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ISBN : 2072686199
Éditeur : Gallimard (11/01/2018)

Note moyenne : 4.75/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Comme dans le précèdent volume paru en 2007, ce nouveau "Microfictions" est un livre hors normes qui rassemble cinq cents petites histoires. Les textes sont classés par ordre alphabétique, d'"Aglaé" à "Zéro baise". Le livre juxtapose le banal de vies ordinaires tout à la fois touchantes, cruelles, monstrueuses, à travers, par exemple, le drame d'un couple qui élève une enfant autiste, le quotidien d'un enseignant désabusé par ses élèves, les hallucinations d'une fem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Lmargantin
  22 janvier 2018
En 2007, Régis Jauffret publie Microfictions, fort volume qui rassemble 500 récits brefs (pas plus de deux pages chacun). En exergue, cette phrase de l'auteur : "Je est tout le monde et n'importe qui". Je n'est pas un autre, il est tous les autres. Le plus souvent, le personnage commence par se présenter à la première personne. Pas de mise à distance entre l'auteur et ses personnages. Dès la première ligne, le lecteur plonge au coeur d'une vie (atroce la plupart du temps).
Dix ans plus tard, Jauffret récidive avec 500 nouvelles histoires. On retrouve le même univers littéraire où règne la multitude. Multitude des personnages, des voix, des histoires. Forme ultra-brève, la microfiction permet non seulement une plongée soudaine au cœur d'une vie, mais aussi la création d'un univers fourmillant de personnages divers et produisant chez le lecteur une impression de prolifération. Si la vie elle-même est génération incessante, multiplication des vivants, on se demande pourquoi l'écrivain ne pourrait pas lui aussi engendrer une profusion de personnages, au même rythme vertigineux. Le lecteur s'y perd comme dans une foule.
Alors bien sûr, depuis la parution des {Microfictions 2018}, il est surtout question, dans les médias, des personnages et des situations souvent cruelles dans lesquelles ils se mettent souvent eux-mêmes. Ce qui intéresse, c'est le fait divers en soi, et même s'il est fictif on se plaît à en signaler la vraisemblance (notamment tout ce qui concerne l'usage des techniques numériques, du drone au iPhone). Je remarque par ailleurs que le milieu social évoqué dans ces histoires est surtout celui de la (petite ou grande) bourgeoise française du début du XXIème siècle, ce qui relativise un peu la prétention de départ à une espèce d'universalité (« Toutes les vies à la fois »).
On regrette cependant qu'il ne soit que très peu question, dans les critiques littéraires, de la forme, de l'écriture elle-même. Je pense ici à que dit Peter Handke dans un entretien récent : « C'est quand même une joie immense d'écrire sur des livres qui sont bizarres, qui sont spéciaux ... pourquoi on ne raconte pas comment un livre est fait ? On raconte plus du tout comme un film est fait. La critique du cinéma n'existe plus, la critique des livres, de la littérature ça n'existe presque plus. Comment c'est fait ? Comment c'est raconté ? Comment est le rythme ? Comment sont les phrases ? Où est le paragraphe ? »
Concernant la microfiction elle-même, quelques remarques :
- Elle ne fait pas plus de deux pages, la seule caractéristique qui est signalée en général. Le titre est composé à partir d'un élément du texte, par exemple « Comme deux gouttes d'eau » ou « C'est une opportunité inespérée ».
- Si la microfiction forme bien un bloc dense ramassant une vie en une soixantaine de lignes, il y a en son sein des prises de parole isolées signalées par un tiret cadratin. Elles désarçonnent un peu le lecteur car l'histoire étant racontée par son personnage principal (qui est souvent une victime, parfois au contraire l'auteur d'un méfait ou d'un crime), cette voix seconde à l'intérieur du récit redouble celle du narrateur en offrant une espèce de contrechamp, comme s'il observait lui-même la scène à distance (peut-être avec le recul de quelques années). On peut aussi avoir l'impression que l'auteur lui-même intervient dans le récit du narrateur. Quoi qu'il en soit, cette technique permet de rompre l'impression de monotonie qui peut s'emparer du lecteur lisant plusieurs dizaines de ces récits à la suite, malgré la grande diversité des situations.
- L'écriture des microfictions se caractérise par une espèce de tension interne entre des paragraphes composés de phrases brèves (« Il ne la quittait pas. Les décennies passaient. J'avais cinquante ans. Il ne me ferait jamais d'enfant. Puisqu'il n'osait pas divorcer il n'avait qu'à l'empoisonner ») et des phrases plus longues et surtout riches en images poétiques et en métaphores (« Balançant ma tête en arrière, je voyais le ciel bleu roi, sans nuage, rutilant comme une de ces assiettes à dessert que ma mère réservait au déjeuner du dimanche et dont il ne reste plus une seule aujourd'hui »). Jauffret balance ainsi constamment entre un style qui le rapproche des auteurs du dix-huitième siècle (on pense aux moralistes français) et une écriture poétique plus proche des univers de Baudelaire ou de Proust. Et c'est peut-être ce qui fait que ces {Microfictions 2018}, comme les précédentes, malgré leur multitude et la répétition des mêmes thèmes, soient un vrai plaisir de lecture.
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TmbM
  21 janvier 2018
En cinq cent histoires courtes et autant de bonnes idées, ce second volet des Microfictions règle son compte à une espèce humaine exsangue. Sans scrupule et avec un mauvais esprit décomplexé, il frappe souvent sous la ceinture, toujours là où ça fait mal et ne ménage ni la veuve ni l'orphelin. Il n'épargne personne et balance des éclats de rire bilieux au visage de chacun d'entre nous.
L'article complet sur mon blog.
Lien : https://touchezmonblog.blogs..
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   25 janvier 2018
Régis Jauffret remet le couvert. Dix ans après de premières "Microfictions", voilà le volume 2, sobrement intitulé "Microfictions 2018".
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   17 janvier 2018
Régis Jauffret réunit 500 nouvelles dans Microfictions 2018 retraçant le destin ou le drame d'une foule d'anonymes.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ZalvecZalvec   14 février 2018
J'ai traversé en somnambule les instants qui m'étaient dévolus. Je n'ai pas pris la peine de regarder, d'écouter, de respirer le temps à plein poumon, d'essayer de le retenir pour en tirer la quintessence comme d'une bouffée de haschich.
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ValleerieValleerie   10 février 2018
Ma femme travaille dans la finance. Je suis écrivain et porte sur les épaules la part fantaisiste de notre couple. A l'intérieur de cette cellule familiale aux formes rigoureuses, je me charge de fomenter le désordre et de nous donner l'impression de mener une vie excentrique.
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LmargantinLmargantin   19 janvier 2018
Il se plaignait de n'être pas né un peu plus tôt pour avoir pu profiter de la manne de la collaboration. Selon lui, les journalistes de la presse pétainiste avaient continué à occuper les meilleures places jusqu'à leur retraite.
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LmargantinLmargantin   21 janvier 2018
Ma journée ne faisait que commencer, je me cognais contre le vide à chaque pas. J'enviais le flic que les casseurs tabassaient dans un Starbucks dévasté.
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LmargantinLmargantin   20 janvier 2018
Je me poste souvent en sentinelle sur le balcon pour surveiller la ville. Elle est violente, sauvage, toujours prête à bondir.
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Videos de Régis Jauffret (41) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Régis Jauffret
Jean Teulé publie «Comme une respiration», chez Julliard. Ivan Jablonka évoque «Laëtitia», publié au Seuil. Régis Jauffret fait quant à lui la promotion de «Cannibales», paru au Seuil. Tom Wolfe accueille François Busnel chez lui, à New York. Nina Bouraoui publie «Beaux Rivages», chez JC Lattès, et Jim Fergus «La Vengeance des mères», au Cherche-Midi.
autres livres classés : ?Voir plus
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