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EAN : 9782226240705
147 pages
Éditeur : Albin Michel (29/02/2012)

Note moyenne : 4.01/5 (sur 67 notes)
Résumé :
Ce livre est une méditation, non sur la mort, mais sur la vie. Ce n’est pas un témoignage sur l’expérience de la Shoah comme expérience de la mort, mais un appel à la vie. Un matin, à Auschwitz, une femme mourante demande à Magda Hollander-Lafon d’approcher et lui dit de prendre dans sa main les quatre petits bouts de pain qu’elle a gardés mais qu’elle ne peut plus manger : « tu es jeune, tu dois vivre », lui dit-elle. Cette phrase a fait renaître Magda, jeune adole... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Dixie39
  30 mai 2015
Magda Hollander-Lafon est une sur-vivante. Envoyée dans les camps avec sa mère et sa soeur, elle ne devra d'échapper aux chambres à gaz, qu'à une courte phrase entendue, dite à mi-mots : "tu as dix-huit ans !".
Elle a répondu "dix-huit" lors de la sélection et a découvert l'enfer : la faim, la soif, la violence abjecte, inhumaine et ces interminables travaux de forçats, dans la neige ou sous le soleil, ces appels et ces comptages insensés, à bout de force, à bout de mots...
"Mon baluchon est plein de paroles qui ne sont pas encore venues au monde."
En 1977, elle livre dans "les chemins du temps", des fragments de sa mémoire, des mots épars qui viennent nous heurter comme un constat, un inventaire d'horreur : La parole sort "en jet" comme une réalité, une vérité qu'on vomit...
Quand l'indicible est trop fort et ne laisse à la voix que des bribes, il reste la poésie pour toucher, sentir, partager, transmettre ce qui ne peut plus être porté par un discours.
"Mourir
Elle m'aurait lâchée cette sacrée vie
Si je l'avais laissée faire
 
C'était facile
Un éclair de vertige
Le bonheur fluide d'un instant
 
Mais le Printemps faisait du bruit
Dans ma mémoire si tôt blessée
Et je l'ai entendu
Au-delà des barbelés"
Magda n'obéit pas à un "devoir de mémoire", elle ne reconstruit pas les faits, elle y est fidèle. Elle les laisse éclore et nous les livre en lieu et place de ceux qui ne sont plus : "Si, aujourd'hui, je traverse courbaturée le pont de ma mémoire, c'est pour que vive longtemps le souvenir de celles et de ceux à qui l'on a volé leur vie et qui, jusqu'au bout, ont voulu nous donner le courage de vivre."
Ces quatre petits bouts de pain moisis tendus au creux d'une main.
La seconde et dernière partie est de l'ordre du témoignage, du combat mené pour sur-vivre, vivre et transmettre, ce qui a eu lieu, ce qui pourrait avoir lieu de nouveau :
"Je vous invite à résister aux influences extérieures, à choisir vos sources d'information. N'avalez pas tout ce qu'on vous raconte comme vérité. Lorsque vous êtes témoins d'une situation que vous ressentez comme inacceptable, humainement injuste, faites-vous confiance. Discernez, choisissez et devenez responsables de vos choix. Transformez l'indifférence et l'ignorance en solidarité. L'indifférence et l'ignorance sont, pour moi, la mort de l'homme, la mort de l'humanité."
Et conclure sur ces quelques mots qui ne sont pas les miens, comme beaucoup d'autres dans cette critique ; Mais que diraient-ils de plus que les siens et que ceux de ces enfants, qui pourraient être les miens ?
« C'est un tout petit bout de bonne femme, mais c'est une grande dame, écrit à son sujet un groupe de lycéen. Elle va avoir quatre-vingt-quatre ans mais elle est plus jeune que moi tant elle pétille de vie et d'enthousiasme. Elle dit qu'un regard et un sourire peuvent suffire à rendre la vie et, quand on voit son regard et son sourire, on sait que ce qu'elle dit est vrai. Avant de parler, elle a posé son regard sur toute la salle. Et il l'a illuminée. Elle veut m'appeler par mon prénom, comme elle le fait pour chacun. Elle nous dit que chacun de nous est unique et que cette unicité fait notre richesse. »
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valsing
  06 avril 2018
Magda Hollander-Lafon, hongroise déportée à Auchwitz-Birkenau, a connu l'Horreur des camps de concentration. Elle garde foi en l'espèce humaine malgré son expérience de la Mort. Cette confiance en la Vie, Magda la transmet aux élèves des lycées et collèges et les met en garde. Soyez vigilants, ayez du discernement, faites-vous votre propre jugement, soyez maîtres de vos choix ! L'Indicible ne doit plus jamais s'exprimer !
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litolff
  08 mai 2013
Rescapée des camps de la mort nazi, Magda Hollander-Lafon médite sur son expérience effroyable et le sens de sa survie : au plus profond des ténèbres peut jaillir une étincelle de lumière. Une belle et douloureuse réflexion, un hymne à la vie.
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Sanguine
  23 mai 2014
Magda, juive hongroise, a 16 ans lorsqu'elle est déportée au camp de Auschwitz-Birkenau en 1944. Elle mentira et dira en avoir 18. Sans le savoir, elle a échappé à la sélection fatale du fameux docteur Mengele. Elle reviendra des camps et sera recueillie dans une ferme en Belgique. Elle mettra du temps à se reconstruire mais elle deviendra psychologue pour enfants, elle se mariera, aura 4 enfants et rencontrera la foi chrétienne. Aujourd'hui, elle intervient dans les collèges et les lycées pour ne jamais oublier l'horreur de la Shoah.
Ce petit livre (148 pages) est un témoignage sur ce qui s'est passé pendant la guerre. Des chapitres très courts nous permettent d'appréhender plusieurs facettes de la vie dans les camps sans jamais réellement s'attarder sur une situations précise. On frissonne d'horreur, on a envie de pleurer mais cependant on se surprend parfois à sourire de certaines anecdotes. La première partie du livre, sous-titrée "Des ténèbres à la joie" est une litanie de situations brutes que Magda Holander-Laffon a vécu pendant sa captivité. Elle nous livre ses souvenirs sans chercher à apporter une analyse. La seconde partie est plus psychologique, Magda nous explique comment elle a affronté la vie au sortir des camps, combien elle s'est sentie coupable, comment a réussi à prendre le dessus, mais aussi comment elle a rencontré la foi chrétienne. Et là, j'avoue que tout le côté religion m'a paru bien long.
C'est un livre qu'il faut avoir lu pour ne pas oublier l'horreur passée mais, en dehors de la description des scènes de vie dans les camps de concentration, l'analyse psychologique que pose l'auteur n'est pas toujours très intéressante pour le lecteur qui peut trouver ça parfois un peu long.
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ancolie73
  15 juillet 2012
Même dans le monde le plus abject que l'homme soit le seul à pouvoir créer, l'homme est ouvert au moindre signe qui lui permettra d'espérer une relation d'amour vers l'autre. Ces quatre petits morceaux de pain donnés par une de ses compagne de souffrance dans le camp de concentration d'Auschwitz où Maria Hollander Lafon à passé plus de 18 mois en sont un brûlant témoignage.
Il n'y a pas le moindre atome de rancune où de haine.
Quelle belle leçon d'humanité.
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critiques presse (1)
Lexpress   06 juin 2012
Au plus sombre de la déshumanisation gît parfois une poussière qu'un rien peut changer en étincelle d'humanité, aussi lumineuse que le regard de Magda.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
oreeoree   22 septembre 2020
Sans une main tendue nous n'avons pas de devenir.
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oreeoree   22 septembre 2020
Mon baluchon est plein de paroles qui ne sont pas encore venues.
Commenter  J’apprécie          00
valsingvalsing   06 avril 2018
Notre sentiment d'incapacité, le trop-plein d'exigences exagérées nous font peur et nous congèlent. La peur nous pousse à mettre la barre toujours plus haut et nous nous retrouvons face à un idéal que nous sommes dans l'impossibilité d'atteindre. Le sentiment de ne rien valoir, d'être inférieurs, nous pousse vers des compensations, à la façon de « la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » et se gonfle à en éclater.
Page 125
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Dixie39Dixie39   25 mai 2015
L’attente

C’est long l’attente
Dans le cœur de l’hiver
La touffeur de l’été
Pleine d’inconnu, menaçante
 
Nous attendons
Durant des secondes usées
Des minutes broyées
Des heures sans fin
le pain
la soupe grise
le jour
la nuit
 
Nous attendons
Avec les yeux
qui défient
supplient
se résignent
s’éteignent
 
Nous attendons silencieux
Avec les mains prêtes à prendre
à se tendre
à serrer
à s’abandonner
 
Nous attendons la fin
D’un travail harassant
Avec des jambes enflées
crispées
pesantes
douloureuses
Des marches forcées
Des appels prolongés à plaisir
 
Nous attendons
Dans les fils barbelés
Avec un cœur plein à craquer
Essoufflé d’impatience
Battu de rage et d’impuissance
De haine et d’angoisse
 
Nous attendons
Avec une lueur d’espoir
+ Lire la suite
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litolfflitolff   03 mai 2013
Ma vie s'est arrêté à 16 ans, en pleine crise d'adolescence, en pleine crise avec mes parents. A Auschwitz, j'ai quitté ma mère et ma soeur sans un regard, sans un geste, et quand je me suis interrogée sur leur absence, une kapo polonaise d'un ton indifférent m'a dit : "Regardez la cheminée en flammes, ils sont déjà tous dedans." Ma vie s'est arrêtée, une seconde fois.
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Videos de Magda Hollander-Lafon (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Magda Hollander-Lafon
Magda Hollander-Lafon [Jeudi La Procure 31/05/12] .Magda Hollander Lafon présente son livre "Quatre petits bouts de pain : Des ténèbres à la joie" paru aux éditions Albin Michel.
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