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EAN : 9782080352521
124 pages
Flammarion (04/06/1997)
3.77/5   22 notes
Résumé :
A la fois évident et impalpable, substantiel et fuyant, le temps s'impose dans toutes disciplines sans être l'apanage d'aucune.
Etienne Klein, physicien, nous entraîne du temps de la physique à la philosophie du temps.
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Étienne Klein est à la fois physicien , directeur de recherche au CEA, et docteur en philosophie des sciences. Il anime sur France Culture l'émission Sciences en questions. Il a consacré plusieurs ouvrages à cette notion mystérieuse et insaisissable qu'est le temps. Ce petit livre en fait partie.
C'est un mélange entre la vulgarisation scientifique et la réflexion philosophique.
Dans deux parties distinctes, très claires quoique pas toujours simples en ce qui concerne la première, et pimentées d'humour, il expose tout d'abord la notion du temps en physique et comment la façon dont le temps est décrit a évolué avec le progrès de nos connaissances.. Il explique que le temps était considéré comme immuable et universel, cette notion ayant été confortée par Newton. Puis, cette notion a évolué, d'abord par la découverte des lois de la thermodynamique, et la non-réversibilité des processus qu'elles décrivent, impliquant qu'il y'a une flèche du temps et non un temps cyclique (pas d'éternel retour cher à Nietzsche! ), puis surtout au 20ème siècle grâce à la théorie de la relativité, puis aux progrès de la physique quantique. Avec la théorie de la relativité restreinte, Einstein a montré que l'espace et le temps sont deux éléments liés, et que l'écoulement du temps dépend intimement du déplacement des objets dans l'espace, de leur vitesse de déplacement et donc qu'il y a autant de temps différents que d'observateurs différents. Et puis avec la théorie de la relativité générale que la force de gravitation modifie la courbure de l'espace-temps. Et puis, avec la physique quantique, d'autres étranges découvertes ont été faites concernant le temps, entre autres que des particules que l'on dit intriquées peuvent interagir à une distance supérieure à une propagation d'information à la vitesse de la lumière.
Toutes ces découvertes sur le temps sont clairement exposées, ce n'est pas forcément simple pour un lecteur non familier de ces notions, mais constitue un excellent rappel pour celles et ceux qui se sont déjà penchés (sans tomber!) sur cette question.

La seconde partie, plus courte, est moins intéressante et surtout je n'ai pas perçu le lien avec la première. C'est la notion du temps abordée par les philosophes. La difficulté de la perception et de la définition du temps sont ainsi analysées, en faisant référence aux philosophes et théologiens de Saint Augustin à Bergson. Les notions de durée, d'instant de passe et futur, de notre sentiment de finitude devant la mort, tout cela est évoqué de façon assez succincte. L'auteur y ajoute aussi la question de la responsabilité de l'espèce humaine sur son devenir, y mêlant les préoccupations écologiques Une deuxième partie que j'ai perçue comme un peu fourre-tout .

Il y a très peu de lien entre ces deux parties, ce qui se comprend tout à fait. Mais le lecteur se dit que l'ouvrage aurait pu se limiter à la notion de temps en physique, qui est quand même la partie la plus intéressante de ce petit ouvrage.
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Il y a le paradoxe, et même le prodige, de la réalité même du temps. Puisque le passé n'est plus, que l'avenir n'est pas encore, puisque le présent lui-même a déjà fini d'être dès qu'il est sur le point de commencer, comment pourrait-on concevoir un être du temps ? Comment pourrait-il y avoir une existence du temps si le temps n'est ainsi composé que d'inexistences ? Convenons qu'il serait bien hasardeux de fonder la réalité du temps sur une réalité aussi peu réelle que celle de l'instant, qu'on se représente toujours comme une sorte d'atome temporel, de point-limite insécable suspendu entre deux néants : l'instant n'est qu'un frisson, et un frisson n'a guère de poids ontologique. Alors, si « l'instant n'a pas de temps », comme le notait Léonard de Vinci dans ses Fragments, comment le temps pourrait-il être fait d'instants ? Par quelle alchimie ces admirables tremblements de temps pourraient-ils s'épaissir en durée ? À peine né, l'instant neuf doit passer à l'ancien, comme soldé avant l'heure, faisant du présent l'urgence d'un futur frémissant déjà dans les transes de l'imminence.
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De façon très incisive, c'est bien elle, la question de la responsabilité, qui échoit à notre génération, sans que nous entrevoyions d'échappatoire. On peut a priori s'en étonner, car l'inflation des droits nous donne plutôt l'illusion que nous serons bientôt quittes du catalogue des devoirs ; les avancées de la technologie forcent les limites du possible, promettant toujours plus d'insouciance, de sécurité, de liberté. C'est pourtant dans ce contexte apparemment libérateur que la question de nos responsabilités resurgit, avec sa cohorte de doutes et d'angoisses, au moment même où on commençait de la croire enfuie. Car, comme l'a écrit le philosophe Hans Jonas dans Le Principe responsabilité, « la technique moderne a introduit des actions d'un ordre de grandeur tellement nouveau, avec des objets tellement inédits, que le cadre de l'éthique antérieure ne peut plus les contenir ». Auparavant, l'éthique parlait du rapport de l'homme aux autres hommes, elle se souciait de justice, de loyauté, de devoir, de commandements. Or, se demande Hans Jonas, n'avons-nous pas dorénavant une relation de responsabilité aussi à l'égard de la nature, précisément parce qu'elle se trouve maintenant en notre pouvoir ? Un tel lien est assurément nouveau, non seulement du point de vue de l'histoire, mais aussi du point de vue de l'éthique. C'est, en somme, de l'inédit en philosophie.
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Le temps c'est ce qui passe quand rien ne se passe, et c'est aussi le moyen le plus commode qu'a trouvé la nature pour que tout ne se passe pas d'un seul coup.
C'est une façon astucieuse de traduire le fait que s'il n'y avait pas de temps, il n'y aurait pas de durée : tout aurait lieu d'un seul coup, puis plouf, plus rien. Si l'on prend cette hypothèse au sérieux, le temps apparaît comme ce qui maintient les choses qui durent dans la succession des instants présents. Il permet qu'elles soient toujours là.
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On peut bien sûr tenter de définir le temps, dire qu'il est ce qui passe quand rien ne se passe ; qu'il est ce qui fait que tout se fait ou se défait ; qu'il est l'ordre des choses qui se succèdent ; qu'il est le devenir en train de devenir ; ou, plus plaisamment, qu'il est le moyen le plus commode qu'a trouvé la nature pour que tout ne se passe pas d'un seul coup. Mais aucune de ces expressions en forme de pirouette ne rend compte de la nature et de l'intégrité du temps.
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... . Je reconnais qu'une telle perspective réclame une certaine ouverture d'esprit, mais je te rassure: une ouverture d'esprit n'a rien à voir avec une fracture du crâne.
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Vidéo de Étienne Klein
Ancien élève de l'École centrale de Paris et docteur en philosophie des sciences, Etienne Klein dirige au CEA le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière. Il est professeur à l'ECP et anime l'émission La conversation scientifique sur France Culture. Dès 1994, il publie Conversations avec le Sphinx. Les paradoxes en physique, son premier ouvrage. de nombreuses publications suivent dont Il était sept fois la révolution. Albert Einstein et les autres… en 2005, le facteur temps ne sonne jamais deux fois en 2007, Discours sur l'origine de l'Univers en 2010, Anagrammes renversantes ou le sens caché du monde en 2011, D'où viennent les idées (scientifiques) ? et En cherchant Majorana. le physicien absolu, en 2013, le monde selon Étienne Klein en 2014... Il a participé à Objectif Mont-Blanc, sur les traces d'un géant, émission produite par Arte en 2015. Alpiniste et adepte des sports d'endurance, il prend le départ, depuis plusieurs années, des courses de l'Ultra-Trail du Mont-Blanc. Etienne Klein est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 2010 puis officier dans l'ordre national du Mérite et commandeur des Palmes académiques en 2014.
Conférence : Qu'est-ce que le hasard ? Jeudi 1 juillet 2021, 10h - 10h45 — Amphi Abbé-Grégoire
D'où provient telle chose ? Quelle est la cause de ceci ou de cela ? Comment pareil événement a-t-il pu se produire ? Comment expliquer tel phénomène étrange ? Chaque fois qu'on tente de répondre à ce genre de questions, on voit se mettre en place un chemin vers un puits sans fonds, car on ne peut expliquer un événement qu'en lui ajoutant sa propre antériorité, et ainsi de suite : quelque point de départ qu'on choisisse, il apparait chaque fois comme n'étant pas une authentique cause puisqu'il demande à être lui-même fondé, c'est-à-dire présenté comme étant lui-même l'effet d'une autre cause, et ainsi de suite. C'est ainsi que la notion de causalité vient poser d'épineux problèmes philosophiques qui constituent le contrepoint de ceux soulevés par l'idée de hasard : hasard et causalité sont en effet corrélés au sens où le premier se déploie dans l'ombre de l'autre. Invoquer le hasard, c'est presque toujours admettre qu'il y a une difficulté à identifier une explication causale. le hasard correspond en quelque sorte au purgatoire de la causalité. Mais ce purgatoire existe-t-il vraiment ?
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