
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critiques presse (7)
Bibliobs   22 novembre 2013
En journaliste d'élite, Jean Hatzfeld restitue, avec beaucoup de justesse, l'atmosphère délétère qui prévalait alors dans les territoires de l'ex-Yougoslavie.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Lhumanite   21 octobre 2013
Dans le difficile passage du métier de journaliste à l’art du romancier, Jean Hatzfeld s’en sort de nouveau avec brio.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Telerama   16 octobre 2013
Ce magnifique roman entraîne le lecteur sur le terrain miné d'une guerre fratricide où, pourtant, les sentiments amoureux ne veulent pas abdiquer. Il a presque valeur de documentaire, mais il s'agit surtout d'une formidable fiction, haletante jusqu'au bout.
Lire la critique sur le site : Telerama
Liberation   15 octobre 2013
Ce qui intéresse Hatzfeld, journaliste et écrivain, ce ne sont pas les larmes mais les armes, ceux à qui on les confie, et qui ne sont pas les plus responsables.
Lire la critique sur le site : Liberation
LeFigaro   23 septembre 2013
Voici donc, dans un style merveilleux, ce livre délicat, élégant, profond, poignant, où les chiens s'appellent Mitchum et dont chaque page arrache un sourire, une larme ou un soupir d'aise.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   13 septembre 2013
Hatzfeld crée un Roméo et Juliette d'un genre nouveau, une histoire d'amour et de guerre, qui sonde les âmes mieux que les plus grands reportages.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   05 septembre 2013
Robert Mitchum ne revient pas est une tragédie. Les écrivains passent leur temps à réinventer, mais, ici, Hatzfeld crée un Roméo et Juliette d'un genre nouveau, une histoire d'amour et de guerre, qui sonde les âmes mieux que les plus grands reportages.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Cath36Cath36   28 novembre 2013
Sur le palier, elle entendit les aboiements joyeux de Robert Mitchum. Le temps d'enfiler un survêtement, elle repartit avec lui, évitant le parc thermal envahi de camions ; elle sauta la barrière d'un pré, courut dans l'herbe vers une méandre de la Zeljeznica.
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michelekastnermichelekastner   24 octobre 2013
Sur le moment, la décision de trahir ses parents en abandonnant leur appartement et de rompre avec la famille de Vahidin en perdant Mitchum parut à Marija plus insoutenable que celle de tirer sur des voitures de Sniper Alley. Même si, dans la jeep du capitaine, elle ne crut pas un instant que tirer sur des gens lui serait supportable et donc que cette décision lui accorderait plus qu'un court sursis. Elle accepta ainsi de prendre position en haut de la tour pour tirer dans l'obscurité nocturne sur des voitures et des silhouettes anonymes, et fut surprise, dès les premières nuits, de constater que le soulagement de préserver ce qui pouvait l'être de son existence passée à Ilidza l'emportait sur tout le reste ; et que la curiosité d'une nouvelle expérience de tir dissipe si facilement sa répulsion à tirer sur des cibles vivantes à un carrefour ; sans doute parce que ce soulagement coïncida avec l'arrêt d'un cauchemar, hanté par une diva soprano, qui la stupéfiait de dégoût ou de honte dans son lit.
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brigaldufenecbrigaldufenec   20 janvier 2015
Une fois seule, Marija sentit poindre une angoisse. .........
Mais plus important pour elle, ces jeux marquaient dans son esprit la fin de la guerre pour elle et Vahidin, et le départ d'une nouvelle existence à deux dont les détails lui étaient bien égal. C'est pourquoi l'angoisse qui l'étreignit après le départ du capitaine ne vint pas de l'effondrement soudain d'un espoir d'accomplissement ou de succès, mais de sa vie s'éloignant peu à peu dans le flou de l'oubli, en pleine forêt, jusqu'à disparaître un jour comme un songe s'efface au réveil. Elle éclata en sanglots, Mitchum vint frotter sa truffe contre ses mains.
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Videos de Jean Hatzfeld (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Hatzfeld
Table ronde proposée par le Monde Avec Florence AUBENAS, grand reporter au journal le Monde, Javier CERCAS, auteur, Jean HATZFELD, journaliste et écrivain, Franck NOUCHI, journaliste au Monde
Florence Aubenas, Javier Cercas, Jean Hatzfeld, tous les trois ont cherché, par le biais de l'écriture, à décrire la réalité. Parfois, en s'en tenant à cette dernière, d'autre fois en imaginant des romans sans fiction mais saturés de fiction. Sans parler de pures fictions, qui, toujours, s'inscrivent dans une réalité très forte. Qu'il s'agisse d'Enric Marco, le personnage central de L'Imposteur ou de Thomassin, celui de L'inconnnu de la Poste, la question est toujours la même : quel rapport un héros littéraire entretient-il avec son auteur ? Ces trois écrivains, par ailleurs journalistes (ou chroniqueurs dans le cas de Cercas) font-ils leurs la célèbre maxime de « L'homme qui tua Liberty Valance », le chef d'oeuvre de John Ford : « Quand la légende dépasse la réalité, on imprime la légende » ?
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