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Maryvonne Pettorelli (Traducteur) Mario Vargas Llosa (Préfacier, etc.)
ISBN : 2264021403
Éditeur : 10-18 (01/02/2006)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 59 notes)
Résumé :
En Amérique du Sud, João Guimarães Rosa (1908-1967) est, avec Jorge Luis Borges, le géant continental du siècle. Comparé à la fois à La Chanson de Roland, à l'Enéide et au Docteur Faustus de Thomas Mann, Diadorim est un roman d'amour et d'aventures tout ensemble mythique, réaliste et romantique, classique et novateur. Si ce livre est le roman de la littérature brésilienne, il est aussi, en raison d'un travail unique sur la langue, une des grandes œuvres de la littér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
stcyr04
  23 juin 2016
Diadorim est le livre du sertão, region semi-aride du nordeste brésilien, contrée inhospitalière sinon proprement hostile à l'homme disgracié, fourvoyé en cette terre dépeuplée et quasiment inculte, trouvant sa subsistance dans l'élevage de larges troupeaux de bovidés. Le roman prend la forme unique d'une narration hallucinée d'un personnage, Riobaldo, ayant vécu la vie aventureuse des jagunços, hommes de main, guérilleros, au service de riches propriétaires terriens, les fazendeiros, ou à la solde d'hommes de guerre ou de politiciens, voire de francs hors-la-loi. le récit est d'une seule traite, monolithique, titanesque. La langue se fait tour à tour poétique, vulgaire, riche en néologisme; l'expression du narrateur est parfois difficultueuse presque incorrecte. L'action se déroule en marches et contremarches, cavalcades endiablées, coups de main meurtriers, pillages, crimes; parfois le temps est suspendu en de larges descriptions de la nature particulière du terrain traversé, de sa faune et de sa flore; et toujours rôde la présence inquiétante, pour ces croyants valeureux et superstitieux, du malin, du tentateur. Parallèlement à cette arrière fond d'action et d'exaction, se développe l'histoire de l'attraction ambiguë et énigmatique du narrateur pour son compagnon de route, Diadorim. Cet opus est considéré comme le chef-d'oeuvre incontesté des lettres brésiliennes du XXème siècle; le texte riche, foisonnant, parfois aride, souvent obscur, est de ceux qui ne livre pas toutes ses clés et son suc à la première lecture, même des plus attentives. Lu comme un simple roman d'aventure, il risque de lasser par son ampleur et la relative monotonie de l'action. L'emploi audacieux et novateur de la langue, l'interrogation existentielle de la destinée de l'homme, la dimension initiatique, philosophique, allégorique du texte, sont d'autres pistes à étudier pour comprendre et saisir la richesse d'un texte qui fit date. Un livre qui ne se laisse néanmoins et définitivement pas aisément lire.
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Athouni
  28 septembre 2012
Diadorim, ceux qui l'ont lu ne peuvent l'oublier. Quelle claque ! Ami lecteur, quelle claque ! Je l'ai lu dans une version épuisée, la bonne nouvelle c'est qu'il a été réédité en grand format chez Albin Michel et qu'en conséquence, tu n'as aucune excuse. Aucune. Tu vas donc me faire le plaisir d'aller chez ton libraire préféré – qui s'il est bon aura évidemment ce livre en stock – et de l'acheter, fissa ! Grande Sertão : Veredas (son titre original) est souvent considéré, avec cette emphase stupide des quatrièmes de couverture, comme "le roman de la littérature brésilienne". Je laisse à d'autres le soin d'établir de tels classements mais je peux ici affirmer sans mentir que Diadorim est, tout à la fois, un grand roman d'aventures (tendance western), un non moins grand roman d'amour et un roman d'une qualité formelle absolument hallucinante !
Lien : http://lesyeuxrougisdefatigu..
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JAsensio
  05 mai 2011
L'excellente préface de Mario Vargas Llosa aurait pu, une fois pour toutes, en si peu de pages pourtant, enfermer Diadorim dans la catégorie de ces romans qui, bien plus que des chefs-d'oeuvre classiques dont les vertus épurées sont aussi rassurantes que souvent lassantes, nous inquiètent et nous séduisent par leur caractère monstrueux. L'Anneau et le Livre de Robert Browning, Pierre ou les ambiguïtés d'Hermann Melville, Héros et tombes et L'Ange des ténèbres d'Ernesto Sábato, Autodafé d'Elias Canetti, le Tentateur d'Hermann Broch, Les Reconnaissances de William Gaddis, Sous le volcan de Malcolm Lowry ou encore 2666 de Roberto Bolaño, voici quelques exemples de romans monstrueux dont le centre de gravité paraît soustrait à nos regards, hors de portée de toute exégèse qui tenterait d'enserrer dans sa trame, fût-elle du plus fin maillage, l'oeuvre détricotée sans relâche et, comme la ville de Carcassonne pour Lord Dunsany et William Faulkner, toujours à l'horizon, sans qu'il nous soit possible de l'atteindre.
Lien : http://stalker.hautetfort.co..
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oblo
  11 mai 2015
Le Sertao est un territoire d'une rudesse sans nom. Il y fait chaud, et humide, et la terre n'appartient qu'aux grands propriétaires terriens qui, pour se défendre, engagent des mercenaires redoutables, les jagunços, qui se louent au plus offrant. La nature, comme dans toute la littérature sud-américaine, y occupe une place à part entière, devenant un personnage dans lequel les hommes se fondent, qu'ils bénissent autant qu'ils la damnent.
Long monologue, sans chapitres et presque sans dialogues, Diadorim est un effort de lecture, une longue traversée de mots et de sensations qui laisse sur la peau et dans l'âme une étrange torpeur. le lecteur y suit le parcours de Riobaldo, devenu un fazendeiro riche mais vieux. Il narre ses années de jeunesse où il fut un jagunço, où il poursuivit avec les siens le vil Hermogenes, assassin du charismatique Joca Ramiro. Au-delà de cette histoire d'hommes, où l'honneur et la violence sont des fondements essentiels de la vie en communauté, il y a la relation étrange qu'entretient Riobaldo avec Reinaldo, surnommé Diadorim (qui donne son nom au roman en français, tandis qu'en portugais, il s'intitule Grande Veredas : Sertao, célébrant davantage la nature que l'homme), relation qui oscille entre l'amitié et l'amour, mais ce sentiment est refoulé par Riobaldo. Il y a, enfin, une aura spirituelle qui entoure le récit, entretenue par le père Quelémém et le diable en personne, que Riobaldo attend toute une nuit à la croisée des chemins.
Diadorim est d'une puissance peu commune dans la littérature mondiale. Sa densité et sa richesse lexicale en font une épreuve pour le lecteur, qui en ressortira pourtant grandi. Un roman-monstre qui accable autant qu'il réjouit, et qui donne à voir de ce Brésil naissant du début du XXème siècle, à travers les fleuves puissants et des personnages aussi nombreux que différents.
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Snarkk
  30 juillet 2014
Tout simplement fantastique. Je suis resté subjugué par cette merveille ! Que ce soit la puissance incroyable qui se dégage de l'écriture ; la qualité de la narration, de l'intrigue ou des situations évoquées ; les filtres de lectures interchangeables : démonologie, romance, aventure, et autres ; la capacité à nous tenir en haleine.

Tout dans cet ouvrage concourt à en faire une réussite stupéfiante. Je me suis retrouvé littéralement happé par l'univers créé par João Guimarães Rosa et je ne peux que lui rendre un modeste hommage pour cette oeuvre au travers de ce petit éloge. Bravo.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
nadejdanadejda   26 juillet 2013
On se recroquevillait dans le froid, on entendait la rosée, le bois plein de senteurs, le crépitement des étoiles, la présence des grillons et le poids des cavaliers. L'aube pointait, cette entre-lueur de l'aurore, quand le ciel blanchit. Et à mesure que l'air devenait gris, les contours des cavaliers, ce flou, se précisaient. Et pardonnez-moi de m'attarder à tant de détails. Mais aujourd'hui encore j'ai cette heure dans les yeux, tout cela si bon ; et, ce que c'est, c'est de la nostalgie. p 112-113 (A Michel 2006)
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nadejdanadejda   26 juillet 2013
La mémoire de la vie des gens se conserve dans des parcelles séparées, chacune d'elles avec son émotion et sa coloration, je crois même qu'elles ne se mélangent pas. Raconter à la suite, en enfilade, ce n'est vraiment que pour les choses de peu d'importance. De chaque vécu que j'ai réellement passé, de joie forte ou de peine, je vois aujourd'hui que j'étais chaque fois comme s'il s'agissait de personnes différentes. Se succédant incontrôlées. Tel je pense, tel je raconte. Vous avez bien de la bonté de m'écouter. Il y a des heures anciennes qui sont restées beaucoup plus proches de nous que d'autres, de date récente. Vous le savez bien. p 97 (édition Albin Michel 2006)
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AthouniAthouni   10 juin 2012
Ce flot sauvage, traitre – le fleuve est plein de fracas, de molles façons, de froidure, et de murmures de désolation. Je m’agrippais des doigts au rebord de la barque. Je ne pensais pas au Caboclo-d’agua, l’esprit des eaux qui chavirent les embarcations, je ne pensais pas au danger que sont, on le dit, les Onças-d’água, ces loutres qui sortent de l’eau, en bandes, et agressent les gens : elles encerclent la barque et font exprès de la chavirer. Je ne pensais à rien. J’avais la peur aveugle.
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AthouniAthouni   08 juin 2012
Tenez-vous pour averti : ce peuple ici prend trop de plaisir à raconter des bobards, d'un pet de baudet, il font un typhon. Par goût de l'imbroglio. Ils inventent pour inventer, des merveilles qui leur rapportent gloire, qu'ils finissent ensuite eux-mêmes par craindre ou croire. Il semble que tout le monde est besoin de ça. Je crois, oui.
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CorneliusCornelius   21 juillet 2011
De même, le soir, l'oiseau-mouche se mettait à voler en tous sens, plus haut plus bas, toute petite bestiole aux ailes transparentes dans son vol d'arabesques ; oiseau futé.
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Videos de João Guimarães Rosa (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de João  Guimarães Rosa
Un film généreux de Sylvain Salamovitz, qui donne beaucoup à voir sur le travail d'Olivier Besson autour du petit âne de João Guimarães Rosa. Où l'on voit qu'Olivier est un grand lecteur et quelqu'un qui nous invite à regarder autrement. Ce film est une sorte de making of du livre "Sept-de-Carreau, l'âne du sertão" de João Guimarães Rosa, traduit par Michel Riaudel et illustré par les gravures d'Olivier Besson. Une édition Chandeigne 2016.
Dans la catégorie : Littérature portugaiseVoir plus
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