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Jean-Michel Gardair (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070370852
Éditeur : Gallimard (01/02/1979)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Il a vingt ans, il ne fait rien et, pour mettre fin à une idylle qui déplait à sa famille, celle-ci l'expédie en Italie.
Lamartine visite Florence, séjourne à Rome, arrive à Naples où, après une promenade en barque qui met sa vie en péril, il rencontre la fille d'un pêcheur - c'est Graziella - et c'est une des histoires d'amour les plus belles et les plus touchantes que l'on ait jamais écrites. Une histoire très brève aussi : Graziella ne survivra pas longtem... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  20 mai 2017
Poète scolaire par excellence, l'homme au temps qui vole est également l'auteur de plusieurs romans, ayant à peu près sombrés dans l'oubli. J'ai profité de mes vacances pour découvrir celui-ci. Et j'ai fait la découverte d'une histoire courte et charmante, romantique et mélancolique à souhait.
Il s'agit d'une plongée dans ses souvenirs de jeunesse. Vers dix-huit ans, jeune aristocrate au caractère déjà bien trempé, il laisse en plan père et mère pour partir seul à la découverte de l'Italie. Il passe plusieurs mois à Rome, explore la ville, ses ruines romaines, ses églises et ses palais. Puis il gagne Naples, où il retrouve l'un de ses amis.
Désormais inséparables, les deux compères vivent de peu, parcourent la ville, lisent et rêvent. Ils aiment à passer du temps avec les pêcheurs du port, gens pauvres mais fiers et joyeux, connaissant chaque rocher et chaque courant de la côte. Un jour, la fantaisie les prends de se faire eux-mêmes pêcheurs. Un vieil homme et son fils acceptent de les prendre avec eux. Un jour, la tempête les drosse sur l'île de Procida, où vivent la femme du vieux pêcheur et sa fille adolescente, Graziella. La famille les adopte. Petit à petit, sans bien réaliser ce qui leur arrive, le jeune noble et la fille de pêcheur se rapprochent …
L'histoire en elle-même est aussi peu réaliste que charmante. Mais surtout, le cadre où il la place est admirablement décrit. Si jamais vous avez déjà visité des îles de la Mer Tyrrhénienne, et même si ce n'est pas le cas, vous verrez soudain jaillir devant vous ces petits bouts de montagnes plantés au milieu de la mer d'azur, avec leur villages blancs nimbés de soleil nichés sur les pentes, et leurs luxuriante parure de fleurs et d'arbres chargés de fruits. Et Lamartine vous les montrera telles qu'elles étaient de son temps, et qu'on ne fait plus que deviner aujourd'hui. Vous sentirez l'odeur du poisson tout juste tiré de la mer grillant dans l'huile d'olive. Vous entendrez les voix des femmes chantant, la nuit, sur les toits des maisons où se tiennent les veillées…
Un véritable document ethnographique également, qui nous fait pénétrer dans la vie quotidienne du petit peuple italien du XIXème, et nous apprend au passage que certaines îles de la baies de Naples étaient alors de population grecque. Lamartine n'a pas vécu tout ce qu'il raconte là, et il l'avoua lui-même. Il n'en reste pas moins qu'il possédait un sacré sens de l'observation, et un don magique pour les descriptions. Alors si votre bourse ne vous autorise pas le voyage, laissez-vous tenter !
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lecteur84
  20 avril 2014
Graziella, sans entrer dans le débat qui veut que ce soit là un roman et non une réelle page de la vie de l'auteur, reste du grand Lamartine...
Le romantisme, désuet diront aujourd'hui les critiques, ne jurant bien souvent que par la triste et froide modernité des us de notre société, ce romantisme est ici mis en exergue et servi par une plume brillante et évocatrice des sentiments les plus simples et les plus beaux: La jeunesse et ses tourments que l'éveil de l'amour procure...
Graziella, qui à l'écoute de Paul et Virginie, fond en larme, reste un moment frais et simple, décalé aujourd'hui, tant l'élan des coeurs n'a plus cette spontanéité ni l'étonnement de la découverte, sans doute trop usés et blasés par une liberté débordante ayant supprimé toute la magie des émotions les plus naturelle...Il reste tout le talent De Lamartine, pour nous laisser ce témoignage éblouissant de poésie...
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Marti94
  02 juillet 2018
Quel romantisme!
On pourrait dire que les voyages forment la jeunesse et Alphonse de Lamartine n'est pas une exception dans ce registre. Mais "Graziella" son premier et unique roman est un petit chef d'oeuvre de prose poétique.
C'est un roman autobiographique qui a la forme d'un récit. Il raconte comment, à 18 ans, il s'éveille au monde et découvre l'amour avec une belle napolitaine, fille de pêcheur.
Il faut dire que le cadre est magnifique et particulièrement bien décrit.
Très tôt, le jeune homme issu d'une famille d'aristocrate, fait un voyage éducatif en Italie à la demande de ses parents. A Rome, il mène une existence consacrée à l'étude des antiquités. Il va poursuivre son voyage vers Naples avec un ami pas beaucoup plus vieux que lui. Les jeunes gens ont soif d'aventures et de découvertes.
Après une tempête, ils échouent sur l'île de Procida et sont recueillis par une famille de pêcheurs dont la fille Graziella est corailleuse et dévouée à sa famille qui est pauvre.
Un amour va naître entre Lamartine et la jeune fille, et rien ni personne ne semble pouvoir les séparer au point où le jeune homme décidera de rester quand son compagnon de route sera rappelé par ses parents.
Un amour sincère et pur va les unir notamment grâce à l'amour de la littérature. Pourtant la séparation sera inévitable.
Bouleversement garanti !
Lu en juin 2018
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gavarneur
  01 décembre 2015
Je suis d'accord avec les premières remarques de stcyr04.
Au fond je me moque bien de savoir quels aspects du récit sont autobiographiques. Mais même à dix-huit ans, et même à seize, ce manque d'érotisme et cet aveuglement au sentiment me parait invraisemblable. Et ce n'est pas le seul aspect auquel j'ai du mal à croire (bloqués sur une île par la tempête, nos héros se baignent et bronzent!). Je n'ai pas non plus cru à la description de la vie du "pauvre pêcheur, honnête et méritant qui ne se plaint pas de son sort."
Le fond du sujet est cette naissance de l'amour romantique, tendance maladie, souffrances (du jeune Werther : "ramontique" comme on dit en Allemagne), plutôt Goethe ou Chateaubriand, pas fulgurant dans l'exaltation et la violence des sentiments (tendance Totor Boumboum) ni mélange de l'intelligence la plus séduisante et de la sensibilité (tendance Musset). Hélas, le narrateur confirme sa filiation : c'est en lisant Paul et Virginie qu'il éveille Graziella au monde des livres.
Malgré tout, la langue magnifique De Lamartine est une raison suffisante pour apprécier cette lecture.
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TheBookFetish
  04 mai 2013
Magnifique roman, de la poésie en prose, une véritable peinture de la jeunesse, de l'adolescence, mais aussi peinture de l'Italie, les couleurs, les senteurs, les parfums de ce qui semble être un petit coin de paradis. Tout est très sensuel, au premier sens du terme.
Les descriptions de Graziella sont un ravissement, et on ne peux s'empêcher de tomber amoureux d'elle, elle est irrésistible.
Bien évidemment notre héros ne lui résiste pas, et tout cela ressemble au bonheur.
Et pourtant...
Dans les dernières lignes du roman, le héros s'adresse à nous lecteurs, et nous présente ses excuses pour la faute qu'il a commise, et nous dit "Pardonnez moi aussi, vous!! J'ai pleuré."
Il a raison de se repentir, la faute est grave. Lui pardonnerais-je ce goût amer survenu à la fin de la lecture? Sans doute pas...
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Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   04 mai 2010
Graziella alors rentrait à la maison pour filer auprès de sa grand-mère ou pour préparer le repas du milieu du jour. Quant au vieux pêcheur et à Beppo, ils passaient les journées entières au bord de la mer à arrimer la barque neuve, à y faire les perfectionnements que leur passion pour leur nouvelle propriété leur inspirait, et à essayer les filets à l’abri des écueils. Ils nous rapportaient toujours, pour le repas de midi, quelques crabes ou quelques anguilles de mer, aux écailles plus luisantes que le plomb fraîchement fondu. La mère les faisait frire dans l’huile des oliviers. La famille conservait cette huile, selon l’usage du pays, au fond d’un petit puits creusé dans le rocher tout près de la maison, et fermé d’une grosse pierre où l’on avait scellé un anneau de fer. Quelques concombres frits de même et découpés en lanières dans la poêle, quelques coquillages frais, semblables à des moules, et qu’on appelle frutti di mare, fruits de mer composaient pour nous ce frugal dîner, le principal et le plus succulent repas de la journée. Des raisins muscats aux longues grappes jaunes, cueillis le matin par Graziella, conservés sur leur tige et sous leurs feuilles, et servis sur des corbeilles plates d’osier tressé, formaient le dessert. Une tige ou deux de fenouil vert et cru trempé dans le poivre, et dont l’odeur d’anis parfume les lèvres et relève le cœur, nous tenaient lieu de liqueurs et de café, selon l’usage des marins et des paysans de Naples.
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TheBookFetishTheBookFetish   03 mai 2013
(...) la pensée qu’on allait me la prendre pour la donner tout à coup à un autre ; que, de ma compagne et de ma sœur qu’elle était à présent, elle allait me devenir étrangère et indifférente ; qu’elle ne serait plus là ; que je ne la verrais plus à toute heure, que je n’entendrais plus sa voix m’appeler ; que je ne lirais plus dans ses yeux ce rayon toujours levé sur moi de lumière caressante et de tendresse, qui m’éclairait doucement le cœur et qui me rappelait ma mère et mes sœurs ; le vide et la nuit profonde que je me figurais tout à coup autour de moi, là, le lendemain du jour où son mari l’aurait emmenée dans une autre maison ; cette chambre où elle ne dormirait plus ; la mienne où elle n’entrerait plus ;cette table où je ne la verrais plus assise ; cette terrasse où je n’entendrais plus le bruit de ses pieds nus ou de sa voix le matin à mon réveil ; ces églises où je ne la conduirais plus les dimanches ; cette barque où sa place resterait vide, et où je ne causerais plus qu’avec le vent et les flots ; les images pressées de toutes ces douces habitudes de notre vie passée, qui me remontaient à la fois dans la pensée et qui s’évanouissaient tout à coup pour me laisser comme dans un abîme de solitude et de néant ; tout cela me fit sentir pour la première fois ce qu’était pour moi la société de cette jeune fille et me montra trop qu’amour ou amitié, le sentiment qui m’attachait à elle était plus fort que je ne le croyais, et que le charme, inconnu à moi-même, de ma vie sauvage à Naples ce n’était ni la mer ni la barque, ni l’humble chambre de la maison, ni le pêcheur, ni sa femme, ni Beppo, ni les enfants, c’était un seul être, et que, cet être disparu de la maison, tout disparaissait à la fois. Elle de moins dans ma vie présente, et il n’y avait plus rien.
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TheBookFetishTheBookFetish   06 avril 2013
Les Alpes, dont je voyais de loin, depuis mon enfance, briller les neiges éternelles, à l’extrémité de l’horizon,du haut de la colline de Milly ; la mer dont les voyageurs et les poètes avaient jeté dans mon esprit tant d’éclatantes images ; le ciel italien, dont j’avais, pour ainsi dire,aspiré déjà la chaleur et la sérénité dans les pages de Corinne et dans les vers de Gœthe :

Connais-tu cette terre où les myrtes fleurissent ?

les monuments encore debout de cette antiquité romaine, dont mes études toutes fraîches avaient rempli ma pensée ; la liberté enfin ; la distance qui jette un prestige sur les choses éloignées ; les aventures, ces accidents certains des longs voyages, que l’imagination jeune prévoit, combine à plaisir et savoure d’avance ; le changement de langue, de visages, de mœurs, qui semble initier l’intelligence à un monde nouveau, tout cela fascinait mon esprit. Je vécus dans un état constant d’ivresse pendant les longs jours d’attente qui précédèrent le départ. Ce délire, renouvelé chaque jour par les magnificences de la nature en Savoie, en Suisse, sur le lac de Genève, sur les glaciers du Simplon, au lac de Côme, à Milan et à Florence, ne retomba qu’à mon retour.
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Audrey56Audrey56   18 mai 2014
ette nuit fut peut-être la plus heureuse de toutes les nuits que la Providence eût destinées à cette maison depuis qu'elle est sortie du rocher et jusqu'à ce qu'elle retombe en poussière. Nous dormîmes aux coups de vent dans les oliviers, au bruit des lames sur la côte et aux lueurs rasantes de la lune sur notre terrasse. A notre réveil, le ciel était balayé comme un cristal poli, la mer foncée et tigrée d'écume comme si l'eau eût sué de vitesse et de lassitude.
Mais le vent, plus furieux, mugissait toujours. La poussière blanche que les vagues accumulaient sur la pointe du cap Misène s'élevait encore plus haut que la veille. Elle noyait toute la côte de Cumes dans un flux et un reflux de brume lumineuse qui ne cessait de monter et de retomber. On n'apercevait aucune voile sur le golfe de Gaète ni sur celui de Baia. Les hirondelles de mer fouettaient l'écume de leurs ailes blanches, seul oiseau qui ait son élément dans la tempête et qui crie de joie pendant les naufrages, comme ces habitants maudits de la baie des Trépassés qui attendent leur proie des navires en perdition.
Nous éprouvions, sans nous le dire, une joie secrète d'être ainsi emprisonnés parle gros temps dans la maison et dans la vigne du batelier.
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stcyr04stcyr04   19 mai 2013
J’étais à cet âge ingrat où la légèreté et l’imitation font une mauvaise honte au jeune homme de ses meilleurs sentiments ; âge cruel où les plus beaux dons de Dieu, l’amour pur, les affections naïves, tombent sur le sable et sont emportés en fleur par le vent du monde. Cette vanité mauvaise et ironique de mes amis combattait souvent en moi la tendresse cachée et vivante au fond de mon cœur. Je n’aurais pas osé avouer sans rougir et sans m’exposer aux railleries quels étaient le nom et la condition de l’objet de mes regrets et de mes tristesses. Graziella n’était pas oubliée, mais elle était voilée dans ma vie. Cet amour qui enchantait mon cœur, humiliait mon respect humain. Son souvenir, que je nourrissais seulement en moi dans la solitude, dans le monde me poursuivait presque comme un remords. Combien je rougis aujourd’hui d’avoir rougi alors ! et qu’un seul des rayons de joie ou une des gouttes de larmes de ses chastes yeux valait plus que tous ces regards, toutes ces agaceries et tous ces sourires auxquels j’étais prêt à sacrifier son image ! Ah ! l’homme trop jeune est incapable d’aimer ! Il ne sait le prix de rien ! Il ne connaît le vrai bonheur qu’après l’avoir perdu ! Il y a plus de sève folle et d’ombre flottante dans les jeunes plants de la forêt ; il y a plus de feu dans le vieux cœur du chêne.

L’amour vrai est le fruit mûr de la vie. À dix-huit ans, on ne le connaît pas, on l’imagine. Dans la nature végétale, quand le fruit vient, les feuilles tombent ; il en est peut-être ainsi dans la nature humaine. Je l’ai souvent pensé depuis que j’ai compté des cheveux blanchissants sur ma tête. Je me suis reproché de n’avoir pas connu alors le prix de cette fleur d’amour. Je n’étais que vanité. La vanité est le plus sot et le plus cruel des vices, car elle fait rougir du bonheur !…
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Videos de Alphonse de Lamartine (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Alphonse de Lamartine
Un reportage, réalisé par Benoît Renard, extrait de l'émission "Invitation au voyage" diffusée sur Arte le 23 octobre 2017. Notice : Blotti dans son écrin de roche, Aix-les-Bains est une porte d’entrée sur le plus grand lac naturel de France. Au début du XIXe siècle, Alphonse de Lamartine, jeune poète tourmenté, vécut ici une histoire d’amour tragique. Elle lui inspira les « Méditations poétiques », recueil de poèmes dans lequel les sentiments fusionnent avec la nature.
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