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ISBN : 2362794385
Éditeur : Alma Editeur (29/08/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
1938. À Marseille, Vladimír, tout juste nommé consul de la nouvelle Tchécoslovaquie, s’installe dans ses murs, ébloui par la vitalité du grand port. Pendant ce temps à Strasbourg, Bojena – jeune Praguoise en route pour l’Amérique – vole le bébé d’une autre émigrante, une Juive morte en couche. Ou le sauve ? En tout cas, elle poursuit son chemin avec l’enfant et sa poupée de chiffons. Mais à Munich, le sort de la Tchécoslovaquie est scellé. Celui de l’Europe aussi. C... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
CaroGalmard
  16 septembre 2019
Alors que je peste régulièrement sur des titres qui tombent à côté ou n'ont aucun rapport avec le contenu du roman, celui-ci est vraiment bien choisi.
Pour les novices en musique classique, c'est le titre d'une symphonie de Anton Dvorak qui a pour thème la conquête de l'Amérique au début du XXème siècle.
Et ce thème se retrouve dans ce roman, où l'on suit la destinée de deux tchèques, en quête de nouveau monde chacun à leur façon et qui vont se croiser dans les tourments de la seconde guerre mondiale.
D'un côté nous avons un consul fraîchement nommé à Marseille, qui s'accroche à ses tampons et ses formulaires, pour faire vivre le consulat d'un pays qui n'existe plus, car annexé par les allemands. Pourquoi cet acharnement administratif me direz-vous ? Eh bien c'est tout simplement une forme de résistance. Car pendant que d'autres se battent avec des armes, lui il offre des visas, des passeports à tous les tchèques, juifs, et plus si affinité, afin de leur permettre de partir et de rejoindre éventuellement l'Amérique. On n'avait pas autant aimé l'administration tchèque depuis le Procès de Kafka. C'est d'autant plus original et intéressant que le personnage a réellement existé.
Et de l'autre côté, nous avons Bojena, jeune mère tchèque, en transit en France sur la route de l'Amérique. Cette partie de l'histoire est racontée de manière originale : c'est la poupée de la petite fille qui en est narratrice. Petit regret que ce principe narratif n'ait pas été un peu plus exploité. Il reste un gout de reviens-y.
Outre l'intrigue que je vous laisse le soin de découvrir, ce roman est joliment écrit, avec ce supplément d'âme slave. Les personnages sont comme des roseaux qui ploient sans jamais casser. Ce sont des marcheurs inlassables ; leur façon de se battre contre l'adversité n'est pas un sprint mais une course de fond. Petite page de vocabulaire :en tchèque marcheur se dit "chodek".
Et il se dégage de ces vies un peu du spleen tchèque : la litost, définie par Kundera dans le livre du rire et de l'oubli comme "un état tourmentant né du spectacle de notre propre misère soudainement découverte."
C'est beau. Et même si l'action se déroule principalement en France, on a l'impression d'être à Prague. Comme si les silhouettes du Pont Charles se reflétaient dans la Méditerranée.
Alors, faut-il le lire ? Oui. Et écoutez la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak et partez en week-end à Prague. Je précise que je ne suis pas payée par l'Office du tourisme et de la culture Tchèque...
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motspourmots
  03 septembre 2019
Déjà le troisième roman de Lenka Hornakova-Civade, dont j'ai découvert la plume aux tous débuts de l'aventure des 68 premières fois. Son premier livre, Giboulées de soleil avait enthousiasmé les participants, moi la première. Puis ce fut Une verrière sous le ciel, ambitieux, révélant le regard d'une artiste mêlant avec talent ses deux passions, la peinture et la littérature. A chaque fois, des voix fortes et surtout un thème central, la quête de la liberté, révélant de bouleversants parcours de femmes. Avec ce nouveau roman, il est encore question de liberté mais cette fois, c'est une figure masculine qui domine. Un personnage bien réel, ancien consul de Tchécoslovaquie à Marseille pendant la dernière guerre mondiale, que l'auteure fait ici revivre et que j'ai adoré rencontrer.
Il y en a eu tant, des individus comme lui qui ont oeuvré à leur niveau, sans bruit, simplement parce qu'ils avaient un idéal de liberté chevillé au corps, une certaine façon de concevoir leur devoir. Vladimir Vochoc était un fonctionnaire de la toute jeune Tchécoslovaquie (créé en 1918) dont l'encre de la constitution était à peine sèche lorsque, en 1938, il est nommé Consul pour le sud de la France et Monaco, basé à Marseille. A ce moment, son pays fait face à la convoitise du voisin allemand qui se montre de plus en plus pressant, on connait la suite à commencer par les désastreux accords de Munich et l'inertie du reste du monde. Vladimir est au service d'un idéal de liberté et de démocratie auquel son tout jeune pays sert de laboratoire : melting-pot d'origines et de confessions appelées à cohabiter harmonieusement et sans restriction. La guerre et l'occupation nazie dont on connait les thèses viennent rompre cette harmonie, l'après-guerre et la mainmise soviétique n'arrangeront pas les choses...
Lenka Hornakova-Civade nous plonge dans ces années charnières et dramatiques à travers le destin croisé de jeunes tchécoslovaques qui se retrouvent sur le territoire français pour différentes raisons. Parmi eux, Bojena, en route pour l'Amérique avec son mari, en escale à Strasbourg le temps de mettre au monde son enfant. Piégés par l'embrasement mondial, ils se retrouvent à Marseille où Vladimir maintient coûte que coûte l'activité de son consulat afin de fournir des papiers à ceux qui tentent d'échapper aux rafles nazies. Il s'agit de sauver des vies, malgré le cynisme et le désintérêt des hiérarchies de l'administration française après la signature de l'armistice. Secrets, fuites, séparations, emprisonnement, résistance... L'auteure nous emporte dans un tourbillon où le noir côtoie la lumière et où les destins sont irrémédiablement transformés.
Il souffle dans ces pages, toute la détresse d'un pays à L Histoire déjà très chahutée (cf l'Empire austro-hongrois), le désespoir des idéaux broyés par la convoitise, la barbarie ou l'indifférence. La musique, déjà présente dans ce beau titre, les traverse, par les chants yiddish qui se transmettent de mères en filles et bercent les veillées des fugitifs. L'auteure donne à Vladimir l'élégance des êtres d'exception que l'on ne peut qu'admirer. Et elle trouve, en faisant raconter une bonne partie de l'histoire de Bojena par la poupée de chiffon qui traversera les années aux côtés de son enfant puis de sa petite-fille, un formidable ressort à la fois dramatique et poétique.
J'ai trouvé ce roman superbement émouvant et je souhaite à de nombreux lecteurs de faire un bout de chemin avec Vladimir Vochoc qui trouve ici un bien bel écrin. Merci beaucoup, Lenka, pour ce récit lumineux.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
TlivrestartsTlivrestarts   16 septembre 2019
- Aurais-je au moins droit au tribunal ?
- Quelles étaient vos activités là-bas en 1940 ?
- Multiples. Pouvez-vous préciser votre question ?
- En France, quels étrangers fréquentiez-vous ?
- Il y en avait beaucoup. Mais je voyais des Français, surtout des Français.
- Camarade Vochoc je précise : avec quelles personnes as-tu travaillé en France ?
- Diverses. J'aurais beaucoup d'anecdotes à vous raconter.
- Tu te crois dans une soirée mondaine ? Au cabaret avec tes amis capitalistes ?
Dehors, l'après-midi pragois de fin septembre n'avait rien de frivole. Dans sa tête, le prévenu Vladimir Vochoc faisait le point sur la situation.
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mailys_babeliomailys_babelio   11 juillet 2019
- Aurais-je au moins droit au tribunal ?
- Quelles étaient vos activités là-bas en 1940 ?
- Multiples. Pouvez-vous préciser votre question ?
- En France, quels étrangers fréquentiez-vous ?
- Il y en avait beaucoup. Mais je voyais des Français, surtout des Français.
- Camarade Vochoč je précise : avec quelles personnes as-tu travaillé en France ?
- Diverses. J'aurais beaucoup d'anecdotes à vous raconter.
- Tu te crois dans une soirée mondaine ? Au cabaret avec tes amis capitalistes ?
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SepoSepo   07 août 2019
Le rapport est la nourriture première de l'État, son essence. Le temps de l'État ne correspond pas à celui d'un homme. Il digère lentement, il pense en décennies là où l'homme compte en minutes, en siècles alors que l'homme craint la vitesse des jours.
p.13
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DerfuchsDerfuchs   02 juillet 2019
Je repose dans le silence, tout relatif, des feuilles qui soupirent en se déposant tout doucement.
Longtemps.
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