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EAN : 9782362794384
Alma Editeur (29/08/2019)
3.87/5   23 notes
Résumé :
1938. À Marseille, Vladimír, tout juste nommé consul de la nouvelle Tchécoslovaquie, s’installe dans ses murs, ébloui par la vitalité du grand port. Pendant ce temps à Strasbourg, Bojena – jeune Praguoise en route pour l’Amérique – vole le bébé d’une autre émigrante, une Juive morte en couche. Ou le sauve ? En tout cas, elle poursuit son chemin avec l’enfant et sa poupée de chiffons. Mais à Munich, le sort de la Tchécoslovaquie est scellé. Celui de l’Europe aussi. C... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Glaneurdelivres
  11 septembre 2021
« La Symphonie du Nouveau Monde » est un roman singulier.
Singulier par son ton et par le biais qu'il prend pour aborder la période de la 2e guerre mondiale.
J'ai beaucoup aimé ce roman à la construction non linéaire, qui entrecroise deux destins, en nous faisant passer d'une époque à une autre, de 1938 à 2002, sans jamais nous perdre.
Les deux personnages principaux de ce roman ont un statut social bien différent.
Ils vont vivre en France, en mode résistance et survie.

Lenka Hornakova-Civade convoque la mémoire d'un diplomate tchécoslovaque, Vladimir Vochoc, qui a réellement existé, et qui a parfois été comparé à Oskar Schindler (se rappeler du célèbre film - La liste de Schindler-).
L'histoire de Vladimir Vochoc était totalement tombée dans l'oubli, jusqu'à ce qu'en 2016, il reçoive à titre posthume le titre de « Juste parmi les nations ».
Il est mort à Prague en 1985 à l'âge de 91 ans, dans la pauvreté la plus totale.
Ancien consul tchécoslovaque en poste à Marseille entre mai 1938 et mars 1941, il a délivré des centaines de passeports tchécoslovaques à des réfugiés juifs leur permettant de rejoindre les Etats-Unis, et ainsi de fuir le régime de Vichy et la menace allemande.
Il avait une haute idée de sa mission, et se sentait obligé d'agir.
Il n'avait pas peur d'enfreindre les règles, quitte à être plus tard accusé de trahison !
Il faut dire qu'il a joué son rôle de consul dans des circonstances quelque peu floues, puisque de fait, la Tchécoslovaquie avait cessé d'exister : la région des Sudètes ayant été annexée par le Reich qui occupait le reste d'un pays alors dénommé Protectorat de Bohème et Moravie.
Vladimir Vochoc a fait preuve de beaucoup de loyauté pour son pays, la Tchécoslovaquie.
Il était habité par la conviction de se battre pour sa patrie.
Il a fait figure de héros dans cette période historique bien difficile et dangereuse.
Avec ce roman, Lenka Hornakova-Civade rend un bel hommage à cet être d'exception.
Et on ne peut qu'être en admiration devant cet « homme ordinaire qui avait sa part d'extraordinaire » !
L'autre personnage, en quête de nouveau monde, c'est Bojena, une jeune pragoise, ancienne vendeuse de tissus dans un grand magasin, en route pour l'Amérique avec son mari, vendeur de bicyclettes, bloquée sur le point d'accoucher à Strasbourg.
Mais l'Amérique est loin, et les accords de Munich en septembre 1938, qui livrent la Tchécoslovaquie à Hitler, scellent le sort de la paix en Europe.

L'histoire est vue à travers les yeux d'une poupée de chiffon qui appartient à Josefa, la fille que Bojena a volée, bébé, à une émigrante juive morte en couche, et qu'elle a élevée comme son propre enfant. Cette poupée avec
« une étoile à la place du coeur » porte le secret des origines et la mémoire d'une épopée qui ira jusqu'à Vence et au maquis de la Creuse.
Les destins de Vladimir Vochoc et de Bojena, confrontés à cette époque troublée, vont se croiser.
Ils illustrent chacun à leur manière la quête d'un Nouveau Monde, qui est le thème de la symphonie d'Anton Dvorak, qui donne son titre à ce roman.
Bojena, qui a envie de partir dans le nouveau monde, espère réaliser ses rêves, peut-être fous, peut-être provoqués par cette symphonie dont elle a entendu la musique et qui donne des ailes !
Mais ce Nouveau Monde, n'est-il pas simplement le lieu où trouver refuge ?
Lenka Hornakova-Civade arrime sa fiction à l'histoire secouée du pays où elle est née, liée depuis longtemps à celle de son pays d'adoption, la France. le français, cette « langue de culture », comme la défendra Josefa, devenue grand-mère, est la langue d'écriture de l'auteure.
De courts chapitres se succèdent.
La narration est très dialoguée, l'écriture est dynamique, et les dialogues sont savoureux.
Les deux personnages principaux sont très attachants.
Comment ne pas les aimer, ces personnages malmenés par la guerre, ballotés par l'exil, mais qui résistent et gardent l'espoir envers et contre tout !
Et quelle belle idée de la part de l'auteure de faire raconter le parcours de ces deux personnages principaux par la poupée de chiffon de la fille adoptive de Bojena ! C'est assurément un beau parti pris narratif ! Cela apporte au récit une jolie touche de poésie, de la tendresse, et beaucoup d'émotion.
« La Symphonie du Nouveau Monde » est un très beau roman tout en sensibilité, sur la nostalgie du pays perdu, sur l'exil, sur la transmission, et le désir de liberté.
Un beau moment de lecture, un livre intéressant qui captive, et qui est l'occasion d'en savoir plus sur l'histoire mouvementée de la Tchécoslovaquie.
Vladimir Vochoc, en collaboration avec Varian Fry, un journaliste américain âgé de 32 ans en 1940, réussira à délivrer des passeports et à permettre la fuite à plus de 2 500 personnes parmi lesquelles de nombreux intellectuels tels que Alma Mahler, Franz Werfel, Hannah Arendt, André Breton, Leonhard Frank, … pour ne citer qu'eux.
« Quiconque sauve une vie, sauve l'univers tout entier ».
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CaroGalmard
  16 septembre 2019
Alors que je peste régulièrement sur des titres qui tombent à côté ou n'ont aucun rapport avec le contenu du roman, celui-ci est vraiment bien choisi.
Pour les novices en musique classique, c'est le titre d'une symphonie de Anton Dvorak qui a pour thème la conquête de l'Amérique au début du XXème siècle.
Et ce thème se retrouve dans ce roman, où l'on suit la destinée de deux tchèques, en quête de nouveau monde chacun à leur façon et qui vont se croiser dans les tourments de la seconde guerre mondiale.
D'un côté nous avons un consul fraîchement nommé à Marseille, qui s'accroche à ses tampons et ses formulaires, pour faire vivre le consulat d'un pays qui n'existe plus, car annexé par les allemands. Pourquoi cet acharnement administratif me direz-vous ? Eh bien c'est tout simplement une forme de résistance. Car pendant que d'autres se battent avec des armes, lui il offre des visas, des passeports à tous les tchèques, juifs, et plus si affinité, afin de leur permettre de partir et de rejoindre éventuellement l'Amérique. On n'avait pas autant aimé l'administration tchèque depuis le Procès de Kafka. C'est d'autant plus original et intéressant que le personnage a réellement existé.
Et de l'autre côté, nous avons Bojena, jeune mère tchèque, en transit en France sur la route de l'Amérique. Cette partie de l'histoire est racontée de manière originale : c'est la poupée de la petite fille qui en est narratrice. Petit regret que ce principe narratif n'ait pas été un peu plus exploité. Il reste un gout de reviens-y.
Outre l'intrigue que je vous laisse le soin de découvrir, ce roman est joliment écrit, avec ce supplément d'âme slave. Les personnages sont comme des roseaux qui ploient sans jamais casser. Ce sont des marcheurs inlassables ; leur façon de se battre contre l'adversité n'est pas un sprint mais une course de fond. Petite page de vocabulaire :en tchèque marcheur se dit "chodek".
Et il se dégage de ces vies un peu du spleen tchèque : la litost, définie par Kundera dans le livre du rire et de l'oubli comme "un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte."
C'est beau. Et même si l'action se déroule principalement en France, on a l'impression d'être à Prague. Comme si les silhouettes du Pont Charles se reflétaient dans la Méditerranée.
Alors, faut-il le lire ? Oui. Et écoutez la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak et partez en week-end à Prague. Je précise que je ne suis pas payée par l'Office du tourisme et de la culture Tchèque...
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motspourmots
  03 septembre 2019
Déjà le troisième roman de Lenka Hornakova-Civade, dont j'ai découvert la plume aux tous débuts de l'aventure des 68 premières fois. Son premier livre, Giboulées de soleil avait enthousiasmé les participants, moi la première. Puis ce fut Une verrière sous le ciel, ambitieux, révélant le regard d'une artiste mêlant avec talent ses deux passions, la peinture et la littérature. A chaque fois, des voix fortes et surtout un thème central, la quête de la liberté, révélant de bouleversants parcours de femmes. Avec ce nouveau roman, il est encore question de liberté mais cette fois, c'est une figure masculine qui domine. Un personnage bien réel, ancien consul de Tchécoslovaquie à Marseille pendant la dernière guerre mondiale, que l'auteure fait ici revivre et que j'ai adoré rencontrer.
Il y en a eu tant, des individus comme lui qui ont oeuvré à leur niveau, sans bruit, simplement parce qu'ils avaient un idéal de liberté chevillé au corps, une certaine façon de concevoir leur devoir. Vladimir Vochoc était un fonctionnaire de la toute jeune Tchécoslovaquie (créé en 1918) dont l'encre de la constitution était à peine sèche lorsque, en 1938, il est nommé Consul pour le sud de la France et Monaco, basé à Marseille. A ce moment, son pays fait face à la convoitise du voisin allemand qui se montre de plus en plus pressant, on connait la suite à commencer par les désastreux accords de Munich et l'inertie du reste du monde. Vladimir est au service d'un idéal de liberté et de démocratie auquel son tout jeune pays sert de laboratoire : melting-pot d'origines et de confessions appelées à cohabiter harmonieusement et sans restriction. La guerre et l'occupation nazie dont on connait les thèses viennent rompre cette harmonie, l'après-guerre et la mainmise soviétique n'arrangeront pas les choses...
Lenka Hornakova-Civade nous plonge dans ces années charnières et dramatiques à travers le destin croisé de jeunes tchécoslovaques qui se retrouvent sur le territoire français pour différentes raisons. Parmi eux, Bojena, en route pour l'Amérique avec son mari, en escale à Strasbourg le temps de mettre au monde son enfant. Piégés par l'embrasement mondial, ils se retrouvent à Marseille où Vladimir maintient coûte que coûte l'activité de son consulat afin de fournir des papiers à ceux qui tentent d'échapper aux rafles nazies. Il s'agit de sauver des vies, malgré le cynisme et le désintérêt des hiérarchies de l'administration française après la signature de l'armistice. Secrets, fuites, séparations, emprisonnement, résistance... L'auteure nous emporte dans un tourbillon où le noir côtoie la lumière et où les destins sont irrémédiablement transformés.
Il souffle dans ces pages, toute la détresse d'un pays à L Histoire déjà très chahutée (cf l'Empire austro-hongrois), le désespoir des idéaux broyés par la convoitise, la barbarie ou l'indifférence. La musique, déjà présente dans ce beau titre, les traverse, par les chants yiddish qui se transmettent de mères en filles et bercent les veillées des fugitifs. L'auteure donne à Vladimir l'élégance des êtres d'exception que l'on ne peut qu'admirer. Et elle trouve, en faisant raconter une bonne partie de l'histoire de Bojena par la poupée de chiffon qui traversera les années aux côtés de son enfant puis de sa petite-fille, un formidable ressort à la fois dramatique et poétique.
J'ai trouvé ce roman superbement émouvant et je souhaite à de nombreux lecteurs de faire un bout de chemin avec Vladimir Vochoc qui trouve ici un bien bel écrin. Merci beaucoup, Lenka, pour ce récit lumineux.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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fuji
  15 octobre 2019
D'emblée deux scènes fortes, à Prague séparées par un demi-siècle.
1953 Vladimir Vochoc fait face à un tribunal populaire .
2002 Josefa fait face à sa fille et son gendre, l'inondation de la ville devrait l'inciter à partir mais elle ne veut pas sortir de chez elle.
« Elle ne possède pas de valise, pas de grand sac. Elle est toujours assez bien parvenue à dissimuler une sorte de folie obsessionnelle : ne pas bouger de Prague, ne pas s'éloigner de son quartier et perdre de vue, le moins possible, sa rue, son immeuble. »
Un lien entre les deux : l'année 1938.
Certaines choses ne peuvent se dire que par un artifice, ici une poupée de chiffon. Cette poupée a tout vu, tout entendu mais dira-t-elle tout ?
C'est le symbole de la transmission.
Ce qui peut paraître comme une structure déroutante, au contraire renforce la narration.
Vladimir Vochoc est consul de Tchécoslovaquie à Marseille, dès 1938 il est lucide sur la situation mondiale.
L'auteur nous trace le portrait d'un Juste. Diplomate reconnu « Juste parmi les Nations », un de ceux qui ont pu sauver de la Shoah des milliers de personnes.
Ceux qui ont eu l'audace, le grain de folie d'enrayer la machine à exterminer. C'est un portrait haut en couleurs, parmi ces milliers de gens qui essayent de fuir, de se faire oublier.
Un homme qui a su s'extraire de « l'ordinaire » pour être au croisement de ceux qui doivent s'exiler.
Une femme parmi ces milliers de visages, Bojena et son bébé Josefa.
C'est de ce duo, dont la poupée de chiffon, va nous révéler le destin.
Un éclairage sur ce lien très particulier entre cette mère et l'enfant, car entre elles, les mots sont un fil à dérouler : « Je ne comprends pas, j'ai menti pour la première fois. Pourtant, on est en paix, non ? Est-ce que le mensonge pendant la guerre avait été plus acceptable ? Plus léger ou justifié qu'en temps de paix ? Pour survivre, on a tous les droits ? Puis, dans le mensonge il y a « songe ». C'est comme si les rêves étaient faux. Comment un rêve peut-il être faux ? Et un rêve, peut-il être vrai ? »
Cette poupée comme mémoire, d'elle surgit l'origine de Josefa.
Une voix comme celle de l'auteur qui fait resurgir pour mieux conserver.
Comme son héros Vladimir Vochoc, Lenka Horňáková-Civade nous démontre que chaque destin est extraordinaire, tissé par des liens souvent insoupçonnables.
L'auteur peint de très beaux portraits d'hommes et de femmes sur la toile de l'Histoire. Non, pas des ombres, des êtres humains qui restent en mémoire.
Une écriture forte, comme l'eau-forte ce procédé de gravure en taille douce pour baigner notre mémoire collective.
En 2016, l'auteur déclarait que la langue française lui permettait de dire ce qui était indicible dans sa langue maternelle. Une fois de plus dans ce troisième roman, tout fait sens et elle sait avoir la bonne distance.
En conclusion, vivre n'est-ce pas répondre à ceci : « Il faut savoir si l'on se bat pour son passé ou pour son avenir. Il faut savoir si l'on veut se battre. Notre passé, les interprétations et les légendes qu'il nous propose. »
Livre lu dans le cadre de Masse Critique Babelio, merci à eux et à Alma éditions.
© Chantal Lafon-Littérature Amor 15 octobre 2019.
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ollivier
  11 octobre 2019
Ce roman se déroule dans les années 1938 – 1946, avec des « retours en avant » en 1953 et 2002 . C'est l'histoire croisée d'un diplomate tchèque et d'une mère et de sa fille, tchèques également en partance pour l'Amérique. Ce diplomate,Vladimir Vochoc, consul en France, à Marseille, va œuvrer au sauvetage de nombreux Juifs en leur délivrant des passeports qui leur permettront d'éviter les camps de la mort ; parallèlement, nous suivons les pérégrinations d'une famille tchèque, Bojena, son mari et de sa fille Josefa, entre Strasbourg, Marseille et la campagne corrézienne, durant l'occupation nazie, à la recherche d'un moyen de rejoindre les États-Unis. Leurs destins vont bien sûr se croiser.
L'auteur nous fait passer d'une époque à une autre au début du roman ; les narrateurs changent souvent (le consul, Bojena, la poupée de Josefa, le romancier) ; les personnages sont très nombreux ; mais tout s'éclaire rapidement à la lecture ;
Les dialogues sont nombreux, incisifs, souvent drôles, le style est alerte : le roman est écrit en français ;
Deux belles histoires croisées sur l'attachement au pays et le désir de liberté.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
GlaneurdelivresGlaneurdelivres   10 septembre 2021
Les poupées n’ont pas d’âge, je n’ai pas d’âge. Cependant, je rappelle leur âge à ceux qui me regardent. Quand Josefa a ouvert la boîte, je l’ai bien vu, ses yeux ont fait un long aller-retour entre maintenant et son enfance. Je l’ai regardée aussi, j’ai souri. Je souris toujours, je l’ai déjà dit. Elle a pris conscience du temps passé. Ses mains m’ont saisie, ont épousé mes formes, comme d’habitude, le temps n’avait plus de sens. J’ai su tout de suite que Josefa avait peur. (…)
Ce mois de septembre 1943, au lieu d’être assis sur les bancs de l’école, on faisait de la géographie appliquée sur les routes de France. Les trains. Les voitures. A pied. Moi, toujours dans des bras.
On est serrés, on se dépêche, ils transpirent, les cernes se creusent sous les yeux, les mots sont rares, on économise tout. Les mots de consolation et de tendresse ne consolent pas, ne câlinent pas, ne soignent plus. On ne mange pas à sa faim. Impossible de dire que tout va bien, mais on s’habitue parce qu’on s’accommode même à la souffrance, elle devient supportable quand elle dure longtemps.
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GlaneurdelivresGlaneurdelivres   08 septembre 2021
Elle a appris des chants de femmes polonaises, juives, des chansons que les Tchécoslovaques ont apportées de Belgique et d’autres régions françaises. Ensuite elle les chante à Josefa. Sa voix devient si douce, pleine d’un chagrin profond, contient toutes les larmes du monde. Bojena pleure dans le cœur des chansons les larmes qui n’arrivent pas à sortir de ses propres yeux, des larmes qui la noient et l’étouffent. Elle chante comme on fait de la magie.
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luocineluocine   05 août 2020
Pour lui, il n’y avait pas d’endroit où aller. « Aller », c’était tout ce qui comptait. Ces différents lieux provisoires, tous ces « ici », n’étaient que des haltes de passage, plus ou moins longues, le temps de quelques générations, parfois de quelques années, le temps d’apprendre les lois du pays qui régissaient leur vie, le temps apprendre la langue, parfois le temps d’absorber et de restituer dans sa propre langue les mots et expressions d » »ici », le temps de se bercer de l’illusion d’une durée possible. Puis il fallait déjà repartir, parfois sans avoir le temps de refaire ses valises. « Avec les siècles, se disait Gustav, on a appris à flairer le roussi. Bien avant les autres. »
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TlivrestartsTlivrestarts   16 septembre 2019
- Aurais-je au moins droit au tribunal ?
- Quelles étaient vos activités là-bas en 1940 ?
- Multiples. Pouvez-vous préciser votre question ?
- En France, quels étrangers fréquentiez-vous ?
- Il y en avait beaucoup. Mais je voyais des Français, surtout des Français.
- Camarade Vochoc je précise : avec quelles personnes as-tu travaillé en France ?
- Diverses. J'aurais beaucoup d'anecdotes à vous raconter.
- Tu te crois dans une soirée mondaine ? Au cabaret avec tes amis capitalistes ?
Dehors, l'après-midi pragois de fin septembre n'avait rien de frivole. Dans sa tête, le prévenu Vladimir Vochoc faisait le point sur la situation.
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rkhettaouirkhettaoui   27 octobre 2019
L’État, quelles que soient sa couleur et sa structure politique, garde dans ses entrailles les mémoires de toute nature, sans s’arrêter à leur qualité d’écriture, ni à leur contenu, pour peu qu’ils lui soient adressés et qu’ils le concernent. Le rapport est la nourriture première de l’État, son essence. Le temps de l’État ne correspond pas à celui d’un homme. Il digère lentement, il pense en décennies là où l’homme compte en minutes, en siècles alors que l’homme craint la vitesse des jours. Si Vladimír avait appris quelque chose à la faculté de droit, c’était bien l’existence de ce décalage entre le temps des institutions et les réalités des hommes. Le reste, ça n’est que du divertissement, des arrangements.
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Vidéo de Lenka Hornakova-Civade
Loo Hui Phang & Lenka Hornakova-Civade sont deux écrivaines invitées au festival Au fil des ailes, programmé du 12 au 27 novembre 2021 en région Grand Est. Découvrez leurs oeuvres respectives à travers les mots de Valentin Fauvet, libraire à Bédérama, à Reims.
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