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EAN : 9782221140918
312 pages
Éditeur : Robert Laffont (06/02/2014)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 70 notes)
Résumé :
Qu’est-ce qu’elle peut bien y comprendre, Annette, à ces rendez-vous du mercredi après-midi, à l’abri des regards indiscrets, chaperonnée par des bonnes soeurs au regard doux et préoccupé ? Peut-être que si elle ne s’appelait pas en réalité Hanna, peut-être que si elle n’était pas juive, la fillette pourrait voir ses parents autrement qu’en catimini…
Le peuple de Liège a beau renâcler devant la rigueur des lois antijuives, les rues de la ville, hérissées de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
jeunejane
  16 décembre 2016
Le roman commence dans la cour d'un orphelinat. La petite Annette, en vérité Hanna, reçoit la visite de son père et sa mère , soit-disant ses parrain et marraine.
En vérité, ce sont ses parents juifs qui se cachent des nazis entrés dans la ville de Liège en Belgique.
Ils sont cachés sous de faux noms grâce à un réseau organisé par un avocat et un abbé du grand séminaire.
Une deuxième famille loge dans la banlieue et là, seule la dame est juive.
Situations très compliquées car le moindre faux pas les fait repérer par des espions à la solde des nazis.
Le côté intéressant de l'histoire réside dans la diversité des actions de chaque personnage en fonction de leurs intérêts ou de leurs sentiments, de leur spontanéité aussi comme ce brave Oscar Lambeau qui retourne dans une maison prévenir une mère de famille de l'arrivée des nazis et cela au détriment de sa propre sécurité.
On retrouve les personnes honnêtes qui veulent sauver les Juifs et leurs enfants, les autres qui dénoncent des Juifs en échange d'argent et aussi par jalousie pour leur ancienne réussite sociale, des personnes fortes, d'autres plus faibles...
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la barbarie humaine qui n'a pas fini de frapper.
Armel Job nous livre un roman très profond , très prenant à la manière d'un thriller avec une écriture magnifique.
Un écrit qui amène beaucoup de réflexion.
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Commenter  J’apprécie          524
latina
  16 janvier 2017
1943, les SS intensifient leur quête de la mort, notamment à Liège, ville belge, cité ardente où coulent l'Ourthe, la vive et verte, et la Meuse, la travailleuse.
Comme d'habitude, Armel Job place son action dans sa région natale, aux habitants chaleureux.
Un abbé a transformé son presbytère en maison d'accueil pour les orphelins, et les enfants juifs y sont recueillis également.
Une famille dont le père est notaire cache dans sa maison une jeune femme juive, mère de famille d'une petite fille de 4 ans qui elle-même loge chez les Soeurs de la Miséricorde.
Le mari de cette jeune femme est hébergé, lui, chez une brave épicière retraitée et veuve.
Mais dans ce tableau optimiste, il y a une tache, représentée par Angèle, la fille de l'épicière. Angèle ne porte pas bien son prénom : elle est pourtant guidée par l'amour, mais au détriment de tout ce qui s'oppose à celui-ci. En période d'occupation, c'est dangereux...
Nous retrouvons les protagonistes habituels en temps de guerre: les vils et les dévoués, les collabos, les timidement rebelles, les valeureux et les peureux, les braves et les corrompus. Bref, toute une brochette de personnages émaille ce récit, s'entrecroise, se sauve et se torture.
Mais malgré le fond profondément humain qui constitue la trame de ce récit, je n'ai pas réussi à être touchée. Non, bizarrement, je n'ai vraiment pas ressenti un quelconque attachement, même pour la petite fille pourtant mignonne à croquer. Est-ce en raison du point de vue adopté par le narrateur ? A la fois omniscient, il entaille la conscience de chacun, mais sans la fouiller vraiment, ou bien alors il en profite pour nous donner une petite leçon de morale. J'ai été agacée, vite pressée de voir arriver la fin de l'histoire.
Malgré tout, je garde espoir, et je lirai prochainement le tout dernier livre de cet auteur belge dont j'apprécie énormément la plupart des romans. Mais depuis le précédent, « de regrettables incidents », je ne retrouve pas ce supplément d'âme qui me fait frissonner.
Il écrit bien, ses phrases courtes mais à longue portée résonnent de vérité, son vocabulaire atteint sa cible, et quelquefois j'ai retrouvé l'Armel Job d'avant, mais il me reste un petit goût amer de déception.
J'ai hâte de renouer avec ses romans « psycho-policiers d'atmosphère » (expression toute personnelle), dans la veine de Simenon, là où il excelle.
Le dernier est d'ailleurs bien nommé : « Et je serai toujours avec toi ». En tout cas, moi, j'y serai !
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Ziliz
  06 mai 2020
« Il n'est nullement nécessaire d'avoir un coeur mauvais pour causer de grands maux. » Hannah Arendt (in 'Considérations morales')
Nous sommes à Liège en 1943. La menace nazie grandit pour les Juifs résidant en Belgique, et des 'Justes' s'organisent pour les cacher. Parmi eux, une organisation catholique. Grâce à ce réseau, la petite Annette/Hanna est placée chez des religieuses, Grégoire/Volko exerce clandestinement ses talents de tailleur chez une veuve, et Nicole/Fannia est accueillie dans une famille de notaires... Et ces trois membres d'une même famille peuvent même se réunir furtivement, chaque mercredi.
Dans ce roman brillant, Armel Job prouve de nouveau sa sensibilité et sa finesse. Malgré le contexte décrit, les protagonistes sont pour la plupart nuancés, leurs ambivalences évidentes. Chacun peut être capable du meilleur (par altruisme) et du pire - par bêtise, jalousie, égoïsme, calcul, ou simplement pour sa survie...
La postface passionnante de Frédéric Saenen nous apprend qu'Armel Job est le premier auteur à évoquer cette organisation catholique d'entraide.
Cette forme de résistance généreuse contraste avec l'image des hautes instances catholiques - le Pape Pie XII en tête - complices muettes du génocide juif, montrée par le film 'Amen' de Costa-Gavras (2002).
Les puissants de ce monde (religieux, politiques, industriels...), ne peuvent, par définition, sauver l'humanité en péril :
« Jamais, nulle part, il ne faut se fier au pouvoir, ni maintenant ni plus tard. Le pouvoir corrompt infailliblement. Quiconque, si généreux soit-il, met le pied dans le marécage public ne peut prétendre en ressortir net. Il n'y a que des inconnus ça et là en qui l'on puisse espérer (...). Les obscurs ont toujours sauvé les meubles. Ils sont l'honneur de l'humanité que les honorables ne cessent de déshonorer. »
Voilà qui résonne particulièrement en cette période agitée où l'on ne sait à qui se fier parmi ceux qui prêchent la bonne parole, où l'on peut se découvrir des défauts dont on se croyait exempt, où l'on voit nos nouveaux 'Justes' continuer à oeuvrer pour l'accueil des migrants - merci à ceux de Nantes, en particulier, qui bataillent encore plus depuis mi-mars contre l'absurdité et la passivité des pouvoirs publics. ♥
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majero
  23 mars 2019
Liège 1942, une famille juive dissimulée par le 'réseau', la mère au service du notaire Desnoyer, leur fille Hanna chez les soeurs de la Miséricorde dont elle fait craquer les coeurs, le père caché par madame Guignard, dont la fille Angèle a deviné et qui connait la prime que donne la Gestapo aux délateurs...
Ambiance angoissante à la Stephen King.
Comme dans ses autres livres Armel Job invente avec beaucoup de sensibilité des personnages qui sonnent juste avec leur bon côté et leurs petites mesquineries, comme Oscar, séminariste déchu ou Baumann, indic complexé.
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PrettyYoungCat
  09 avril 2019
Il est aisé, à la lumière contemporaine dans un quotidien (peudo) en paix de réécrire L Histoire et de placer sa morale au-dessus des turpitudes dont ô grand jamais nous n'aurions été capables.
Et pourtant, nous ne pouvons avoir qu'une seule certitude : c'est que nous ne pouvons en avoir sur qui nous aurions été, plongés dans la terreur de l'Histoire. Car, dans certains contextes, les contours du bien et du mal sont mal définis.
Pour pouvoir survivre et manger à peu près à votre faim, travailler en déménageant des biens de Juifs spoliés est-ce acceptable ?
Et dénoncer un Juif non par conviction mais par intérêt personnel l'est-il moins ?
La différence au fond n'est-elle pas que le mal prend une figure anonyme et indistincte dans un cas et un visage humain et singulier dans l'autre ?
L'échelle du mal a des degrés mais n'en reste pas moins le mal...
Dans la gueule de la bête nous plonge dans la Belgique francophone (à Liège plus précisément) de 1943 où l'on côtoie des salauds de collabos, des résistants actifs et passifs, des neutres effrayés, mais aussi des gens qui tentent de profiter d'occasions sans réelle intention de nuire...
L'église elle-même nous est rapportée dans le même camaïeu de gris que le peuple - petites gens ou nantis d'ailleurs, Armel Job balaie là aussi les clichés des classes sociales pro ou anti-nazis - .
Ainsi, l'histoire débute avec Hanna, dite Annette, petite fille juive cachée dans une institution catholique. A l'échelle individuelle, l'Église a donc contribué à protéger des Juifs (... mais était parfois tentée de les convertir... bien ou mal se rejoignent inlassablement vous disais-je !) . Tandis qu'en tant qu'Institution officielle, l'Église catholique est restée criminellement muette face au sort des Juifs.
Riche en réflexions sur le bien et le mal, Dans la gueule de la bête nous plonge aussi dans l'émotion : la peur, la suspicion, la traque, l'héroïsme qui vient parfois malgré soi, autant que la lâcheté peut nous saisir (qui peut dire s'il aurait résisté à ne pas lâcher un nom sous la torture ou sous la menace de celle-ci ?). le livre a aussi l'originalité de traiter deux aspects assez peu utilisés dans les romans historiques sur cette période : la guerre vue du peuple belge et le rôle de l'Église catholique.
Une sorte de Seuls dans Berlin (Hans Fallada) à la sauce belge (sauce lapin même pourrait-on dire... comprenne qui pourra !), très plaisant et très intéressant.
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critiques presse (1)
LaPresse   09 mai 2014
Une puissante réflexion sur la ligne floue entre le bien et le mal.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   04 mai 2020
- en 1943 -
Il peut savourer sa bière, il avait oublié le goût, il peut respirer, fermer les yeux un moment, se retrouver comme autrefois, les jours de fermeture lorsqu'il sortait prendre l'apéritif vers onze heures, chez Pollien en face de la gare du Longdoz.
Il y rencontrait d'autres commerçants qui, comme lui, venaient jouer aux dominos ou s'écouter parler. La grande palabre, c'était les sionistes contre les membres du Bund*, auquel lui-même et Fannia adhéraient. A ses yeux, le sionisme n'était rien d'autre qu'un nationalisme de plus, qui justifiait les nationalismes européens dont les Juifs étaient victimes. Pourquoi vouloir retourner en Palestine après deux mille ans ? Pourquoi s'accrocher à un passé mythique sur une terre qui n'est plus qu'un morceau de désert ? Pourquoi parquer les hommes par nation ? Les peuples se déplacent, l'histoire n'est qu'un vaste brassage des masses qui se transforment et se renouvellent mutuellement.
(p. 235-236)
_____

* Bund : mouvement socialiste juif créé à la fin du XIXe siècle dans l'Empire russe. Militant pour l’émancipation des travailleurs juifs dans le cadre d’un combat plus général pour le socialisme, il prône le droit des Juifs à constituer une nationalité laïque de langue yiddish. Il s’oppose donc tant au sionisme qu’au bolchevisme dont il critique les tendances centralisatrices.
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ZilizZiliz   03 mai 2020
[ Belgique, 1943 ]
- Moi aussi, figure-toi, j'ai été éduqué dans un petit séminaire. Tu penses si je connais la musique ! Le sacerdoce, la voie royale ! J'ai failli tomber dans le bénitier. Parce que je suis un idéaliste. Difficile à croire, hein ?
- Je ne sais pas.
- Finalement, j'ai fait l'université catholique, philologie germanique, notre fonds de commerce dans les cantons de l'Est, vu que l'allemand, on l'apprend au berceau. Je n'ai pas eu ma licence, mais tout de même, mes études m'ont servi, comme tu vois. Je suis sûr qu'on peut se comprendre, tous les deux. Le national-socialisme est une religion, comme le catholicisme. Tu as déjà pensé à ça ?
- Non, jamais.
- Tu te souviens de Saint Paul ? 'Revêtez l'homme nouveau, dépouillez-vous du vieil homme.' Nous avons revêtu l'homme nouveau. Le vieil homme, c'est l'homme anglo-saxon ou l'homme soviétique, abruti chacun à sa façon par le matérialisme. Nous, nous voulons l’homme neuf, pur, fier, conquérant. Vous aussi, les catholiques, vous voulez conquérir la terre, mais vous vous trompez sur les moyens. Ce n’est pas l’amour du prochain qui unira les hommes. Vous vous méprenez sur l’humanité. Les hommes ne s’inclinent pas devant l’amour, mais devant la force seulement. C’est le combat pour la vie. Il faut que les meilleurs exercent cette volonté de puissance, qu’ils établissent l’ordre naturel des forts sur les faibles, qu’ils écrasent sans pitié les parasites.
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ZilizZiliz   05 mai 2020
Pourtant, quand les Allemands avaient pris leurs quartiers chez elle, elle avait bien failli l'avaler, son chapeau, plumes comprises. Ses intraitables édiles tout à coup avaient fait profil bas.
Jamais, nulle part, il ne faut se fier au pouvoir, ni maintenant ni plus tard. Le pouvoir corrompt infailliblement. Quiconque, si généreux soit-il, met le pied dans le marécage public ne peut prétendre en ressortir net.
Il n'y a que des inconnus ça et là en qui l'on puisse espérer, d'humbles épicières à la retraite, des notaires de banlieues, des bistrotiers calembouristes. Les obscurs ont toujours sauvé les meubles. Ils sont l'honneur de l'humanité que les honorables ne cessent de déshonorer.
(p. 237)
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jeunejanejeunejane   16 décembre 2016
A la fin, ils sont revenus du bout de la rue.
Madame Kaiser leur avait échappé.
Ça se voyait qu'ils n'étaient pas heureux. Alors, il doit bien en convenir, Oscar a maudit Madame Kaiser. Il aurait préféré qu'ils mettent la main dessus. C'est lui qui allait écoper pour elle maintenant. Qu'est-ce qui lui avait pris de faire demi-tour pour rentrer dans la maison de cette femme, pour lui crier de s'enfuir?
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ZilizZiliz   02 mai 2020
Dans sa loge, la soeur portière tripote son trousseau de clés. Elle s'ennuie. C'est très mal. Une soeur doit toujours s'occuper. Le diable peut mettre à profit le moindre instant d'oisiveté pour s'insinuer dans le coeur. N'importe quelle novice apprend cela le lendemain de son entrée au couvent.
(p. 17)
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