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EAN : 9782081308237
158 pages
Flammarion (19/03/2014)
4.12/5   17 notes
Résumé :
Un jeune Chinois propulsé au cœur des conflits de la Première Guerre mondiale.

En 1917, Li Jian fait partie des milliers de travailleurs Chinois recrutés par la France durant la Première Guerre mondiale.

Très vite, une forte amitié le lie à deux soldats français, Blanchard et Drouault, grâce à qui il parvient à supporter le froid, la peur et la souffrance.

Pour échapper à la violence de la guerre, Li Jian dessin... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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En toute première instance, je remercie Babelio, Masse Critique et surtout le département « Jeunesse » des éditions Flammarion.

Avant que je n'oublie, comme l' a fait très justement remarquer, je crois ,... Canel… Avant de commencer ce récit, il est vraiment nécessaire, important de lire , en fin de volume, le texte très bref… sur ces 140 000 chinois, civils et volontaires, qui furent envoyés durant la Première Guerre mondiale en France, comme main-d'oeuvre, de 1916 à 1918…

J'ai appris très tardivement ce fait de la Grande guerre, par hasard… en faisant une escapade dans le pas-de Calais. Intriguée par le « pourquoi » d'un cimetière chinois (à Noyelles), j'ai été le visiter. Bouleversée par cette population exilée aussi loin de son pays, j'avais fait quelques recherches.


Déjà plusieurs jours que la dernière page de ce roman-jeunesse s'est tournée. J'avais besoin comme, lorsqu'on vient de voir un film épatant… de « décanter », d'assimiler, de réfléchir…D'analyser… mieux ; du moins, je le souhaite…

ATOS a fait remarquer combien…c'est une excellente chose, que de tels récits soient rédigés… pour la jeunesse. Ceci étant dit, ce roman en apprendra sûrement aussi aux plus grands…

Je ne vais pas raconter l'histoire… ou du moins le minimum : en pleine « boucherie » et « barbarie »… des soldats français et chinois vont sympathiser, s'entraider, se sauver mutuellement. Des personnages très attachants, dont Li Jian, qui déjà dans son pays, n'a pas eu une vie bien heureuse, en dehors de sa rencontre avec un lettré , qui lui offrira le moyen de dépasser les peines, les épreuves… par « le pinceau » :
« Li Jian se tourna sur le côté, remonta sa couverture et il se souvint de sa vie d'avant, là-bas au Shandong où le vieux lettré, Zhang Tse, l'avait initié aux secrets du monde, d'un seul trait de pinceau, alors qu'il n'était qu'un petit garçon en haillons « (p.14).

Dans ce conflit désespérant, qui dure… des soldats de tous les milieux vont se rencontrer, plus ces pauvres « coolies » qui assument les tâches les plus pénibles… avec une population civile, très méfiante envers « ces étrangers » , aux « yeux bridés »…:

A cause de l'horreur du champ de bataille, le petit groupe de soldats décrits, va se rapprocher… pour « supporter l'insupportable ». Il y a de vraies lumières de bonté, d'amitié, de bienveillance, entre Li Jian, qui à défaut de se faire comprendre, va dessiner pour chacun, en signe d'affection ou d'attention. Li Jian a aussi le don de parler et de soigner les chevaux, animaux centraux du récit.
Animal central pour la guerre, mais aussi, spirituellement artistiquement, pour Li Jiang. Ces chevaux tant de fois peints et dessinés par son vieux maître.

Cet élément de « l'Animal dans la guerre » est rarement aussi évoqué , et en détails : Les animaux au service de l'homme dans « ses conflits»… Là il est longuement question des « chevaux » que Li jian, transformé en « vétérinaire », »répare », soulage, soigne… pour qu'ils soient renvoyés aussitôt sur le champ de bataille !

…Pour conjurer la folie du désespoir, il y a la beauté des dessins de Li Jian, la poésie, l'amour des bêtes, l'amitié, l'entraide…l'affection d'une petite fille…
C'est un roman bouleversant, où j'aurais aimé être plus longtemps en « compagnie » de chaque personnage, après la guerre… pour savoir plus en détails… leur devenir… ou leur douleur de vivre, sûrement impossible à chasser ??
Ce futur est évoqué, mais fort brièvement.
Je finis cette note de lecture qui est complètement dans l'émotion… dans le ressenti, et non pas dans la transcription des faits… « Je m'en excuse »!!

Le petit groupe de camarades –soldats va être séparé… et Li Jiang va être envoyé avec les siens, auprès des troupes britanniques …
« Drouault repartait quand Li Jian le rattrapa par la manche. Il lui sourit, gêné. Comment cet homme qui avait tant de compassion pour les autres se sortirait-il de cette guerre ? Ou plutôt…., pensa Li Jian, qu'est-ce qui le ferait tenir ? Leurs regards se croisèrent et, tout à coup, ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre, comme deux camarades, et Drouault lui donna un poème.
Ils se séparèrent ainsi ; l'un avec le dessin d'une pie, ignorant qu'elle était le symbole du bonheur, l'autre avec deux strophes de Baudelaire qu'il ne savait pas lire » (p.71)
C'est juste « Magnifique »…

Quelques mots sur l'auteur que je découvrais avec ce premier texte. Philosophe de formation. Elle écrit à la fois pour la jeunesse et les adultes, avec des thèmes de prédilection : la mythologie, les épopées, les voyages ou les chevaux, une de ses passions…

Une bibliographie complète ce « roman », et je vais me pencher sur un ouvrage cité, qui relate en détails l'histoire de ces travailleurs chinois en France pendant cette première guerre mondiale…

Je peux vous le dire maintenant… j'ai eu beaucoup de difficultés à rédiger cette note de lecture… car ce petit roman, est en réalité, très, très dense à tous points de vue… et aussi « émotionnellement »…
Un très beau texte , intelligent qui parle de moult sujets essentiels…dans un cadre effroyable… où des soldats déchirés, loin de chez eux, subissent un conflit qu'ils n'ont pas choisi… sans parler de ces exilés chinois, loin de leur patrie et de leurs manières de vivre, d'être… Exil et souffrance démultipliés.

Il nous faudrait de toute urgence… lorsque nous pouvons avoir la « faiblesse » ou la « bêtise »… de déraper sur l'idée d' »Etranger »… de songer à ces personnes, venues travailler sur le sol français, mortes loin des leurs, dont la dernière demeure est sur la terre de France… pour laquelle ils ont souffert…








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C'est bien de mettre des livres de cette qualité entre les mains des enfants.
Chers professeurs de français ou de lettres et chers professeurs d'histoire, chers Lettrés de nos collèges, faites lire ce livre à nos enfants.
Pas toujours faciles, les mots, les images de la guerre.
Comment raconter ça aux enfants ?
Mais nous devons leur dire.
«  Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir » nous a enseigné Aimé Césaire. alors il faudra bien le leur dire .
Leur dire avec ces mots là. Avec cette vérité là, celle que Martine Laffon nous a confié avec une très belle humanité.
Il faut dire aux enfants la vérité.
Leur dire qu'un matricule n'est pas un nom qui doit être donné à un homme.
Que la force d'un peuple réside dans sa capacité de survie, et non dans le sens d'un sacrifice que certains pourraient vouloir lui vendre .
C'est son humanité, sa fraternité, sa solidarité, son amour, son amitié qui peuvent lui permettre de revivre après l'apocalypse.
Le nom de l'homme ne peut s'inscrire sur aucun contrat, aucun pacte, aucun arrangement politico financier.
Dans la lettre et dans le pinceau, dans la poésie, dans le chant d'un oiseau, dans le pas d'un cheval, dans l'oeil d''un caillou, dans la mémoire, voilà où doit battre le coeur d'un homme.
Les coeurs ne survivent pas sur les champs de bataille.
Oui il y a une fin à la guerre. Mais la fin n'est pas heureuse.
Ça ne finit pas bien une guerre. Jamais.
Ça se finit c'est tout.
Un hommage – un témoignage – une promesse.
Alors, merci à l'auteure de nous rappeler qu'ils furent 140 000 travailleurs chinois « embauchés » pour l'effort de guerre sur le territoire français, 100 000 le furent par les anglais, 40 000 par les français. Et que beaucoup, trop nombreux, ne rentrèrent jamais.
Merci à l'auteure d'avoir joint le texte de la chanson de Craonne.
Merci d'avoir fait respirer les personnages de ce livre avec le souffle de Baudelaire, de Li Po, de Wang Wei.
Merci d'avoir inscrit le mot salauds sur les uniformes de ceux qui avaient déclenché la guerre.
Merci d'avoir parlé des fusillés pour l'exemple.
Merci d'avoir parlé du désespoir de ceux qui sont rentrés chez eux de corps mais jamais avec leur esprit.
Merci d'avoir évoqué les appels faits aux femmes sur des affiches qui annoncées déjà l'esprit de Vichy.
Merci d'avoir dit les mutilés, les gueules cassées, les traumatisés, les alcooliques.
Merci d'avoir rappelé que dans les manuels scolaires de l'époque le chinois était décrit aux enfants comme « bon travailleur mais à l'esprit fourbe ».
Merci nous avoir apporté le narcisse d'or, le cheval de Jade, la pie, les cerfs volants, et la montagne dans sa robe de nuages.

Les mots sont justes dans ce livre.

« Souviens-toi de moi » est un très beau livre.

Promesse tenue, Li Jian : Anne et Camille ne t'ont pas oublié. Tous leurs enfants grâce à ce livre vont pouvoir te rencontrer.

Il y a 17 cimetières en France où des t »ravailleurs chinois » de la guerre 14-18 sont enterrés.
Dans la somme, 850 travailleurs chinois reposent au cimetière de Noyelles. Tous ces cimetières sont entretenus par les britanniques.
Au total environ 27 000 travailleurs chinois sous contrats britanniques et 1500 sous contrats français ont péri sur le territoire français durant la guerre de 1914-1918.

Une pensée également pour les 956 corps qui reposent au cimetière de Natus, à la Teste du Buch, près d'Arcachon. Victimes de leur séjour « d'hivernage »  au camp de Courneau.
69 soldats originaires du Bénin, 94 du Burkina Faso, 211 de Côte d'Ivoire, 3 du Cameroun,
4 de France, 118 de Guinée, 5 de Madagascar, 306 du Mali,11 de Mauritanie, 24 du Niger,
1 du Nigeria, 11 de Russie, 78 du Sénégal, et 21 soldats qui ne furent jamais identifiés.



«  Quelle nuit cette nuit déjà lointain souvenir
Désormais sans lien nous avancerons
Sur toutes les voies ouvertes au vent
A milieu de tant d'astres éclatés
Pour retrouver un sol où fondre et refleurir... »

François Cheng , Vraie lumière née de vraie nuit.


Opération Babelio/ Editions Flammarion Jeunesse -  « Masse critique » avril 2014.

Astrid Shriqui Garain
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Histoire d'une belle amitié qui se créé entre des soldats français durant la première guerre mondiale et des travailleurs chinois recrutés par la France.
Propulsés dans cette guerre cruelle qui dévore les hommes, ils vont développer des liens entre eux, alors qu'ils ne parlent pas la même langue.
LI Jian, le seul lettré des Chinois, va distribuer les dessins qu'il fait au pinceau, dessins superbement réalistes. C'est un sage qui distribue des petits morceaux de vie, d'espoir et de paix.
Il se créé un véritable échange; un dessin pour un poème de Baudelaire, un dessin pour un petit galet blanc. Ils vont s'accrocher à ses symboles de vie pour résister au désespoir, aux insoutenables douleurs des hommes et des chevaux.
Ces hommes auront du mal à se reconstruire, s'ils ne succombent pas, ils deviendront "des fantômes errants sur les champs de bataille."
Ce petit livre dénonce la barbarie de cette guerre, le sacrifice inhumain de ces hommes qui ne demandaient qu'à vivre leur vie . On ne leur demande pas leur avis, il faut obéir aux ordres des supérieurs aussi absurdes qu'ils soient en entrainant les chevaux avec eux, épouvantés par le bruit des détonations, les odeurs , les douleurs atroces.
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Court roman dans le thème de l'année : la première guerre mondiale ! Sauf que cette fois ,on y aborde un sujet assez inédit ,celui des jeunes chinois volontaires qui sont venus travailler en France durant cette période . Ils devaient normalement être à plus de 16km des tranchées ,donc normalement hors du danger mais ce ne fut pas souvent le cas .
On suit le destin d'un jeune chinois de 18 ans ,Li Jian ,dans un camp ,gardé par des soldats français. Les conditions n'y sont pas idéales et nombreux sont ceux qui rêvent à un retour chez eux...
Li Jian ,amoureux des chevaux , ami avec deux soldats français ,va devoir faire face aux horreurs de la guerre et survivre car il n'est à l'abri de rien....
C'est un roman destiné aux adolescents ,facile à lire et vraiment intéressant par le sujet . Si l'histoire m'a plu ,j'ai trouvé que les personnages n'étaient pas assez creusés ,il manquait quelque chose pour m'émouvoir ,pour ressentir toute la peine de Li Juan et de ses compagnons de route . J'ai pas eu le temps de m'attacher à ses personnages ,je suis passé à côté émotionnellement parlant .
Mais pour autant ,cela reste une histoire sympathique et tragique à découvrir, ! Merci à masse critique et aux éditions Flammarion !
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Souvenons-nous de lui/d'eux, en cette période de commémorations sur la guerre 14-18.
Ou plutôt, apprenons la participation "à l'effort de guerre" des 140 000 Chinois venus en France entre 1916 et 1918, recrutés par les gouvernements français et britanniques. La Chine était alors une colonie anglaise.
Ces hommes recevaient une prime (modeste mais précieuse pour leurs familles pauvres) pour être employés dans des usines d'armement ou pour des travaux de terrassement à proximité du front. On leur donnait même un "contrat de travail"... dont les clauses n'étaient pas respectées.
Beaucoup de ces Chinois n'ont pas survécu, mais le nombre de morts reste pour le moins imprécis : entre 3 000 et 29 000.
Cette page de l'Histoire est méconnue, occultée dans nos manuels scolaires. Et dans la pléthore d'hommages sur la première Guerre mondiale, quelle place lui est donnée ?

Ce roman jeunesse évoque le sujet à travers le regard d'un jeune Chinois. L'histoire est belle, notamment grâce aux liens que tissent ces exilés entre eux et avec certains des soldats français chargés de les encadrer.
Oui mais... la lecture en est particulièrement ardue et j'ai été rebutée dès les premières pages. Trop de lyrisme, d'ellipses, et (réticence toute personnelle) de références aux chevaux.
Je doute que l'ouvrage, conseillé à partir de 11 ans, suscite l'enthousiasme de jeunes lecteurs.

Quelques précisions sont apportées dans une postface trop brève, à découvrir plutôt avant la lecture du récit.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
140 000 Chinois, travailleurs civils et volontaires, furent envoyés durant la première guerre mondiale en France, comme main d’œuvre, de 1916 à 1918.
40 000 furent recrutés par les autorités françaises, et furent répartis dans toute le France dans les usines, les ports ou les mines, les exploitations agricoles ou forestières.
100 000 furent incorporés sous autorité britannique (Chinese Labour Corps), pour des travaux pénibles de terrassement, dans la zone du front, ou à l'arrière, et aussi pour travailler dans les usines d'armement. Certains creusèrent des tranchées ou construisirent des abris militaires, réparèrent les routes ou des voies de chemin de fer. Les camps étaient situés à l'arrière, non loin du front, et principalement dans le Nord de la France. Leur contrat de travail stipulait que les travailleurs chinois ne pouvaient pas participer aux travaux militaires et devaient rester au minimum à 16 km du front. Plusieurs camps furent bombardés par les Allemands.
La Chine jusqu'alors neutre depuis le début des hostilités européennes, entra officiellement en guerre contre l'Allemagne en 1917; elle espérait grâce à l'effort de guerre fourni par ses travailleurs, obtenir la restitution des territoires du Shandong passés sous le contrôle allemand à la fin du XIXè siècle. Mais "les alliés décidèrent de livrer au Japon les concessions allemandes de la province du Shandong d'où venait la majorité des travailleurs", ce qui déclencha, en 1919, de nombreuses protestations et manifestations patriotiques dans cette province, prolongées par l'idée qu'il était urgent de construire une Chine désormais moderne et puissante. Le parti communiste chinois naîtra en juillet 1921.
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La chanson de Craonne - 1917

Quand au bout d'huit jours, le r'pos terminé,
On va r'prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c'est bien fini, on en a assez,
Personn' ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s'en va là haut en baissant la tête.

Refrain
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes.
C'est bien fini, c'est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C'est à Craonne, sur le plateau,
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !

C'est malheureux d'voir sur les grands boul'vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c'est pas la mêm' chose.
Au lieu de s'cacher, tous ces embusqués,
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendr' leurs biens, car nous n'avons rien,
Nous autr's, les pauvr's purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr' les biens de ces messieurs-là.

au Refrain

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu'un qui s'avance,
C'est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l'ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Refrain
Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront,
Car c'est pour eux qu'on crève.
Mais c'est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s'ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l'plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !
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« Depuis le début de la guerre, bien que de milieux différents, ils étaient devenus proches. Blanchard, paysan de la Beauce, costaud, trapu, la moustache brune ne bataille, ne se faisait aucune illusion sur l’humanité. Il essayait souvent de convaincre Drouault, l’instituteur parisien raffiné, épris de poésie et de littérature, empreint d’idéalisme avec un sens exacerbé du devoir, de l’imbécillité de la vie et de la terre toute entière. (p.19)
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Les héros meurent à la guerre, sur le champ de bataille, ils font leur devoir de soldats et s'écroulent pour la patrie. Mais les salauds de lâches sont encore vivants. Pourtant, Ulysse était rentré chez lui et c'était un héros. Personne ne l'avait reconnu sauf son chien. (...)
Il se bouchait les oreilles chaque fois que sa mère l'appelait en criant: "Jean-Jean, tu es là?" Il avait l'impression qu'elle lui reprochait de ne pas pouvoir porter le deuil, comme toutes ces femmes admirables dont le fils avait été tué au front. (p.115)
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Combien d'années, combien de saisons à se battre?
Ils allaient repartir au front, à l'assaut, sous les balles et les obus, la peur au ventre. Maintenant, il en était certain, il ne reverrait jamais les blés murs de la Beauce en été, et il n'entendrait plus, sans doute, le chant du rossignol à la tombée du soir et tout ce qu'il aimait parce que c'était chez lui, parce que c'était sa terre. C'était bête, il n'avait jamais connu ça avant, ce sentiment là, l'angoisse terrible de mourir pour rien, d'être sacrifié.
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