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François Ricard (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
EAN : 9782070411764
219 pages
Éditeur : Gallimard (22/02/2000)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 390 notes)
Résumé :
Car tel est bien l'amour de Jean-Marc et Chantal : un espace aménagé en marge du monde, à l'écart de la vie, contre la vie, en fait, et donc " une hérésie, une transgression des lois non écrites de la communauté humaine ".
François Ricard

Autre présentation:
Confondre l'apparence physique de l'aimée avec celle d'une autre. Combien de fois il a déjà vécu cela ! Toujours avec le même étonnement : la différence entre elle et les autres est-... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
SebastienFritsch
  23 avril 2012
Kundera utilise une banale histoire d'amour et ses banals doutes pour nous interroger sur l'identité.
L'identité de celui que l'on aime.
L'aimerait-on de la même façon s'il était différent ? Aimerait-on autant quelqu'un qui lui ressemblerait en partie ? L'aimera-t-on encore quand le temps l'aura changé ? C'est ce type de questions qui harcèlent Jean-Marc, le personnage masculin principal, à propos de Chantal. Mais Chantal fait naître aussi des interrogations : aime-t-on l'autre pour ce qu'il est ou pour ce qu'on imagine à son sujet ?
Alors, quelle est notre identité réelle ? Sommes-nous ce que nous voulons être ? Sommes-nous ce que nous prétendons être ? Jean-Marc se dit marginal et anticonformiste. Il vit au crochet de sa femme, dans le confort. Chantal, pour sa part, a l'impression d'avoir deux visages : dans le privé, elle est sympathique, ouverte, anticonformiste également ; au bureau, elle se plie au protocole de sa boîte de pub, où l'efficacité froide prime sur l'humain, où l'on sourit à tous, même si on souhaiterait en tuer la moitié.
Ce roman est attachant surtout pour ces questionnements dans lesquels il nous entraîne sans lourdeur. Ce ne sont pas de grandes envolées philosophiques, mais des dialogues, des situations qui posent les sujets et apportent des réponses, propres à chaque personnage. Aucune de ces réponses n'est définitive, assenée comme LA grande vérité. Elles ressemblent plus à des invitations à chercher nos propres réponses.
Le style, quant à lui, n'est pas désagréable à lire, mais on sent qu'il n'est qu'un outil pour véhiculer des idées, faire avancer l'intrigue (car il y en a une, et on veut savoir jusqu'où iront les deux personnages dans leur quête de leur véritable identité et dans leur rejet des autres identités qu'on leur prête ou qu'ils se sont inventés). Il n'y a donc pas de chaleur ni de poésie dans l'écriture, mais une efficacité à conduire son sujet et à nous entraîner derrière lui qui, finalement, nous fait passer un bon moment. Mais un moment troublant. Comme sont troublants les doutes que l'on peut concevoir sur soi-même.
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najnaje
  22 octobre 2013
Une fois encore j'ai été dérouté par l'écriture de Kundera. Un babéliote m'a dit et c'est tout à fait vrai, que Kundera est un auteur à tiroirs et qu'il y avait toujours quelque chose à découvrir dans ses livres, qu'il ne raconte pas à proprement parler une histoire et que pour lui c'était une découverte à chaque page. Il ajoutait que ce n'était pas un auteur qu'il recommandais. Je le rejoins sur tous ces points c'est vrai que Kundera à une écriture atypique qui déroute mais qu'il vaut la peine d'être lu.
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lecassin
  01 avril 2018
Un homme, une femme… Chabadabada, chabadabada… Ah non. Ça c'est Lelouch. Ici, c'est Kundera
Néanmoins, il s'agit bien ici d'un homme et d'une femme. En l'occurrence, Jean-Marc et Chantal, mari et femme pour le meilleur et pour le pire. Et le pire pour Chantal se résume dans une simple déclaration : « Les hommes ne se retournent plus sur moi… ». Aurait-elle autant changé ?
Peut-on aimer l'autre tel qu'il est (devenu) ou tel qu'il était, ou qu'on pense qu'il était, ou tel qu'il se montrait ? Et si à la longue, on finissait par ne pas le (la) reconnaitre, notamment sur une plage où on est sensé se retrouver…
« l'identité »… « l'identité de l'individu est, en psychologie sociale, la reconnaissance de ce qu'il est, par lui-même ou par les autres. » (Wikipédia). Et si l'observateur, du fait unique de son observation, venait modifier « l'identité » de l'observé ; de l'observée, on l'occurrence ? Cette expérience, Jean-Marc va la vivre en vraie grandeur… Jusqu'au cauchemar…
Après avoir tant apprécié, il y a bien longtemps, « L'insoutenable légèreté de l'être », je suis peut-être un peu déçu par ce petit « roman », et rempli de questionnements… Mais comment pourrait-il en être autrement quand un livre de 165 pages ne contient pas moins de 230 points d'interrogation ?
Malgré tout, un Kundera reste un Kundera et n'est jamais « léger », tant par la qualité de la prose (« l'identité » a été rédigé en français) que par le questionnement métaphysique.
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dancingbrave
  12 juillet 2019
Une histoire intellectuellement complexe. Les personnages se posent des questions, beaucoup de questions. Ce monde de Kundera que je découvre pour la première fois me semble chargé, pesant, étranger à toute spontanéité mais pourtant authentique et fondé. Une illustration de ces trois visages qui sont les nôtres : celui que nous faisons voir, celui que nous pensons avoir et celui qui est vraiment le nôtre ; tout cela pétrit des petits secrets qui nous habitent et que nous ne laisserons jamais sortir de la chape dont nous les couvrons, bref notre identité...
Vient se greffer par-dessus une histoire abracadabrante qui n'est finalement, ou peut-être, qu'un cauchemar dont on ne sait pas vraiment à quel moment il commence dans le fil de ce roman.
Ce jour là, j'ai acheté deux romans de Kundera. Je sens que je vais avoir du mal à me décider à lire le second…
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TataSka
  25 février 2013
Quelle belle surprise, que ce livre!
Pioché un peu au hasard dans ma bibliothèque, un jour où je n'avais plus réellement de lecture en vue et où je me sentais l'âme à me cultiver.
J'ai donc choisi Kundera. L'identité. Un thème que j'aime, que je pratique, que j'enseigne.
Tout d'abord: ce que le français est beau, manié par un auteur d'origine étrangère. On oublie, parfois, sa beauté simple.
Jean-Marc et Chantal, mari et femme, doivent se retrouver en bord de mer. Mais ils se ratent. Il devait la rejoindre mais ne la retrouve pas, parmi les passants. Pire, il croit la reconnaître, court vers elle, s'imagine un instant la perdre et, au comble d'une angoisse fugitive, se rend compte, à quelques mètres d'elle, que ce n'est pas elle. Hésitation. Que se passerait-il si il ne La reconnaissait plus? Si Elle devenait une autre, au propre comme au figuré?
Plus tard, en voulant la rassurer sur le fait qu'elle plaît encore aux hommes, il va finir malgré lui par la tester. Tel sera pris qui croyait prendre.
A force de s'aimer et de penser se connaître, ils vont aller de malentendus en quiproquos. Et le surréalisme va se mêler au réel.

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Citations et extraits (94) Voir plus Ajouter une citation
namelessnameless   24 novembre 2015
Dans ce monde où chacun de nos pas est contrôlé et enregistré, où dans les grands magasins des caméras nous surveillent, où les gens se frôlent sans cesse les uns les autres, où l'homme ne peut même pas faire l'amour sans être interrogé le lendemain par des chercheurs et des sondeurs ("où faites-vous l'amour ?", "combien de fois par semaine ?", "avec ou sans préservatif ?"), comment se peut-il que quelqu'un échappe à la surveillance et disparaisse sans laisser de traces ?

Page 11 - Gallimard
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HardivillerHardiviller   15 juin 2015
Je dirais que la quantité d'ennui , si l'ennui est mesurable , est aujourd'hui beaucoup plus élevé qu'autrefois . Parce que les métiers de jadis ,au moins pour une grande part , n'étaient pas pensables sans un attachement passionnel :les paysans amoureux de leurs terres ; les cordonniers qui connaissaient par cœur les pieds de tous les villageois ; les forestiers ; les jardiniers ; je suppose que même les soldats tuaient alors avec passion . le sens de la vie n'était pas une question , il était avec eux , tout naturellement ,dans leurs ateliers , dans leurs champs . Chaque métier avait créé sa propre mentalité sa propre façon d'être . Un médecin pensait autrement qu'un paysan , un militaire avait un autre comportement qu'un instituteur . Aujourd'hui , nous sommes tous pareils , tous unis par la commune indifférence envers notre travail . Cette indifférence est devenue passion , la seule grande passion collective de notre temps .
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Xav93140Xav93140   17 janvier 2019
Ce n'est pas un parfum de rose, immatériel, poétique, qui passe à travers les hommes, mais les salives, matérielles et prosaïques, qui, avec l'armée des microbes, passent de la bouche de la maîtresse à celle de son amant, de l'épouse à son bébé, du bébé à sa tante; de la tante, serveuse dans un restaurant, à son client dans la soupe duquel elle a craché, du client à son épouse, de l'épouse à son amant et de là à d'autres et d'autres bouches si bien que chacun de nous est immergé dans une mer de salive qui se mélangent et font de nous une seule communauté de salives, une seule humanité humide et unie.
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Xav93140Xav93140   21 janvier 2019
L'invention d'une locomotive contient en germe le plan d'un avion qui, inéluctablement, mène vers une fusée cosmique. Cette logique est contenue dans les choses elles-mêmes, autrement dit, elle fait partie du projet divin. Vous pouvez échanger complètement l'humanité pour une autre, n'empêche que l'évolution qui mène du bicycle vers la fusée demeurera intacte. De cette évolution l'homme n'est pas l'auteur, seulement un exécutant. Et même un pauvre exécutant puisqu'il ne connaît pas le sens de ce qu'il exécute. Ce sens, il ne nous appartient pas, il n'appartient qu'à Dieu et nous ne sommes ici que pour lui obéir afin qu'il fasse ce qu'il lui plaît.
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steph89steph89   22 mars 2015
Il aurait beau lui dire qu'il l'aime et la trouve belle, son regard amoureux ne pourrait la consoler. Parce que le regard de l'amour est le regard de l'esseulement. Jean-Marc pensait à la solitude de deux vieux êtres devenus invisibles aux autres: triste solitude qui préfigure la mort. Non, ce dont elle a besoin, ce n'est pas d'un regard d'amour, mais de l'inondation des regards inconnus, grossiers, concupiscents et qui se posent sur elle sans sympathie, sans choix, sans tendresse ni politesse, fatalement, inévitablement. Ces regards la maintiennent dans la société des humains. Le regard de l'amour l'en arrache.
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Videos de Milan Kundera (27) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Milan Kundera
Ariane Chemin est Grand reporter au Monde. La journaliste relève le défi de raconter la vie d'un homme qui n'a absolument aucune envie qu'on le fasse. Milan Kundera refuse depuis près de 40 ans toute interview. Cet écrivain contemporain considéré comme un maître par ses pères, est conté dans un livre à la fois de récits et d'enquêtes où il faut déjouer les pièges des services secrets Tchèques ainsi que ceux d'un écrivain qui tient à son anonymat. "À la recherche de Milan Kundera" est publié aux éditons du Sous-Sol.
Retrouvez l'intégralité de l'interview ci-dessous : https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/
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