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ISBN : 2228881163
Éditeur : Payot et Rivages (08/01/2006)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 19 notes)
Résumé :
" Si l'on avait demandé à Johan Huizinga quel était le sujet fondamental de son livre, affirme Jacques Le Goff, il aurait parlé d'abord de l'imbrication intime du Moyen Âge et de ce que nous appelons la Renaissance. L'Automne du Moyen Âge décrit et analyse les " saveurs ", les " idées ", les " émotions " et les " images " dans lesquelles s'exprime une société qui meurt, celle du Moyen Âge, pour donner naissance à une autre, la Renaissance". Marc Bloch et Lucien Febv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sarindar
  27 septembre 2017
Sur la période du bas Moyen-Âge, ce livre est devenu un classique. On a l'habitude de regarder les 14e et 15e siècles comme une époque charnière annonçant un déclin des modèles médiévaux, faits de ténèbres, et de répétitions des habitudes pourtant désavouées par les faits en cette fin de cycle.
Les temps de rupture et de passage posent problème dès lors que l'on cherche à poser des limites historiques tranchées entre ce qui finit et ce qui va commencer. Il est de fait significatif que l'on ait longtemps traduit le titre de cet ouvrage en employant le terme de "déclin" (Le déclin du Moyen-Âge), remplacé aujourd'hui par "automne", qui sonne plus juste.
Mais comment appliquer des coupures nettes entre Moyen-Âge finissant et début de la Renaissance ? N'y a-t-il pas plus de survivances que l'on ne croit de l'un dans l'autre ? La chevalerie et ce que l'on disait être son esprit étaient-ils vraiment morts au XVIe siècle ? Bayard, entre autres exemples, n'était-il pas lui aussi un modèle de chevalerie comme on l'entendait auparavant ? Tout ce qui se réalise au XVIe était bien en germe au XVe siècle ; il n'est que de regarder ce qui se passe à Florence, sous Laurent de Médicis, pour en trouver l'illustration. Fin et commencement ne sont pas si distincts et éloignés qu'on ne nous l'a abondamment répété. Si l'on déplace les limites du Moyen-Âge de 1453 - année de la prise de Constantinople par les Turcs et de la fin de la guerre de Cent Ans - à 1492 - année qui voit la fin de la Reconquista en Espagne et le ďébarquement de Christophe Colomb dans le Nouveau-Monde, on n'a pas encore répondu à la question de savoir pourquoi les hommes de ce que l'on appelle la Renaissance se comportent encore pour partie -si ce n'est en totale continuité - comme ceux du XVe siècle ? Même ce que l'on va désigner sous les termes de Réforme protestante n'est-il pas l'aboutissement de ce qui s'est produit avant, comme une tentative de réponse à des questions soulevées depuis des siècles ? L'HISTOIRE ne se découpe pas abusivement en tranches, comme on le croit un peu facilement. Et les périodes dites de "crise" ne sont finalement pas moins riches que celles que l'on qualifie de "dorées". Les 14e et 15e n'ont finalement pas moins apporté de nouveautés et/ou d'évolutions que les 13e et 16e siècles. Cela se voit mieux quand l'on cesse de schématiser, classifier et périodiser. La Renaissance n'a pas moins éte cruelle que le Moyen-Âge et celui-ci n'a pas moins vu d'avancées artistiques et politiques, entre autres choses, que le 16e siècle, même si ce dernier a rompu avec l'art gothique - évolutif depuis les XIIe et XIIIe siècle - pour renouer avec l'art gréco-romain - mais pas sans adapter encore pendant un temps une ultime forme de l'art ogival. Tout rentre bien dans tout, en dépit des affirmations de rupture.
Alors, il serait bien de "revisiter" le sujet traité par J. Huizinga, de manière à nuancer encore plus qu'il ne l'a fait.
François Sarindar
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colimasson
  24 février 2014
L'automne du Moyen Age est parfois aussi appelé de son titre officieux : le Déclin du Moyen Age. En privilégiant le premier titre, John Huizinga se met au diapason de l'esprit médiéval fin d'époque tout en allégories et en symboles épuisés.

Publié en 1905, ce livre propose une nouvelle vision du Moyen Age. John Huizinga ne s'accorde pas avec l'analyse d'un autre grand historien de son époque, Jules Michelet, et abolit la notion de démarcation nette séparant le Moyen Age de l'esprit De La Renaissance français. L'automne du Moyen Age, dans un flou indistinct, se fond en partie dans le printemps De La Renaissance. le XVe siècle médiéval ne s'exalte pas mais est décrit comme un siècle d'épuisement pessimiste dont la langueur aura peut-être permis la réaction humaniste qu'on lui connaît, quelques décennies plus tard. Au moment de la publication de ce livre, John Huizinga renouvelle la vision du Moyen Age tardif en piochant dans de nombreuses sources. Il s'intéresse notamment aux témoignages de la vie quotidienne qui exaltent une fougue destructrice dans tous les actes les plus anodins, révélant si ce n'est l'ambivalence d'une population partagée entre la foi exaltée et une excentricité parfois païenne, au moins la tendance à l'exagération d'une époque qui passe d'un extrême à un autre sans jamais toucher le juste milieu. John Huizinga nous décrit tout un paradigme malaxé par des concepts qui trouvent le nom de chevalerie, de courtoisie, et bien évidemment de religion. Importants, ces idéaux qui seront déclinés en images, symboliques et lieux communs, pétrissent toute une vie culturelle et constituent les fondations d'une oeuvre littéraire directement appréciable par ses contemporains lorsqu'elle nous semble dépourvue de signification. John Huizinga nous présente quelques poètes connus, tels Catherine de Pisan ou l'auteur du Roman de la Rose, mais il cite également poètes et poèmes oubliés, oeuvres si imprégnées de leur époque qu'elles n'y survécurent. John Huizinga éclaire notre connaissance des oeuvres littéraires et picturales rescapées de cette époque : si tout n'est qu'allégorie, symboles et religion, si cet ensemble fantasque nous semble être le reflet d'un esprit labyrinthique s'amusant aux jeux du travestissement, ce n'est en réalité que mécanismes de pensée –tout au moins au XVe siècle lorsque, après des siècles médiévaux peut-être plus vivants, toutes les combinaisons allégoriques ont été épuisées. La foi elle-même, devenue réservoir de lieux communs, ne se veut plus expression d'un dévouement pur à Dieu. Les oeuvres de ceux que nous appelons « mystiques », parce qu'ils empruntent au spirituel, apparaissent alors comme les philosophes d'une époque marquée par le paradigme catholique.

Indispensable pour mieux comprendre le Moyen Age, cet Automne prouve également de sa puissance en nous révélant, après lecture, qu'il a su parler indirectement de notre époque en soulignant tous les phénomènes qui semblent se répéter cycliquement d'un paradigme à un autre. Passons d'une dénomination à une autre et c'est notre société qui semble à son tour décrite.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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vincentf
  24 décembre 2014
Saisir les frémissements d'un temps nouveau quand se meurt une époque, voilà ce que tente ce livre. Il s'attache à décrire l'écorce médiévale qui se vide de sa sève et il passe en revue les idéaux qui se figent : la chevalerie qui, toute puissante dans la représentation, se fait déjà Don Quichotte dans la réalité; l'amour courtois, qui se perd sous des symboles qui se multiplient à foison; la foi chrétienne, qui devient album d'images arrêtées ou folies de saints jusqu'au-boutistes; l'apparat des cours, qui sous sa chatoyance ne bouge plus; la pensée, qui se noie dans l'allégorie et le détail; l'art, qui enlumine plus qu'il illumine; les lettres, qui ressassent la parole creuse d'un âge qui n'invente plus rien. Certes, on aurait aimé que l'enquête s'attache aux petites gens, on aurait bien voulu voir un peu du quotidien d'un temps oublié, mais le spectacle d'un monde qui se vide de sa substance (comme le nôtre?) incite à réfléchir. La question que pose ce livre est la suivante : comment une civilisation meurt-elle? Elle esquisse alors une autre question : comment ensuite renaît-elle?
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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   26 octobre 2014
A côté de ce romantisme de la chevalerie, on pourrait placer le romantisme de la sainteté, si l’on entendait par là le besoin de créer la représentation idéale d’une forme de vie déterminée. Il est remarquable que de tout temps, ce romantisme de la sainteté se soit plu davantage aux excès de l’humilité et de l’ascétisme qu’aux brillants exploits mis au service de la religion. L’Eglise a parfois canonisé les grands hommes d’action qui ont relevé ou assaini la culture religieuse, mais l’imagination populaire s’est attachée de tout temps au surnaturel et à l’extrême.
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colimassoncolimasson   18 novembre 2014
Si, pour inculquer la crainte et l’horreur, l’imagination dispose de ressources d’une richesse effrayante, l’expression des joies célestes, par contre, reste toujours extrêmement primitive et monotone. Le langage humain ne peut donner la vision du bonheur absolu. […] Le Seigneur est « supermisericordissimus, superdignissimus, superamabilissimus, supersplendidissimus, superomnipotens et supersapiens, supergloriosissimus ». A quoi bon accumuler les mots qui expriment la hauteur, la largeur, l’inépuisable et l’incommensurable ? On en reste toujours aux images, à la réduction de l’infini au fini, partant à l’affaiblissement du sentiment de l’absolu. Chaque sensation, en s’exprimant, perd sa force ; chaque propriété attribuée à Dieu lui dérobe un peu de sa redoutable majesté. Alors commence la lutte émouvante de l’esprit qui veut atteindre à la Divinité sans le secours des images.
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colimassoncolimasson   24 février 2014
Quand le monde était de cinq siècles plus jeune qu’aujourd’hui, les évènements de la vie se détachaient avec des contours plus marqués. De l’adversité au bonheur, la distance semblait plus grande ; toute expérience avait encore ce degré d’immédiat et d’absolu qu’ont le plaisir et la peine dans l’esprit d’un enfant. Chaque acte, chaque évènement était entouré de formes fixes et expressives, élevé à la dignité d’un rituel. Les choses capitales, naissance, mariage et mort, se trouvaient plongées, par le sacrement, dans le rayonnement du divin mystère ; les évènements de moindre importance, eux aussi, voyage, tâche ou visite, étaient accompagnés d’un millier de bénédictions, de cérémonies et de formules.
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colimassoncolimasson   29 août 2014
Pour comprendre pleinement l’importance sociologique de l’idéal chevaleresque, il faudrait suivre celui-ci, à travers l’époque de Shakespeare et de Molière, jusque dans le gentleman moderne. […] Les tragiques erreurs du Moyen Age eurent plus d’une fois leur source dans cet idéal, de même que, de nos jours, elles procèdent souvent du nationalisme et de l’orgueil de race.
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colimassoncolimasson   25 août 2014
Le vœu chevaleresque peut avoir une signification religieuse et éthique, ce qui le met sur le même pied que le vœu religieux ; il peut être aussi de nature romanesque et amoureuse, et enfin, il est possible qu’il dégénère en un amusement courtois. Ces trois caractères sont encore, en fait, présent et unis ; le vœu est la consécration de la vie à un idéal sérieux ; il est aussi la raillerie qui se joue un peu du courage, de l’amour et des intérêts de l’Etat.
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